Littérature générale

  • Florian Pennanech, Arnaud Welfringer : Vérité et motivation.

    Christine Noille : Le montage dramatique.

    Philippe Dufour : Du style descriptif. La réponse de Flaubert à Lessing.

    Christian Michel : Paroles gelées, paroles dégelées, paroles en l'air. Pluralité des signes et poétique du sens dans le Quart Livre.

    Maxime Cartron : Description de la fameuse Fontaine de Vaucluse en douze sonnets.

    Franc Schuerewegen : Astyanax, je pense à vous.

    Emilie Ieven : Que peut-on savoir d'un homme aujourd'hui? Le cas d'Emile Zatopek, par Jean Echenoz.

    Maxime Pierre : D'un récit à l'autre. Retour sur la notion de diègèsis de Platon à Aristote.

  • Dès lors qu'elle traite de la voix comme catégorie du récit, l'analyse narratologique paraît poursuivre une chimère. Car enfin, soyons sérieux, lorsqu'on lit, on n'entend rien : la « voix » n'est jamais autre chose que le signe d'un travail d'imagination sonore enclenché par la lecture silencieuse. Or l'effet est insistant : le récit semble parler tout de même, et rarement d'une manière unique et homogène ; la construction de ces « voix », de toute évidence, fait partie de l'attirail rhétorique de tout écrivain digne de ce nom.

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  • La vocation du roman est de donner à penser.
    Prodigue en détails qui laissent songeur, il en dit à la fois trop et trop peu : il esquisse et esquive la pensée. Son langage consiste en idées esthétiques, non en concepts : suggestives, impossibles à circonscrire, comme ouvertes sur l'incertain. La fiction se méfie du discours de la vérité. Le XIXe siècle français représente de ce point de vue un tournant dans l'histoire du genre, le moment où se manifeste son essence : le romancier, bon gré mal gré, renonce à la pensée catégorique.
    Alors que, dans un tourbillon d'idéologies en concurrence, s'édifie le monde nouveau de la société démocratique, le roman explore " le présent qui marche ", comme dit Balzac. Il s'interroge sur la place de l'homme dans cette société mouvante, sur ses désirs et ses angoisses. Pour ce faire, il se renouvelle lui-même: apparaissent le roman intime, le roman historique, le roman réaliste. Face au discours spécialisé du savant, du psychologue, du sociologue, de l'historien (de Maine de Biran, de Tocqueville, de Michelet, par exemple), le romancier se pose en " docteur ès sciences sociales ", cherchant à saisir le réel dans sa complexité - et avouant sa perplexité.
    Le roman donne à penser, mais ne prétend plus instruire. Tel est le paradoxe de la pensée romanesque : à la fois prolixe et sceptique.

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  • PHILIPPE HAMON.
    Le roman vrai à l'âge de l'ersatz.


    RAPHAËL BARONI.
    Pour une narratologie transmédiale.

    CHRISTINE NOILLE.
    Le montage d'un roman.


    JEAN-FRANÇOIS PERRIN.
    Portrait de l'artiste en intellectuel.

    JEAN-FRANÇOIS LOUETTE.
    « Les Âmes fortes », miroir de sorcière ou machine à coudre ?

    INÈS EL SÉRAFI.
    D'un Moi l'autre.


    FRANK WAGNER « Marbot » à l'épreuve de la relecture.

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  • Pourquoi se préoccuper des brouillons, de tous ces manuscrits de travail illisibles qu'ont laissés derrière eux les écrivains ? N'y a-t-il pas assez de livres à lire ? Ne posent-ils pas suffisamment de problèmes en eux-mêmes ? L'idée d'une génétique littéraire, voire d'une critique génétique fondée sur l'étude des brouillons, laisse perplexe. On se demande si une telle bizarrerie peut revendiquer sérieusement le statut d'une véritable discipline. Pour répondre à ces interrogations, ce livre propose une série de modèles, empruntés aux domaines les plus divers, de la recette des oeufs brouillés aux truffes au transfert freudien, de la bathmologie barthésienne à la sémantique des mondes possibles, qui s'efforcent de rendre compte, de manière à la fois rigoureuse et imagée, des enjeux de la genèse et des logiques qui lui sont propres - car, malgré les apparences, l'univers des brouillons n'est pas chaotique, il est régi par des logiques qui ne sont pas les mêmes que celles du texte achevé. Ces modèles sont la trace de l'expérience que représente la plongée dans les manuscrits d'écrivains, à la fois expérience vécue, dont on ressort avec un regard transformé, et pratique expérimentale d'une discipline encore neuve. C'est à partir de là qu'on peut espérer apporter une réponse à la plus difficile des questions : "à quoi bon ?" et montrer ce que la dimension génétique apporte à l'expérience de la littérature et, plus généralement, de l'oeuvre d'art.

