Paul Ricoeur

  • Réflexion faite : autobiographie intellectuelle Nouv.

    Publié initialement en 1995, cet « essai d'autocompréhension » constitue une remarquable initiation à la pensée et à l'oeuvre de Paul Ricoeur. Analysant les limites du genre de l'autobiographie, Ricoeur définit son projet en tant qu'autobiographie intellectuelle, en lien étroit avec le développement de son travail philosophique. L'évocation de son enfance à Rennes, sa découverte de la philosophie, ses années de captivité en Allemagne ou encore des événements à l'université de Nanterre en 1968, etc., chaque épisode est l'occasion de mettre au jour le fil conducteur d'une pensée qui s'articule autour de thématiques majeures : la question du mal et de la volonté ; la place de l'autre dans le rapport au monde ; l'implication du sujet dans le langage ; la philosophie de l'action et sa relation au temps et au récit ; et enfin la finalité de l'herméneutique qui vise à expliquer plus pour mieux comprendre.

  • Pour Paul Ricoeur, l'autonomie philosophique n'est possible qu'à partir d'une «?reprise?» de ce qui n'est pas philosophie. Non philosophique par excellence, la religion a ainsi constitué pour lui un foyer de langages et de convictions qui lui a donné à penser pendant près d'un demi-siècle. De 1953 à 2003, les douze écrits et conférences présentés et annotés dans ce volume attestent la cohérence, la richesse et la variété de son approche laïque et philosophique de la religion. Du problème du mal à celui de la nature poétique du langage religieux en passant par l'évaluation de la justesse - ou non - des critiques (freudienne, marxienne...) de la religion, du rapport entre expérience et langage dans le discours religieux à des études spécifiques d'herméneutique biblique en passant par des réflexions sur le sacrifice, la dette et le don, Ricoeur s'appuie sur la religion pour penser, tout en ne cessant de penser la religion pour elle-même.

  • Tenu pour le réfléchi de toutes les personnes grammaticales - comme dans l'expression le souci de soi -, le soi renvoie immédiatement à la question de son identité : Qui est le locuteur du discours ? Qui est l'agent ou le patient de l'action ? Qui est le personnage du récit ? Qui porte la responsabilité d'un acte ? Cette interrogation sur l'identité conduit à renouveler l'ancienne dialectique du Même et de l'Autre, puisque l'autre se dit de multiples façons et que le soi peut aussi être considéré en tant qu'autre.
    Les dix études qui composent cet ouvrage sont une réflexion sur le sens et le destin des philosophies du sujet.

    Paul Ricoeur (1913-2005) :
    Philosophe, auteur d'une oeuvre considérable, il a consacré sa réflexion à l'analyse du sujet, de son action et de son rapport au temps, et a noué un dialogue constant avec les sciences humaines.

  • « L'ouvrage comporte trois parties nettement délimitées par leur thème et leur méthode. La première, consacrée à la mémoire et aux phénomènes mnémoniques, est placée sous l'égide de la phénoménologie au sens husserlien du terme. La deuxième, dédiée à l'histoire, relève d'une épistémologie des sciences historiques. La troisième, culminant dans une méditation sur l'oubli, s'encadre dans une herméneutique de la condition historique des humains que nous sommes.

    [...] Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire - et d'oubli. L'idée d'une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués ».
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    Paul Ricoeur.

  • Dans cette très belle méditation, le philosophe Paul Ricoeur, âgé de 83 ans en 1996, ose se confronter à la question : « Que puis-je dire de ma mort ? » Comment « faire le deuil d'un vouloir-exister après la mort » ?

    Cette longue réflexion sur le mourir, sur le moribond et son rapport à la mort, également sur l'après-vie, passe par deux médiations : des textes de survivants des camps (Semprun, Levi) et une confrontation avec le grand exégète Xavier Léon-Dufour sur la question de la résurrection. Il en ressort la nécessité de faire le deuil de toute image ou représentation naïve tant de ce monde-ci que d'un au-delà fantasmé.

    La seconde partie du livre est composée de textes courts écrits en 2004 et 2005, que le philosophe a lui-même appelés « fragments ». Le dernier, daté de Pâques 2005, a été écrit un mois avant sa mort.

  • Un itinéraire personnel et intellectuel. Un ouvrage qui introduit non seulement à la vie et à l'oeuvre de Paul Ricoeur, mais qui offre également une longue réflexion sur des questions peu ou jamais traitées dans ses livres comme l'esthétique. C'est aussi une méditation sur l'existence et sur la mort.

