Natalie Pudalov

  • Jack et la mort

    ,

    • Oqo
    • 31 Octobre 2013

    Jack rencontre la Mort et, comme il présume qu'elle vient chercher sa mère malade, il élabore un plan pour se débarrasser d'elle. Usant de sa ruse il parvient à attraper le sinistre personnage dans un flacon ; mais les conséquences de ce confinement sont déconcertantes : rien ne peut mourir. Ce qui au début était une cause de joie - la mère se rétablit subitement de sa maladie grave - devient finalement un chaos.

    Jack et la Mort est une version du conte traditionnel anglais La mort attrapée dans une noix, créée par le prestigieux narrateur Tim Bowley.

    Jack, est un trickster, il désobéit aux règles établies et déclenche le désordre, une situation bizarre qui nous aide à mieux comprendre la nature et le comportement humain. Ici la mort apparaît sereine, tranquille et inhérente à l'existence.

    L'auteur insiste sur l'idée de présenter la mort non pas comme une ennemie de la vie, mais comme l'autre face de la même monnaie : l'une n'existe pas sans l'autre. L'illustratrice crée de belles métaphores visuelles, dramatiques, poétiques. Au fil des pages, une corde rouge se tend, se noue, s'embrouille comme la nature changeante de la vie : parfois simple, parfois compliquée.

    La mort tient un bout de la corde et tire lentement. Des fleurs qui poussent, qui se fanent et meurent, des graines dispersées dans l'air qui volent vigoureusement et laissent une trace de la vie qui s'éteint... La mort a un grand pouvoir, elle prend tout ce qu'elle veut, sans demander la permission, ses grandes mains détachées de son corps sont le symbole de ce vol. Elle possède, de plus, une collection de masques pour mettre sur les visages des personnes quand elles meurent.

    Le masque choisi pour la mère de Jack montre un sourire, elle meurt en paix. L'illustratrice rajoute un personnage qui n'apparaît pas dans la narration pour atténuer la solitude de Jack : un chien fidèle qui l'accompagnera tout au long de l'histoire et au moment le plus dramatique. C'est un album qui imite la nature de la vie et cache des subtilités qui exigent un examen minutieux pour être découvertes.

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  • Les Énormes s'en allèrent passer la journée à la plage.
    Après avoir sauté dans les vagues, fait des châteaux de sable, cherché des coquillages et joué avec le cerf-volant, l'heure du déjeuner arriva.
    Tous les cinq s'installèrent sous le parasol et firent un sort aux casse-croûte.
    Alors Père dit :
    - Les enfants, c'est l'heure de faire la sieste.
    Grand, Moyen et Petit s'allongèrent sur leurs serviettes.
    Petit protesta :
    - On ne peut pas dormir si tu ne nous racontes pas une histoire.

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  • Coquet le Coq faisait la cour à Juliana et la vache Régine allait faire de marieuse. Tous dans la basse-cour s'agitèrent dès qu'ils apprirent la nouvelle : les poules pondirent des oeufs pour faire une tarte, la vache prépara la crème fraîche, les chèvres cueillirent des mûres, les cochons coupèrent des fleurs et un choeur de brebis répéta les chansons du mariage.
    Comme un mariage est toujours une cause de bonheur, tous dans la ferme étaient très contents. Tous sauf la Renarde de la Pinède. Elle écumait de colère ! Cette petite fille chérie allait se marier avec un coq prétentieux ? Elle ne voyait pas que le Coquet le Coq voulait simplement faire le beau le jour du mariage ? Vaniteux et intéressé, il voulait seulement savoir quels cadeaux allaient lui faire les invités !
    À partir des accords et des désaccords entre les trois héros (Coquet le Coq, Juliana et la Renarde de la Pinède) l'auteur tisse une histoire d'amour singulière où la jalousie, les tromperies et la convoitise ne manquent pas. Les ingrédients qu'utilise l'auteur garantissent l'émotion et, se servant des quiproquos, il nous invite à réfléchir sur les sentiments.
    L'illustratrice est née en Russie, mais habite en Israël depuis son enfance où elle a réalisé des études d'art et de design graphique pour aller finalement en Allemagne étudier l'illustration.
    Pour ce travail, elle a employé des planches en bois où elle a peint des couches d'acrylique combinées avec du collage. Elle laisse une place centrale aux protagonistes du triangle amoureux. D'après elle, l'image de chacun d'entre eux transmet les caractéristiques les plus significatives de leur personnalité : comme la vanité et l'égoïsme pour Coquet le Coq, d'où son allure dans la marche, la tête haute et exhibant une queue fabuleuse. Il est plus grand que les autres personnages parce qu'il se sent supérieur à tous, surtout à sa fiancée. Il se couvre avec un masque, donc c'est quelqu'un qui cache ses véritables intentions. Face à l'image affectée du Coq, sa fiancée transmet de l'authenticité : habits simples et garnie de fleurs. Juliana est aussi une victime du Coq, donc son aspect projette une certaine fragilité (elle est petite), une certaine naïveté. Pour sa caractérisation, les éléments utilisés sont ceux qui renforcent l'idée d'innocence et de pureté : elle est laitière, elle s'habille avec un tablier blanc comme la neige, sa peau est argentée.
    Finalement, la Renarde de la Pinède est humble et savante. Elle apparaît toujours dans un second plan et surveille que sa petite ne tombe pas dans les pièges du Coq. L'illustratrice dessine les cadeaux de noces d'une façon très originale : dans des bulles, puisqu'il ne s'agit que de promesses vides, fragiles comme des bulles de savon qui risquent d'exploser et de s'évaporer si finalement le mariage n'a pas lieu.

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