Descartes & Cie

  • Entendons que l'inouï doit nommer, non pas l'exceptionnel, le rare ou l'extraordinaire, avec lesquels on est tenté de le confondre, mais bien le plus commun et le plus ordinaire : la couleur du ciel ou qu'on est en vie. Si l'on ne l'entend pas, s'il reste « in-ouï », c'est seulement qu'il déborde les cadres constitués, bornés, de notre appréhension. Ce débordement n'est donc pas celui de notre expérience, mais de ce que nous avons laissé rabattre, à notre insu, en « expérience ». C'est pourquoi, n'y accédant pas, nous le rangeons, pour nous en débarrasser, à l'extrême bout de cette expérience, le casant dans l'extraordinaire, l'exceptionnel ou l'insolite.
    Or nous pourrions déborder ces cadres trop étroits bordant - bornant - notre appréhension, aussi bien de l'entendement que de la perception. Sans plus, dès lors, avoir à poser d'en-soi ou d'absolu séparé dans son Au-delà, comme l'a fait la métaphysique.
    En quoi l'inouï se révèle un concept vecteur de notre modernité, à la fois philosophique et poétique. En quoi aussi vivre à hauteur d'inouï pourrait devenir le mot d'ordre d'une nouvelle éthique.
    Un séminaire s'est tenu à partir de l'essai de François Jullien, L'Inouï (Grasset, 2019), le 29 novembre 29, au Patronage laïque Jules-Vallès, sous la direction de François L'Yvonnet.
    Les contributions réunies ici mettent en débat ces premières propositions.

  • Jean Baudrillard (1929-2007) sociologue, philosophe, écrivain ?
    Il faut se garder de ces découpages réducteurs. Toute l'oeuvre de Jean Baudrillard introduit une liberté et une singularité dans la pensée. Qui la lit avec attention devient un gardien de cette singularité et de cette liberté.
    Jean Baudrillard est l'un des penseurs français les plus connus dans le monde. Un classement mondial des intellectuels, au début de ce siècle, le plaçait dans les premiers rangs des personnalités vivantes, à la première place des Français. Bien sûr, ces classements n'ont guère de sens mais ils indiquent l'écart immense existant entre l'image française et l'image mondiale.
    Son oeuvre ne présente pas une « vision » du monde, un système philosophique préconçu permettant de le réinterpréter. Sa position plus modeste, plus respectueuse de la réalité (se faire « objet », « objectif » ), vise à saisir le réel à l'aide d'opérateurs mentaux proposés par le langage. Car pour lui, le langage est ce « qui nous précède de loin, et se retourne sur nous pour nous penser », pour nous séduire et nous inviter à jouer avec lui.
    Comment apprendre le langage de Baudrillard ? Les accès sont multiples et peuvent être choisis en fonction des intérêts de chacun.
    Sociologues et ethnologues liront ou reliront ses premiers livres sur la consommation et la communication. Avec une mention particulière pour Le miroir de la production, critique radicale d'un certain marxisme. Les disciples de Foucault ne doivent pas oublier de lire Oublier Foucault, critique acérée mais respectueuse de la vision foucaldienne d'une société disciplinaire. Il faut citer aussi De la séduction car ce thème est constamment présent, dans une acception profonde et spécifique, dans toute son oeuvre. Et aussi L'échange impossible et Figures de l'altérité où l'on trouve une belle et énigmatique définition de l'intelligence selon Baudrillard : il n'est d'intelligence que de l'autre.
    Mentionner aussi Amérique, un voyage dans la fiction subtilement mêlée au réel, à rapprocher des derniers livres évoquant la destruction des Twins Towers.
    On peut aussi se reporter aux livres d'entretiens (Mots de passe, Le paroxyste indifférent) qui donnent des clefs très utiles, et, bien sûr, au Cahier de l'Herne qui lui a été consacré. Enfin et surtout aux cinq volumes de Cool memories, un monument fait de fragments qui dessinent à la fois une image discrètement intime de l'auteur, une approche ironiquement philosophique et un jeu poétique avec le langage.
    Les six textes qui composent cet ouvrage, construits autour de six mots de passe (disparition, destin, réel, jeu, valeur, altérité), s'inscrivent dans ce souci de protéger la singularité de sa pensée. Ils s'efforcent aussi d'utiliser ces mots comme des clefs pour explorer des voisinages, des affinités ou des oppositions, avec d'autres auteurs ou avec des thèmes d'actualité.