  • Temps et récit i l'intrigue et le récit historique.
    Temps et récit explore après la métaphore vive, le phénomène central de l'innovation sémantique.
    Avec la métaphore, celle-ci consistait à produire une nouvelle pertinence de sens par le moyen d'une attribution impertinente. avec le récit, l'innovation consiste dans l'invention d'une intrigue, des buts, des causes, des hasards, relevant à des titres divers du champ pratique, sont alors rassemblés dans l'unité temporelle d'une action totale et complète. la question philosophique posée par ce travail de composition narrative est celui des rapports entre le temps du récit et celui de la vie et de l'action affective.
    Plusieurs disciplines sont convoquées à la barre de ce grand débat entre temps et récit, principalement la phénoménologie du temps, l'historiographie et la théorie littéraire du récit de fiction.
    Temps et récit i met en place, dans une première partie, la thèse de paul ricoeur, qui se précise tout au long des trois tomes, selon laquelle le récit comporte trois rapports " mimétiques " au temps agi et vécu, au temps propre de la mise en intrigue, au temps de la lecture.
    Dans une deuxième partie, l'ouvrage met ce schéma à l'épreuve sur l'histoire.

  • À bien des égards, on peut appliquer à ces grands essais initiaux l'adage heideggérien : « Provenance demeure toujours avenir. » On ne manquera pas d'y relever des « résurgences » de thèmes issus de cette précoce réflexion autour de la volonté, c'est-à-dire surtout de la liberté, mais aussi de la finitude de la volonté et de la liberté qui se traduisent, du point de vue phénoménologique, par la faute et, par suite, la culpabilité. À son tour cette thématique introduit la dimension du mythe et du symbole ? les premiers racontant des histoires de faute et de « péché », les seconds marquant au contraire le moment de la réconciliation. L'ultime aboutissement de cette réflexion sera le livre sur la mémoire, l'histoire et l'oubli.

  • La configuration dans le récit de fiction temps et récit explore, après la métaphore vive, le phénomène central de l'innovation sémantique.
    Avec la métaphore, celle-ci consistait à produire une nouvelle pertinence de sens par le moyen d'une attribution impertinente. avec le récit, l'innovation consiste dans l'invention d'une intrigue : des buts, des causes, des hasards, relevant à des titres divers du champ pratique, sont alors rassemblés dans l'unité temporelle d'une action totale et complète. la question philosophique posée par ce travail de composition narrative est celui des rapports entre le temps du récit et celui de la vie et de l'action affective.
    Plusieurs disciplines sont convoquées à la barre de ce grand débat entre temps et récit, principalement la phénoménologie du temps, l'historiographie, et la théorie littéraire du récit de fiction.
    Temps et récit 2 est consacré à mettre à l'épreuve la théorie de la narrativité exposée dans la première partie de temps et récit, dans la région non plus du récit historique mais, cette fois, du récit de fiction.

  • Le temps raconté temps et récit explore, après la métaphore vive, le phénomène central de l'innovation sémantique.
    Avec la métaphore, celle-ci consistait à produire une nouvelle pertinence de sens par le moyen d'une attribution impertinente. avec le récit, l'innovation consiste dans l'invention d'une intrigue : des buts, des causes, des hasards, relevant à des titres divers du champ pratique, sont alors rassemblés dans l'unité temporelle d'une action totale et complète. la question philosophique posée par ce travail de composition narrative est celui des rapports entre le temps du récit et celui de la vie et de l'action affective.
    Plusieurs disciplines sont convoquées à la barre de ce grand débat entre temps et récit, principalement la phénoménologie du temps, l'historiographie, et la théorie littéraire du récit de fiction.
    Temps et récit 3 démontre tout d'abord que la phénoménologie, en s'approfondissant, de saint augustin à heidegger, aboutit, en regard de la sociologie à une incontournable aporétique du temps. la seconde section montre comment à ces impasses de la pensée, la poétique du récit répond en mobilisant, par le canal de la lecture, les ressources entrecroisées de l'histoire et de la fiction.

  • Alors que l'idéologie vient légitimer le réel, l'utopie se manifeste comme une alternative critique à ce qui existe. Si l'idéologie préserve l'identité des personnes ou des groupes, l'utopie, pour sa part, explore ou projette du possible. Toutes deux se rapportent au pouvoir et font partie de notre identité, mais la première est orientée vers la conservation, la seconde vers l'invention.

