Gallimard

  • L'homme révolté

    Albert Camus

    • Gallimard
    • 19 Septembre 2013

    TDeux siccles de révolte, métaphysique ou historique, s'offrent justement ´r notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre ´r exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succcdent. Du moins, il doit etre possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repcres historiques et une hypothcse de lecture. Cette hypothcse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs, de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque enticrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen.t

    Indisponible

  • Connaissance de l'Est ; l'oiseau noir dans le soleil levant

    Paul Claudel

    • Gallimard
    • 4 Octobre 2000

    «De L'Oiseau noir dans le soleil levant, Claudel disait qu'il forme diptyque avec Connaissance de l'Est. Sans doute songeait-il surtout, en rapprochant ces deux textes, à leur sujet, à cette double découverte de l'Orient qui leur donne en effet une apparente unité. De l'un à l'autre des passages se font; le Japon est au coeur de Connaissance de l'Est avec les poèmes qui évoquent le voyage de 1898 et les souvenirs de Chine affleurent aisément dans L'Oiseau noir. Plus nettement, dans ce recueil, Claudel revient sur certaines opinions, sur certaines réactions anciennes pour les préciser ou les contredire.Les ressemblances toutefois sont plus profondes que n'implique ce parallélisme, plus révélatrices aussi.Seuls la Chine et le Japon ont retenu Claudel à ce point. Certes, il a aimé la Bohême, admiré le Brésil, observé l'Amérique... Aucun des pays où il a vécu ne l'a laissé indifférent et de tous son oeuvre garde la trace. Mais il ne leur a point accordé cette attention fascinée ni pris à les décrire ce soin et ce plaisir. L'Orient l'a touché d'une autre manière que ni le pittoresque ni l'exotisme ne suffisent à expliquer. C'est cette fascination, avec les contradictions qu'elle suppose et ses ambiguïtés, qui donne à ces deux recueils leur intérêt; elle en suggère aussi une lecture thématique qui les éclaire.»Jacques Petit.

  • Sartre ; 1905-1980

    Annie Cohen-Solal

    • Gallimard
    • 23 Septembre 1999

    " c'est le monde entier que je veux posséder ", écrivait sartre en 1940.

    Difficile entreprise que de raconter la vie d'un penseur aussi boulimique, d'un écrivain aussi polyvalent, d'un polémiste qui défia toutes les autorités et refusa - presque - tous les dogmes. difficile aussi de rendre compte de son emprise hégémonique sur les itinéraires culturels de notre siècle. d'autant que, malgré sa disparition, sa légende est déjà figée.
    Cet ouvrage constitue un événement culturel : l'intellectuel le plus représentatif du xxe siècle revit dans une biographie aussi rigoureuse qu'accessible.
    Une multitude de documents, de lettres, de témoignages inédits éclairent sous un jour nouveau toutes les facettes de ce " petit homme " qui fut le seul écrivain à refuser le prix nobel de littérature et que le général de gaulle qualifia un jour de " voltaire du xx siècle ".

  • «mon Faust»

    Paul Valéry

    • Gallimard
    • 4 Octobre 1988

    Le personnage de faust et celui de son affreux compère ont droit à toutes les réincarnations.

    (. ) or, un certain jour de 1940, je me suis surpris me parlant à deux voix et me suis laissé aller à écrire ce qui venait. j'ai donc ébauché très vivement, et - je l'avoue - sans plan, sans souci d'actions ni de dimensions, les actes que voici de deux pièces très différentes, si ce sont là des pièces. dans une arrière-pensée, je me trouvais vaguement le dessein d'un iiie faust qui pourrait comprendre un nombre indéterminé d'ouvrages plus ou moins faits pour le théâtre : drames, comédies, tragédies, féeries selon l'occasion : vers ou prose, selon l'humeur, productions parallèles, indépendantes, mais qui, je le savais, n'existeraient jamais.
    Mais c'est ainsi que de scène en scène, d'acte en acte, se sont composés ces trois quarts de lust et ces deux tiers du solitaire qui sont réunis dans ce volume.