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  • Quelle sorte d'enfance Sherlock Holmes a-t-il eue ? Que devient vraiment Blanche Neige après son mariage avec le Prince Charmant ? Que se seraient dit Charles Bovary et M. de Rênal si leurs chemins s'étaient croisés ? Ces questions, il arrive que des écrivains s'essaient à y répondre dans des oeuvres qui donnent un supplément d'existence à des personnages - les leurs ou ceux des autres. C'est à cette pratique, qu'on propose d'appeler transfictionnalité, que cet ouvrage est consacré. S'il s'interroge sur son étendue, s'il en répertorie les formes et les ramifications, c'est, chaque fois, pour examiner les enjeux d'un phénomène qui a quelque chose de proliférant. Une fiction est-elle bornée par le récit qui l'instaure ? Qu'advient-il de l'autorité d'un auteur sur "ses" personnages lorsque des continuateurs s'aventurent dans les interstices de leurs histoires, jettent sur eux un nouvel éclairage ou réinventent leurs destins ? Les récits transfictionnels ne répondent pas à ces questions mais, les faisant surgir, nous enjoignent de reconnaître à quel point l'exercice de la fiction nous confronte à des contradictions inextricables et fertiles.

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  • Gérard Genette nous a quittés le 11 mai dernier.

    Soixante ans de recherche et d'écriture, cinquante ans d'activité éditoriale, quarante ans d'enseignement et, de Figures (1966) à Postscript (2016), vingt livres. Une oeuvre exceptionnelle, extraordinairement riche, abondante et diverse : elle a ses « périodes », que Gérard Genette s'est amusé à définir lui-même (baroque, cubiste, bleue, puis peut-être rose « avec déjà quelques taches de noir »), elle a aussi son unité. Il n'est pas question d'en parler en quelques lignes. La prochaine livraison de Poétique lui sera consacrée, elle portera sur cette oeuvre des éclairages multiples.

    Mais, sans attendre, dans cette revue qu'il a si profondément marquée (cofondateur, codirecteur, puis fidèle accompagnateur jusqu'à la fin), nous voulons très simplement dire notre peine, reconnaître notre dette envers lui, exprimer notre gratitude et notre admiration. Aux figures qu'ont dessinées de lui les hommages qui lui ont été rendus, nous pouvons en ajouter une, discrète, peut-être inattendue pour beaucoup de ses lecteurs (voir, dans Bardadrac, à l'entrée « Secrétaire ») : le « personnage » brillant, impressionnant, à la plume acérée, si connu, si sollicité, étudié du lycée (du collège ?) à l'université, était un homme toujours disponible pour lire, et de près, sans aucun préjugé, avec exigence, tel ou tel manuscrit - chose rare en ce monde où être pressé, injoignable, débordé est trop souvent un signe d'importance. Ce n'est pas là sa moindre leçon. En vérité, il avait, dans le travail, une simplicité, une modestie, une attention, une précision remarquables. Et ces qualités au quotidien sont une des raisons essentielles de notre estime et de notre attachement.

    Merci, Frédéric. Nous ne vous oublierons pas.

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  • PHILIPPE HAMON Note sur une forme-liste : le défilé.
    ELEONORE REVERZY Zola : territoires du roman.
    CHRISTIAN MICHEL Hommes-troncs, mille-pattes et moustaches en crocs.
    JEAN-FRANÇOIS JEANDILLOU La « fiction où tout est vrai ».

    JUSTYNA GAMBERT Confession et autobiographie.
    ERIC TOURRETTE L'argument de l'hostilité prévisible.

    PATRICK THERIAULT Le découpage citationnel comme fait d'écriture.
    CINTHIA MELI Les Caractères de Bossuet.

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