Editions Des Crepuscules

  • Nelly Arcan a fait une entrée fracassante dans le monde littéraire avec " Putain " en 2001. Un soliloque intarissable qui répudie l'humanité en " écrivant du coté de la mort " et en faisant du sexe son outil de désintégration. Mi pute mi soumise, la schtroumfette fait une autopsie au scalpel de ce qu'elle abjecte : le patriarcat, le père, la mère, la postmodernité. Ecrire pour tenter d'exister tel est le pari arcanien, mais les mots suffiront-ils à suturer cette plainte hémorragique, quand ils sont eux-mêmes le remède et la blessure ? Bouleversant tous les clichés, la putain lacanienne nous donne une véritable lecon de psychanlyse sur le continent noir de la mélancolie.
    Une leçon de ténèbres. Elle s'avère savoir ce que les psychanalystes n'enseignent pas et qu'ils enseigneront peut-être un jour après l'avoir lue.

  • « Comme l'inconscient se signifie à demi-mot, il faut aussi répondre au sujet à demi- mot », voilà qui n'est pas sans résonances avec cette phrase de Montaigne « la parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ». Ces entretiens avec Moustapha Safouan se sont déroulés sur plusieurs années et s'inscrivent dans un parcours où sont abordées l'histoire de la psychanalyse, la question de sa transmission et celle du désir d'analyste, l'évolution des structures familiales et l'idéologie individualiste, l'actualité du malaise dans la civilisation et la clinique contemporaine.
    À la question qui a fait relance pour lui « que devient le père à la fin d'une analyse ? », Moustapha Safouan en vient à cette autre concernant notre époque : le père serait-il devenu un objet partiel ? « L'avenir de la psychanalyse ne tient qu'à sa capacité à contribuer à l'intelligence de notre époque et aux métamorphoses de l'éros, autrement qu'en poussant des cris d'alarme. Encore faut-il qu'elle s'en donne les moyens. » C'est dans cet esprit que ce questionnement s'est ouvert.

  • Quel peut être aujourd'hui l'engagement d'un·e psychanalyste ? On pourrait dire : de quel bois cela se chauffe-t-il ?... De sa position de sujet qui n'arrête pas de ne pas savoir, l'auteur de cet essai critique tente d'en dire quelques choses. Il y en a c'est certain, rien que le titre : « psychanalyste ». Faut-il être gonflé pour se prétendre tel ?!
    Ampoulé de savoir, lourd de son expérience, celui qui s'en revendique doit de surcroit montrer patte blanche en bonne société. Au sein d'instituts dits « de formation », l'intransmissible psychanalyse se donne à entendre, à écouter religieusement. Ces associations et leurs garants n'ont-ils que cela à vendre ? Heureusement pas, seulement les mythes ont la vie dure, dans ces écoles pleines de sagesse. Or notre avenir s'écrit également au présent. Nous disposons d'un formidable outil, et de quoi rager de nous voir dans l'impasse.
    Alors au lieu d'adhérer compulsivement à une filiation toxique, pourquoi ne pas revoir ce qui fait notre appellation conforme ? « Malédiction ! » diront les uns. L'auteur en préfère quelques autres.

  • « Un fil à guidé cet ouvrage : préciser les conditions symboliques nécessaires au refoulement de la jouissance qui conditionne pour les êtres qui parlent l'émergence de désir. » « Il m'a été imposé par des questions venues de ma pratique de la psychanalyse avec des femmes et des hommes dont les histoires singulières se sont trouvées inscrites dans l'histoire qui a fondé et structuré les sociétés de la Guadeloupe et de la Martinique. » « Dans ces colonies géographiquement séparées de leur métropole, a été inaugurée et institutionnalisée une perversion coloniale de la structure symbolique du langage. »

