Creaphis

  • Le livre propose une cohabitation. D'une part un texte inédit d'une écrivaine au plus près des choses et des moments de la campagne, d'autre part des dessins originaux d'une artiste plasticienne qui est aussi cinéaste. Le dispositif initial est posé : à quatre mains. L'une dessine, l'autre écrit. Les deux ensembles se nouent via l'articulation souterraine de l'Histoire, qui, le soir du 14 juillet 2016 à Nice, a traversé les deux femmes chacune de leur côté.
    Pour dessiner un ensemble qui puisse rencontrer le texte, il faut reprendre sa situation de travail, dans le Cantal, en Auvergne, une maison, de la campagne, de la paysannerie vivace, des histoires, l'histoire. En écho à cela, le Jura, la maison d'une famille paysanne et ouvrière hantée de restes et de traces et Nice, autre maison et lieu d'enfance.
    Marie-Hélène Lafon note par le menu, dans un vrai-faux journal en treize fragments, les moments d'un été dans une campagne dans la Nièvre. Un motif par fragment et une poignée de motifs, un panier d'osier, un hélicoptère, des chaises-longues, un paysan-maçon, un blaireau, un mot, surgis jour après jour de l'inépuisable réel. Les étés débordent, les vies débordent, sont mêlées, emmêlées. Les coutures étriquées de l'autobiographie craquent.
    Claire Angelini saisit dans neuf dessins des morceaux de ce même été dans une campagne frontalière du Jura, propose une vision graphique, à la fois observation et interprétation. Ce qui est recherché en termes de dessin n'est pas de l'ordre de l'illustration ou du reflet, mais de l'analogie. A partir de moments visuels choisis au sein de ce monde campagnard et familier, il s'agit de composer une proposition graphique, organique, qui relèverait à la fois de l'observation et de l'interprétation.
    Il ne s'agit donc pas d'un commentaire d'écrivain sur une série dessinée. Et pas plus, d'une illustration par le dessin d'un texte existant. Les deux dispositifs sont éprouvés, inscrits qu'ils sont dans l'histoire longue des textes et des illustrations.

  • « Frank Smith écrit. Et dessine aussi. Julien Serve dessine. Et écrit aussi. Tous deux sont constamment inspirés par le monde, par ce qui s'écrit en continu sur lui, par l'information.
    Pour parler est né de leur rencontre.
    Frank Smith a écrit 115 sonnets. Il voulait s'attaquer à cette forme, une forme fixée, très précise, et la revisiter, la déconstruire, la détourner. Se contraindre soi-même. Voir comment il pouvait faire des « anti-sonnets », sans rimes, sans la dimension lyrique, sans faire appel aux sentiments, mais en creusant des questions dans cette forme très fixée, très précise : qu'est-ce que c'est que parler, comment peut-on dire ? Dans ce recueil, le vent du lyrisme classique est remplacé par une tempête de questionnements ; l'expression d'un moi tourmenté par la révélation que la pensée n'existe qu'à travers les mots ; l'effusion par la grammaire, la sublimation des sentiments par une opération chimique pratiquée au cutter sur les brèches et les failles ; la musique par la simplification et Schubert par Feldman.
    Julien Serve se découvre fasciné par « la capacité de Frank Smith à se saisir d'une réalité au travers du vocabulaire, du langage qu'elle produit. La rejouer, l'amener à un point de lisibilité plus pertinent, plus sensible. J'ai eu envie de lui voler ses écrits. Mais je me suis fais attraper. » Et Julien Serve se met à dessiner, « sur » les sonnets, ou plutôt autour. Plutôt que de parler des sonnets, il dessine. Et pour Serve, la main produit de la pensée. Sa pensée est dans le geste. L'écriture comme le dessin lui semblent des exercices d'équilibriste au dessus du vide.
    Mais ce qui lie peut-être le plus intimement Julien Serve et Frank Smith, c'est que tous deux, qui par le dessin, qui par les mots, cherchent à reformuler une réalité non admissible.
    « Je ne voulais pas, écrit Julien Serve, illustrer les sonnets de Frank Smith. Je voulais être en immersion totale. Me perdre dans leurs structures éclatées. Perdre le sonnet. Que les sonnets se lisent sans discontinuer me permettaient de perdre prise. L'imprévu devenait alors envisageable. Je me suis donc contraint à ce dispositif avec des règles simples et strictes : 24 heures de dessins en direct à la lecture d'une voix numérique. » Le nombre de dessins est le résultat de la durée du dispositif mis en place ; il n'y a pas de dessin A pour un sonnet A, ni de nombre de dessins par sonnets.
    Pour le livre, il y a lieu d'inventer une nouvelle forme. Les sonnets et les dessins, les dessins et les sonnets, oui, mais comment ? Il s'agira d'injecter les dessins dans les sonnets, de fondre textes et images pour échapper à la formule texte/illustration et créer la parfaite co-errance/cohérence que nécessite tout travail en duo. » (Barbara Polla, écrivain-galeriste).
    Par un habile et original façonnage, textes et dessins sont mêlés, feuille par feuille, dans une superposition transparente, formant des « collisions » et des fusions, qui incite à une lecture aléatoire et diverse, de gauche à droite, de droite à gauche, à l'endroit, à l'envers.

