Esperluete

  • Les Carpates Nouv.

    Une riche et originale New-Yorkaise, Mattina Brecon, décide de passer deux mois en Nouvelle-Zélande dans la ville qui a vu naître la légende maorie de la Fleur du Souvenir. Elle ne se doute pas que la rue où elle élit domicile va être le théâtre de phénomènes étranges, peut-être attribuables à l'influence d'un astre appelé l'Etoile de Gravité. Ces phénomènes se traduisent par la fracturation de la langue - déjà rendue inauthentique par son utilisation commerciale et politicienne - qui tombe en pluie de voyelles, de consonnes et de signes typographiques, et cet orage aura pour conséquence la disparition pure et simple des habitants de la rue.
    Une telle destruction devrait servir de prélude au renouvellement de la langue et du monde, notamment grâce au travail des artistes et des romanciers. Car Janet Frame nous convie à suivre en parallèle la construction du roman qui raconte cette histoire, révélant du même coup ce qu'elle considère comme une tâche essentielle des arts, celle de ramener à la lumière du jour ce qui a été, par commodité ou lâcheté, enfoui dans l'oubli.
    Lors de sa sortie en 1988, The Carpathians / Les Carpates a été salué par la presse anglo-saxonne comme un livre exceptionnel. Couronné par plusieurs prix, dont le prestigieux Commonwealth Prize de 1989, ce testament littéraire de Janet Frame est une oeuvre incontournable, enfin accessible aux lecteurs francophones grâe à la traduction inédite de Pierre Furlan.

  • Quel zoo !

    Geert Vervaeke

    Dans ce jeu de cache-cache géant, un animal peut en cacher un autre... Les animaux stylisés nous plongent dans un monde en noir et blanc. Le petit lecteur est invité à observer attentivement, à explorer la page et l'image afin de découvrir les animaux qui s'y cachent. En fin de livre, une double page reprend tous les animaux présentés et leur nombre d'occurence... Les trouvez-vous tous ? Entre illusion d'optique et trompe-l'oeil, ce livre-jeu sans texte amusera les petits et les grands.
    Chacun est invité à ralentir et à observer. Avec ses dessins et monotypes, Geert Vervaeke parvient à créer un monde onirique, où les animaux se côtoient et s'imbriquent les uns aux autres. En filigranes, elle nous suggère que tout est lié, les animaux d'ici et d'ailleurs, leur équilibre et le nôtre, et qu'aujourd'hui encore, plus que jamais, il est temps de revenir à l'essentiel et de redonner sa place à la nature.

  • Après Les gestes du linge, Amandine Marembert et Valérie Linder explorent ensemble les gestes du jardin.
    On retrouve avec plaisir la poésie du quotidien, la transmission familiale, le labeur du potager, la joie simple d'être ensemble les mains dans la terre que ces deux observatrices nous racontent par petites touches impressionnistes...
    Le jardin, c'est surtout du travail, mais ausi la joie de la récolte ou la douceur de la rêverie et de la sieste. Le jardin devient alors échappatoire, un lieu hors du temps où les mains prennent le relais et mènent le corps.
    Les mots d'Amandine Marembert et les aquarelles de Valérie Linder jouent tout cela et à leur tour transmettent ce bonheur au jour le jour et au fil des saisons.

  • Personne n'a senti l'orage couver. Ni Lola, ni son frère assoupi à côté d'elle, ni sa mère... C'est vers 16 heures que la foudre est tombée. C'est maman qui conduisait. Papa était à côté, sur le siège passager. Il était 15h55. C'est l'heure qu'indiquait l'horloge dans l'auto. à ce moment précis, Lola a senti qu'elle perdait quelque chose qu'elle ne retrouverait plus jamais. Elle n'a pas compris tout de suite mais elle l'a su et tout de suite elle a eu peur.
    Tout de suite elle a pleuré. Son frère s'est réveillé. Maman s'est arrêtée. Papa a tout raconté. Lola a dix ans lorsqu'un jour, contre toute attente, son père quitte sa mère. C'est toute une famille qui s'en trouve explosée, déboussolée. Les jours passent. Pas la tristesse. Alors, Lola se met à courir de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, de plus en plus vite. Dans ses baskets neuves, Lola court, pour échapper au quotidien ou juste pour se sentir bien.
    Geneviève Casterman signe ici un album juste et sensible à propos de la séparation d'un couple, du point de vue d'une fillette. Ce livre parle de résilience, de course à pied et du passage de l'enfance à l'adolescence. Car du choc à l'apaisement, entre ses rêves, ses souvenirs et ses désirs, Lola grandit. Les dessins réalisés en noir et blanc et rehaussés à la couleur alternent paysages et mises en situation.
    Ils s'enchaînent et reproduisent cet état d'esprit propre à la course : hypnotique, concentré, bercé par la respiration et les paysages qui défilent.