  • " L'impossible oubli " rassemble ici les fils constants de son questionnement sur le lien social aux Antilles françaises, en Guadeloupe : - le poids de la violence des origines de la société guadeloupéenne au regard de la traite et de l'esclavage : comme si l'origine traumatique de cette société rendait difficile tout processus d'individuation, entrainait une omniprésence du sentiment de persécution et la nostalgie des Origines.
    - l'empêchement de penser, conséquence de l'idée de malédiction qui protège de la folie... - une passion folle de l'égalité qui en vient à équivaloir à un Tous Pareils, Tous Héros ou Tous Victimes. - le poids de la couleur noire, obstacle à penser et réserve permanente de haine ordinaire. - ce qui constitue la richesse de cette société est plutôt de l'ordre d'un processus sans fin de bricolage ; la pureté rêvée dans le combat identitaire est de l'ordre du tri, de l'exclusion et du refus de l'altérité.

  • À partir d'entretiens avec Zao Wou-Ki, le texte suit pas à pas la naissance de son amitié avec Henri Michaux, son développement dans les mouvements artistiques du xxe siècle, son évidence pour chacun des deux hommes : Michaux curieux de tout et particulièrement attiré par les cultures d'Extrême-Orient, s'essaye à l'encre de Chine quand il découvre à l'imprimerie Desjobert le travail de Zao-Wou Ki.
    Le jeune chinois aimanté par Klee, Cézanne, Matisse vient d'arriver en France.
    Et tout comme Michaux, il repousse les formes convenues, cherche le souffle.
    Mais qui est ce jeune artiste chinois ? À travers une autre série d'entretiens réalisée en 2002, dans une prose poétique, Catherine Zittoun approche la relation de Wou-Ki avec ses origines.

  • La situation de la psychiatrie, en crise aujourd'hui, faute de moyens, faute d'anticipation du manque de psychiatres annoncé, des nouvelles demandes, des changements sociétaux est préoccupante. La psychiatrie contrainte aux injonctions économiques, aux évolutions gestionnaires voit son offre de soins se rétrécir. Dans ce contexte, il est important d'affirmer notre identité, notre originalité : la psychiatrie est une discipline médicale aux pratiques plurielles. Les problèmes actuels ne doivent pas faire oublier ses avancées thérapeutiques considérables, depuis les années 60-70, ni jeter à nouveau, un discrédit sur les patients, ni renforcer les stigmatisations liées à cette discipline.
    Alors que le système organisationnel semble s'asphyxier, que les équipes sont épuisées nous souhaitons témoigner, aussi, des progrès réalisés dans l'approche et le traitement de la maladie mentale, du dynamisme des équipes depuis la création des secteurs surtout sur un département connaissant un haut niveau de précarité, le 93.
    Ces soignants ont fait preuve d'initiative, d'innovation dans tous les domaines de la prise en charge des patients. Cet ouvrage est la récolte de tous les récits de ces professionnels qui sont venus communiquer aux journées organisées par l'association RIVE de l'EPS de Ville Evrard.
    Se réunir tous les ans, autour d'un thème actuel, tel a été notre démarche. Psychiatres, psychologues infirmiers, assistant sociaux,... travaillant en psychiatrie ainsi que des usagers, des familles ont apporté leurs points de vue clinique et thérapeutique sur des sujets contemporains : le corps, la violence, les malades difficiles, les malades dange-reux, le secret, la migration et l'exil, la place de la parole en psychiatrie, le recours au sacré, l'homme et l'animal... Ces journées de rencontres institutionnelles ont été l'occasion d'élargir le champ de notre réflexion en y invitant sociologues, philosophes, historiens, chercheurs pour enrichir notre propos.

  • Nous sommes inspirés par des observations de baie, celle de Dublin, celle de la Somme. La mer s'y étend dans un mouvement de va et vient. Elle s'approche au plus près, puis presque dans le même temps, elle se retire au loin. Mais cette brève rencontre avec le rivage sans l'éroder a une conséquence.
    Dans le retour vers le large, elle laisse un trésor. Des poissons, des coquillages surpris sont là, guettés par quelques prédateurs humains ou quelques mouettes. Pour nous, ce serait quoi ce trésor laissé et découvert ? La beauté ? Le désir ? La vérité ? Le rien ?
    L'apaisement ?