    À travers une relecture de penseurs comme Saint-Simon, Fourier, Marx, Mannheim, Weber, Althusser, Habermas ou Geertz, Ricoeur s'empare de ce couple conceptuel classique pour développer une authentique oeuvre de philosophie politique.

  • Est-il possible de comprendre l'histoire révolue et aussi de vivre - et, pour une autre part, de faire - l'histoire en cours, sans céder à l'esprit de système des « philosophes de l'histoire », ni se livrer à l'irrationalité de la violence ou de l'absurde ? Quelle est alors la vérité du métier d'historien ? Et comment participer en vérité à la tâche de notre temps ?

    Tous les écrits de ce recueil débouchent sur ce carrefour d'interrogations. Ceux de la première partie, plus théoriques, sont inspirés par le métier de philosophe et d'historien de la philosophie, que pratique l'auteur. Dans la seconde partie, à travers des thèmes de civilisation et de culture (le travail, la violence, la parole, l'angoisse, la sexualité), Paul Ricoeur s'interroge sur la manière dont la vérité advient dans l'activité concrète des hommes.

  • De Ricoeur on évoque souvent la pensée herméneutique et éthique. La réflexion politique est pourtant loin d'être absente. Elle constitue au contraire une préoccupation permanente, mais traverse des écrits demeurés dispersés jusqu'ici. Les principaux, souvent méconnus, sont réunis dans cet ouvrage, qui en sélectionne dix-sept, allant de 1958 à 2003.

    Comme toujours chez Ricoeur, ces textes répondent à des demandes qui s'enracinent dans l'actualité. Pourtant, son effort philosophique leur donne valeur universelle et durable. Ricoeur insiste ainsi sur le paradoxe politique d'une tension continuelle entre « raison » et violence, et sur des préoccupations contemporaines, qu'il s'agisse du « mal » et de la responsabilité morale en politique, de l'autorité et de la conviction dans la vie démocratique, ou de la tolérance, de la condition de l'étranger, de l'identité et des enjeux de l'élaboration, difficile, d'un ethos européen.

  • Ces « essais d'herméneutique » portent la marque du bouillonnement intellectuel des années 1960 : les sciences humaines font éclater les cadres reçus de l'interprétation. Le premier mérite de Ricoeur est de reprendre ce que disent les sciences de l'homme pour mesurer comment et pourquoi naît « ce conflit des interprétations ».

    On est loin ici d'une philosophie se contentant de rappeler à hauts cris le « sens » face à la « mort du sujet ». S'il s'agit « d'explorer les voies ouvertes à la philosophie contemporaine » par cette nouvelle donne, il faut passer par le détour de l'analyse longue, par l'exégèse de la Bible et les disciplines religieuses, qui furent à l'origine du problème herméneutique. Au terme de cette analyse seulement, il sera possible à nouveau de « donner un sens acceptable à la notion d'existence ».

  • Il s'agit ici d'établir une pensée de l'agir.
    En effet, la stature thématique et inaugurale que Descartes et Locke ont donné à la réflexion sur le soi, puis l'extension, grâce à Kant, de cette problématique réflexive au domaine pratique ne se sont opérées qu'au seul bénéfice de la philosophie morale et de la philosophie du droit. L'enchaînement de ces « deux moments de pensée » ne débouche sur aucune théorie de l'action lacune qui contraste avec le statut accordé à la théorie de la connaissance. Or, sans théorie de la reconnaissance, point de théorie de l'agir. Paul Ricoeur propose donc, dans ce qui demeure son ultime ouvrage, un « parcours de la reconnaissance ».
    On passera donc de l'actif (reconnaître un quelque chose en général, verbe actif qui intervient dans l'ordre de la connaissance) au passif (le soi demande à être reconnu : je reconnais activement quelque chose, des personnes, moi-même, mais je demande à être reconnu par les autres). « Et si, par bonheur, il m'arrive d'être reconnu par les autres, la reconnaissance devient gratitude. » Ainsi se conduit une pensée de l'agir qui est « réflexion sur les capacités qui ensemble dessinent le portrait de l'homme capable ».