  • Jouer !

    Olivier Le Brun

    Peut-il vivre sans jouer, l'homme ? Il semble que le jeu soit indissociable de la vie, il appelle le rire, le plaisir, le défi, l'invention, l'imaginaire, l'évasion, le secret, la complicité. Il se donne le droit d'ériger ses propres règles, il définit un monde à côté, il crée un pacte entre les protagonistes, il attache tous ceux qui en partagent les lois, il fédère des cercles d'admirateurs.
    Quand commence-t-on à jouer ? A quel moment de la conscience ? Jusqu'au bout de la vie mais il y a des conditions : que les étincelles du plaisir et du rire n'aient pas abandonné la partie. Olivier Le Brun parcourt le monde depuis toujours, son appareil photo à portée de main. Fasciné par l'excitation, le rire, la complicité, la concentration et la gamme infinie des règles inventées que le jeu convoque, il saisit enfants et adultes en pleine action.
    Olivier Le Brun se positionne en tant que spectateur enthousiaste et nécessaire, s'associant au public encourageant ou silencieux. Derrière son objectif, il capte l'essence du jeu, la complicité des regards, les éclats de rire, la spontanéité des échanges. De Montreuil à Antanarivo, en passant par Dakar, Port-au-Prince, Bruxelles ou Bamako, dans toutes les régions du monde, c'est un hommage au jeu et aux joueurs de toutes nationalités, âges ou conditions, que rend Olivier Le Brun dans cet ouvrage exceptionnel, fruit d'un travail inlassable d'observation et d'exploration du monde depuis presque vingt-cinq ans.
    Le jeu n'a pas d'âge, pas de frontière, pas de nationalité, il est libre, joyeux et inventif. Le jeu est notre bien commun.

  • Les souvenirs et les regrets aussi Nouv.

    Première fois qu'on se rencontre, on s'embrasse.
    Deuxième fois qu'on se voit, on fait l'amour.
    Troisième fois qu'on se retrouve, on se sépare... déjà ?
    Petits instantanés d'une vie amoureuse, ces fragments décrivent des rencontres d'un point de vue féminin. Entre les décalages, les déconvenues, les ratages et les espoirs, survient parfois une rencontre inattendue qui ébranle et laisse une marque.
    J'essaie d'être toutes ces femmes que je pense avoir en moi.
    Toutes en même temps, toutes à la fois.
    Cela provoque en moi des séismes :
    Pensées contradictoires, clairs obscurs, ratures à mes phrases, En filigrane se profilent quelques questions : dans l'océan moderne des réseaux toujours plus abondants, comment rencontrer l'autre ? comment se confronter à la quête d'une rencontre vraie ?
    Avec des bribes poétiques, Sara Gréselle propose des éléments de réponse au travers d'un regard bienveillant sur les rencontres amoureuses d'aujourd'hui. Les relations sont décrites pour ce qu'elles sont, sans hiérarchie ni jugement, et l'on passe avec bonheur des rencontres fugitives aux trajectoires qui se croisent, se séparent ou se retrouvent, des relations complexes aux rencontres empreintes de douceur.
    Le ton oscille entre humour et légèreté, justesse et tendresse, simplicité, naïveté, vulnérabilité. Un ton renforcé par les dessins qui eux aussi nous parlent de ces corps qui s'ajustent dans l'espace et le temps, solitaires, mais reliés.

  • Pierre Furlan ; écrire-traduire, la langue entre les mots Nouv.

