Littérature traduite

  • Joe, le pilote, vient de Caroline du Sud. Bill, le bombardier, d'Idaho, Allan, le navigateur est de l'Indiana, Al, le mitrailleur, du Middle West, Abner, le mécanicien, est californien. Au total, ils sont sept jeunes gars, la vingtaine, réunis en 1942 sur une base américaine pour apprendre, comme tant d'autres, à dompter un Boeing B-17 Flight Fortress, monstre volant avec lequel ils iront bientôt inonder de bombes l'Europe et le Pacifique.
    Dans Bombes larguées, texte inédit en France, John Steinbeck reprend l'un de ses thèmes favoris en se concentrant sur la force du groupe, sur ce que les individus peuvent accomplir quand ils travaillent ensemble.

  • Le journal de guerre d'Evelyn Waugh (1939-1945) est un texte inédit, extrait du monumental journal1 que l'écrivain britannique tint depuis l'âge de sept ans jusqu'à peu avant sa mort. Traduit pour la première fois en français, ce texte majeur permet d'éclairer cette période de la seconde guerre mondiale sur laquelle Evelyn Waugh bâtira sa célèbre trilogie romanesque Sword of Honour2 publiée à partir de 1952. Ce récit romancé de l'étrange guerre que livra le féroce contempteur de la société britannique est l'un des piliers de son oeuvre prolifique. Les quelques 300 pages de ce journal de guerre en sont la matrice.
    Âgé de 36 ans, Evelyn Waugh a dû mobiliser son riche réseau au sein de la haute société britannique pour parvenir à servir comme officier. Son expérience militaire sera variée et insolite, de l'expédition avortée de Dakar aux côtés des Français libres en passant par la désastreuse bataille de Crête jusqu'à une longue mission dans les Balkans avec Randolph Churchill, fils du Premier Ministre britannique, auprès de Tito et de ses Partisans. Humour, cynisme décapant, Waugh poursuit dans ce journal de guerre sa critique insolente de la vie sociale britannique et de son plus fier fleuron, l'armée.

  • Dépêches du Vietnam rassemble la dernière série de reportages de guerre de John Steinbeck. Inédit en France, cet ouvrage reprend les chroniques écrites à partir de 1966 pour le magazine Newsday par celui qui reçut le Prix Pulitzer en 1940 pour les Raisins de la Colère et le prix Nobel de littérature en 1962.John Steinbeck, à 64 ans, est déjà un homme malade et fatigué il mourra deux ans plus tard quand il part pour couvrir le conflit qui mine l'Amérique. Mais il a beau bien connaître la guerre il a suivi les boys en Europe en 1943 pour le New York Herald Tribune et a été blessé en Afrique du Nord il est dérouté par ce qu'il découvre : une guerre qui ne comporte « ni front, ni arrières », écrit-il. Embarquant sur les vedettes qui sillonnent les deltas, volant à bord des hélicoptères Huey, il retrouve également son fils, futur écrivain lui-aussi, qui a choisi de s'engager. Est-ce l'une des raisons pour lesquelles Steinbeck, dans ses dépêches, soutient la guerre menée par l'Amérique ? S'il émettait des réserves en privé sur cette dangereuse aventure, il serre les rangs derrière la politique suivie par le président Lyndon Johnson, ce que lui reprocheront beaucoup d'intellectuels. Lui le défenseur des faibles et des opprimés, « l'écrivain social » qui en son temps fut soupçonné d'être communiste est devenu belliciste mais est surtout « désespéré que ces merveilleuses troupes n'apportent pas une victoire rapide. »Le traducteurTraducteur prolifique des grands noms de la littérature anglo-saxonne (Bret Easton Ellis, Ernest Hemingway, Jack Kerouac, Francis Scott Fitzgerald...), Pierre Guglielmina a récemment traduit aux Belles Lettres, de Francis Scott Fitzgerald, Une vie à soi (Goût des idées, 2011).

