Actes Sud

  • Cette année, nous fêtons les 100 ans de la naissance de Michel Audiard. On le sait peu, mais l'auteur des «Tontons flingueurs »ou de «Mélodie en sous-sol »est celui qui a le plus adapté Georges Simenon au cinéma. Entre 1956 et 1961, il a collaboré à pas moins de six films tirés de l'oeuvre de l'écrivain belge, le père de Maigret, auquel il vouait une grande admiration, le tenant pour "le plus grand romancier vivant". Ce volume donne à lire les scénarios de trois de ces adaptations, dont Audiard fut à la fois le coscénariste et le dialoguiste : «Le Sang à la tête» (1956) de Gilles Grangier, «Maigret tend un piège» (1958) de Jean Delannoy et «Le Président» d'Henri Verneuil (1961). Trois films qui ont Jean Gabin pour acteur principal, à l'époque où Michel Audiard était son dialoguiste attitré et où l'acteur était devenu l'interprète simenonien par excellence.

  • "C'est peu dire que cet ouvrage place le travail d'historien du cinéma à un niveau que l'on côtoie rarement.  La recherche effectuée durant cinq décennies est considérable." Le Monde, décembre 2008. Salué par l'ensemble de la critique, cinéphiles et passionnés de cinéma, le livre monumental de Bertrand Tavernier a connu un succès fulgurant tant par la densité de son contenu que par la ferveur avec laquelle il s'entretient avec ces cinéastes américains mythiques, oubliés, adulés ou blacklistés. Réédité augmenté de nouveaux entretiens en 2008, il ressort aujourd'hui dans une nouvelle édition en version paperback, préfacé par la poursuite des entretiens entre Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux, qui est l'éditeur de cet ouvrage. Un sompteux album illustré avec plus de 400 photographies.  

  • «Quand j'avais vingt ans, j'ignorais si je parviendrais à devenir réalisateur mais aimer le cinéma et m'y dévouer corps et âme, je savais que c'était en moi. La cinéphilie m'a permis de trouver ma place dans l'existence.» Bertrand Tavernier Voici la conversation que Thierry Frémaux a menée avec Bertrand Tavernier pour ouvrir la nouvelle édition d'Amis Américains, qui reparait en ce mois d'octobre 2019. Pour ceux qui possèdent déjà l'ouvrage, elle est publiée en volume indépendant et de surcroit, dans une version légèrement plus longue.
    Le réalisateur, connu pour son intarissable érudition et sa cinéphilie généreuse, revient sur la naissance d'une passion et aborde de nombreux sujets liés à l'Amérique et à son cinéma : les grands auteurs classiques, la Liste Noire et le McCarthysme, la guerre de Sécession et le politiquement correct. On y croise également Clint Eastwood et Quentin Tarantino, Claude Chabrol et Jean-Pierre Melville, des producteurs de l'âge d'or d'Hollywood, quelques scénaristes oubliés ainsi que Steve Tesich et Russel Banks. Du Tavernier en direct pour un texte simulant et souvent émouvant.

  • Pierre Lhomme, chef opérateur français emblématique du cinéma français à partir des années 1960, était un magicien de la lumière naturelle. Il a travaillé avec les plus grands réalisateurs, d'Alain Cavalier, à Jean-Paul Rappeneau, Chris Marker, Claude Miller, James Ivory, Jacques Doillon, William Klein, Marguerite Duras... Ce livre, entrepris avec Pierre Lhomme avant son décès en juillet 2019, rend à la fois hommage à l'homme, à son oeuvre mais aussi au travail des chefs opérateurs qui savent donner de la réalité à ce que le réalisateur a imaginé, qui transforment des idées en images. «Les Lumières de Lhomme» est un livre sur un artiste, un formidable témoignage sur la fabrique du cinéma et de cette nouvelle génération de cinéastes née dans les soubresauts de mai 1968.