  • Il faut trois notes pour que l'on parle d'harmonie musicale, trois tons primaires pour atteindre l'harmonie colorée, et le triangle oedipien pour humaniser un sujet psychique.
    Cette insistance du trois n'a rien à voir avec le hasard, ou alors Dieu joue trop bien aux dés ! Si Freud dépasse la « Clé des songes » pour nous donner l'interprétation des rêves, il nous invite à tenter un regard éloigné sur les théories de la peinture pour démontrer pourquoi la couleur agit, et comment la loi de Chevreul s'enracine dans notre socle psychique. Bref « il y a bien une raison pour que l'on trouve beau ce qu'on trouve beau. » Vincent Van Gogh

  • « L'idée m'est venue, tardivement, d'écrire une lettre à mon père.
    Il est décédé dans un accident, j'avais trois ans, un mois, 17 jours. J'ai voulu lui raconter ma vie. D'ascendance bretonne et celtique, j'ai trouvé dans le nom que je porte, la ligne de vie qui a ancré mon destin. Après une psychanalyse, après un divorce qui me laissait seule, avec mes trois enfants jeunes encore, face à un monde masculin qui sait être cruel quand il traque la prétention à l'autonomie d'une femme. Je souhaitais sans doute renouer des liens, ultimement, avec une ascendance qui me ferait moins orpheline en perdition dans un monde, le mien, où «le trépas, nécessité unique, père de la douleur, rien d'autre, rien de plus» offre encore aujourd'hui, à tous les Bretons de souche, d'adoption et à tous ceux qui en sont informés, un ancrage qui est en même temps un tremplin pour travailler au triomphe de la vie. »

  • Fin 1532, Rabelais publie sa première version des Pantagruelines Pronostications et de l'Almanach pour 1533 en français. Il vient de réviser la réédition de Pantagruel, il a vraisemblablement achevé l'écriture de Gargantua, deux livres construits sur la même structure : naissance, éducation, guerre, explorations.

    Partout en Europe les idées des réformateurs diffusées grâce à l'essor de l'imprimerie compromettent la suprématie du pape, les guerres de religions font rage et reflètent les batailles entre les puissants Henri VIII, Charles Quint et François Ier.

    Rabelais écrit sur le fil du rasoir : François Ier réprime durement l'hérésie et l'Inquisition ne badine pas avec les condamnations au bûcher. Proche des thèses des évangélistes, il prône un retour à la pureté des Écritures et dénonce les profiteurs de tout poil. Désireux d'influencer François Ier sur le bon gouvernement d'un roi, il doit sa relative liberté d'expression à des protections puissantes.

    À travers le ton satirico-solennel, les énumérations galopantes, les lapalissades, les parodies de prédictions absconses et les joyeusetés de ce court pamphlet, Rabelais lâche la bride à sa fantaisie et il offre une lecture récréative et sérieuse d'un message qui dénonce l'hypocrisie et exhorte à des réformes profondes de la société.

    C'est dire la modernité des Pantagruelines Pronostications, à l'aube d'une nouvelle année.