  • Pétrée

    ,

    Grand poète des pierres (et en particulier des pierres « obstinées » de Bretagne), Guillevic (dont le nom même résonne comme un éclat étincelant) a créé ce joli néologisme « Pétrée » au regard des photographies de Marc Tulane.
    Ici l'accord le plus juste se trouve entre la présence des pierres dures, polies, froides, et l'analogie que procure la photographie en révélant des formes sensuelles du corps d'une femme couchée, comme « née de la vague ». Le poème est d'ailleurs chargé d'un érotisme latent en parfaite harmonie avec le refrain visuel des sept photographies qui balisent le texte.
    Cet espace - c'est aussi un estran - de rochers, de vagues et de granit offre un entre-deux pour la rêverie et une sorte de méditation concrète... L'attachement de Guillevic aux images de ce rivage n'est pas étonnant pour un poète dont le premier recueil s'est intitulé Choses. Ce n'est pas sans rappeler que Le Parti pris des choses de Francis Ponge est paru la même année que Terraqué (1942). Ce lien aux choses de la terre et de l'eau, aux éléments les plus simples, le poème Pétrée l'exalte dans sa forme brève chère à l'auteur. Très peu de mots, des retours à la ligne, une adresse directe au lecteur sous la forme d'un « tu ».
    Pétrée s'inscrit donc dans une ligne directrice, majeure de l'oeuvre de Guillevic, où apparaît l'enseignement d'une poésie « objective » chère à Rimbaud déjà mais qui s'exprimera particulièrement chez les poètes américains du courant objectiviste.

  • Ce texte (inédit) de Bernard Noël, à la fois essai critique et poétique, propose une sorte de rêverie des ruines et de l'immobile, notamment en développant une manière de penser la mort et d'activer le regard sur la présence et l'absence dans les images, la persistance de la mémoire dans l'oeil, et l'inéluctabilité du temps dans lequel nous passons (plus que le temps qui passe), thèmes majeurs de son oeuvre.
    Pas de ressassement cependant ici, ni de trop grande adhérence ou de commentaire systématique aux images de Pierre Verny qui ne sont qu'évoquées aux côtés d'autres sites dans le monde (ruines antiques grecques et romaines, Pompéi, Chichen Itza, l'Egypte...). Texte tout empreint d'une puissance philosophique et non dépourvu d'humour comme l'indique ce passage : " Aussi devons-nous constater que la religion a permis d'élever à l'inexistence des dieux un nombre considérable de monuments démesurés comme n'en réclama jamais l'existence des hommes ".
    En regard de ces ruines antiques et multiséculaires, les friches industrielles et leur histoire semblent promises à un double effacement. La série de photographies en noir et blanc de Pierre Verny a donc inspiré Bernard Noël, très sensible lui aussi au monde ouvrier, à la mémoire des combats sociaux et politiques dans l'Histoire (il est l'auteur d'un très remarquable Dictionnaire de la Commune), mais tout autant du point de vue esthétique que de celui, plus large de la chute des civilisations.
    " De l'immobilité ou la mort d'un Haut Fourneau ", c'est ainsi que cet ouvrage pourrait également s'intituler. Le photographe Pierre Verny originaire du Pas-de-Calais vit en Lorraine depuis de longues années. Il est depuis l'arpenteur d'une région marquée par les sites industriels en proie aux crises techniques et économiques et aux luttes sociales de grande envergure. Ainsi, depuis le milieu des années 1970, ses images décrivent avec le monde de la sidérurgie et des mines de fer de Lorraine ainsi que les événements - grèves, fermetures d'usines, manifestations - liés à la crise de ces industries.
    Il réalise au début des années 1980 une série de photographies de l'abandon et de démolition d'un haut fourneau Usinor à Thionville.