  • À l'occasion des cinquante ans du film monument de Stanley Kubrick, « 2001 : l'Odysée de l'espace, » Actes Sud et l'Institut Lumière publient un recueil d'articles parus dans la revue « Positif » depuis la sortie du film. Véritable chef-d'oeuvre qui a su révolutionner la science-fiction, ce film a marqué son temps, en évoquant avec philosophie des sujets comme la conquête spatiale et l'évolution de l'espèce humaine. Ce court recueil, premier d'une nouvelle collection, remet au goût du jour les grands papiers parus dans Positif au sujet des films et des auteurs qui ont marqué nos vies.

  • À ce jour, Sergio Leone est la seule biographie à examiner avec autant de minutie et de passion l'oeuvre du réalisateur légendaire du Bon, la Brute et le Truand (1966), Il était une fois dans l'Ouest (1968) ou Il était une fois l'Amérique (1984)... Cette biographie dépasse le seul cinéma de Sergio Leone comme le cinéma de Sergio Leone le dépassait lui-même, pour toucher à ce qui fait la force des grands artistes, l'universalité et l'unicité de l'oeuvre.

    Traduction de Gérard Camy et Jean-Paul Gabert.

  • Avec une carrière qui s'étend sur six décennies, comptabilisant près de soixante films, Alfred Hitchcock est l'un des réalisateurs les plus mondialement reconnus de toute l'histoire du cinéma. Ses films - tels que Les 39 marches, Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Sueurs froides, Psychose ou Les Oiseaux - ont fait naître de nouvelles perspectives, à la fois dans l'art de filmer et dans celui de la narration. En effet, pionnier de nombreuses techniques dans le genre du thriller, Hitchcock apparaît comme l'artiste le plus influent sur le plan stylistique, installant les notions de suspense et de MacGuffin - élément de l'histoire qui sert à l'initialiser, voire à la justifier, mais qui s'avère en fait sans grande importance au cours du déroulement du film - dans l'univers cinématographique. Ses thrillers se caractérisent aussi, le plus souvent, par une combinaison particulièrement habile entre tension et humour. Ses thèmes récurrents sont la peur, la culpabilité, la perte d'identité et la persécution d'un innocent.
    Depuis sa disparition, une image d'Hitchcock assez macabre, voire négative, s'est parfois cristallisée dans l'imaginaire collectif. Cette remarquable biographie cherche à aller audelà de ces rumeurs, en peignant Hitchcock en temps que personne: l'artisan ingénieux, le collaborateur passionné, l'éternel farceur, le provocateur, le romantique, mais aussi l'époux dévoué et, surtout, l'homme qui sacrifia sa vie, encore et encore, pour son travail. Ainsi, plein de révélations, d'humour noir et de suspense, cet ouvrage retrace la vie de ce personnage d'exception, depuis ses humbles débuts comme fils d'un épicier d'East End à Londres, jusqu'à sa mort à Beverley Hills : la vie d'un artiste visionnaire, qui chercha à repousser constamment les frontières de son art, celle du comique accompli et insatiable provocateur, testant les limites de son public avec ses cocktails détonants de sexe et de violence.
    À la manière des meilleurs films d'Hitchcock, l'ouvrage de Patrick McGilligan nous tient en haleine jusqu'à la fin. C'est un portrait complet et original de l'une des personnalités les plus créatives, innovantes et chaleureuses, mais aussi des moins bien comprises, de l'histoire du cinéma.

  • Dans ce livre, le célèbre réalisateur se raconte au cours de longs entretiens au critique et historien du cinéma Michel Ciment, brossant l'ensemble de sa carrière partagée entre l'Union soviétique, les États-Unis, et la Russie.

  • Hollywood, la cité des femmes est le premier livre à décrire avec précision la trajectoire des femmes qui ont construit le mythe hollywoodien. D'une plume érudite et passionnée, l'auteur évoque plus d'une centaine d'actrices et ouvre sur une nouvelle lecture de l'histoire d'Hollywood, à travers le rôle des femmes.

