Karthala

  • Qui peut comprendre au mieux le monde d'aujourd'hui, métissé, multiculturel, qu'un anthropologue ? Encore faut-il préciser ce qu'est un anthropologue au XXIe siècle.
    Pierre-Joseph Laurent y répond en articulant les notions de familiarité, d'engagement, de subjectivité et de réflexivité. En anthropologie, slow science avant l'heure, il convient d'abord d'apprendre à cheminer entre intuition, interférence et moment opportun à saisir. L'auteur nous invite ainsi à repenser l'observation participante chère aux anthropologues.
    Il nous initie à l'anthropologie comme une entrée dans un rythme lent et exigeant, un artisanat, un savoir-faire à acquérir qui débouche par l'écriture sur un savoir scientifique ancré, impliqué, robuste, précis, rigoureux et durable.
    En épistémologue rompu au terrain, il revisite les questions ayant trait à l'interprétation et à l'écriture qui en résulte. Comprendre et décrire les processus mobilisés pour devenir anthropologue dans ce monde du XXIe siècle, constitue l'ambition de ce livre.

  • Au cours des siècles passés, les relations de l'Afrique subsaharienne avec la France ont été plutôt difficiles.
    Elles ont atteint leur paroxysme dans la seconde moitié du XIXe siècle quand les puissances européennes se sont partagé le continent africain en 1885 lors du Congrès de Berlin et que la France elle-même a multiplié les conquêtes, du Sénégal au Congo, en passant par Madagascar et les Comores, et ce malgré de nombreuses résistances. L'histoire de la conquête française a donné lieu à beaucoup d'ouvrages, notamment pendant la période de l'Empire français.
    Des explorateurs, des administrateurs et des militaires ont narré leurs missions prescrites par les différents gouvernements. Les résistances des Africains y sont souvent présentées comme des obstacles à la diffusion des bienfaits de la civilisation européenne. La notion de résistance est devenue sensible en France depuis les événements de la seconde guerre mondiale et l'occupation du pays par les armées allemandes.
    Mais, paradoxalement, quand on évoque le même concept pour les populations africaines, l'écho n'est pas le même. Les enseignants lui consacrent peu de temps et les manuels scolaires ne lui réservent que quelques pages. L'objectif de cet ouvrage est de recenser l'histoire de ces résistances qui compte de grandes figures comme Béhanzin, Lat Dior, Mogho Naaba Wogbo, Rudolf Douala Bell, les reines de Madagascar, Samori et beaucoup d'hommes et de femmes moins célèbres ou sans nom.
    Une histoire peu connue ou oubliée, pourtant indispensable à notre mémoire.

  • L'investissement pour le développement durable relève de stratégies multiples, aux enjeux complexes. En son coeur, l'aide au développement reste une politique publique insuffisamment connue, tout en étant perçue comme indispensable pour compenser les inégalités.
    Avec l'implication d'un nombre croissant d'acteurs, l'émergence d'une nouvelle civilité internationale oblige à penser des politiques multidimensionnelles à l'échelle de la planète. L'aide déborde désormais du seul cadre des États et des institutions multilatérales, étendant sa toile à des acteurs qui se diversifient : États fédéraux comme collectivités territoriales, ONG ou entreprises, etc.
    En suivant le fil rouge des financements internationaux, ce livre révèle les tensions et les forces qui traversent le monde du développement. Pour saisir ses mutations, il déploie une approche interdisciplinaire, donnant aux savoirs et concepts qui le composent une profondeur historique aussi bien qu'un champ prospectif.

  • Ce titre est le prmier de la collection 4 Vents, destinée à publier des ouvrages de synthèse sur des sujets clefs, soit pour les premiers cycles universitaires soit pour le grand public.
    L'ouvrage passe en revue les processus d'islamisation de l'Afrique et d'africanisation de l'islam. Il décrit les multiples configurations dans lesquelles les musulmans d'Afrique inscrivirent leur action depuis plus d'un millénaire. L'historien américain David Robinson raconte les luttes menées pour la réforme d'où naquirent le sultanat du Maroc ou le califat de Sokoto (Nigeria). Il montre la façon dont l'islam était pratiqué en bonne entente avec des rois païens comme dans l'Ashanti (Ghana) ou dans un contexte de compétition comme au Buganda (Ouganda) où se trouvaient aussi des missionnaires chrétiens.
    Tout au long des récits très vivants qui constituent le livre, le lecteur est guidé par des cartes et des illustrations. Chaque chapitre est suivi de conseils et de lectures complémentaires, mettant en regard les bibliographies anglophones et francophones, faisant de l'ouvrage un excellent outil de travail pour les étudiants, les enseignants et les chercheurs.