  • François Jullien est le philosophe français contemporain le plus traduit dans le monde. Ce qui caractérise son oeuvre est la diversité des concepts qu'il propose (écart, seconde vie, transformations silencieuses, dé-coïncidence, etc...) qui sont utilisés dans de multiples champs (politique, culture, littérature et art).

    De ce travail philosophique, si délibérément novateur, le présent ouvrage, l'un des premiers de cette ampleur, s'attache à montrer le mouvement qui l'a porté, de ses débuts sinologiques à ses avancées conceptuelles récentes. Il propose ainsi une lecture d'ensemble d'une oeuvre qui met en évidence un principe : philosopher c'est s'écarter.
    C'est aussi une lecture personnelle avant tout sensible au dynamisme d'une pensée dont les résonances dans la culture actuelle sont innombrables.

  • Premier diplomate du Royaume, Mohammed VI est aujourd'hui le souverain des Africains, après une campagne politique sans précédent qui a conduit à un consensus avantageux sur la question du Sahara.
    Monarque aussi proche des cours d'Espagne et d'Angleterre qu'à son aise avec Vladimir Poutine, il a également « porte ouverte » à l'Élysée, quel qu'en soit le Président.
    Souverain d'un royaume complexe, où la modernité du XXIe siècle côtoie au quotidien le poids des traditions millénaires, Mohammed VI règne sans heurts perceptibles avec un Gouvernement et une majorité politique résolument islamistes.
    Homme d'affaires, il fait réaliser de grands investissements (centrales solaires, TGV, autoroutes, etc.) dans un pays sans véritables ressources naturelles.
    Diplomate, il impose son propre style, une fusion de modernité avant- gardiste, de goût sincère pour les arts et les lettres, et d'habileté politique. Comment parvient-il à gérer tous ceux qui tentent de faire du Maroc leur terrain de jeu ? Quelles sont ses positions face à l'Algérie à Israël, aux États-Unis, aux Princes arabes, ainsi qu'au fondamentalisme islamiste ?
    Les auteurs, indépendants de tout lobby, caste ou milieu, marocain ou étranger, ont choisi de concentrer leur analyse sur la période 2011- 2019. Pour ce faire, ils disposent de nombreux contacts et autres sources, parfois inédites. Il est indispensable que le livre soit édité en France, mais aussi distribué au Maroc.

  • Poésie, contes, romans, épopées, théâtre : le cheval a envahi le champ immense de la littérature de tous les temps et tous les pays. Personnage principal ou secondaire, vénéré ou redouté, symbolisant parfois la vie, parfois la mort, cet animal à la fois fort et fragile, masculin et féminin, hante notre imaginaire, sans discontinuer, depuis l'Antiquité, jusqu'à nos jours : « de Homère à Homéric », résume Jean-Louis Gouraud qui, depuis un bon demi-siècle, fréquente avec autant d'assiduité les manèges que les bibliothèques.
    En ces lieux cohabitent harmonieusement des personnages aussi différents que Xénophon et Buffon, Montaigne et La Varende, Flaubert et Tolstoï, AbdelKader et Apollinaire, Du Bartas et Bartabas.
    On retrouvera ces compagnons indispensables, et d'autres, dans les pages de ce livre.

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  • Le 29 mars 2019 marquera pour le Royaume-Uni la fin d'un demi- siècle d'appartenance à l'Union Européenne, et cela quelles que soient les conditions négociées avec l'Union. Il renoncera, en effet, au premier objectif de l'acte fondateur de l'Union à savoir d'établir « une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ». Il n'aura sauvegardé, de manière transitoire, que son accès à un marché de 500 millions de consommateurs.
    Le Brexit est une « erreur historique » pour les anciens premiers ministres, Tony Blair qui rappelle les enjeux géopolitiques de l'union européenne, John Major, Gordon Brown, comme pour nombre de leurs concitoyens.
    En réalité, l'Histoire le montre, c'est une péripétie de plus dans la longue histoire passionnelle des rapports du Royaume-Uni avec ses voisins du continent. Une histoire ponctuée par un jeu séculaire de balancier : guerre de 100 ans, rupture d'Henri VIII avec Rome, conquête des océans, « guerres françaises » du 18ème siècle, Congrès de Vienne de 1815, deux conflits mondiaux au XXème siècle, fin de l'Empire, adhésion à l'Europe et, dernier épisode d'une politique héritée du passé, retrait du projet européen.
    M. Cameron a commis une double faute : la première a consisté à soumettre, au mépris des traditions britanniques, l'avenir de son pays à un referendum ambigu. La seconde a été d'exiger, au préalable, pour son pays un statut qui, s'il lui avait été accordé, non seulement dénaturait les Traités, mais mettait l'Union en péril.
    Le Royaume Uni va faire l'expérience de l'isolement, d'une diminution significative de son influence en Europe et dans le monde. Il reviendra naturellement un jour vers l'Europe car seule une Europe Unie lui permettra d'exister face aux mastodontes qui progressivement domineront la scène mondiale. À quand le retour ?