  • Trois essais sur la théorie de la sexualité

    Sigmund Freud

    • Gallimard
    • 9 Novembre 2001
  • « Je souhaite intéresser ici les lecteurs au témoignage d'une femme sur les femmes. Sous le titre général de La libido génitale et son destin féminin, je vais essayer, dépouillant le mot destin de ses résonances fatales, magiques ou déterministes, de témoigner en femme, en mère et en psychanalyste pratiquant depuis plus de vingt ans des faits d'observation que j'ai pu glaner concernant la sexualité dans son développement chez les filles, ne retenant ici que les traits que j'ai pu rencontrer chez le plus grand nombre. » À partir de cette expérience clinique très riche, Françoise Dolto explore le cheminement dynamique, de la naissance à la vieillesse, d'une libido au féminin, elle en suit les manifestations dans la vie érotique et passionnelle, dans la relation à l'autre et à la famille, déployant pour ce faire toutes les harmoniques du désir et de l'amour.

  • Sur l'histoire du mouvement psychanalytique

    Sigmund Freud

    • Gallimard
    • 4 Février 2010

    Freud n'avait pas de goût pour la polémique, disait-il, et la jugeait vaine.
    La psychanalyse - la sienne, la seule qui ait droit à ce nom - finirait, grâce à la poursuite de l'oeuvre, par être reconnue pour ce qu'elle est. Voici cependant, en ce début de l'an 1914, qu'il y a péril en la demeure et urgence à le conjurer : des proches, et au premier chef Jung, le "prince héritier", s'affirment psychanalystes, alors qu'aux yeux de Freud ils ont cessé de l'être. II n'est plus permis de se taire, il faut engager le fer.
    Quoiqu'il s'en défende, c'est un texte vigoureusement polémique qu'écrit Freud, un texte qui, pour avoir été longtemps négligé, retrouve une singulière actualité en ce temps d'éclatement de la "communauté" psychanalytique.

  • Désir d'Italie

    Jean-Noël Schifano

    • Gallimard
    • 9 Novembre 2001
  • En 1969, Jeanne Favret-Saada s'installe dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie.
    Personne ne veut lui parler. Tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un " objet " qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter sytématiquement comment les gens refusent d'en parler. Dans la formulation même de ces refus se révèle peu à peu une conception du monde centrée sur l'idée de " force ". Un jour, tout bascule : parce qu'ils lui attribuent cette " force ", des paysans demandent à Jeanne Favret-Saada de les désenvoûter.
    Un autre ensorcelé, qui devine sa peur, lui annonce qu'elle est " prise " et l'adresse à sa désorceleuse. Dès lors, continuer à écrire permet à l'ethnographe de manier des situations incompréhensibles et dangereuses, de supporter l'enjeu mortel de toute crise de sorcellerie : " Corps pour corps, c'est lui qui y passe, ou c'est moi. "

    Indisponible

  • Avez-vous lu Char?

    Georges Mounin

    • Gallimard
    • 24 Janvier 1989
  • L'improviste - une lecture du jazz

    Jacques Réda

    • Gallimard
    • 3 Octobre 1990
  • Pour la critique

    Charles-Augustin Sainte-Beuve

    • Gallimard
    • 25 Septembre 1992

    Charles-augustin sainte-beuve commença à vingt ans sa carrière de critique au globe, le 10 octobre 1824.
    Le 13 octobre 1869, une opération manquée interrompit son " office de vigie " et priva flaubert du lecteur espéré : " j'avais fait " l'education sentimentale en partie pour sainte-beuve. il est mort sans en connaître une ligne. " a défaut d'un sainte-beuve intégral, nous présentons ici un sainte-beuve chronologique, avec une proportion plus généreuse pour la littérature de son temps et pour les textes de ses débuts - meilleure façon de faire sentir ce qui a maintenu, par-delà les faiblesses ou les désastres intimes, l'autorité de ce lecteur auprès des deux ou trois générations littéraires qui ont écrit, comme flaubert, " en partie pour lui ".

    Le lecteur découvrira un sainte-beuve politique méconnu, qui s'exprime, par exemple, avec flamme dans un hommage aux sergents de la rochelle exécutés par louis xviii pour complot libéral, un sainte-beuve élaborant sa méthode critique, du " pierre corneille " de 1829 au dialogue avec la " physiologie des écrivains et des artistes " d'emile deschanel en 1864, jusqu'à cette formule d'épilogue : " le goût seul ne dispense pas des méthodes armées et précises ", un saint-beuve ethnologue et sociologue du monde littéraire de son temps, enfin un sainte-beuve dressant ses portraits d'écrivains et partageant les combats de la génération romantique dont il s'est fait en apparence le censeur.