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  • Les crises politiques, sociales, financières qui secouent le monde actuel installent chaque jour un peu plus la défiance entre les sociétés et les États. Les « révolutions » populaires de ces dernières années sont sans ambiguïté. C'est bien l'approche gestionnaire de l'État et sa mise sous tutelle d'intérêts spécifiques qui indignent et suscitent un rejet des peuples, non l'État en tant que tel. Mais face à ses défaillances, les populations s'auto-organisent ou se tournent vers d'autres « autorités » et repères, qui en viennent à concurrencer, voire à remplacer l'État de manière rampante, autoritaire ou violente.

    Se pose dès lors la question de la légitimité de l'État, à savoir ce qui fonde l'adhésion volontaire des populations à ce dernier, lui conférant sa qualité d'autorité politique suprême. La légitimité est au coeur de l'ancrage social, de la définition du sens et des valeurs partagées censés organiser le vivre-ensemble et de l'effectivité de l'État. En cela la question de la légitimité soulève des enjeux graves et importants. Elle est un pilier de la régulation pacifiée des sociétés et une condition de survie de la démocratie.

    Cet ouvrage propose une méthodologie pratique de la légitimité pour une refondation démocratique. Si le premier volume avait vocation à décrire des processus de légitimation du pouvoir politique dans différents pays du monde, ce second volet pose les jalons d'une démarche politique, la mise en oeuvre de « l'action publique plurielle ». Jetant un pont entre les théories et les pratiques, il entend donner aux acteurs étatiques et non étatiques les capacités, les moyens et surtout l'envie d'agir pour faire vivre le pluralisme social et aider à son institutionnalisation : l'État refondé.

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  • L'État n'est plus le seul acteur de l'action publique : il doit agir avec la société civile, le secteur privé et les populations. Ce glissement du « gouvernement » - monopole de l'État - vers la « gouvernance publique » - action publique pluri-acteurs - entraîne son repositionnement. C'est dans les nouvelles relations entre l'État et les sociétés que l'exercice du pouvoir politique est appelé à trouver sa consistance et à refonder la légitimité de l'État.

    L'un des défi s majeurs auxquels sont confrontés les États est en effet leur capacité à s'adapter à la complexité croissantes des enjeux de sociétés. Gouverner dans un contexte d'incertitudes n'est plus l'exception. C'est devenu la règle en fonction de laquelle les acteurs politiques et les institutions doivent revoir leur rôle, leurs compétences et leurs outils.

    Ce diagnostic de l'État mis à mal dans sa légitimité a été le point de départ de la réflexion de cet ouvrage. En partant du prisme de la légitimité, les auteurs de ce livre ont procédé à l'étude d'expériences et de pratiques dans différents pays du monde et au sein des organisations internationales. L'ouvrage propose ainsi une série de contributions à vocation descriptive, pour faciliter la compréhension et l'analyse des processus de légitimation du pouvoir politique, selon les contextes et la diversité des conceptions du pouvoir.

  • Pendant plus de vingt siècles, les jurisconsultes ont débattu du droit. Traitant des lois naturelles, ils faisaient référence aux principes moraux du monde civilisé et à la nécessité pour les États de s'accorder sur des règles qui leur permettraient de coexister dans la paix. Après qu'Athènes eut ébauché les premières règles d'un droit international privé, Rome rédigea un jus gentium, ensemble des droits accordés aux peuples étrangers, un droit que Justinien codifia pour le monde chrétien.

    Au XVIe siècle, le théologien catholique espagnol Vitoria pose la première pierre de l'édifice d'un droit des gens, expression de la renaissance de l'humanisme. Au XVIIe siècle, Grotius fixe les règles de ce droit dans la guerre et dans la paix, alors qu'au terme de la guerre de Trente Ans, la paix de Westphalie tente d'établir un équilibre européen. Les jurisconsultes du XVIIIe siècle incluent le droit des gens dans le droit naturel, puis Vattel, dans un ouvrage écrit en langue française - et non plus en latin - dissocie ces deux droits, au nom de la raison. Les Lumières, les Révolutions américaine puis française, l'Empire napoléonien imposent les principes des droits de l'homme : on commence à parler d'un droit international.

    Au XIXe siècle, conscients de la nécessité de contenir les violences de guerre, les jurisconsultes posent les fondements d'un droit pénal international. Au terme de congrès et de conférences, ils les font adopter par de plus en plus de nations. Néanmoins, à la veille de la Première Guerre mondiale qui ouvre un siècle de violences extrêmes, ce droit n'est qu'une ébauche.

    Comme le développe Yves Ternon dans cet ouvrage, le droit international est l'oeuvre de ces Pères fondateurs. Pour chacun d'eux, son élaboration se situe dans un espace politique et un mouvement de pensées qui influencent leur oeuvre. Ce droit, ils l'ont construit avec les philosophes, les publicistes et autres témoins de leur temps, tout en demeurant attachés aux intérêts de leur nation.