  • Dans le présent ouvrage, Michel Boujut invite Claude Sautet à se tourner sur son passé : d'assistant d'abord, de scénariste, puis de réalisateur tout particulièrement reconnu aussi pour sa direction d'acteurs tels que Romy Schneider (avec qui il a tourné cinq films), Michel Piccoli (quatre films) ou Yves Montand (trois films, dont Garçon ! au scénario taillé dès l'origine à sa mesure). Claude Sautet, né en 1924, tourne son premier film personnel Classe tous risques en 1960.
    Puis en 1965, L'Arme à gauche. Simultanément, il se fait une image de scénariste efficace, collaborant à plusieurs dizaines de films, souvent sans que son nom apparaisse au générique : il est celui qu'on va chercher quand une situation se bloque. Ce n'est qu'avec Les Choses de la vie (1969) qu'il devient réellement célèbre et se forge, dans les années soixantes-dix, une réputation de cinéaste de la bourgeoisie.
    De fait, les films qui ont suivi ont toujours à voir avec la société française du temps, et souvent mettent en scène le groupe : Max et les ferrailleurs en 1971, César et Rosalie en 1972, Vincent, François, Paul et les autres en 1973, Mado en 1976, Une histoire simple en 1978, Un mauvais fils en 1980, Garçon ! en 1983, Quelques jours avec moi en 1987 et Un coeur en hiver en 1991.

  • Réalisateur français né en 1938, Jean Eustache est notamment connu pour avoir fait scandale au Festival de Cannes de 1973 avec son film La Maman et la Putain. Écrit au présent et à la première personne, cet ouvrage guide le lecteur au coeur de son travail en même temps qu'il témoigne de la passion de Luc Béraud pour le cinéma et ses métiers alors même que sa rencontre avec Eustache a marqué ses débuts dans ce milieu.

  • La Parade est passée est l'opus magnum de l'historien du cinéma muet Kevin Brownlow. Best-seller international, jamais traduit en France, ce livre rassemble les témoignages des plus grands acteurs et réalisateurs de l'âge d'or du cinéma muet d'Hollywood. Au fi l des pages, le monde de Louise Brooks, Douglas Fairbanks, Buster Keaton ou Gloria Swanson revit sous la plume alerte et érudite d'un homme qui, à lui seul, a contribué à sauver des dizaines de chefs d'oeuvres du cinéma américain.

  • Cinéphile éclairant et éclaireur, Pierre Rissient fut, tour à tour, programmateur de cinéma, attaché de presse, distributeur, producteur, réalisateur... Dénicheur de talents également puisqu'il a oeuvré à la reconnaissance européenne d'Eastwood, Schatzberg, Coppola, Tarantino, l'Australienne Jane Campion, le Chinois de Hong Kong King Hu, ou encore le Philippin Lino Brocka. Dans cet ouvrage, il se livre à cet exercice délicat de la mémoire. Il revient sur ces auteurs qui l'ont construit, ces «monstres» qu'il a croisés (Walsh, Lang, Huston), ses envies de cinéma et ses petites histoires, ses réflexions sur le cinéma, il évoque également ces cinéastes de la liste noire ou ces talents tombés dans l'oubli...