  • Physique atomique et connaissance humaine

    Niels Bohr

    • Gallimard
    • 14 Janvier 2016

    Si Niels Bohr (1885-1962) a introduit en physique des changements aussi profonds que ceux qui avaient accompagné la naissance de la science moderne de la nature au XVIe et au XVIIe siècle, c'est parce que, physicien, il est aussi philosophe. Le rôle fondamental qu'il joue dans la formation de la théorie quantique entre 1913 et 1927 le conduit en effet à proposer, avec la notion de «complémentarité», une interprétation nouvelle des concepts d'objet et de phénomène qui transforme la conception générale de la science et qui anticipe sur de nombreux aspects de l'épistémologie contemporaine.
    L'oeuvre de Bohr s'attache à penser cette révolution dans les principes de la philosophie naturelle tels que Kant les avait définis et tels que la tradition de la physique allemande du XIXe siècle les avait soumis à un débat constant : qu'est-ce qu'une représentation, comment s'assurer de la cohérence d'un énoncé et de la vérité d'une théorie physique, qu'est-ce que la réalité d'un processus ? Dans ces textes capitaux - notamment ceux des discussions avec Einstein -, les difficultés formelles de la physique atomique ne sont pas disjointes des paradoxes qu'elles impliquaient, aux yeux de Bohr, dans les domaines du langage, de la théorie de la connaissance et des sciences humaines.

  • Les princes du jargon

    Alice Becker-Ho

    • Gallimard
    • 2 Février 1995

    Une étude comparée des argots des classes dangereuses à travers une dizaine de pays d'Europe et d'Amérique met en lumière les influences communes qui, voilà déjà plus de cinq siècles, avaient favorisé leur formation. S'y trouvent ainsi établies l'étymologie et la véritable signification de mots devenus aussi courants qu'arnaque, cave, came, toc, tapin, boudin, micheton, thune, dèche, rousse, poulaille, vache, tabasser, mouton, mais aussi bistrot, flamenco, fado, cocu, racket, tchao, mafia, chicane, pagaille, rôdeur ou camarade...

  • Le luxe éternel

    ,

    • Gallimard
    • 5 Février 2015

    À la bourse, il caracole dans la course aux profits. Qui ? Le luxe.
    Avec l'élargissement de la consommation et son uniformisation globalisée, il a pris de nouvelles proportions : loin d'être un phénomène marginal limité à une mince élite, il est désormais un secteur phare de l'économie. Au travers des marques, il est omniprésent dans l'univers de la communication.
    Il est révolu le temps où le luxe était compris en termes de luttes symboliques entre les classes sociales, avec leurs stratégies de distinction et d'ostentation de la part des dominants.
    L'expansion contemporaine du phénomène oblige à en considérer la nature : Gilles Lipovetsky et Elyette Roux en proposent une double approche, grâce à une analyse historico-sociale dans la très longue durée et, dans le présent, une approche par le marketing et la sémiotique.
    Ce croisement des perspectives met en relief les nouveaux dispositifs du luxe, cette sphère où cohabitent maintenant passions aristocratiques et passions démocratiques, traditions et innovations, mythes et modes.

  • Le vrai classique du vide parfait

    Lie-Tseu

    • Gallimard
    • 10 Mars 2011

    Voici un des textes les plus importants du taoïsme.
    Moins galvaudé que le Tao-tö king, il mêle récits magiques, entretiens philosophiques et conseils pour une vie adéquate à notre condition. II permet surtout de comprendre l'opposition radicale entre le taoïsme - refus de participer à l'agitation du monde et pratique du non-agir - et le confucianisme, activité diligente au sein du corps social. De Lie-tseu on sait peu de choses, sinon qu'il s'agit d'une personne et non d'un mythe.
    Il naquit vraisemblablement vers 450 avant notre ère, subsistait, croit-on, grâce aux dons de ses disciples, mais de sa mort, on ignore tout. Par la diversité de ses thèmes, ce recueil de textes édifiants, destinés à l'enseignement moral, illustre un taoïsme plus populaire, moins hostile à Confucius mais étonnamment chargé de récits de magie, mêlant la sorcellerie la plus naïve à la métaphysique la plus raffinée.
    Sa complexité comme son caractère combatif témoignent de l'effervescence intellectuelle dans la Chine d'il y a plus de deux mille cinq cents ans.