  • C'est l'une des plus célèbres reporters de guerre. Martha Gellhorn découvre la fureur des combats en 1937 sur le front espagnol, qu'elle est partie couvrir avec son mari, Ernest Hemingway. N'étant pas autorisée, en tant que femme, à accompagner des unités de combat, elle invente un nouveau style de reportage qui semble parfaitement en phase avec l'évolution de la guerre moderne en Espagne. Les populations civiles devenant des objectifs militaires, Gellhorn concentre toute son attention sur les effets du conflit plutôt que sur ses causes et ses opérations. Le facteur humain, le sort de l'individu broyé par la machine de guerre, la vie quotidienne des femmes et des enfants, le destin tragique des blessés sont au centre de tous ses reportages. La dimension idéologique des conflits l'intéresse moins que l'expérience vécue des victimes et des acteurs réels de la guerre. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle a suivi la plupart des conflits armés sur cinq continents et dans plus de cinquante pays différents. Elle est une des rares femmes écrivains au XXe siècle à avoir manifesté un intérêt aussi constant et intense pour la guerre, même si son activité littéraire a couvert bien d'autres domaines.

  • Maquisarde pendant la Seconde Guerre Mondiale, journaliste et essayiste, Oriana Fallaci a compté au nombre des grands reporters internationaux.
    Italienne, elle a été attachée à l'Europeo de Milan et a travaillé pour les principaux hebdomadaires et magazines d'Europe et d'Amérique. Ses interviews avec de nombreux chefs d'État et des personnalités internationales sont devenues célèbre. Le livre que voici, récit d'une année de sa vie, elle l'a écrit pour répondre à la question d'une enfant : « La vie qu'est-ce que c'est ? ».

  • Mai 1916. Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930) arpente les fronts anglais, français et italiens. Dès le début du conflit, il a voulu s'engager mais à 55 ans, sa demande a été rejetée. Comme de nombreux écrivains et artistes britanniques, il rejoint alors le « War Propaganda Bureau », organisme secret chargé de la manipulation de l'information, créé en septembre 1914. Le père de Sherlock Holmes retrouve ainsi le chemin de la guerre qu'il a connue durant le conflit des Boers. Fervent défenseur de l'Empire britannique, son livre magnifie l'action et le courage des soldats alliés devant l'horrible « Boche. » Propagande ou pas, la guerre peinte par l'auteur de la Compagnie blanche a de l'allure.
    Personnages forcément superbes, portraits épiques de soldats et de cités en ruines, comme à Ypres : « C'est la ville d'un rêve, cette moderne Pompéi, détruite, désertée et profanée, mais avec une dignité fière et triste qui vous poussait malgré vous à baisser la voix en passant dans ses rues en ruines. » Ces visions de la guerre, sous la plume d'un des plus fabuleux conteurs de la littérature britannique, l'emportent largement sur son parti pris.
    Cette guerre, Conan Doyle lui paiera un lourd tribut. Il y perd son frère, le général Inès Doyle, en 1918, et surtout, son fils aîné, Kingsley, grièvement blessé à la bataille de la Somme et qui mourra de maladie en octobre 1918, plongeant son père dans un désespoir dont il ne se releva jamais.