  • Peu de cinéastes ont été aussi acclamés qu'howard hawks.
    On a célébré sur tous les tons ses westerns fabuleux (rio bravo, la rivière rouge), ce chef-d'oeuvre du film de gangsters qu'est scarface, ses deux films noirs mythiques (le grand sommeil, le port de l'angoisse) et ses comédies étourdissantes comme l'impossible monsieur bébé. grâce à lui, lauren bacall et rita hayworth sont devenues des stars. son oeuvre a inspiré les cinéastes du monde entier, de jean-luc godard à bernardo bertolucci, de martin scorsese à brian de palma.
    Lorsqu'on lui demande comment il passera les quinze dernières minutes de sa vie, quentin tarantino déclare que ce sera en regardant rio bravo, ajoutant : " quand je deviens sérieux avec une fille, je lui montre rio bravo et, elle a intérêt a l'aimer ! " parce que hawks fût l'un des cinéastes les plus interviewés et qu'il a longuement commenté ses films, on croyait tout connaître de lui. erreur. cette biographie prodigieusement documentée montre que cette oeuvre et cette vie recelaient bien des secrets.
    Le regard admiratif, chaleureux mais lucide de todd mccarthy détruit de nombreuses légendes, rétablit une vérité souvent malmenée. on découvre dans ce livre qui fera date que les récits de hawks - dans lesquels il était au centre de tout, voyait toujours juste, donnait de judicieux conseils à humphrey bogart, john wayne et josef von sternberg, remettait à leur place jack warner, harry cohn et darryl zanuck - n'étaient que le fantasmatique et extravagant reflet de l'imagination qui nourrissait ses films.
    La réalité se révèle autrement complexe : hawks est le genre d'homme pour qui le mot énigme semble avoir été inventé. ainsi, le livre fourmille de révélations sur le mystère de la double version de la rivière rouge ou sur l'acharnement des censeurs contre scarface. on apprend de manière irréfutable qui écrivit et tourna vraiment la chose d'un autre monde. on découvre enfin quelle part prit william faulkner dans l'élaboration des scénarios qu'il écrivit pour hawks.
    Howard hawks fut le premier à produire ses propres films et à marquer vigoureusement son indépendance face aux studios. associé d'howard hughes et ami d'ernest hemingway, il fut aussi le cofondateur du "gang des motards hollywoodiens", un joueur invétéré poursuivi par les bookmakers, un gentleman, un séducteur. et un fieffé, menteur ! robert capa disait à son sujet : "il y a deux sortes de mythomanes : ceux qui le sont parce qu'ils n'ont jamais rien fait de leur vie et ceux qui en ont tellement fait qu'ils restent perpétuellement insatisfaits.
    Lui est le prototype de la seconde catégorie. "mais quand, vers la fin, hawks déclara : j'ai eu une vie formidable", pour une fois, il n'exagérait pas.

  • Sous la direction d'Isabella Rossellini et de Lothar Schirmer, les textes rassemblent les témoignages d'illustres écrivains (Hemingway, Updike,) et metteurs en scène (Renoir Rossellini, Hitchcock, Selznick). Somptueuse et souvent inédite, l'iconographie est tirée du fonds Ingrid Bergman Archives de la Wesleyan University, Middletopwn CT, USA et de nombreuses collections privées et publiques. Introduction par Liv Ullman.

  • Admiré dans les années 1950  comme un cinéaste majeur, Claude Autant-Lara est tombé aujourd'hui dans un statut incertain, selon les aspects de l'homme et de sa carrière que l'on souhaite mettre en avant. La vie et la carrière de l'auteur de «La Traversée de Paris», de «L'Auberge rouge», d'«En cas de malheur »du «Diable au corps» ont connu, du point de vue de la réputation, des évolutions que l'on rencontre rarement dans une même destinée. Considéré successivement comme un marginal, un grand réalisateur de gauche, un cinéaste dépassé et même d'extrème droite, il est un personnage très particulier, qui a tourné avec les plus grands acteurs et actrices de cet âge d'or du cinéma français (Gérard Philippe, Michèle Morgan, Jean Gabin, Brigitte Bardot, Bourvil, Michel Simon, Danielle Darrieux, ...). Jean-Pierre Bleys explore comme jamais encore le travail de ce cinéaste qui a mis sa vie entière au service de ses films. Grâce à un travail de recherche impressionnant, l'auteur détaille la carrière d'Autant-Lara, oeuvre après oeuvre, de ses débuts dans le cinéma muet jusqu'en 1976, date de son dernier film. Cette biographie s'imposera comme la plus complète sur Claude Autant-Lara et sera l'occasion d'une visite de l'histoire du cinéma français, de retrouver les acteurs qui peuplent ses films, de vibrer à l'évocation de grandes oeuvres, de traverser le 20e siècle et ses tourments.

  • Qu'est-ce qu'il fait, le critique (et qu'est-ce qui le fait critiquer ?).
    A quoi peut-il bien servir, entre le marteau (des films) et l'enclume (du public) ? a faire voir et à faire entendre, prétendait bory. a prolonger, le plus possible dans l'intelligence et la sensibilité de ceux qui le lisent, le choc de l'oeuvre d'art, affirmait bazin. mais, s'il est lu, est-il sûr d'être entendu ? son activité ordinaire et sa raison sociale, c'est d'écrire dans un journal ou de causer dans le poste.
    Mais il lui prend aussi parfois l'envie de lever la plume et de fermer le micro. de prendre du recul. que voit-il alors dans le miroir ?
    Consignés dans son carnet à spirale, voici les impressions et les aphorismes d'un critique de son temps qui nous propose une promenade dans son " petit cinéma sentimental ".