    A la fois auteur et traducteur, Pierre Furlan se partage entre ces pratiques. Au fil de cette conversation, il explore ce qu'elles ont de commun et ce qui les différencie. Il nous confie son désir d'exploration, son ouverture à l'autre et vers d'autres formes de pensées. Pierre Furlan aborde avec précision le travail de l'écriture : les compétences linguistiques, la question du sens, le plaisir de la phrase juste...
    Il s'amuse de ce qui le constitue comme auteur ou traducteur et exprime ce qui le met en mouvement : une curiosité de chaque instant, celle qui permet à l'écriture de l'emmener plus loin que ce qu'il n'avait imaginé dans un premier temps. -- La collection Orbe propose, sous forme de dialogues, des rencontres avec des auteur·e·s à propos de leur pratique d'écriture et de lecture. Il s'agit de mettre en lumière pour chaque auteur l'émergence d'un désir lié à l'écriture et à la lecture.
    L'enjeu de la rencontre est de découvrir comment la conscience de leur processus je lis - j'écris - je suis lu fabrique leur pensée et modifie leur rapport au monde. C'est ce mécanisme que la collection Orbe explore. Pour que le lecteur découvre, et peut-être s'approprie, un processus d'écriture, de création et de pensée.

  • Les koalas ne lisent pas de livres. Un album en deux temps où l'on entre dans l'intimité familiale des koalas et des grizzlis. Parent et enfant se retrouvent autour des moments et des occupations de tous les jours : un jeu, un repas, un bain et au bout de la journée, une histoire... Le grand koala aimerait tant lire un livre, c'est sans compter sur l'imagination du petit koala, toujours en recherche de son attention. Le grand grizzli aimerait tant se reposer, c'est oublier l'énergie infatigable du petit grizzli. Pourtant, même si l'aspiration des uns n'est pas celle des autres, ils se retrouvent toujours. Avec deux entrées différentes, ce double album se lit d'un côté comme de l'autre. Deux lectures qui s'équilibrent et se répondent pour raconter la parentalité d'aujourd'hui.
    Celle des parents qui travaillent ou exécutent les tâches ménagères, mais qui n'oublient pas de jouer et de se mettre au diapason de leurs enfants. Avec ces deux mini-fables pseudo animalières, Anne Herbauts nous dit beaucoup de ce que l'on appelle parfois sans égard « la vie de tous les jours ». Les jeux d'images et de mots s'amusent des contre ou double sens. Les images faussement simples touchent par leur justesse. Koala et grizzli sont empreints d'une belle humanité et nous offrent une histoire pleine de tendresse et de vitalité.

  • C'est un paysage qui se déplie en accordéon. Devant nos yeux ébahis, il défile. Nous sommes sans doute à la fenêtre d'un train. On quitte une gare et l'on rêve le long de l'eau. On y voit un lac, une maison rose, une île, une forêt, le reflet des arbres... avant d'arriver à destination.

    La peinture d'Anne Brouillard atteint une maturité de langage faite de finesse, de transparence, de poésie et de ce regard sur le monde qui lui appartient.

    Inspiré du trajet en train Dinant-Namur, ce long accordéon nous montre la beauté des paysages d'ici. D'abord, peint à l'huile sur une longue bande de tissu, ce leporello appartient à la famille des livres que l'on regarde intensément, qui nous font rêver et qui s'impriment au plus profond de nous.

  • Entre écriture poétique et recherches graphiques, Je ne suis pas un oiseau aborde et joue sur la question du sens des mots et de la représentation de la migration, du déracinement, de la dignité, du fatum, de la destinée imposée par les catastrophes et les guerres. Bien que le sujet soit ancré dans l'actualité, Anne Herbauts lui donne un sens très large, et non connoté ou lié à des évènements précis. Le livre porte la question du sens, du regard et de la définition que l'on pose sur la migration, par ce refrain, presqu'une comptine : je ne suis pas un oiseau. Je ne suis pas un oiseau devient, par sa répétition et sa simplicité, un cri. Le jeu des images recomposées, décomposées et mises face au texte qui semble anodin, vient décaler la lecture du texte et amener plusieurs sens et strates d'écriture. L'auteur fait entrer en résonance des références à l'image et à la représentation à travers l'Art dans l'Histoire.
    La lecture devient dense, multiple. On ne peut résumer le monde, l'humanité et ses mouvements, simplement. Elle met en lumière, par son écriture entre texte et image, le pouvoir des mots, du sens et du jugement par lequel un mot peut enfermer.

  • L'aube arrive. Pour l'écrivaine, elle est féconde. Elle se retire de l'agitation naissante, fait un pas de côté pour mieux observer le monde qui l'entoure, avant d'y revenir, alerte, à l'écoute et disponible.
    Colette Nys-Mazure évoque l'excitation du nouveau projet qui prend aux tripes, mais aussi l'angoisse de l'écriture, le saut dans le vide, et surtout la nécessaire confiance dans le processus journalier.
    À partir de quand cesse-t-on de regarder vers l'avenir et regarde-t-on les souvenirs, le passé ? quelle place trouver dans le tumulte du monde ? quel juste endroit pour le poète ?

