Gallimard

  • «Un des caractères particuliers du monde moderne, c'est la scission qu'on y remarque entre l'Orient et l'Occident. Il peut y avoir une sorte d'équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu'elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées. Tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore traditionnelles ; il n'y a entre elles aucune opposition essentielle, et les divergences, s'il en existe, ne sont qu'extérieures et superficielles. Par contre, une civilisation qui ne reconnaît aucun principe supérieur, qui n'est même fondée en réalité que sur une négation des principes, est par là même dépourvue de tout moyen d'entente avec les autres, car cette entente, pour être vraiment profonde et efficace, ne peut s'établir que par en haut, c'est-à-dire précisément par ce qui manque à cette civilisation anormale et déviée. Dans l'état présent du monde, nous avons donc, d'un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à l'esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de l'autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la civilisation occidentale moderne».
    René Guénon.

    Édition définitive établie sous l'égide de la Fondation René Guénon.

  • Ce livre de René Guénon est sûrement celui qui, de toute son oeuvre, présente l'étude la plus étrange et, en même temps, le document le plus révélateur des vrais mystères sur lesquels repose l'ordre cosmique et traditionnel du monde entier.
    Les doctrines et les symboles de toutes les traditions attestent de façon concordante l'existence d'une « Terre Sainte » par excellence, prototype de toutes les autres « Terres Saintes », qui est aussi le séjour du centre spirituel auquel tous les autres centres sont subordonnés. Le chef de ce centre suprême est le « Roi du Monde ». Ce séjour est situé dans un monde nécessairement invisible pour les regards des profanes, et inaccessible à leurs recherches. Pour couper court aux risques d'acceptations grossières et aux illusions à peu près inévitables, il est précisé qu'un tel accès (du reste extrêmement rare dans l'histoire traditionnelle du monde extérieur) est lié à un très haut degré de réalisation spirituelle.
    On peut naturellement se demander si certaines précisions que ce livre donne étaient vraiment opportunes. René Guénon a répondu d'avance à une telle question : « Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n'apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu'on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles. » La présente édition reprend le texte paru en 1958. L'ouvrage est augmenté d'une annexe sur les sources du texte.

  • La grande triade

    René Guénon

    Dernier ouvrage publié du vivant de René Guénon, La Grande Triade se caractérise par un recours prépondérant aux traditions extrême-orientales, particulièrement celles de la Chine et, avant tout, du taoïsme, que l'auteur avait connues et dont il avait traité dès ses premiers écrits. Toutefois, comme à son accoutumée, il y fait aussi de nombreux parallèles et rapprochements avec d'autres traditions, tant orientales qu'occidentales : hindouisme, bouddhisme, judaïsme, islam, christianisme, franc-maçonnerie, hermétisme, pythagorisme, Fidèles d'Amour, etc. De la sorte, La Grande Triade répond clairement au propos constant de René Guénon : exposer les données de la Tradition primordiale, notamment en soulignant les convergences entre toutes les traditions authentiques. Même si, comme il le regrettait, ce livre n'eut d'abord qu'un faible écho, y compris dans les milieux qui se réclamaient de la pensée traditionnelle, l'ouvrage fit progressivement et discrètement son chemin, notamment parmi ceux qu'attirait l'Extrême-Orient.

  • Dans cette brève et substantielle étude, l'auteur des Aperçus sur l'Initiation corrige les méprises de ceux qui n'avaient fait qu'entrevoir le sens profond de l'oeuvre dantesque, et donne une explication entièrement neuve de multiples points que les commentateurs du grand Florentin n'ont jamais pu élucider d'une façon satisfaisante. Sans avoir la prétention d'être complet sur un sujet qu'on pourrait dire inépuisable, René Guénon a jeté ainsi une clarté inattendue sur un côté qui est proprement ésotérique et initiatique dans l'oeuvre de Dante et surtout dans sa Divine Comédie. Dante fut sans doute tout autre chose que le génie littéraire qui suscite tant d'admiration, et l'on est en droit de penser que bien des choses, pour ne pas dire des trésors, restent à découvrir dans ce que René Guénon a appelé non sans raison «le testament spirituel du Moyen Âge».

    Nouvelle édition établie, présentée et annotée sous l'égide de la Fondation René Guénon.