  • «Aux États-Unis, où Borzage fut - déjà de son vivant - systématiquement sous-estimé par l'establishment critique et surtout totalement méconnu en tant qu'auteur, il aura fallu le coup de pouce de Martin Scorsese pour déclencher une réévaluation progressive, globale et sérieuse dont on peut aujourd'hui suivre la trace sur Internet. Quelques commentaires élogieux doublés d'un extrait de L'Heure suprême dans la précieuse anthologie cinématographique A Personal Journey with Martin Scorsese Through American Movies, en 1995, mirent le feu aux poudres.» Hervé Dumont «Le livre d'Hervé Dumont est l'un des meilleurs ouvrages sur un cinéaste de cet Âge d'or (et je peux vous dire que j'en ai lu)», écrivit John Gallagher dans le respecté journal américain The National Board of Review, lors de la première édition de ce Frank Borzage.
    Il faut dire que le sujet en valait la peine. Les grandes stars d'Hollywood se battaient pour jouer dans les films de Frank Borzage, des inoubliables Janet Gaynor et Charles Farrell à Gary Cooper, de Marlene Dietrich, Spencer Tracy, Joan Crawford, Margaret Sullavan à James Stewart, Robert Taylor, Errol Flynn, Charles Boyer ou Ginger Rogers. Il a suscité l'enthousiasme des surréalistes autant que celui d'un cinéaste japonais comme Yasujiro Ozu. De lui, Samuel Fuller a déclaré : «C'est un des plus grands cinéastes américains de tous les temps» - une opinion partagée par beaucoup.
    Comme Josef von Sternberg, pourtant avare de compliments, mais qui admit que de tous ceux qui travaillèrent à Hollywood, Borzage fut «le plus digne de son admiration illimitée». Ou comme Sergueï M. Eisenstein (qui le découvrit à Moscou), qui hissa Borzage aux côtés de Chaplin et Stroheim pour en faire «les trois plus grands cinéastes d'Amérique». De fait, en 1920, Borzage reçut la première distinction artistique de cinéma jamais décernée aux États-Unis : la «Photoplay Gold Medal» et remporta en 1927 l'Oscar de la mise en scène - il en gagnera un second en 1931.
    Poète des déshérités, rêveur éveillé, cinéaste des amours éperdues, Frank Borzage s'est retiré peu après la fin de la guerre et, faute de revoir ses films, on les a longtemps oubliés. Mais au fil des ans, ils ont bâti une légende : ces chefs-d'oeuvre occupent désormais les histoires du cinéma. L'ouvrage d'Hervé Dumont, fruit de patientes recherches aux États-Unis et en Europe qu'il a encore approfondies pour cette nouvelle édition, dit pourquoi Frank Borzage est l'une des redécouvertes majeures de ces trente dernières années.
    Cette réédition entièrement revue et augmentée de la version originale française (épuisée depuis vingt ans), est complétées d'une filmographie, d'une bibliographie et d'index.

  • Ces entretiens, de méandres en anecdotes (certaines surprenantes !), montrent à quel point il fut, non point l'apôtre d'une " tradition de la qualité " dans laquelle une polémique faisant flèche de tout bois voulut le figer, mais au contraire un esprit libre et curieux, enthousiaste, bouillonnant.
    Jean aurenche, nouvelle vague s'il en fut jamais, pratiquait avec le sourire cette curieuse variante du métier d'écrivain scénariste.