  • Il s'agit d'un des livres les plus célèbres de la littérature grecque moderne. Publié à Mytilène en 1924, réédité à Athènes en 1930 et remanié plusieurs fois par l'auteur jusqu'en 1956, La Vie dans la tombe a été traduit dans une dizaine de pays, dont la France (1933). Cette première version française, intitulée De Profundis, établie d'après l'une des premières éditions grecques et amputée de plusieurs chapitres ne rendant pas compte de cette oeuvre majeure, une nouvelle version, fidèle au dernier état du texte, s'imposait.
    La « vie dans la tombe » est, dans la liturgie orthodoxe, l'hymne du Vendredi saint, déploration funèbre dans l'attente de la Résurrection. Pour Myrivilis, c'est l'Enfer des tranchées durant la Grande Guerre, au-delà même de son expérience personnelle.
    Le livre se présente comme le journal intime d'un jeune Grec de Mytilène (Lesbos), Antonis Cotsoulas, engagé volontaire sur le Front d'Orient dans la Division de l'Archipel (les îles libérées du joug turc à l'issue des Guerres balkaniques). Il retrace ses épreuves et son évolution intérieure, de l'élan juvénile initial à la désillusion d'un patriotisme lucide teinté d'antimilitarisme, entre son départ de Lesbos en 1917 et sa mort au cours d'une grande offensive alliée contre les positions germano-bulgares de Macédoine, aux environs de Monastir. Bien que le lieu ne soit pas expressément nommé, cet épisode final peut être identifié avec la seconde bataille du Skra di Legen (mai 1918), victoire remportée par les Alliés au prix d'un lourd tribut grec (près de 3 000 tués ou blessés) et prélude à la percée qui allait déterminer le renversement du rapport des forces. Si l'auteur, pour ménager sa liberté d'expression, recourt aux artifices de la fiction, il n'emploie jamais le mot « roman ». Son livre est avant tout un témoignage d'un réalisme extrême sur la vie quotidienne dans les tranchées. Les 55 tableaux qui jalonnent ce chemin de croix forment une unité narrative autonome, à la progression dramatique rigoureuse. On y trouve tous les ingrédients des classiques récits de guerre, marches harassantes, corvées quotidiennes mais aussi scènes d'horreur et d'apocalypse. On y croise tous les desservants de cet « abattoir international en folie » (Céline), gradés arrogants ou humbles héros, déserteurs ou victimes résignées dont la vie intime est dévoilée sans complaisance. Ce Monde d'En Bas a pour contrepoint rêvé le Paradis Perdu de Mytilène, avec sa lumière, les parfums de sa flore, ses couleurs et ses rivages. Imprégné de traditions ancestrales, Myrivilis fait alterner le réalisme le plus cru avec le lyrisme le plus délicat. Le ton de l'épopée ne lui est pas non plus étranger. Il fait sentir avec éloquence le déchaînement des forces guerrières. Au service de son oeuvre il forge une langue neuve, un « démotique » proche de la langue orale, ponctué de régionalismes expressifs, de créations verbales pures qui, par son sens du rythme, s'élève à la hauteur d'une prose d'art. Cet irrécusable document est aussi un manifeste littéraire.

  • « Je suis un pacifiste extrême, je hais jouer au soldat. » En août 1916, à 50 ans, Herbert George Wells part pourtant faire « le tour du Front. » Comme la majorité des grands écrivains britanniques - Rudyard Kipling, Sir Arthur Conan Doyle, Ford Madox Ford -, il a répondu à l'appel du War Propaganda Bureau (WPB) fondé dans les premières semaines de la guerre et chargé de la manipulation de l'opinion. « Ainsi nous passons, la plupart du temps en automobiles qui bondissent sur les routes de la guerre, comme un nuage de témoins, chacun témoignant à sa propre manière », écrit-il dans La Guerre et l'Avenir, livre qui n'avait pas été réédité depuis sa première publication à la fin de 1916. Le périple guerrier du grand écrivain britannique débute par l'Italie et le terrible front de l'Isonzo avec ses âpres combats de montagnes. Puis c'est la France, dévastée, avec ses villages « qui ne sont plus que des déserts de trous d'obus. » Écrivain politique fasciné par le progrès technique, inventeur de la science fiction (La machine à remonter le temps, La Guerre des Mondes, L'homme invisible), H. G Wells livre un récit de reporter de guerre où se mêlent portraits de guerriers, ravages des batailles, mais aussi armes futuristes et visions d'avenir sur l'organisation du monde, quand le fracas des armes aura cessé.