  • La métaphore vive

    Paul Ricoeur

    • Points
    • 17 Avril 1997

    Pour comprendre toutes les implications de la métaphore -en fait de la rhétorique et des " figures " dans le langage -, ces huit études suivent une progression qui va du mot à la phrase, puis au discours.
    Des origines à nos jours, la rhétorique a pris le mot pour unité de référence.
    En ce sens, la métaphore n'est que déplacement et extension du sens des mots ; dès lors que la métaphore est replacée dans le cadre de la phrase, elle n'est plus une dénomination déviante mais un énoncé impertinent. emile benveniste est ici l'auteur qui permet à l'analyse de franchir un pas décisif, avec l'opposition entre une sémiotique, pour laquelle le mot n'est qu'un signe dans le code lexical, et une sémantique, où la phrase porte la signification complète minimale.
    En passant de la phrase au discours proprement dit (poème, récit, discours philosophique), on quitte le niveau sémantique pour le niveau herméneutique.
    Ici, ce qui est en question n'est plus la forme de la métaphore (comme pour la rhétorique), ni son sens (comme pour la sémantique), mais sa référence, c'est-à-dire la " réalité " en dehors du langage. la métaphore, en dernier ressort, est pouvoir de redécrire la réalité, mais selon une pluralité de modes de discours qui vont de la poésie à la philosophie. dans tous les cas, nous sommes fondés à parler de " vérité métaphorique ".

  • Peut-on écrire sur Freud sans être ni analyste ni analysé ? Non, s'il s'agit d'un essai sur la psychanalyse comme pratique vivante ; oui, s'il s'agit d'un essai sur l'oeuvre de Freud comme document écrit. On est devant une interprétation de notre culture qui a changé la compréhension que les hommes ont d'eux-mêmes et de leur vie.

    Cette interprétation, il appartient au philosophe de la justifier, d'en déterminer le sens et les limites. Comme le montre Paul Ricoeur, seule une méditation sur le langage peut accueillir l'exégèse freudienne de nos rêves, de nos mythes et de nos symboles. En retour, cette exégèse fait éclater la philosophie du sujet.

    Cet ouvrage ne se borne pas aux débats d'un philosophe avec Freud. Il libère l'horizon d'une recherche : la lecture de Freud devient l'instrument d'une ascèse du « je », d'un sujet délogé des illusions de la conscience immédiate.

  • La cause est en général entendue : c'est " amour ou justice ", mais non pas " amour et justice ".
    Dans le langage courant, et même à un niveau de réflexion plus élevé, a fortiori quand les deux concepts sont présentés en conflit, il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de ponts entre la pratique individuelle de l'amour du prochain et la pratique collective de la justice qui établit l'égalité et l'équité. qu'on favorise l'une ou l'autre, l'insistance va à la disproportion entre amour et justice. toute la réflexion de paul ricoeur tend à démontrer la proportion, les liens, la dialectique très profonde, la tension vivante et féconde entre amour et justice qui se fait jour au moment de l'action, que l'un et l'autre revendiquent.
    Tous deux sont pris clans une économie du don qui déborde de toute part l'éthique dont ils se veulent les figures et dont ils se sentent responsables. une logique de la surabondance vient toujours mettre au défi, sans jamais la rendre moins nécessaire, une logique de l'équivalence. publiée d'abord en allemagne, en édition bilingue, cette réflexion est inédite en français. elle est complétée par deux articles du fonds ricoeur sur des thèmes proches.


  • d'oú vient le mal ? d'oú vient que nous fassions le mal ? chez paul ricoeur, méditer le mal, c'est dire une faille.
    car la liberté de l'homme est sommée à exister devant le mal. ce petit texte, issu d'une conférence donnée à lausanne en 1985, compte dans l'immense oeuvre de ce philosophe qui ne se dit pas théologien, mais dont la pensée fait volontiers quelques cousinages avec certains aspects du protestantisme. un homme qui a pensé la vulnérabilité au mal moral avec une profondeur et une délicatesse exemplaires.

  • On a réuni ici dans un seul volume « L'Homme faillible » et « La Symbolique du mal », qui ensemble formaient sous le titre commun Finitude et Culpabilité le second tome, publié en 1960, de Philosophie de la volonté. Dans le premier ouvrage, on soutient la thèse selon laquelle la fragilité ontologique issue de la « disproportion » de soi à soi-même, illustrée tour à tour dans l'ordre du penser, de l'agir, puis du sentir, n'est pas en soi mauvaise. La finitude n'est pas le mal. Dans le second volume, on s'emploie à montrer que la condition mauvaise de la volonté est d'ordre contingent et historique par rapport à sa constitution essentielle et qu'elle relève d'une herméneutique des symboles et des mythes du mal qui structurent la mémoire de l'homme occidental, juif et grec.