  • Je fais cette expérience, le nez collé contre le grillage du parc pour regarder le jardin de Madame Oda ; ce que j'ai sous les yeux est une véritable forêt, ses multiples espèces de plantes, de fleurs et d'arbustes, ses sous-bois, ses halliers, taillis, bosquets de hautes herbes, buissons, son sentier sous les arbres, ses pierres et rochers contre les troncs, enlacés aux racines, couverst de cette sorte de mousse d'un vert si foncé qu'il devient presque noir, marque de noblesse et de grande ancienneté ; le jardin n'a plus de clôture.
    Le narrateur, français exilé au Japon, observe un jardin, celui de Madame Oda, qu'elle ouvre volontiers à ceux qui s'y intéressent et à ses amis « artistes ». Elle-même est entièrement tournée vers ce jardin qu'elle façonne un peu comme on élève un enfant, en lui donnant les impulsions nécessaires pour grandir, puis en lui faisant confiance.
    Tout est retenue et plaisir dans ce texte où l'on glisse (car il semble que l'écriture nous guide en douceur) dans l'atmosphère de ce jardin japonais et de ses occupants, où « sous des aspects parfois anecdotiques, parmi les plaisanteries et les rires, [...] nous parlions de choses essentielles. »

  • Un Français installé au Japon y enseigne sa langue à des Japonais passionnés par les complexités de la conjugaison française. De son regard d'étranger, admiratif et étonné, curieux et séduit, il observe les gens - les jeunes, les vieux, les salarymen, les spectateurs endormis au Kabuki -, la nourriture - les ramen, les biscuits de riz, les élégants gâteaux de gelée -, la nature - les grenouilles, les cerisiers, les oiseaux, les cèdres, et l'eau, surtout. Les lacs, la mer, les sources chaudes, la pluie, les fleuves, les vagues noires des tsunamis meurtriers.
    Avec une écriture dépouillée, contemplative et sans artifice, Benoît Reiss décrit quelques moments de cette vie, fragments découpés dans le continu de l'existence, autant d'instantanés qui racontent la beauté et la poésie des « petites choses » du quotidien nippon.
    Les aquarelles de Junko Nakamura, entre paysages exotiques et détails ordinaires, ponctuent ce récit et habitent l'espace entre ces « notes découpées », qu'elle rassemble d'un trait de pinceau.

  • Dos crawlé, brasse coulée, nage papillon, plonger, apprendre à nager, sauter, couler, boire la tasse, remonter, reprendre son souffle, trouver sa vitesse de croisière, garder la tête hors de l'eau... A la piscine, c'est un peu comme dans la vie : on commence tous par se jeter à l'eau. C'est une longue piscine qui se déroule sous nos yeux, de la petite à la grande profondeur. Du nageur assuré à l'apprenti plongeur, ils sont tous là pour nager, chacun à sa manière.
    Le livre se déploie en accordéon : on commence par les petits, l'eau se fait découverte, crainte ou victoire. Puis vient l'assurance, le jeu, les premiers exploits. Enfin, les nageurs confirmés se lancent dans des séries de longueurs, parfois de manière hypnotique... En famille, entre amis, avec l'école, la piscine devient lieu de retrouvailles. Alors que papillonnent sous nos yeux plus de 150 nageurs, Geneviève Casterman nous plonge dans ses pensées, celles qui flottent à la surface de sa tête au cours d'une séance de longueurs.
    Car nager ne l'empêche pas d'observer ses voisins de couloir : leur attitude ou leurs postures, comme si la piscine se transformait en gigantesque laboratoire de l'humanité... Le dessin de Geneviève Casterman, entre ligne claire et dessin de croquis, foisonne de détails qui font sourire par leur justesse. Un regard qu'elle pose avec tendresse et humour, à mettre entre toutes les mains !

