Eres

  • À partir de ses recherches cliniques sur la vie amoureuse et les sexualités, Vincent Estellon explore la psychopathologie du lien, de ses formes les plus quotidiennes jusqu'aux plus extrêmes, en mettant en relief combien ces différentes figures prennent comme origine la terreur d'aimer et d'être aimé.
    Lorsque le lien amoureux est malmené ou blessé, certaines « défenses anti-amour » sont susceptibles de se mettre en place pour prévenir le risque de l'amour et de ses douloureuses séparations. Tandis que certaines stratégies sont délibérées, volontaires et conscientes, d'autres, plus inconscientes, sont beaucoup plus complexes à débusquer. Le présent ouvrage vise à explorer, à partir de cas rencontrés en institution ou sur le divan du psychanalyste, des moments de vie et de cure qui donnent à réfléchir sur la terreur d'aimer et d'être aimé.

  • Les métamorphoses ponctuent nos vies : périnatalité, latence, adolescence, vieillissement, maladies, épreuves existentielles... Entre expériences personnelles, professionnelles et en puisant dans la littérature et le cinéma, l'auteur explore quelques figures de la métamorphose et tente d'en extraire les prémices d'une clinique des processus de mutation.
    « L'argument de la collection «Thémapsy» invite à s'emparer d'une notion chère à l'auteur et à relever le défi de l'explorer en toute subjectivité et dans un langage clair et accessible. L'objectif est de montrer en quoi cette notion l'a significativement aidé à appréhender sa pratique de clinicien et de chercheur. Depuis le plus profond de ma mémoire jusqu'à aujourd'hui, je suis fasciné par les métamorphoses qui ponctuent le devenir du vivant. Ce sont elles qui dominent manifestement le panorama. Si elles constituent le fil rouge de cet ouvrage, c'est bien d'emblée avec l'ambition d'y réunir les frétillants têtards et les deuils, la vie et la mort, la créativité des récits et leurs empêchements. Le défi est bien de rester fidèle à la séquence au coeur de la définition basique de la notion de métamorphose : «Changement de forme, de nature ou de structure si important que l'être ou la chose qui en est l'objet n'est plus reconnaissable.» Le changement est si important que l'observateur ne reconnaît plus l'être ou la chose. En partant de soi, il peut s'agir de soi-même face à soi (la métamorphose de Kafka), d'un observateur extérieur centré sur soi (la cure psychanalytique, l'écriture autobiographique), ou étudiant le devenir d'un être ou une chose différente de soi (le clinicien, le scientifique). De ce vaste espace de possibles métamorphoses, des plus spectaculaires, bruyantes et transgressives, aux plus communes et discrètes, et je vais me concentrer sur les déclinaisons singulières que j'ai personnellement appréhendées, dans ma pratique de psychanalyste, essentiellement dans les domaines de la périnatalité et des réalités virtuelles. Je me permettrai ensuite de parler d'une métamorphose bien personnelle vécue récemment dont l'épicentre est un accident vasculaire cérébral, survenu en janvier 2019. À partir de ces immersions successives, je soumettrai au lecteur une conceptualisation clinique qui aurait l'ambition d'intégrer la dynamique locale et singulière de successives métamorphoses dans le creuset plus large - anthropologique - de la trajectoire humaine. » SM

  • Le bébé en lui-même nous apparaît de plus en plus, aujourd'hui, comme un monde de possibles. Les possibles, ce sont des éventualités, des virtualités, des ouvertures... tout ce qui fait l'attente émerveillée des adultes face au développement des bébés, et bien sûr au-delà. On sait la place de plus en plus importante que l'épigénèse tient désormais dans notre façon de penser le développement, épigénèse qui ouvre certes sur la possibilité d'une causalité épigénétique des dysfonctionnements et des divers troubles de l'enfance, mais aussi sur la chance de la diversité propre à notre espèce, et finalement sur des enjeux éthiques considérables pour les adultes (parents et/ou professionnels) dans la mesure où la qualité des soins précoces apportés aux bébés est déterminante pour leur devenir à long terme.

  • La menace dépressive constitue le noyau central entre le processus d'adolescence, marqué par les « adieux à l'enfance » rendant tous les adolescents « déprimables », et la véritable dépression que certains peuvent malheureusement vivre.

    S'appuyant sur sa longue expérience clinique, l'auteur présente le chemin qui l'a amené à comprendre qu'une grande majorité des adolescents rencontrés dans ses consultations ne présentent pas de troubles psychiatriques manifestes, en particulier des angoisses corporelles, des addictions ou des dépressions majeures, mais qu'ils vivent un état de « menace dépressive ». Cette notion permet d'appréhender les enjeux psychiques sous- jacents. L'écoute et l'action thérapeutique s'en trouvent totalement modifiées en permettant de se dégager des comportements apparents au profit d'un travail sur les obstacles au changement que demande cette période de l'existence.

empty