  • « De toutes nos barques, nous avons sombré. Non que les tempêtes se soient particulièrement déchaînées. Bien au contraire : les eaux étales furent notre perte.
    Lourdement chargées, chargées de souffrance, nos barques avaient résisté. Peut-être oubliaient-elles le fardeau, peut-être se croyaient-elles légères ? Elles voguaient par tous les temps dans l'ignorance de leur poids immense, car toutes les embarcations - galions et vaisseaux même - ne rêvent-elles pas aussi ? Elles affrontaient l'ouragan ;
    Elles défiaient - en tout méconnaissance - les plus cruelles falaises et les gouffres les plus affreux. Elles avançaient innocentes, soutenues sans doute par leur naïveté.
    Elles entrèrent un jour dans un port... Or aucun point d'ancrage ne put y être trouvé.
    Ce qui fut alors devant elles se révéla sans recours.
    C'était l'impossibilité d'un appel : aucun écho n'aurait répondu. Les échos et les résonances s'étaient engloutis, certainement depuis longtemps : elles l'avaient jusque là ignoré.
    Ce fut le coup d'arrêt ; il ne serait plus possible, jamais, de l'oublier : une solitude totale s'étendait partout, écrasante. Le vide se creusa sous elles, incompréhensible, dévorant, brutal. Nos cargaisons devinrent insoutenables. Nos coques se fendirent.
    De toutes nos barques, nous nous sommes retournés vers l'abîme noir... Seul subsiste un lent tournoiement mystérieux des eaux au milieu du port, à peine discernable dans les reflets de lumière. Qui pourrait y deviner ne serait-ce que l'ombre d'un anéantissement passé ? »

  • Les trois textes que nous éditons présentent de manière lumineuse les oeuvres de deux sculpteurs contemporains : Eduardo Chillida (1924-2002) largement exposé dans la plupart des musées européens, et Javier Marin (né en 1962) qui a constitué depuis plusieurs année une oeuvre Essentielle au Mexique qui ne saurait restée longtemps ignorée en Europe puisqu'il a confié une première oeuvre à la ville de la Celle Saint Cloud après une exposition à la Baule.
    Nous espérons que cette édition pourra modestement contribuer à le faire mieux connaître car il a, selon nous, la dimension d'un Rodin contemporain.

  • Au commencement est la connaissance - dès que le pied humain se pose dans la vie, l'homme y cherche sa place, appelle à l'aide, désigne le personnage du guide. C'est Homère qui apparaît sous la forme d'un rêve dans le sommeil et Les Annales de Quintus Ennius, père de la poésie latine. Virgile dans L'Enéide reprend l'idée et se met à voyager avec Enée. Dante conçoit le projet de La Divine Comédie et s'approprie l'idée du guide en s'exposant au souffle de celui qui montre le chemin, Virgile.
    Jacques Lacan, parce qu'il ne peut découvrir Rome seul, cherche un guide qui l'aide à se frayer un chemin à travers un trouble. Lequel ? Jacqueline Risset apparaît - jeune inconnue, belle agrégée. Elle s'est exilée à Rome, ville qui a troublé profondément Sigmund Freud.
    Au fil des années, de rencontres en promenades et découvertes, de parcours en révélations, guide et docteur arpentent, regardent, écoutent, déchiffrent. Histoire séparée pour elle et pour lui dans l'Histoire. Histoire parallèle avec enjeu poétique et enjeu psychanalytique.
    Histoire unique, surabondante de vie où ils se découvrent tout entiers.
    Un dimanche matin, printanier de 2018, l'auteur compose normalement le numéro de téléphone de Jacqueline Risset alors décédée depuis 4 ans. Sonnerie normale.
    Sonnerie sonne et soudain lui saute à la figure la preuve. La Troisième s'écrit comme un jeu de construction.

  • Après le coup d'État au Chili en 1973, Carmen Aguayo est contrainte de partir en exil. Son mari, Vicente Sota, est prisonnier dans un camp de concentration, c'est donc seule avec ses six enfants, âgés de deux à dix-sept ans, qu'elle arrive en France. Elle est accueillie dans un foyer de la banlieue parisienne où elle reçoit le soutien de diverses organisations. Vicente enfin libéré rejoint la famille qui s'installe alors à Paris dans un appartement loué par une association créée pour venir en aide aux réfugiés. Carmen et Vicente trouvent du travail, les enfants vont à l'école, la plus petite à la maternelle et les plus grands à l'université. Carmen mène de front sa vie professionnelle et une activité politique intense, dénonçant sans relâche les crimes de la dictature de Pinochet. En 1985, autorisés à rentrer au pays, les membres de la famille prendront le chemin du retour. Carmen a écrit pour raconter ces années douces-amères et surtout, dit-elle, pour remercier la générosité des amis et la solidarité du peuple français.