  • Aux commandes de plus en plus rapprochées, que crie le chef, ils répondent de plus en plus vite et fort, sans même plus tourner la tête vers lui. L'urgence se déplace, en vague, depuis les entrées jusqu'à ceux qui cuisent, découpent, dressent, comme si chacune des assiettes avait son temps propre, mais qu'eux devaient mener de front tous les temps au même moment. Derrière la porte de la cuisine, c'est tout un monde qui s'active : sommelier, maître d'hôtel, chef, cuisiniers, commis et apprentis, pâtissiers, serveurs, plongeurs...
    Les premiers clients arrivent, c'est le signal du départ. C'est une rythmique bien rôdée, décrite avec minutie. Les gestes s'enchaînent et la concentration est palpable. Nicole Malinconi a voulu faire l'expérience d'une soirée en cuisine, dans les coulisses d'un restaurant étoilé, là où tous opèrent loin des regards. De son poste d'observation, elle décrit les visages concentrés, les mains expertes, les fumets échappés des casseroles.
    Le chef, à la lisière du chef d'orchestre et du magicien, supervise le ballet des mains qui lavent, coupent, cuisent et disposent. Il est la clef de voûte d'un édifice humain ; l'équipe n'est rien sans lui, mais il n'est rien sans ses collaborateurs. C'est une plongée dans un monde unique, qui intrigue autant qu'il fascine. Un livre pour les amoureux de gastronomie.

  • Montagnes

    Valérie Linder

    Quatre randonneurs se mettent en route, une famille ? des amis ? peu importe, ils s'unissent dans la marche et le paysage. Paysage aux points de vue mouvants, qui tantôt les domine, tantôt les engloutit mais que toujours ils redécouvrent. Le randonneur entre en montagne comme on entre en méditation ; doucement, un pas après l'autre, concentré sur sa foulée, sa respiration, ce qui l'entoure. La marche en montagne invite à l'introspection, à la réflexion.
    Le randonneur se moque du confort habituel, prend des chemins étroits, affronte ses peurs et ses faiblesses, entre solitude et entraide. Le chemin, sans autre ambition que de l'emmener vers l'ailleurs, le fait grandir.

  • Martin s'ennuie. Il voudrait s'évader, comme les oiseaux qui s'envolent. Alors, son papa l'emmène en balade : il découvre la nature et ses paysages d'automne, les oiseaux, les insectes, le vol des feuilles de marronnier et la beauté de la pluie. Cette escapade en pleine nature est rythmée par les questions et les joies de l'enfant, curieux de tout et avide de liberté. Le petit lecteur suit Martin dans cette aventure à travers les gravures et collages de Céline Delabre, vastes paysages aux couleurs de l'automne qui ouvrent une fenêtre dans la grisaille du quotidien.

  • La collection Orbe invite le lecteur à aller voir ce qui se passe hors des sentiers battus avec, en ligne de mire, la relation que l'auteur interviewé entretient avec la proposition « je lis, j'écris, je suis lu ».

    Ces sentiers sont aujourd'hui ceux de la relation textes-images qu'Anne Herbauts développe dans une oeuvre dédiée a` la jeunesse, mais pas que... Auteur jeunesse, elle trouve intéressant les livres qui proposent plusieurs niveaux de lectures et où adultes et enfants peuvent se promener ensemble. Le cheminement d'Anne Herbauts sur le sentier de l'écriture s'inscrit par les mots qu'elle assemble et les images qu'elle construit, pour dire et redire le monde autour.

    « Le livre prend corps quand je prends les premières notes. Parfois c'est du texte mais j'ai déjà des pensées images. Je prends presque des notes écrites pour l'image, je dessine très peu avant ! Le format vient assez vite et je ne peux attaquer l'image physique, l'art plastique, que quand j'ai fait le chemin de fer du livre, quand j'ai mis à plat toute la structure avec le rythme et le déroulement temporel.
    Quand j'ai le chemin de fer du livre, j'ai la respiration du livre. Quand j'ai l'image avant, je peux tout jeter en général.» Hors du jardin bien organisé, elle observe la vie qui fourmille. Elle nous raconte la nécessité des assonances, du sauvage, de la caillasse, des cairns, et met en abîme la question du réel, celui de l'histoire, de l'auteur et du lecteur.

    « Il vaut mieux donner des livres qui ne sont pas lisses aux enfants. » Assurément, elle leur donne avant tout des livres à partager.

    Pour Anne Herbauts, il ne faut pas rester au milieu du jardin - dans ce qui est connu et reconnu - il vaut mieux expérimenter d'autres dimensions et mettre la tête dans la haie.