  • Le livre est composé d'un texte littéraire et de 9 photographies. Texte et
    photos se répondent, mais le texte n'est pas un écrit sur les photos et les
    photos ne sont pas une illustration du texte. Michel Séonnet traduit une parole
    recueillie au cours de rencontres faites au Maroc. La dimension poétique est
    dans le rythme et le chant. Hanté par les questions de filiation, l'auteur
    traite autant d'une cruciale actualité que d'une tragédie universelle : le
    sentiment de la disparition (ici par la noyade en mer des Marocains tentant de
    rejoindre la côte européenne), de la perte des liens familiaux, de la rupture
    avec les ancêtres. Mêlant les  ``faits'' (avec des détails objectifs), aux cris
    de plusieurs personnages, Michel Séonnet compose des tableaux extrêmement
    poignants de récitants. Ce texte est suivi de 9 photographies d'Olivier
    Pasquiers. Il a souvent travaillé avec Michel Séonnet et a rapporté du Maroc
    quelques images en résonance avec le texte, reproduites ici dans le format de
    meilleure lecture : les images en hauteur alternent avec les images en largeur,
    obligeant le lecteur à manipuler l'ouvrage comme un album. Le choix du noir et
    blanc ajoute à la tension dramatique. Cet ouvrage est publié dans la collection
    « L'animal fabuleux », collection de littérature et images qui associe un
    écrivain à un créateur d'images (photo, dessin, estampes, peinture, vidéo).
    Plusieurs titres appartiennent déjà à cette collection : Quelque chose
    continue, Fabienne Barre et Jean-Marie Gleize, 2006 ; Où le songe demeure,
    Lionel Bourg (en coédition avec la FILL), 2007 ; Le cas de le dire, Frank
    Smith, 2007 ; L'ombre nue, Marcel Cohen et Aurore de Sousa, 2008 ; Saurais-je
    me souvenir de tout ?, Raymond Escomel et Ahmed Kalouaz, 2009. Michel Séonnet
    est né à Nice en 1953. Il a longtemps accompagné le travail d'Armand Gatti dont
    il a publié et préfacé les oeuvres aux éditions Verdier. Il a mené des actions
    publiques d'écriture et de création dans de nombreuses villes et
    particulièrement avec des personnes en difficulté. Il a publié plusieurs
    romans aux éditions Verdier et aux éditions Gallimard, ainsi que des essais et
    des albums jeunesse. A noter : aux éditions Gallimard, La marque du père,
    collection « L'un et l'autre », 2007 Olivier Pasquiers, né en 1960 à Paris,
    fait partie du collectif de photographes « Le bar Floréal ». Nombreuses
    expositions personnelles et participation à des expositions collectives avec
    les autres membres du bar Floréal, ou avec diverses associations. Collaboration
    à de nombreuses publications, dont beaucoup ont été réalisées avec Michel
    Séonnet. Mots clés : mer - rive d'en face - proche - passer - passeur - bateau
    - naufrage - mort - noyé

  • L'ombre nue propose plusieurs séries de photographies d'Aurore de Sousa. Objets usuels, miroirs, meubles, albums anciens, sont autant de fragments et d'indices, d'histoires de vie réelles ou rêvées, cousues entre elles par des fils ténus et presque invisibles. Cette fresque monochrome est traitée dans des tons nuancés et vibrants d'une grande douceur. Les textes de Marcel Cohen voisinent cet univers sans jamais l'envahir. Ils suggèrent, sans recourir au romanesque, différents usages de la mémoire. Témoignage, souvenir, anecdote, comptage, récit d'événement, deviennent les objets de narrations inscrites dans la trame de l'histoire. L'insularité et la contingence de ces " faits " photographiques et littéraires forment un ensemble que le lecteur s'approprie, non sans un certain trouble de pensée.