  • NOTES ALBUM est un autoportrait latéral : il s'incarne à travers la parole des autres, le regard des autres, l'oreille des autres. Avec entre autres Anne-Marie Albiach, Werner Hamacher, Bernard Noël, Paul Celan, Franz West, Édouard Glissant,...
    Le livre s'achève sur un album particulier où l'auteur médite sur les séries de dessins, pulsionnelles qu'il griffonne à longueur de journée. Il se demande s'il n'affronte pas un arc tantrique secret.

  • Nicole Yvert poursuit sa recherche sur le transfert et son efficacité comme outil privilégié du psychanalyste, l'oeil toujours à l'écoute des bébés, à l'écoute aussi des tableaux. Elle tente par quelques récits précis, de nous en rendre compte, ce qui pour elle est une condition essentielle à la transmission de la psychanalyse et à la permanence de sa vitalité. Elle prolonge sa réflexion sur la pensée sans les mots, qui est celle des bébés et des arts graphiques, plastiques, entre autres, en proposant pour en fournir un modèle métaphorique dynamique de faire appel à la langue graphique chinoise, langue de pictogrammes, images, traits, dessins indicateurs de mouvements tant psychiques que physiques, caractères d'écriture non transcriptive, et de mettre ceux-ci en résonnance avec les Pictogrammes introduits par Piera Aulagnier dans sa métapsychologie dépliée dans le célèbre ouvrage La violence de l'interprétation, du pictogramme à l'énoncé. Seraient ainsi honorés à ces yeux ce souhait et ce souci de Freud de veiller à ne pas figer et refroidir dans des représentations de l'appareil psychique trop topologiques, l'énergie vive.

  • La psychiatrie française a connu une avancée considérable depuis ces 50 dernières années. La politique de secteur détruisant l'ancien asile a eu pour effet la proposition de structures alternatives à l'hospitalisation, l'explosion de pratiques de soins pour les patients évoluant au plus près de la vie ordinaire.
    Aujourd'hui, patients et professionnels de soins évoluent dans un milieu social et culturel qui s'est considérablement modifié. nouvelles compositions de la famille, itinéraires de vie faits de ruptures, de discontinuité, crises, souffrances au travail , tiraillements identitaires face aux migrants, toutes ces données actuelles fragilisent et font émerger de nouveaux besoins . La psychiatrie doit faire face à de nouvelles demandes amenant d'autres plaintes, d'autres doléances, d'autres expressions de la souffrance psychique.
    Les problèmes posés par le vieillissement de la population, les distorsions dues au jeunisme ambiant, la recherche de l'immortalité plus que de la croyance, ont provoqué eux aussi, illusions et désenchantement.
    Donner la parole aux équipes de terrain, pour tenter de répondre à ces questions, témoigner de la diversité des regards, partager nos réflexions de professionnels de la santé mentale, valoriser les pratiques et la créativité des approches face la douleur psychique tels sont les enjeux de l'association RIVE. A l'EPS de ville Evrard, depuis 15 ans, cette association, pendant deux journées d'étude, ouvre le débat sur ces questions, dans un but de transmission et d'appropriation d'expériences inédites et contemporaines.
    La psychiatrie est une discipline à la croisée de plusieurs sciences humaines et de plusieurs savoir-faire. Des psychanalystes, des psychiatres, des philosophes mais aussi des historiens, des juristes, des soignants ont été sollicités par cette association pour s'interroger sur ces questions. Nous en livrons ici quelques contenus.