  • « Si quelqu'un veut savoir pourquoi nous sommes morts, / Dites-leur : parce que nos pères ont menti. » Cette phrase de Rudyard Kipling (1865-1936), écrite en 1918, résume l'écrasante culpabilité d'un homme. John Kipling, fils unique du plus célèbre écrivain de l'Empire, a été porté disparu, à 18 ans, en septembre 1915 devant Loos, dans les Ardennes. Son père, fervent patriote, l'avait poussé à s'engager malgré sa myopie. Rudyard Kipling le sait aussi :
    Par ses écrits, il a contribué à ce que des centaines de milliers de jeunes gens connaissent les horreurs de la Grande Guerre. Comme de nombreux écrivains britanniques, parmi lesquels Sir Arthur Conan Doyle (dont les Belles Lettres publient également Une visite sur les trois fronts) H.G Wells ou Thomas Hardy, Rudyard Kipling a rejoint le « War Propaganda Bureau », chargé de manipuler l'opinion et de pousser l'Amérique à entrer dans le conflit.
    En 1915, Rudyard Kipling publie La France en guerre, portrait de ce pays qu'il connait et admire, mobilisé contre les « Boches. » « France, bien-aimée de toute âme qui aime son prochain ! » écrit Kipling dans ce texte militant, mais pendant indispensable, comme les dizaines de pamphlets du « War Propaganda Bureau », de la littérature des tranchées. Ce serait une grave erreur que de limiter la connaissance de la première guerre mondiale aux seuls récits de combattants. Un grand nombre d'écrivains, d'intellectuels et d'artistes ont participé activement au conflit, avec grand talent, pour alimenter cette propagande devenue une arme redoutable dans l'arsenal des pays en guerre.

  • Carlo Salsa (1893-1962) est envoyé au front sur le Karst dès l'entrée en guerre de l'Italie en 1915. Il y reste quinze mois, avant d'être blessé puis retenu prisonnier par les Autrichiens.
    Trincee [Tranchées] est le récit de son expérience au front : journal d'un soldat de première ligne, dénonciation implacable de la conduite de la guerre par un homme du « troupeau », c'est un document historique qui ne cède ni à la rhétorique nationaliste des années de guerre, ni à sa récupération par le fascisme naissant. Dès sa parution en Italie, en 1924, le livre est censuré.
    Redécouvert à la fin du XXe siècle, à la faveur de nouvelles recherches historiographiques sur la Grande Guerre, il a connu depuis plusieurs rééditions jusqu'à aujourd'hui.
    La réception de cet ouvrage, tardive en Italie, fort discrète en Europe, reste très étonnante. Car non seulement Trincee est un récit d'une grande qualité littéraire, mais c'est aussi un livre d'une justesse historique remarquable. Aucun épisode de la tragédie ne manque et la spécificité de la guerre italienne convainc rapidement le lecteur : des combats en montagne avec des positions autrichiennes avantageuses, le manque de moyens et d'armes de l'armée italienne, des choix tactiques inadaptés à la guerre de tranchées et au terrain alpin, le mépris de l'état-major pour les soldats, les épisodes de fraternisation, la pratique de la décimation, une rhétorique aussi meurtrière que les armes, les milliers de prisonniers qui meurent de faim dans les camps autrichiens.
    La force de Trincee tient autant à la puissance du récit qu'à son authenticité : Carlo Salsa a vécu tous les événements qu'il raconte ; son témoignage est saisissant. Sa traduction en France pourra lui donner la place qu'il mérite au sein de la meilleure littérature européenne sur la Grande Guerre aux côtés de Erich Maria Remarque, de Andreas Latzko et de son compatriote Emilio Lussu (auteur des Hommes contre, traduction française 1995).