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  • La tragédie de Racine est emblématique : insouciante des vérités historiques, elle porte par-delà l'espace et le temps l'expression de l'universel. Irréductible à la tragédie galante, cette pièce maîtresse de l'échiquier racinien est de part en part politique. Nullement une histoire d'amour, ni une histoire d'amours, pas davantage une histoire où l'amour serait roi ou reine, puisque sur scène ne se déploient que des amours princières contrariées, de mortelles passions ou encore un amour mort.
    Sous Andromaque n'est pas un nouveau livre sur Racine, mais une nouvelle lecture, l'interprétation d'un combat entre les conflits d'intérêts, les passions, et la passion chrétienne racinienne symbolisée par la discrète présence d'Astyanax, qui reste cependant absent de la scène.

  • Les textes réunis dans ce volume explorent le dédale planétaire, parfois tortueux et hésitant, des relations qui, ici comme ailleurs, aujourd'hui comme hier, depuis quelque cinq millénaires, et dans de multiples domaines (agriculture, transports, guerre, jeux, promenade, parade...), associent des hommes - et des femmes - à cet animal sans pareil qu'est le cheval. Sans rien perdre de leur intensité, ces liens ont subi, depuis un siècle, de profondes et rapides transformations qui ont conduit, en Occident notamment, la culture traditionnelle de l'"homme de cheval" à céder le pas à une culture équestre inédite, celle de "nouveaux cavaliers", parmi lesquels les femmes ou, plus exactement, les jeunes filles sont désormais majoritaires.

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  • Renaître de la grande crise impose de la comprendre, et la comprendre d'aller à ses racines, qui sont profondes.
    Entre la chute du mur de Berlin et celle de la banque Lehman Brothers, ce n'est pas à la fin de l'histoire que nous avons assisté, mais à sa dramatique accélération. Le modèle occidental de démocratie de marché, au lieu de finalement s'imposer, a perdu son équilibre et ses vertus. En mutant en société de marché financier, il a mis à mal les concepts mêmes sur lesquels les philosophes des Lumières l'avaient bâti et s'est échappé de la loi commune dans laquelle les Nations avaient voulu l'inscrire.
    Alors qu'ici la pensée libérale est dans l'impasse, un nouvel ordre mercantile s'affirme, dont nous ne sommes plus le centre, qui tire la leçon de nos excès et de nos échecs, et se renforce de la perspective d'un monde fini. A nous, vieille Europe, de prendre une place dans ce nouvel ordre avec réalisme et de le modeler avec ambition en construisant un projet commun puissant, démocratique et ouvert aux autres.

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  • Othello

    Shakespeare W

    Il s'agit d'une nouvelle version pour la scène de Rémi De Vos et Éric Vigner. Plus qu'une traduction, plus qu'une adaptation, c'est une véritable recomposition qui est proposée et sur laquelle le traducteur et le metteur en scène s'expliquent dans deux textes introductifs.
    Cette nouvelle composition sera créée le 6 octobre au Théâtre de Lorient et le 6 novembre à l'Odéon.
    L'ouvrage est complété par un texte brillant de Stéphane Patrice qui analyse l'oeuvre en termes historiques et philosophiques et met en évidence ses résonnances actuelles, en particulier avec le théâtre de Koltès.