  • Beaucoup de surprises attendent le lecteur de ce livre.
    D'abord celle de l'existence d'une alliance objective entre les deux géants du siècle passé, ayant pu aller jusqu'au pacte tacite, mais constamment renouvelé entre la psychanalyse et la philosophie, anti-hegélienne, bien sûr.
    Ensuite, celle de la connaissance approfondie des textes de Freud, dès les années 20-30, que pouvait avoir Bataille, et bien avant que Lacan ne s'en empreigne, si l'on veut bien prendre enfin en compte ses écrits du tome II de ses OEuvres Complètes, publiés seulement en 1970.
    Mais surtout, il devient évident que ce savoir qui est à légitimer, car il est celui d'un analysant, a permis à un écrivain portant ce nom de mener un triple combat : celui, évidemment contre la pusillanimité des plumes surréalistes et toutes les positions qu'il qualifie d'icariennes au regard de l'indécence du sexe ; donc, par là même, l'ouverture d'un autre front : celui d'une réhabilitation de Sade, qui sera présenté dans ces pages comme l'ancêtre le plus direct de Freud, celui-ci offrant enfin à sa « valeur d'usage » une « valeur d'échange » ; enfin la prise en compte effective, non seulement des dangers, mais de la réelle fascination que peut exercer le fascisme sur l'esprit rendu mélancolique par tous les progrès d'une science qui évacue la dimension du sujet, le privant de toute attache à sa terre et son histoire.
    Après la mort du Roi et la mort de Dieu, l'oeuvre relue de Bataille offre ainsi l'occasion de devoir surtout se convaincre de la mort de l'Un. Il importera de bannir l'univocité du sens et d'affirmer la prise en compte, chaque fois que s'énonce un désir, de la contradiction qu'il abrite en son sein entre l'excrétion qu'il permet et la réappropriation qu'il réclame.

  • « Lorsqu'en Mars 2016 les journaux nous montrèrent que la barrière de corail d'´Australie avait blanchi, nous étions nombreux dans le monde à sentir que l'heure fatidique était venue. » « Cette planète qui durant des millénaires a été le scénario le plus propice à la vie, à notre forme de vie, pourrait se transformer devant nos yeux en une demeure hostile, au soleil calcinant, à l'air toxique, à l'eau non potable, cause d'irritations de la peau et de complications respiratoires où les tissus s'affole, les sens s'altèrent et les germes échappent à tout contrôle. » « Peut-être n'est-il pas en notre pouvoir d'empêcher que les cycles de l'univers mettent fin au monde dans dix millions d'années, Mais nous pouvons éviter que notre activité LE DÉTRUISE EN TROIS SIÈCLES. » William OSPINA, février 2017

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  • Quatre entretiens avec Frédéric Laisné, José Malaver et Emmanuel Moreira La Chesnaie (Clinique de Chailles, Loir et Cher), avril-mai 2009 Ce petit livre aurait tout aussi bien pu être titré Expérience et richesse, tant il semble prendre plaisir à démentir l'article célèbre de Walter Benjamin « Expérience et pauvreté » :
    Pauvreté des récits, de la transmission des aînés aux puînés dans des temps où le durcissement du monde bloque la tradition - étymologiquement : récit transgénérationnel.
    Imaginons la scène : trois hommes plus ou moins jeunes réunis par l'amitié et par un intérêt partagé pour la psychiatrie institutionnelle (un psychologue, un sociologue et un chirurgien colombien devenu psychanalyste) vont, à quatre reprises, poser une foule de question à un « sage », qu'ils créditent d'en savoir long sur ce qui, actuellement, les anime : la clinique de Chailles, dite La Chesnaie, qui n'est pas rien dans le mouvement de la psychothérapie institutionnelle.
    Au bout d'un certain temps - la bascule a lieu à l'issue du second entretien -, ils s'allègent de l'admiration qu'ils étaient portés à vouer à un « éminent personnage » et finissent par se saisir de l'os transmis : la liberté toujours en attente de nouvelles marques, pourvu qu'elle s'affranchisse du mythe, trouve les armes de la critique, du débat politique (ces discussions ont lieu au lendemain du crack financier mondial de 2008), et saisisse le flambeau du désir indestructible.
    De ce débat qui prend progressivement l'allure d'une pièce de théâtre aux rebondissements imprévisibles, le lecteur retirera le bonheur de voir un homme parvenu au grand âge dilapider allégrement la richesse de son

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