  • 22 octobre 1941 : en représailles de l'assassinat d'un officier allemand à Nantes, le jeune résistant Guy Môquet, le syndicaliste Jean-Pierre Timbaud et le député Charles Michels sont fusillés avec 24 de leurs compagnons dans une clairière de Châteaubriant (Loire-Atlantique). Le chroniqueur officiel de cette première exécution de masse d'otages français, n'est autre que le vétéran Ernst Jünger, 46 ans, dont le texte inédit est publié ici.
    « Rédigé dans le style des chancelleries, donc sans ambition littéraire », précise son traducteur Julien Hervier, ce rapport, demandé par le haut-commandement allemand à Paris au héros des tranchées à valeur historique. Il retrace l'escalade infernale des attentats et de leurs représailles exigées par Hitler et décrit dans le détail « une situation impossible, telle qu'on ne peut que commettre des fautes, soit qu'on agisse, soit qu'on s'abstienne. » Autre abîme, celui qui sépare les donneurs d'ordres de ceux qui s'apprêtent à mourir. Ernst Jünger a pris soin de traduire et de joindre à son mémorandum les lettres d'adieu à leurs proches des 27 fusillés qui sont reproduites ici, certaines pour la première fois. Y figure, bien sûr, celle de Guy Môquet, lue tous les 22 octobre dans les écoles françaises. C'est à partir de ce matériau que le cinéaste Volker Schlöndorff a réalisé son téléfilm La mer à l'aube, diffusé en 2012 et c'est lui qui présente ce livre réalisé sous la direction de Sven Olaf Berggötz et publié en Allemagne en 2011 sous le titre « Sur la question des otages. Exposé des faits et de leurs conséquences. »

  • Le Désert des Tartares, roman qui va apporter le succès à Dino Buzzati, vient tout juste de sortir dans les librairies quand son auteur embarque en juin 1940 sur le croiseur Fiume pour couvrir la guerre en Méditerranée en tant que correspondant du Corriere della Sera. Chroniques de la guerre sur mer, inédit en France, reprend les dépêches envoyées par le reporter de 33 ans durant les trois années où il participe aux batailles navales entre les flottes italiennes et britanniques, des côtes siciliennes et du golfe de Syrte jusqu'à la mer Égée. Des articles dans lesquels on retrouve tout le talent de nouvelliste de Buzzati qui émerge à peine du conflit imaginaire vécu par le héros de son roman, l'officier Giovanni Drogo. De la guerre fantasmée à la guerre vécue, l'auteur se retrouve soudain plongé au milieu des combats navals, mais aussi de leur longue attente. Immenses étendues immobiles, batailles sans vainqueur véritable, huis clos de la vie à bord, le journaliste-écrivain n'a pas son pareil pour raconter la guerre à partir de la bravoure d'un simple mousse, du vacarme de la salle des machines, et même du regard d'un chien.
    Traduit et préfacé par Stéphanie Laporte, enrichi des illustrations et des photos prises par l'auteur, ces chroniques demeurent un témoignage rare et étincelant d'un épisode peu connu de la Seconde Guerre mondiale.

  • Juin 1941 : Kurt-Erich Suckert, dit Curzio Malaparte, 43 ans, auteur de Technique du coup d'État, vétéran de la première guerre mondiale, part couvrir, en tant que correspondant du journal Corriere della Serra, l'avancée des troupes italiennes et allemandes sur le front de l'Est. Il pénètre en Ukraine dans une vieille Ford V5 8 puis assiste au siège de Leningrad aux côtés des troupes finlandaises.Si de cette expérience, le caméléon de la littérature italienne tirera l'un de ses chefs d'oeuvres, Kaputt, il rassemble aussi ses chroniques dans La Volga naît en Europe, peinture de maître de ce « fléau biblique » que fut la guerre à l'Est mais aussi ouvrage visionnaire sur l'expansion future du communisme en Europe.Préfacé en français par l'auteur, ce livre qui fut « la plaque tournante » de l'oeuvre de Malaparte, selon son biographe Maurizio Serra, n'avait pas été republié en France depuis 1948.