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  • Marx en jeu

    Derrida/Guillau

    Que signifie un travail de deuil, d'un deuil politique et même géopolitique, quand la terre entière se met à rappeler par la bouche des politiciens, dans la rhétorique médiatique, que Marx est mort, que le communisme est mort, que le modèle de marché capitaliste est le seul modèle ? Il ne s'agit pas, contrairement à ce qu'on dit, d'un retour à Marx.
    Marx est mort, on le sait. Il ne s'agit pas non plus d'appliquer, de répliquer, de réappliquer tel ou tel théorème de Marx à l'économie - encore qu'il y ait là beaucoup à apprendre de lui - mais de se rappeler une certaine leçon, une certaine manière de ne pas s'en laisser conter au sujet du capital et de voir ce qui se passe aujourd'hui de nouveau d'inédit le théâtre inédit du capital d'aujourd'hui.

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  • En somme, ce livre est composé comme un album : comme le Dejarme Solo de Michel Portal, par exemple.
    Les séquences en ont été publiées dans Lignes, la revue de Michel Surya, en formes de chapitres prémédités (de 1994 à 2000). Un travail de studio leur donne le rythme d'ensemble. L'actualité y est active comme une bande-son. Les disparitions (Don Cherry, Gilles Deleuze, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Guy Debord) en scandent le cours. La rumeur de la ville, celle des banlieues favorisées, les crimes et les faits divers, sont les motifs explicites et les grilles d'accord de leur continuité.
    Apparaissent ainsi les protocoles de désocialisation, l'hystérie d'individualisme, l'atomisation des corps, les nouvelles technologies de la mort, ce qu'on appelle ici " la police des caractères ". C'est la suite prévisible de La Perfection du bonheur (Descartes & Cie, 1994) : l'autre façon de traiter le politique.

  • Nous sommes, chaque jour davantage, submergés d'informations de toute nature, harcèles par des promotions intrusives, traqués dans tous nos comportements et, demain, dans nos pensées.
    Cet ouvrage propose une prise de conscience et des recommandations indispensables pour résister à la dictature du tout numérique qui envahit insidieusement notre quotidien.
    Le lecteur est ainsi conduit, dans un style agréable, à suivre une démarche en trois temps :
    La première urgence est de mieux comprendre la noria de termes dont médias et gourous nous abreuvent, du "big data" à la "data science". Avec une grande pédagogie, les premiers chapitres démystifient ces notions pour les lecteurs non- initiés.
    Sans nier les applications vertueuses du big data ou de l'intelligence artificielle dans de nombreux domaines tels que la santé ou la maîtrise de l'énergie, l'auteur dresse ensuite un tableau alarmant des dérives du monde numérique.
    La dernière partie de l'ouvrage recense les contrefeux individuels et collectifs qu'il est vital de dresser pour conserver sa liberté de pensée et d'action, face à l'inéluctable mutation en cours.

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  • Cet essai propose une réflexion critique sur la salle de classe et sur la méthode d'enseignement qui fossilisent l'acte d'apprendre et d'enseigner depuis des siècles. Et pourtant, une autre méthode d'enseignement popularisée au 19 e siècle sous le nom d'Ecole mutuelle offrait, avant de disparaitre, une vision différente de l'Ecole, une vision plus moderne. L'auteur montre que les principes fondateurs de l'enseignement mutuel ont traversé le 20 e siècle dans de nombreuses innovations pédagogiques, sans pour autant parvenir à s'imposer.
    Car pour changer de paradigme pédagogique, il faut aussi changer la salle de classe et cela n'a jamais vraiment été fait...

  • Crises financières, krachs boursiers, débâcles bancaires, effondrement des monnaies, assèchement des crédits... A chaque nouvelle catastrophe, le monde semble redécouvrir la fragilité du système financier. A chaque nouvelle crise, les commentateurs imaginent que le phénomène est inédit par son ampleur, sans équivalent par sa gravité. Que les mécanismes qui ont abouti à la faillite sont liés à la complexification croissante des phénomènes économiques, à l'émergence des nouvelles technologies.
    Pourtant il y a des siècles, et même des millénaires, que les Etats, les royaumes, les entreprises, les banques empruntent, font faillite, ne remboursent pas leurs dettes.
    De la Rome antique à l'Islande moderne en passant par l'Espagne, la France, l'Angleterre, l'Autriche-Hongrie, le Venezuela ou les Etats-Unis, ce livre retrace deux mille ans de crises, d'arnaques, de réussites fulgurantes et de chutes violentes, de montages financiers abracadabrants et de sauvetages tout aussi acrobatiques.
    L'histoire commence il y a très longtemps avec un certain Macron et, parce que tous les chemins mènent à Rome, elle s'achève (très provisoirement) dans la capitale italienne le 12 novembre 2011, jour de la démission de Silvio Berlusconi.
    Deux millénaires d'histoire pendant lesquels on a tout vu, ou presque, en matière d'erreurs ou de malversations financières, mais aussi de sauvetages héroïques. Tout vu mais, bien sûr, rien retenu.

