Langue française

  • On ne parle plus aujourd'hui d'une crise succédant à d'autres crises, mais de « la crise ». Désormais globale, touchant aussi bien la finance que l'éducation, la culture, le couple ou l'environnement, elle est aussi devenue permanente. Nous n'en voyons pas l'issue : elle est la trame même de notre existence.

    La modernité, dans sa volonté d'arrachement au passé et à la tradition, a dissous les anciens repères de la certitude qui balisaient la compréhension du monde : l'homme habite aujourd'hui un monde incertain qui a vu s'évanouir tour à tour l'idée de temps nouveaux, la croyance au progrès et l'esprit de conquête.

    C'est à partir de cette expérience du temps que cet essai nous invite à reconsidérer de façon inédite la « crise » dans laquelle nous sommes plongés et à y puiser de quoi aller de l'avant.

  • Récupérée par les partisans de la tradition, décriée par les tenants de la modernité, la notion d'autorité fait débat. Elle est pourtant la condition de possibilité de l'innovation et du renouveau du monde.
    Décisif dans la pensée politique, le concept d'autorité est l'un des plus difficiles à appréhender.
    L'autorité ne se confond pas avec le pouvoir mais se définit par rapport à lui : elle se déploie dans le temps et la durée tandis qu'il consacre le partage de l'espace. C'est donc parce que l'autorité assure la continuité des générations, la transmission, la filiation, tout en rendant compte des crises qui en déchirent le tissu, qu'elle est une dimension fondamentale du lien social.
    Quelle place et quel devenir alors pour l'autorité, attachée aux traditions, dans une modernité confrontée à l'individualisme et à l'égalisation démocratique où le futur se dérobe à toute espérance ?
    Si l'autorité est encore porteuse de sens, c'est parce qu'elle n'est pas seulement de l'ordre de l'institué, de l'établi, mais une force dynamique qui autorise à donner à ceux qui viendront après nous la capacité de commencer à leur tour, à entreprendre quelque chose de nouveau.

empty