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  • À l'automne 1984, les indépendantistes kanak de Nouvelle-Calédonie se soulevèrent contre le gouvernement français pour reconquérir leur souveraineté. Après la mort du secrétaire général de l'Union Calédonienne, Éloi Machoro, l'un des leaders de la révolte, un nouveau statut vit le jour en 1985, découpant le territoire en quatre régions, dont trois gérées par des élus kanak. Ces derniers décidèrent alors d'utiliser ce nouveau cadre institutionnel pour préparer l'indépendance économique de leur pays. De nombreux microprojets de développement furent créés au sein des réserves et présentés comme les premières expériences concrètes de Kanaky. Un même mot d'ordre dominait : préserver une économie domestique encore prégnante, tout en intensifiant la production agricole. Cette option ruraliste se donnait pour triple tâche de maintenir un tissu social local, de trouver une manière nouvelle de cultiver sa terre et d'adapter la chefferie (le modèle politique kanak hiérarchisé) à la perspective d'un État-nation souverain.

    Ce moment particulier du nationalisme kanak, couplant exigence économique et refonte des structures politiques segmentées et centralisées, généra une intense réflexion sur la définition de la société indépendante, résumée quelques années plus tôt par le concept de « socialisme kanak ». Dans les tribus d'Emma (Amââ) et Kayu (Kûöö), sur la commune de Canala, le lancement du Groupement d'intérêt économique Kèrèduru releva, pendant plus d'une décennie, le défi de construire l'indépendance kanak socialiste depuis les réserves. Ce livre explore cet aspect méconnu du nationalisme kanak en témoignant des transformations sociales des chefferies de l'époque. Au-delà du cas concret du GIE Kèrèduru, il analyse une dynamique sociale propre aux sociétés segmentées en marche vers la construction nationale.

    Cet ouvrage interroge également ce que signifie être kanak aujourd'hui. À l'heure des grands projets miniers, d'autres conceptions de la coutume ont depuis émergé, qui revisitent la définition des chefferies et leur place dans le pays après l'accord de Nouméa (1998), à l'aune de références très éloignées des apports de la génération politique née dans les années 1980. Le projet d'inspiration marxiste étudié ici visait en effet à assujettir les chefferies et les clans à un modèle collectiviste et égalitaire. Cette expérience, aujourd'hui dépassée, rend compte de la plasticité des notions de socialisme kanak, d'identité kanak et des manières diverses d'envisager l'appartenance à ce peuple océanien.

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  • L'État n'est plus le seul acteur de l'action publique : il doit agir avec la société civile, le secteur privé et les populations. Ce glissement du « gouvernement » - monopole de l'État - vers la « gouvernance publique » - action publique pluri-acteurs - entraîne son repositionnement. C'est dans les nouvelles relations entre l'État et les sociétés que l'exercice du pouvoir politique est appelé à trouver sa consistance et à refonder la légitimité de l'État.

    L'un des défis majeurs auxquels sont confrontés les États est en effet leur capacité à s'adapter à la complexité croissantes des enjeux de sociétés. Gouverner dans un contexte d'incertitudes n'est plus l'exception. C'est devenu la règle en fonction de laquelle les acteurs politiques et les institutions doivent revoir leur rôle, leurs compétences et leurs outils.

    Ce diagnostic de l'État mis à mal dans sa légitimité a été le point de départ de la réflexion de cet ouvrage. En partant du prisme de la légitimité, les auteurs de ce livre ont procédé à l'étude d'expériences et de pratiques dans différents pays du monde et au sein des organisations internationales. L'ouvrage propose ainsi une série de contributions à vocation descriptive, pour faciliter la compréhension et l'analyse des processus de légitimation du pouvoir politique, selon les contextes et la diversité des conceptions du pouvoir.

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  • Sociologie du pentecôtisme Nouv.

    "Le pentecôtisme et les courants charismatiques qui en sont issus ont fait l'objet ces dernières décennies de nombreuses publications, le plus souvent sous la forme d'enquêtes anthropologiques. Il manquait une synthèse plus systématique, des clés de lecture théoriques permettant de cerner - au-delà de la grande diversité de ses expressions locales - les principales caractéristiques sociologiques de ce phénomène religieux. Ce livre s'appuie sur une revue de la littérature disponible et sur des recherches personnelles conduites ces quinze dernières années pour éclairer les principaux enjeux liés à la compréhension du pentecôtisme en sciences sociales.
    Quelles sont les origines du pentecôtisme et comment faire la part entre le récit légendaire forgé par les pentecôtistes eux-mêmes et la réalité historique ? Comment s'opère la conversion pentecôtiste, quelle place occupe l'institution dans ce travail de transformation des existences personnelles et que recouvre exactement l'expérience pentecôtiste de la « guérison » ? Quel rôle y jouent les émotions ? Quelles relations les différents courants du pentecôtisme entretiennent-ils avec la globalisation et les cultures locales ? Et en quoi le pentecôtisme est-il aussi un acteur politique ?
    L'ambition de ce livre est de faire du pentecôtisme un objet sociologique, susceptible d'éclairer les évolutions contemporaines des rapports entre autonomie individuelle, institution, autorité et engagement."

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