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  • "La photographie, c'est notre exorcisme.
    La société primitive avait ses masques, la société bourgeoise ses miroirs, nous avons nos images. " Jean Baudrillard est aussi un photographe. Occupant une place aussi singulière dans ce champ que celle qu'il tient dans le champ philosophique.
    Ce livre - le premier qu'il consacre à sa pratique de la photographie - nous propose une vision à la fois ironique, subtile et radicale qui nous entraîne dans des directions bien différentes de celles tracées par Walter Benjamin, Pierre Bourdieu ou Roland Barthes.
    Critique de l'esthétisation de la photographie - "De nos jours, c'est l'art qui dévore la photo" -, réévaluation de la technique - "qui donne à la photo son caractère original" - et surtout suprématie accordée à "la complicité silencieuse entre l'objet et l'objectif".
    Texte à double écriture : la poésie des mots et cette écriture réflexe, automatique, objective qui déploie - en 100 photos - l'évidence du monde des objets.

  • Le mot « médiation » appelle un grand nombre d'autres mots, dans les relations, les échanges, les méthodes de co-décision entre humains.
    Par exemple : désaccords, différends, conflits, lois, négociation, prévention, réconciliation, communication, partage...
    Tous ces mots se retrouvent, accentués, dans les situations cruciales des temps présents : manifestations (permises /interdites), harcèlement (moral/sexuel), bandes rivales et clans, etc.
    Médiation a pour origine l'idée de milieu, de ce qui est « entre » les humains : ce qui les oppose, les amène à se nier et s'opposer, à s'expliquer et se reconnaître, se comprendre et s'ajuster. C'est une méthode d'inter-compréhension, une façon de penser les ponts et de les construire entre les différences.
    L'ouvrage est constitué de dix rubriques : les mots...
    - de l'étymologie - des fonctions sociales : avocats, juristes, notaires, enseignants, managers - des domaines : famille et succession, école et parents d'élèves, travail et commerce, finance, assurances, presse, etc.
    - des méthodes - des médiateurs et de leur discipline - des utilisateurs - des limites : craintes, résistances, rejets - des réussites : paix des ménages, successions réglées, accords entre associés, conciliation et réconciliation, etc.
    - des autres sciences : économie, droit, médecine, sciences politiques, psychologie, sociologie, philosophie, etc.
    Des organisations : entreprises, administrations, syndicats, tribunaux, associations, ONG, etc.

    À paraître
  • Ce livre analyse les modalités d'une politique culturelle qui poursuit généralement deux finalités :
    - faire partager par le plus grand nombre les valeurs culturelles qui ont été filtrées par l'histoire et les élites : les Arts et les Lettres, le patrimoine, la « culture pour tous » telle qu'elle a été mise en oeuvre par Malraux.
    - reconnaître et valoriser les pratiques culturelles dans toutes leurs diversités et singularités : la « culture pour chacun » à laquelle on peut associer la politique de Jack Lang.
    La hiérarchie et l'articulation de ces deux finalités varient en fonction des pays et des circonstances politiques. L'auteur met en évidence les difficultés, notamment d'ordre économique, et les risques d'étatisme, de conservatisme, d'abandon de la culture aux mécanismes de marché que rencontrent ces diverses politiques culturelles. Dans son travail, une grande place est consacrée à la France qui a fait de la culture un des fondements de son identité et dont les responsables politiques s'efforcent, depuis Richelieu, de protéger la création et le patrimoine. L'auteur analyse aussi l'influence directe et indirecte des politiques culturelles françaises sur le Maroc en soulignant surtout les nombreuses spécificités du développement marocain.
    L'âge du numérique et des réseaux sociaux change complètement cette donne, bien au-delà des problèmes de droit d'auteur. Les institutions culturelles traditionnelles perdent une partie de leur légitimité, le système de formation est confronté à de nouveaux défis. Ce sont donc les bases mêmes des politiques culturelles qui doivent être questionnées et refondées.