  • Images et mots ou encore rêve et langage s'opposent-ils ou sont-ils complémentaires ? Sommes-nous voués au culte des images et à leur pourvoir de fascination ou à la célébration d'un « tout langage » ? Sommes-nous contraints de choisir ?
    Images et langage, loin d'être antagonistes, se rejoignent en ce temps et ces lieux des « royaumes intermédiaires » - ceux de la littérature, de la psychanalyse et du rêve. Royaumes illimités qui se veulent sans Dieu ni maître.
    Tel fut le fil rouge, en septembre 2006 et à Cerisy, d'un singulier colloque. Poètes, romanciers, psychanalystes se rencontrèrent, une semaine durant, pour évoquer l'inspiration qu'ils ont puisée, pour leurs oeuvres et recherches respectives, dans les livres de J.-B. Pontalis, psychanalyste et écrivain.

  • à quoi nous sert le droit ?

    Jacques Commaille

    • Gallimard
    • 15 Octobre 2015

    Libre-échange mondialisé, développement des nouvelles technologies financières ou culturelles, juridictions nationales contre Cour européenne, mais aussi recours d'ouvriers licenciés contre des plans sociaux, action collectives d'actionnaires ou procès d'irradiés pour mise en danger de la vie d'autrui : il n'est de jour où l'on n'assiste pas, sous nos yeux, aux mutations contemporaines du droit. Or la situation du droit est des plus paradoxales. Le droit est avant tout une pratique qui vise à ordonner les rapports sociaux et les échanges économiques. Mais sa particularité, son exceptionnalité, son importance pour le fonctionnement des sociétés et pour la compréhension de leur fonctionnement conduisent trop souvent encore la Faculté à enseigner le droit comme un savoir strictement clos sur lui-même, qui se construit théoriquement, toute fenêtre fermée, en s'interrogeant seul sur sa propre rationalité, ses fondements, ses évolutions. Le droit serait, en surplomb des sociétés, une norme . Or tous les jours, mobilisé au coeur de la société, pour faire avancer des revendications ou atténuer des obstacles à la libre circulation des biens, le droit est une source , dont s'inspire, par exemple, citoyens ou lobbies pour faire triompher leurs causes. En ce sens, dans ses enseignements universitaires comme dans ses pratiques professionnelles, il ne peut échapper à la question : à quoi aujourd'hui sert le droit ? Qui se sert désormais du droit ?

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  • Théorie des exceptions

    Philippe Sollers

    • Gallimard
    • 23 Janvier 1986

    Après tout, rappelons une évidence : il est faux que les oeuvres littéraires ou artistiques soient attendues, justifiées, normalement produites en leur temps pour la satisfaction ultérieure de l'historien, des musées ou des professeurs.
    Au commencement est la violence, l'effraction, souvent le scandale. chaque nom, ici, représente une réalité qui n'aurait pas dû avoir lieu, une exception qui ne confirme aucune règle.
    Ces noms ? des écrivains, d'abord. lucrèce, montaigne, cervantes, saint-simon, sade, dostoïevski, proust, joyce, faulkner. des artistes ensuite : raphaël, watteau, picasso, webern, bach. puis viennent des réflexions ou des insolences plus générales : sur des lieux privilégiés, la fiction la théologie, freud.
    Et enfin : quelle est la condition, aujourd'hui, d'un écrivain français dont la littérature est comme la respiration même ? " ecrire, dit kafka, c'est bondir hors du rang des meurtriers. " le sujet de theorie des exceptions ? l'histoire contrastée et passionnée de ce bond.

  • L'histoire de l'Art est-elle finie ?