  • On retrouve dans ces entretiens, réalisés entre 1981 et 2003, les grands thèmes ricoeuriens : « l'homme capable », la justice et ses conflits, l'action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l'écologie, la bioéthique). Une curiosité : l'entretien entre Paul Ricoeur et Michel Rocard quand il était Premier ministre. Il s'agit de questions toujours actuelles, qui se posent et se reposent en permanence dans nos démocraties mal portantes. La méthode fait ici partie du contenu : presque toujours sont noués un contexte politique (la fin des idéologies et la séduction des solutions purement techniques), la mise en avant d'institutions (qui inscrivent les questions dans la durée), l'imagination ou l'utopie d'un avenir meilleur. Comme le dit Michaël Foessel, Paul Ricoeur, éducateur politique, ne cesse de rappeler à tous « la pression constante que la morale de conviction exerce sur la morale de responsabilité ». En ce temps de basses eaux démocratiques et d'expansion des populismes, ce rappel des principes de l'action politique et de leurs raisons n'est pas seulement utile : il est absolument nécessaire.

    Paul Ricoeur (1913-2005) est une des grandes figures de la philosophie française contemporaine.

  • Le troisième volume des Lectures de Paul Ricoeur, où l'on découvre l'une des faces cachées d'un travail au long cours, celui qui porte sur la non-philosophie. Ce dernier terme désigne chez Ricoeur les divers pans de la réflexion philosophique qui traite de la religion, de la théologie, mais aussi les
    commentaires de la Bible qu'il n'a cessé de publier, ainsi que des méditations sur la question du tragique et du mal.
    La composition de Lectures 3 se développe en trois temps. Tout d'abord une réflexion sur la philosophie de la religion chez Kant et Hegel avant d'éclairer les soubassements de ces deux grands massifs de la pensée post-hégélienne que sont les oeuvres de Franz Rosenzweig et Emmanuel Lévinas.
    Puis Lectures 3 reprend les principales chroniques d'une série - publiée dans la revue Esprit à la fin des années 1950 - intitulée « Aux frontières de la philosophie » : elles portent sur le prophétisme, le tragique et la question du mal. Enfin, Lectures 3 reprend quelques-uns des « essais d'herméneutique biblique » composés par Ricoeur.

  • Après la publication de Soi-même comme un autre en 1990, l'oeuvre maîtresse qui mène à terme le projet philosophique d'une herméneutique du soi, Paul Ricoeur publie dans une série de volumes intitulés Lectures les principaux articles ou préfaces qu'il a consacrés aux figures philosophiques avec lesquelles il a conversé pendant plus d'un demi-siècle. Si Lectures 1 regroupait les textes relatifs à la pensée politique, Lectures 2 rassemble les articles qui portent sur les grandes figures de la pensée existentialiste (de Kierkegaard à Sartre et Merleau-Ponty), sur les philosophes qui sont à l'origine de sa vocation philosophique (Gabriel Marcel, Jean Nabert...), mais aussi ses discussions - dont beaucoup sont devenues classiques - avec les représentants du courant structuraliste (Claude Lévi-Strauss, A.-J. Greimas).

  • Voici le texte inédit du Mémoire pour le Diplôme d'études scientifiques que soutint le jeune Paul Ricoeur en 1934 devant Léon Brunschvicg. Dans ce travail remarquable, qui laisse entrevoir tout le génie du philosophe, Ricoeur aborde sous l'angle de la méthode réflexive le problème de Dieu.
    Si Dieu est l'être même de la pensée, il n'est pas à chercher hors de nous, mais en nous ; il est notre meilleur moi, l'âme de notre âme ; il nous est plus intérieur que nous-mêmes. La recherche de Dieu n'engage cependant pas seulement notre connaissance, car la pensée oriente aussi vers un idéal pratique de vie. Appliquer la méthode réflexive n'est pas un jeu d'idées, mais une discipline de vie. Spéculer n'est pas assister à un spectacle ou se regarder en un miroir (speculum) : c'est consentir à ne vivre que par l'esprit et pour l'esprit.
    Devenu une figure centrale de la philosophie française du XXe siècle, Paul Ricoeur (1913-2005) sondait ainsi dans son Mémoire de jeunesse, enfin exhumé, les ressources de la méthode réflexive : elle l'aura accompagné tout au long de ses recherches ultérieures.

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