  • S'il y en a qui ne mâchent pas leurs mots, Frank Smith, lui, est plutôt du genre à bien les mâcher. La langue poétique est pour lui tout le contraire du langage de la vie courante, dans ce monde du prêt-à-parler où les mots sont déjà mâchés, prêts à transmettre un message dans un réseau de significations fixées d'avance, où les réponses succèdent aux questions, les certitudes aux certitudes. Il ne s'agit pas de rompre avec les mots du monde, mais comme le préconisait Mallarmé, son aîné manifeste, de « donner un sens plus pur aux mots de la tribu », de se saisir du langage de tous les jours pour le restituer autrement, de composer avec lui, au double sens du terme : s'en accommoder et lui donner une autre forme. La langue est ressassée, remâchée, mais toujours insensiblement déplacée, translatée, donnant naissance à un rythme original. Dans ce ressassement, se catapultent expressions courantes, voire familières, syntaxe volontairement relâchée, bribes de chansons qui parlent à tout un chacun, style oral, mots en anglais, scansion revendicative qui n'est pas sans évoquer le rap, et enfin, intriquées dans ce network, des citations non-démarquées, d'écrivains et de philosophes, en particulier Mallarmé et Foucault. Etre poète c'est, en un sens, parler une langue étrangère, devenir étranger à sa propre langue - proférer une langue qu'on se contente généralement de parler, et dans cette profération, faire sonner l'étranger, l'étrange. Frank Smith, né en 1968, est producteur à France-Culture où il coordonne l'Atelier de création radiophonique. Il a notamment publié : Pas (avec des photographies d'Anne-Marie Filaire), éditions Créaphis, 1998 ; Zigzag poésie, Formes et mouvements : l'effervescence, (en collaboration avec Christophe Fauchon) collection Mutations ; Poé/tri, 40 voix de poésie contemporaine, éditions Autrement, 2001.

  • C'est une époque où rien n'est rêve, rien n'est vrai.
    Une époque d'ombres passantes, de voix venant vous recommander de rester là, entre deux eaux, de ne rien précipiter. Au-delà, rien qu'un soupçon de vie au grand jour, une promesse d'avenues bordées de tilleuls, et l'inquiétude encore, à peine un trait de brume. Peut-être la vie se dressant debout devant une porte, avec à l'envers un sol couvert de neige. Peut-être plus tard un oiseau venant poser son cou contre le vôtre, et une aubade s'élevant dans les branches.
    Le jour serait alors une clé s'ouvrant, comme une boîte à musique, la tête paisiblement posée sur un parterre de bruyère.

  • La collection L'animal fabuleux explore les relations entre texte et image faisant dialoguer un écrivain et un artiste. Ce livre dans lequel se retrouvent Jean-Gabriel Cosculluela et Francis Helgorsky témoigne de cette rencontre entre poésie et photographie.
    L'écrivain développe son texte comme le photographe compose ses images, dans une pensée exigeante, toute en demi teintes et en gammes de gris, en phrases autant musicales que visuelles. Dans la dialectique du vu et du rêvé à partir du même matériau entre pierre, terre et ciel, ce livre est à la fois une proposition de poésie et un essai photographique. Tel qu'on le voit, tel qu'on le rêve, dans une étrange confusion et alchimie, Et la terre rien provoque le sentiment chez chaque lecteur du retour en soi, voyage primordial.

  • C'est un livre d'expérience, à la fois littéraire et photographique. Le texte fonctionne très bien " seul ", mais s'articule dans le livre dans une relation (à inventer par le lecteur) textes / images. Trois aspects du travail photographique de Fabienne Barre apparaissent successivement dans l'ouvrage en écho à la construction du texte. Photographies en un seul plan, photographies juxtaposées et photographies recomposées, pour créer des paysages " fondus " à partir de plusieurs images.
    Entre ces différents plans visuels, quelque chose continue, du réel à l'imaginaire, et quelque chose est montré de l'indicible, de l'indécidable et de l'immontrable. La dimension onirique des photographies est très présente. Texte et images coexistent en deux volets, sans vis-à-vis, le texte précédant les images. Ce n'est pas un livre " illustré " où texte et images entrent en concurrence. Le format choisi, proche du A5, invite le lecteur à emporter l'ouvrage avec lui en promenade. Objet-livre plus que livre-objet, l'ouvrage invite chacun à une lecture approfondie qui permettra de mieux entrer dans cette étrange correspondance.