  • Le lac Cuicocha est le théâtre d'une étrange quête... Un géant, sympathique et rêveur, cherche un lac à sa mesure pour y prendre un bain. L'histoire raconte comment il essaie tour à tour les lacs de la région, sans succès. Finalement, il trouve son bonheur dans le lac Cuicocha, petit mais extrêmement profond. Il laisse alors éclater sa joie ! Cette ancienne légende kichwa, une langue amérindienne, nous vient de la région d'Imbabura au Nord de l'Equateur. Cette région est parsemée de lacs, montagnes et volcans. De nombreuses légendes pré-colombiennes circulent et viennent expliquer l'origine de ce paysage. Il existe plusieurs versions de l'histoire du Géant du lac Cuicocha ; la plupart décrivent un géant arrogant qui finit par se noyer dans le lac formé par le cratère du volcan. Alice Bossut et Marco Chamorro ont choisi de décrire un géant rêveur et coquet. Ce livre spectaculaire se déploie comme le paysage sous les yeux du géant. Il emmène le petit lecteur dans cette région d'Equateur, pays des géants rêveurs et des montagnes grandioses.

  • Où ? vont nos chevaux, leurs souffles chauds, leurs jambes sûres.
    Où ? partent leurs façons dignes, leurs courbes claires, leur élégance, et cette entière fidélité à ce qu'ils sont.
    Albane Gellé a écrit ce poème avec des cartes postales de la guerre 14-18 dans les mains. Poème écrit pour tous les chevaux qu'on emmène à la guerre. Poème qui pose la question du sens de ce lien délétère entre les hommes et leur monture. Poème qui glisse de l'observation à la dénonciation de la folie des hommes par le biais du portrait capté, imaginé, de ces chevaux, compagnons d'infortune.
    Alexandra Duprez y répond par la peinture, en noir et blanc, en matière et silence. Avec cette force crue de l'encre et du pinceau qui, lorsqu'ils passent par ses mains, donnent une vision sombre et cruelle de la guerre, des chevaux et des hommes.

  • Le doute

    Anne Wolfers

    L'été avait été chaud. Il se manifestait une petite présence, informe et indolore. Je tentais de l'ignorer. J'y pensais et je l'oubliais. En sortant de chez le médecin, sa poignée de main est glacée. Au jour le jour j'ai tenté d'apprivoiser ce que l'on redoute toutes et tous : la petite boule. Quelques mois après avoir vaincu une dépression, Anne Wolfers remarque une petite boule près de son sein...
    Le diagnostic confirme le scénario redouté : il s'agit bien d'un cancer. Entre l'opération et le traitement, les semaines défilent ; l'attente et le doute règnent en elle. A son habitude, elle continue de dessiner dans ses carnets. Etats d'âme, doutes, attentes et espoirs défilent au jour le jour. Sans occulter sa vulnérabilité, Anne Wolfers nous décrit avec humour et férocité le quotidien du bien-nommé "patient" .
    Un journal intime servi par un trait libre et une acuité de chaque instant, qui devient universel tant les émotions qu'il évoque et suscite nous touchent tous.

  • Cela fait plus de trente ans que Kikie Crêvecoeur de´pose ses images au coeur des livres. Toutes sortes de livres. De ceux qu'elle crée de toutes pièces à ceux qu'on lui demande d'enrichir en passant par ceux issus d'échanges complices.

    Kikie Crêvecoeur aime collaborer avec les auteurs. Poètes et écrivains lui confient leurs mots. Elle les lit, les laisse reposer un temps, les reprend. Des images se dévoilent, prennent forme, traduisent son sentiment. Un dialogue s'installe, la connivence se fait. Des empreintes de gommes gravées, de linos, de monotypes s'impriment sur le papier, répondent aux lettres typographiées. De ces complicités encrées nait un tête-a`-tête discret entre estampes et mots. Images et mots naissent parfois ensemble, poète et plasticienne s'inspirant mutuellement dans un va-et-vient créatif enivrant.

    Les images de Kikie Crêvecoeur n'illustrent pas. Elles accompagnent, épousent le texte pour former avec lui un ensemble indissociable, subtil, équilibré.

  • À la manière d'un naturaliste-poète, Nicole Malinconi observe les oiseaux de nos contrées et en dresse le portrait. Elle place au premier plan ceux que nous côtoyons tous les jours, parfois sans leur prêter beaucoup d'attention. L'un construit son nid, tandis que l'autre perfectionne son chant. D'autres sont en partance vers des régions lointaines...

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