  • écart, entre, inouï dans la psychanalyse ; dialogues avec François Jullien Nouv.

    La psychanalyse et, plus largement, le champ de la psychothérapie se sont remis en chantier. Les allégeances théoriques étaient devenues sectaires ; et les névroses des bourgeoises viennoises de la fin du XIXe siècle sont peut-être devenues un luxe dans nos sociétés « stressées » d'aujourd'hui.
    De là que les sciences humaines cliniques s'ouvrent à de nouveaux croisements, notamment du côté de la philosophie.
    De là aussi que les concepts d'écart, d'entre, d'inouï, proposés par François Jullien dans son récent travail, pourraient peut-être leur parler.
    La cure ne tend elle pas, en effet, à rouvrir de l' « écart » dans la vie de l'analysant ? N'est-elle pas - dans le dispositif qu'elle instaure - une pratique concertée de l' « entre » ? N'a-t-elle pas en vue de laisser entendre, à l'envers du si lassant « réel », ce qui en est l' « inouï » ?
    Les trois essais suivants, dont les deux premiers ont été présentés à un séminaire ouvert le 29 novembre 2019 au Patronage Laïque Jules-Vallès, à propos de L'Inouï de François Jullien (Grasset, 2019), explorent une rencontre possible avec ces concepts pour en éprouver la fécondité.

  • Dans un pays qui a fait de la place de la culture un des fondements de son identité, où les responsables politiques, depuis Richelieu, sont aussi jugés à leur capacité d'être les protecteurs des Arts et des Lettres, la revue Area et les éditions Descartes & Cie ont eu l'idée de donner la parole à deux témoins familiers des milieux où s'élaborent les politiques culturelles.
    Il en résulte un véritable débat, détaillé et concret, sur ce qu'il reste aujourd'hui de Malraux et de Lang, et sur les propositions pour demain. La qualité de la confrontation vient de l'expérience et du talent des auteurs. Se faisant l'avocat de leurs visions personnelles, leurs plaidoiries sont percutantes. S'agit-il de la politique culturelle vue de droite, vue de gauche ? En partie, certes, mais on trouvera ici des aspects plus complémentaires qu'opposés.
    Les risques d'étatisme, de conservatisme, d'abandon de la culture aux mécanismes de marché sont mis en évidence par ces regards croisés et devront être soigneusement pris en compte par les futurs responsables de la politique culturelle.

  • Peut-on former des managers ? Sait-on former des managers ? Est-ce vraiment une affaire de techniques, y a-t-il des recettes ou la capacité à diriger et entraîner des équipes s'apprend-elle « sur le tas », dans l'entreprise et dans la pratique ? Que peuvent attendre les jeunes candidats au cursus des dizaines d'écoles de management en compétition dans les classements périodiques internationaux des media spécialisés.

    Philip McLaughlin, philosophe de culture anglo-saxone, directeur de BeM, l'école de management de Bordeaux, livre ici ses étonnements et ses propositions, étayés par les réponses de quelques vingt personnalités aussi diverses qu'Henry Mintzberg, Jean-Paul Bailly ou Michel Camdessus.

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  • Découvrez L'avenir de l'origine - Genèse de la mondialisation, le livre de Serge Airaudi. Il y a une différence profonde entre globalisation - surtout financière et technologique - et mondialisation. Cette dernière met en jeu des facteurs historiques, culturels, environnementaux qui résistent à la globalisation. Ainsi, le rapport entre le modèle de l'entreprise et la société n'est pas le même en Europe, aux Etats-Unis, en Chine... La démarche de Serge Airaudi s'inscrit dans des savoirs plus larges que les disciplines de gestion, en particulier la sociologie et la philosophie (qui est sa formation première). Savoirs qu'il confronte à son expérience professionnelle auprès des dirigeants d'entreprise et à sa connaissance du monde asiatique. Son ouvrage ne fonde donc pas seulement une approche différente de l'art de gérer une entreprise dans un univers mondialisé. Reprenant une formule souvent utilisée par Edgard Morin : "l'origine est devant nous", il propose une refondation de l'ordre économique et de son insertion dans la société.

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