Editions De L'olivier

  • Un jour, lors d'un dîner mondain, Rebecca Solnit se voit questionnée par un homme sur son travail d'écrivain. Son dernier livre vient de paraître, il traite du Far West et de l'industrialisation. Aussitôt, l'homme la coupe : « Mais avez-vous lu ce livre très important qui vient de paraître sur le même sujet ? ».
    Et l'homme de pérorer sur un sujet qu'il ne maîtrise pas, mais sur lequel il a, bien sûr, beaucoup à dire. Seul problème : le livre « très important » en question a été écrit par... Rebecca Solnit elle-même. À partir de cette anecdote, Solnit développe un concept : les « mecsplications ». Comprendre, ces hommes qui croient à tort savoir mieux que les femmes ce qu'elles doivent penser, dire, ou encore écrire.

    Mais ce n'est pas le seul angle d'attaque de ce recueil à l'intelligence protéiforme : qu'elle aborde la culture du viol, la question du mariage pour tous, la puissance du patriarcat ou l'oblitération de la parole des femmes dans l'histoire, Rebecca Solnit examine avec humour, colère et sens de la nuance les nouvelles questions que doivent affronter les femmes du vingt- et-unième siècle.

  • Qui a été historiquement réduit au silence, et pourquoi ? Comment les femmes et les minorités sont-elles parvenues à récupérer, ou non, leur parole ? En quoi un changement politique est-il avant tout un changement de récit ?

    Pour répondre à ces questions, Rebecca Solnit balaye un grand nombre de sujets, de l'histoire des droits civiques et de l'esclavage, à la culture du viol dans les campus américains, en passant par la masculinité toxique.

    On retrouve ici la vivacité d'esprit de l'auteure, son opiniâtreté à déjouer tout ce qui, dans la culture, dans les institutions, dans la sphère publique, entend amoindrir la parole des femmes, et réduire leur place. Rebecca Solnit y met au jour les normes sous-jacentes contenues dans nos discours.

  • Depuis les années 2000, les sexualités féminines sont sorties du silence grâce aux séries télévisées : après Sex and The City, les productions les plus récentes ambitionnent de raconter la singularité de l'expérience des femmes.

    En quatre chapitres, Sex and The Series explore les métaphores et les schémas inédits que proposent ces séries récentes, et la révolution télévisuelle que nous vivons : comment le « regard masculin » est-il transformé ou contredit ? Quelles nouvelles narrations nous sont proposées ?

    Érudit, malicieux, cet essai détonant est également un éloge de notre plaisir de téléspectateur.

  • David Foster Wallace n'était pas qu'un grand romancier. C'était aussi un essayiste chez qui l'humour côtoyait une lucidité redoutable.

    Ce premier tome de Considérations sur le homard regroupe les textes qu'il a consacrés à la société américaine. Qu'il raconte les « Oscars du porno », la campagne présidentielle de John McCain, le 11-Septembre vu depuis l'Illinois, ou la souffrance du homard plongé dans l'eau bouillante, il ne fait, en somme, qu'une seule chose : nous parler de l'Amérique folle et inquiétante dans laquelle il a vécu, et de l'enfer hilare des temps contemporains.

  • À la fois récit autobiographique et manifeste sociopolitique, Les Femmes est l'essai que Hilton Als consacre à trois figures majeures de sa vie et de son éducation : sa mère, immigrée de La Barbade à Manhattan ; Dorothy Dean, une mondaine underground du New York des années 70 et 80 ; enfin, Owen Dodson, un poète et dramaturge gay qui fut le premier amant de Als.

    Tous avaient un point commun : noirs, ils avaient bâti leur identité et leur vie sur le refus ou la subversion des stéréotypes associés au concept de la « Négresse » dans la culture américaine. C'est ce concept que Hilton Als déplie dans Les Femmes : l'analyse la plus scrupuleuse se mêle à l'émotion, et produit une pensée nouvelle, vivante, explosive.

  • Dès leur entrée aux États-Unis, les enfants migrants sans papiers venant d'Amérique du sud subissent un interrogatoire composé de quarante questions. Le but ? Leur permettre de raconter leur histoire, et pouvoir en juger la véracité.

    Valeria Luiselli a été interprète pour les tribunaux américains. Elle a été confrontée à la brutalité des politiques migratoires et à leurs angles morts : comment dire la terreur qu'on fuit, et celle qu'on rencontre en chemin ? Comment mettre en ordre par le récit, des vies rendues illisibles par la violence du monde ?

    Raconte-moi la fin est un essai d'une grande sensibilité qui rend aux migrations leur dimension humaine.

  • Roberto Bazlen est une figure mythique de l'édition italienne. Triestin, grand connaisseur de la littérature de la Mitteleuropa, cet homme doué d'un flair hors du commun a été longtemps conseiller éditorial pour les éditions Bompiani et Einaudi, et a servi de modèle au héros du Stade de Wimbledon de Daniele del Giudice. Pendant des années, il a envoyé sous forme de lettres ses comptes rendus de lecture, où sa formidable perspicacité se combine avec... un franc-parler réjouissant.
    Les Lettres éditoriales en regroupent quelques-uns.
    Qu'est-ce qu'un grand roman ? Un grand écrivain ? Qu'est-ce qui fait qu'un livre mérite d'être publié ? Voici quelques questions qui guident la formidable promenade littéraire à laquelle nous convie Roberto Bazlen en évoquant (entre autres) L'Homme sans qualités de Musil, Le Voyeur de Robbe-Grillet, l'oeuvre de Lampedusa ou de Bataille. Promenade qui nous offre, en creux, le portrait d'une certaine Italie intellectuelle au vingtième siècle. Roberto Bazlen était un homme « dont la présence forçait les autres à penser », comme l'écrit Roberto Calasso dans l'hommage qu'il lui rend en préface à ce volume.

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