    Hans Belting

    • Gallimard
    • 27 Septembre 2007

    Depuis Hegel, la fin de l'art est régulièrement proclamée. Mais le mort est vif, assurément désordonné et imprévisible, étonnant ou banal.
    Ce qui, à l'évidence, a sombré, ce n'est pas l'art lui-même, mais, irrémédiablement semble-t-il, l'idée que l'on s'en faisait - celle d'un développement historiquement ordonné des styles et des formes. En ce sens, la fin de l'art, c'est d'abord la fin de l'histoire de l'art, plus exactement de l'art comme histoire.
    Aujourd'hui, à l'ère des arts plastiques, des performances et des installations, seule une conception ouverte et pluraliste permet d'embrasser et de restituer ce qu'est devenu l'art contemporain. Il nous faut revenir de l'histoire aux oeuvres. Renonçant à la nostalgie des grandes théories unitaires, nous ferons la preuve de la nécessaire sensibilité à la dimension plurielle, fragmentaire, voire contradictoire de l'art vivant. Alors notre expérience du présent éclairera d'une lumière nouvelle le passé.

  • Repousser les frontières?

    Collectif

    • Gallimard
    • 30 Octobre 2014
  • Le mythe de Sisyphe

    Albert Camus

    • Gallimard
    • 19 Septembre 2013

    Édition spéciale comprenant un carnet

    Indisponible

  • Hériter, et après ?

    ,

    • Gallimard
    • 5 Octobre 2017

    Tout commence par un aphorisme de René Char extrait des Feuillets d'Hypnos, texte écrit depuis le maquis : « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. » Il ne constitue pas « une donnée » identifiable ou « un donné » calculable, même s'il nous a bien été offert. Ce dont nous héritons n'est souvent ni nommable ni saisissable une fois pour toutes. Pourquoi cela ? Déjà parce que nous héritons d'oublis autant que de souvenirs. Souvent nous ne savons pas qui furent nos donateurs et comment se nomment nos trésors. Les contemporains n'ont pas conscience de la tradition dont ils pourraient, s'ils l'assumaient, se constituer en héritiers.
    L'aphorisme de René Char nous demande de repenser ensemble l'autrefois, le maintenant et l'après de toute transmission. C'est que toute transmission est à constamment retravailler. Le passé refoulé finit toujours par faire retour à travers symptômes, crises ou séismes de notre présent. Comment donc se constitue une tradition lorsque son contenu, héritage du passé, nous vient de grands-parents trop mystérieux ou de trésors incompréhensibles qui se retrouvent, sans qu'on les ait choisis, entre nos mains, au fond de notre coeur ou juste sous nos pieds ?
    Après avoir reconnu et nommé notre héritage, voici donc qu'il nous échoit de le partager, de le transmettre. Mais de quelle façon penser un tel partage ?
    Telles sont quelques-unes de squestions que posent tour à tour Mark Alizart, Karol Beffa, Anne Cheng, Michel Deguy, Chantal Delsol Georges Didi-Huberman, Mona Ozouf, Maël Renouard, Olivier Rolin, Pierre Rosanvallon, Isabelle Stengers, Cécilia Suzzoni.
    Cet ouvrage reprend certaines contributions au 28e Forum Philo Le Monde / Le Mans, rencontres philosophiques organisées du 4 au 6 novembre 2016 par la Ville du Mans et le journal Le Monde sous la direction de Jean Birnbaum.

  • De beaux rêves

    Daniel Clement Dennett

    • Gallimard
    • 2 Février 2012

    La conscience est un champ de bataille où s'affrontent les idées, en un tumulte sur lequel continuent de planer les ombres du Théâtre Cartésien.
    Les certitudes en apparence les plus fortes, ancrées dans des notions qui tendent à préserver l'esprit de tout modèle qui nous en délivrerait, continuent de dispenser un brouillard que Daniel Dennett s'efforce allègrement de dissiper en s'attaquant aux contre-sens ou aux pseudo- évidences dont la plupart des débats sont inutilement encombrés. Abandonnant le rêveur à ses rêves et le magicien à sa magie, Daniel Dennett poursuit ici, avec brio, une entreprise de clarification qui tourne le dos aux convictions les plus tenaces, en faisant appel à un modèle qui ne s'en laisse pas conter, celui de la "célébrité cérébrale" : "Dans le cerveau, pas de Roi, pas de Contrôleur Officiel des programmes de la Télévision d'Etat", écrit-il.
    La démocratie, l'anarchie y sont autrement plus actives et efficaces. La conscience n'est pas un "médium de représentation"... Elle a "plus d'affinités avec la notoriété qu'avec la télévision".

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