  • " de louis feuillade à georges franju, d'albert capellani à raymond bernard, de jean epstein à jean grémillon, de marcel l'herbier à jean-pierre melville, de jean renoir à françois truffaut, de claude autant-lara à claude chabrol, d'alexandre astruc à benoît jacquot, olivier assayas et raoul ruiz, le cinéma français s'est
    nourri, se nourrit encore de littérature.
    laissons de côté le théâtre, déjà étudié - dans cette même collection -, et limitons-nous au roman (mais est-il possible de donner des frontières à un domaine aussi vaste ?). la plupart des films hexagonaux ont souvent été tirés de romans. le fait peut surprendre, quand on l'observe chez les prosélytes
    les plus ardents d'une " spécificité " du cinéma : maurice pialat, après robert bresson. mieux, nos réalisateurs - entre autres : rené clément, alain resnais, louis malle, alain corneau - n'ont jamais cessé de faire équipe avec des romanciers.
    " (alain ferrari - extrait)
    fruit de rencontres qui se déroulent à l'institut lumière, le poing dans la vitre est une contribution essentielle à l'étude des scénaristes et dialoguistes du cinéma français. ce deuxième volume (après jeux d'auteurs, mots d'acteurs) s'enrichit d'un important " dictionnaire irraisonné des romanciers-scénaristes français " rédigé par alain ferrari, déjà auteur dans cette collection d'un ouvrage consacré à marcel pagnol.


  • Cinéaste, Gréville fut aussi écrivain, comme l'atteste ce court récit d'inspiration surréaliste, dérive de deux amis représentant la dualité grévilienne, entre le poids d'une éducation protestante et le délire d'une rêverie érotique.

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  • Dans cet ouvrage, le cinéaste kiju yoshida évoque la figure de yasujirô ozu, l'un des plus grands auteurs du cinéma japonais avec akira kurosawa, kenji mizoguchi et mikio naruse.
    Avec des chefs-d'oeuvre comme printemps tardif (1949), le voyage à tokyo (1953), le goût du saké (1962), ozu est le metteur en scène de l'intime et de la famille, des changements de saisons et des infimes bouleversements de l'existence. il est considéré comme un maître par nombre de réalisateurs contemporains (hou hsiaohsien, aki kaurismâki ou wim wenders qui lui a consacré un film, tokyo-ga). dans ce livre essentiel, kiju yoshida revient sur le parcours, le style et l'esprit d'ozu dont il fut l'assistant.
    Issu comme lui des studios shôchiku, il exalte la singularité et la poésie de l'oeuvre d'ozu, ses débuts dans le cinéma muet, sa technique (la légendaire caméra " au ras du sol ") et sa façon de faire de " fanti-cinéma " : " en éprouvant le besoin d'entreprendre cet essai tout en étant bien conscient de la vanité de l'entreprise, écrit yoshida, je parle du cinéma d'ozu comme si je poursuivais un mirage dans un pré au printemps.
    ".

  • Pour Ford, le cinéma était une façon de créer un monde privilégié qui fonctionnait selon ses propres règles. Un monde où il était le "Patron" incontesté, le "Chef", le "Vieux", le "Pappy" d'une famille d'acteurs et de techniciens. Les Indiens Navajo l'appelaient "Natani Nez", généralement traduit par "Grand Soldat". De film en film, Ford utilisait les membres de sa troupe dans des rôles semblables. Ses acteurs sont devenus de vieux amis pour des spectateurs qui les ont vus vieillir. Son oeuvre possède la résonance envoûtante d'une mémoire tribale. " Un plateau de Ford, a écrit le critique Andrew Sarris, c'est une communauté propre représentant à l'écran une communauté plus vaste et plus lyrique encore. " Mari absent et parfois infidèle, Ford fut un père médiocre en raison de sa personnalité dominatrice et de son égocentrisme. Sa vraie famille était celle du cinéma. Le " mystère John Ford " n'est pas seulement celui de ces films délicats et émouvants, réalisés par un type mal dégrossi. C'est le mystère de sa personnalité. Dans L'Homme tranquille et The Secret Man (L'Inconnu), Ford révéla quelque chose d'intime ; pour le reste, à quiconque essayait de pénétrer les secrets de son art, il répondait par monosyllabes, des je ne sais pas hautains ou des remarques énigmatiques, avec une indifférence calculée ou une attitude sarcastique. Ce qu'il faisait, c'était simplement " a job of work " : un boulot. (extrait). Après Conversations avec Billy Wilder et Howard Hawks, le renard argenté d'Hollywood, publiés dans cette même collection, voici un nouvel ouvrage consacré à l'un des grands cinéastes d'Hollywood.

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