  • «Bien que la présente étude puisse sembler, à première vue tout au moins, n'avoir qu'un caractère quelque peu "spécial", il nous a paru utile de l'entreprendre pour préciser et expliquer plus complètement certaines notions auxquelles il nous est arrivé de faire appel dans les diverses occasions où nous nous sommes servi du symbolisme mathématique, et cette raison suffirait en somme à la justifier sans qu'il y ait lieu d'y insister davantage. Cependant, nous devons dire qu'il s'y ajoute encore d'autres raisons secondaires, qui concernent surtout ce qu'on pourrait appeler le côté «historique» de la question ; celui-ci en effet, n'est pas entièrement dépourvu d'intérêt à notre point de vue, en ce sens que toutes les discussions qui se sont élevées au sujet de la nature et de la valeur du calcul infinitésimal offrent un exemple frappant de cette absence de principes qui caractérisent les sciences profanes, c'est-à-dire les seules sciences que les modernes connaissent et que même ils conçoivent comme possibles.»

  • Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps a été édité pour la première fois le 2 octobre 1945. À partir d'une étude approfondie des grands textes mystiques (hindous, taoïstes, chrétiens et musulmans), l'auteur oppose à l'aspect constitué, ésotérique, institutionnel des religions historiques, une tradition unique, originelle : la connaissance ésotérique. Le monde moderne est vu comme une anomalie, une monstruosité qui ne reconnaît aucun principe supérieur, aucune transcendance. Le désordre est vu comme un élément de l'ordre, le règne de la contingence s'oppose au règne de la transcendance, le point de vue quantitatif l'emporte sur le qualitatif, l'individualisme aggrave le tout.
    Guénon propose un retour vers la substance, vers l'essence, un retour vers la métaphysique, de la quantité pure, un retour à l'enseignement d'ordre initiatique propre aux sociétés traditionnelles. Une transformation par le haut.
    Cette réédition s'inscrit dans le cadre de la création, par la succession de René Guénon, d'une Fondation René Guénon. Celle-ci siègera au Caire dans la demeure du penseur. Elle a pour but de rassembler sous son égide l'ensemble des ouvrages et documents constituant l'oeuvre intellectuelle de René Guénon. La Fondation n'est liée à aucun mouvement, école, groupe ou parti, quels qu'ils soient.
    Le programme de réédition de l'oeuvre de René Guénon prévoit : la révision systématique (révision du texte, ajout d'un appareil critique, notes et préfaces) des 11 titres du fonds Gallimard, la reprise des 13 titres des Éditions Traditionnelles, des inédits à venir d'importance comme L'Archéomètre, une correspondance totalement inédite à publier

  • Melanges

    René Guénon

    Selon Guénon, le monde moderne est un monde finissant qui ne saurait échapper à son destin, car la marche descendante du présent cycle temporel est inexorable.
    La seule issue possible pour ceux qui veulent réagir contre cette tendance est la voie initiatique, quelles qu'en soient les difficultés. En effet, celle-ci implique deux conditions essentielles : un accord intellectuel fondamental sur les principes métaphysiques des doctrines traditionnelles et une transmission initiatique authentiquement valable, c'est-à-dire fort éloignée des multiples contrefaçons et pseudo-initiations qui foisonnent à notre époque.
    Là-dessus, le message de Guénon n'a jamais varié et ses avertissements sont toujours aussi présents aujourd'hui qu'au début du siècle.

    Sur commande
  • Le présent recueil réunit tous les articles concernant le symbolisme que René Guénon n'avait pas lui-même inclus dans l'un de ses ouvrages. Il constitue la partie la plus importante de ses travaux dans ce domaine, et vient illustrer en quelque sorte la doctrine qu'il a exposée dans toute son oeuvre, tout en offrant ce qu'on pourrait appeler les moyens d'une universelle vérification dans la multitude innombrable mais concordante de données sacrées provenant des traditions les plus diverses. Malgré tout ce que l'auteur avait déjà traité en cette matière dans ses autres livres, ce volume constitue un trésor unique de science symbolique et restera comme un véritable monument de l'intellectualité sacrée.

  • «Dans la présente étude, nous nous efforcerons de montrer plus complètement encore, et d'une façon plus générale, quelle est la véritable nature de ces sciences traditionnelles, et aussi, par là même, quel abîme les sépare des sciences profanes qui en sont comme une caricature ou une parodie, ce qui permettra de mesurer la déchéance subie par la mentalité humaine en passant des unes aux autres, mais aussi de voir, par la situation respective de leurs objets, comment cette déchéance suit strictement la marche descendante du cycle même parcouru par notre humanité. Bien entendu, ces questions sont encore de celles qu'on ne peut jamais prétendre traiter complètement, car elles sont, de leur nature, véritablement inépuisables ; mais nous tâcherons tout au moins d'en dire assez pour que chacun puisse en tirer les conclusions qui s'imposent en ce qui concerne la détermination du "moment cosmique" auquel correspond l'époque actuelle.» René Guénon.

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