  • Être cité pour « son courage et sa détermination » dès le premier combat et alors qu'on est seulement correspondant de guerre n'est pas fréquent. C'est pourtant ce qui arrive en 1897 au jeune sous-lieutenant Winston Churchill, 23 ans, lors de la « pacification » du Malakand, région de l'actuel Pakistan proche de la frontière afghane. Winston Churchill livre le récit de ces semaines de guerre dans son tout premier ouvrage, La guerre du Malakand, inédit en France et que les Belles Lettres publient aujourd'hui, préfacé par le journaliste et écrivain Olivier Weber, prix Albert Londres, spécialiste de l'Afghanistan.
    « Comme la plupart des jeunes écervelés, je cherchais la bagarre et mon seul espoir était qu'il arrivât quelque chose de passionnant. Mes espoirs furent comblés ! » écrira plus tard le futur prix Nobel de littérature dans Mes jeunes années. Si son livre déplaît en haut-lieu car il est sans concessions sur la guerre que mènent les Britanniques, il fait remarquer le jeune soldat par le chef du parti conservateur, lord Salisbury, qui le trouve «admirablement écrit et lui a beaucoup appris.» Encore quelques guerres et la carrière politique s'ouvrira devant le « jeune écervelé. »

  • Le 2 août 1898, le lieutenant Winston Churchill, vingt-trois ans, rejoint au Caire le 21e régiment de lanciers de l'armée britannique où il n'a obtenu un poste que par l'intrigue de sa puissante famille. Lord Kitchener, qui mène les 25 000 hommes de l'armée anglo-égyptienne lancée à la reconquête du Soudan n'a aucune envie d'enrôler ce jeune homme si avide de batailles qu'il s'empresse aussitôt de les raconter dans les meilleures gazettes londoniennes. Churchill, dans son premier livre La guerre du Malakand (édité aux Belles Lettres dans la même collection) n'a pas épargné non plus le gouvernement de Sa Majesté dans sa conduite de la guerre en Afghanistan qu'il vient de quitter. Maintenant, il fait route le long du Nil, direction Khartoum, capitale des rebelles mahdistes, les fameux derviches tourneurs. Pistolet Mauser à la main, il échappe de peu à la mort dans la dernière grande charge de la cavalerie britannique à Omdurman.

    La guerre du fleuve est un document essentiel -et inédit- pour comprendre la jeunesse et la formation d'un des plus grands hommes politiques du XXe siècle. Le futur prix Nobel de littérature poursuit ici l'apprentissage de l'écriture de guerre, dans un récit qui mêle journalisme et littérature, avec une peinture exubérante des vastes territoires du Nil mais aussi -suprématie blanche oblige-des analyses parfois bourrées de préjugés sur ses populations. Churchill ouvre la voie aux grands reporters de guerre qui tout au long du siècle, raconteront ses horreurs. Lui est déjà ailleurs, en partance pour l'Afrique du Sud où la révolte des Boers lui semble prometteuse de sang, de sueur et de larmes.

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  • Bien avant de devenir célèbre avec la publication de Sur la route, avant même de publier The Town and the City (qui allait être son premier roman officiel), Jack Kerouac était marin. L'Océan est mon frère, resté jusqu'ici inédit, est le fruit de cette histoire d'amour avec l'océan. C'est le récit des aventures et fortunes diverses de Wesley Martin, marin solitaire et taciturne, qui voue à l'océan « un amour unique et étrange », et de Bill Everhart, intellectuel passionné, à la recherche d'une vie simple et d'une liberté fondamentale.
    Deux des facettes de la personnalité complexe de Jack Kerouac.
    Décidant sur un coup de tête de s'embarquer sur un navire marchand, ils se retrouvent à bord du S.S. Westminster en partance de Boston. En route pour le Groenland, ils conversent de tout, boivent du whisky, jouent aux cartes, évitent de justesse les torpilles allemandes, se plongent dans la contemplation de la vaste solitude qui les entoure, s'interrogent sur leur destination et la possibilité de l'atteindre. Kerouac tisse les fils de cette intense histoire de marins en temps de guerre pour en faire un portrait épique de l'amitié et de la fraternité, pour engager une méditation sur les moyens d'échapper à l'emprise grandissante de la société et, surtout, sur la puissance indomptable, sauvage, de l'océan.

    À paraître
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