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  • Il s'agit ici d'un texte littéraire accompagné de 27 photographies en noir et blanc, publié dans la collection L'animal fabuleux.
    Cette collection propose depuis quelques années de faire se répondre des textes littéraires avec des visuels de création (photographies, estampes, gravures etc.). Le principe est de ne pas faire de commentaires sur les images mais de tisser entre images et textes une certaine correspondance, voire une leçon d'équivalence. Texte et photos se répondent, entrent en résonance. Même si la priorité est donnée à une diffusion en littérature, il peut s'agir, selon les titres, d'une suite d'images assez importante voire dominante par rapport à la longueur du texte.
    L'écrivain Roger-Yves Roche et le photographe Max Barboni se sont volontairement prêtés au jeu de cette collection. Les photographies d'arbres, de branches, de futaies trouvent un écho verbal dans le texte de fiction qui les accompagne. Roger-Yves Roche établit des liens entre photographie, littérature et peinture dans une approche personnelle de création fictionnelle. Le photographe lui même rend un hommage discret mais très fort aux grands photographes évoqués par l'écrivain : les photographies de Max Barboni témoignent d'une grande culture photographique dans laquelle on retrouve l'influence des pionniers de la photographie, d'Atget à Anne Brigman ou à Josef Sudek, et de grands photographes contemporains comme Pierre de Fenoyl, Alix Cléo Roubaud ou Raymond Depardon.

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  • L'écrivain et poète Lionel Bourg (missionné par la FILL), a visité sept expositions dans diverses bibliothèques de France sur le thème « Une ville, une oeuvre ». Etait à chaque fois présentée l'oeuvre d'un écrivain, d'un peintre ou d'un artiste en lien avec la ville. Il s'est ainsi rendu tour à tour à Bordeaux, Grenoble, Metz, Montpellier, Orléans, Troyes et Valence et a écrit à chaque fois un texte inspiré par l'oeuvre et les villes rencontrées : rencontre avec Bernard Delvaille à Bordeaux, Stendhal à Grenoble, Paul Verlaine à Metz, Léo Malet à Montpellier, Michèle Desbordes à Orléans, des manuscrits moyenâgeux enluminés à Troyes, et enfin Piranèse et Hubert Robert à Valence. « Répondant à la proposition qui m'était faite et qui, de ville en ville, d'exposition en exposition, m'incitait à une sorte de vagabondage affectif, je n'ai pas cru devoir dissimuler mes inclinations personnelles. On écrit avec ce que l'on est, ce que l'on devient, sa sensibilité, son histoire. » écrit Lionel Bourg dans sa préface. Cet ouvrage est le second de la nouvelle collection L'Animal fabuleux, qui se donne pour objectif de réunir des textes de littérature, de sciences ou d'art en rapport avec des images, principalement des photographies. Poésie, récit, chant, description, essai, parti pris, critique, le programme est vaste et reste ouvert. Du point de vue de la forme, cette collection se caractérise par un format rectangulaire de 165 x 225 mm à la française et une couverture sur un papier « matière ».

    Lionel Bourg est écrivain et poète. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages (poèmes, récits, essais et journaux) publiés chez divers éditeurs comme par exemple Fata Morgana ou Jacques Brémond. Il a collaboré à des ouvrages collectifs et écrit régulièrement dans différentes revues littéraires : Thédore Bamoral, Europe, Les Cahiers intempestifs, Souffles, Le Passant ordinaire.

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  • Jacques Péré a réalisé cette série de photographies en une seule saison et sur un seul lieu : un champ de tournesols après la moisson. Cette suite photographique a fait alors un étrange écho avec la lecture des lettres d'Etienne Vernaz, membre de sa famille et combattant de la Grande Guerre entre août et décembre 1914 (date à laquelle il a été tué).
    Les photographies ne prennent sens que dans leur ensemble, qui fonctionnent comme un petit film : sorte de court métrage évocateur du champ de bataille. De fait, les images objectives des restes d'une moisson deviennent le symbole d'une armée décimée, une armée de fantômes.
    Ce n'était pas le projet de l'auteur que d'" illustrer " ces extraits de lettres de combattant, mais l'analogie est apparue après coup. Cet ouvrage se présente comme un poème visuel très construit.
    Le livre, dans cette collection expérimentale, L'Animal fabuleux, témoigne de ce moment de recueillement et de lente révélation.

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