Vie pratique & Loisirs

  • Memoires du large

    Eric Tabarly

    • Fallois
    • 4 Juin 1997

    Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu'il naviguait vers l'Ecosse, Eric Tabarly fut frappé par la corne d'une voile au cours d'une manoeuvre et disparut en mer.
    Il était une légende vivante, le destin lui a donné la mort des héros de légende. Il est mort comme il avait vécu, " une voile au coeur ". L'an dernier, pour la première fois, Tabarly le discret, le silencieux, Tabarly qu'on disait taciturne était sorti de sa réserve, et avait écrit ses mémoires. Il parlait de sa vie, de son enfance, de ses années d'apprentissage. Il racontait l'Ecole navale, le Maroc, l'Indochine.
    Et surtout il disait sa passion, unique et absolue, pour un bateau, le plus célèbre bateau de France, celui dont le nom restera à jamais lié au sien, la " mésange à tête noire ", Pen Duick. Parce que son père l'y avait embarqué à l'âge de sept ans, parce qu'il lui avait fait cadeau à sa majorité de ce vieux cotre de bois à moitié pourri, promis à la casse, il a fait tout ce qu'un homme pouvait faire, et plus encore, pour le sauver.
    Inventeur infatigable et génial, il lui donnera des successeurs : de Pen Duick II, qui lui valut sa première grande victoire en 1964, à Pen Duick IV, premier grand trimaran de course, et enfin Pen Duick VI, superbe ketch de vingt-deux mètres, avec lequel il gagnera sa deuxième Transat en solitaire en 1976. Nous verrons apparaître de jeunes équipiers encore inconnus - Kersauson, Colas, Coste, Lamazou, Poupon - qui seront tous à son école et qui deviendront à leur tour célèbres.
    Mais toujours, c'est à son vieux Pen Duick qu'il revient. Celui dont il attendait avec tant d'impatience de fêter le centenaire. Et dont il avait écrit, cédant un jour à l'émotion : " Il est là, superbe, sous son gréement aurique, humant le vent, évaluant la force de la mer, frissonnant dans l'attente de la première risée : objet d'art, précieux, exigeant, sensuel, vif, capricieux, tel est Pen Duick, mon bateau.
    "

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  • Le 18 novembre 2009 marque un tournant dans l'histoire des relations que les sociétés entretiennent avec le premier des sports-spectacles.
    La main volontaire de Thierry Henry, qualifiant la France pour la prochaine Coupe du monde au détriment de l'Eire, a provoqué une onde de choc planétaire. Le plus symptomatique a été la révolte soulevée, spontanément, chez les neuf dixièmes des Français. C'est que le football, à l'instar des grands événements sportifs, est un drame et une cérémonie rituelle de l'identité collective, où il entre du sacré ; il appartient à tout le monde, puisque ses acteurs sont les représentants d'une société qui se rend tout à coup visible, et non plus une élite représentant le seul football ; à ce titre, les faits et gestes des joueurs et des responsables institutionnels engagent non seulement l'image du pays aux yeux des autres nations, mais l'estime que la communauté se porte à elle-même.
    Jurant avec ces enjeux, " la fabrique du score " transforme insidieusement le football en spectacle de l'injustice. Les spectateurs ont cessé d'être un magma soumis à l'obligation de voler au secours de la victoire. Un certain âge d'or du foot est fini. Le 18 novembre 2009 ont pris fin les temps naïfs.

  • Depuis notre plus tendre enfance, nous attribuons aux animaux des émotions qui ressemblent aux nôtres. Les scientifiques se sont longtemps battus contre un tel anthropomorphisme, considérant que cela limitait notre capacité à comprendre la vie d'autres créatures. Cependant, récemment, les choses ont commencé à évoluer et l'anthropologiste Barbara King se trouve au premier plan de ce mouvement.
    Avec Le Chagrin des animaux, Barbara King attire notre attention sur la souffrance qu'ils peuvent éprouver devant la maladie et la douleur des leurs, ou devant leur mort. Elle nous raconte, à travers différentes situations vécues sur le terrain, l'histoire d'animaux endeuillés par la perte de leurs proches.
    Elle nous raconte entre autres le cas d'éléphants qui entourent leur mère lorsque celle-ci s'apprête à mourir, et pendant plusieurs jours, veillent le cadavre. Ou encore le cas de ces chevaux qui forment un cercle et en silence entourent la tombe de leur compagnon. Ou bien l'histoire de ce babouin en proie à la douleur d'avoir laissé sa fille dans les griffes d'un prédateur.
    Dans chacun des cas, l'auteur utilise sa formation d'anthropologue pour interpréter et expliquer ce à quoi nous assistons, pour nous aider à comprendre le chagrin des animaux, quels qu'ils soient, comme quelque chose qui n'est pas si différent de l'expérience des hommes.
    A travers ces histoires émouvantes que Barbara King raconte et analyse brillamment, elle nous rapproche de ces animaux, qu'ils soient domestiques ou non, avec lesquels nous partageons la planète et nous aide à comprendre nos propres expériences, nos liens et nos émotions.
    Le résultat est un livre qui dérange et qui sonne vrai.
    Poignant, intelligent et parfois déchirant. Barbara King traite un sujet difficile avec la rigueur d'une scientifique et la force de sa passion pour le monde animal.

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