Karthala

  • En dépassant le clivage établi entre nature et culture ainsi que les oppositions hiérarchiques entre rituels "barbares d'un autre âge" et actes médicaux ou chirurgicaux "civilisés et progressistes", ce livre a l'audace de mettre en perspective de façon inédite des formes de chirurgie sexuelles diverses comme celle de l'implant cochléaire pour les sourds, dans une approche comparée qui unit anthropologie, psychanalyse, études de genre et études visuelles.

    Cette perspective comparatiste permet de dépasser le grand partage ethnocentrique entre " nous " et " les autres " afin de poser la question plus générale de l'aliénation du corps féminin, aliénation à laquelle de nombreux actes médicaux ressortant de la chirurgie esthétique ou réparatrice participent.

    Comme le montre cet ouvrage, le corps n'est pas seulement marqueur d'une identité, notamment sexuée, mais possède un pouvoir transformateur dont l'expression de "transformation corporelle" rend compte. Dans la mesure où le corps agit sur l'identité, le concept de " corps-identité " signale le rôle fondamental que joue l'ordre du corporel. Si les rituels modifient le statut de la personne, il en est de même des chirurgies, attestant que le corps/identité est fondamentalement en devenir et non donné une fois pour toutes, le vieillissement, processus inéluctable, étant à cet égard paradigmatique des transformations corporelles. L'acte chirurgical, non dénué de souffrance, porte en soi l'avènement d'un renouveau, le geste même de couper qu'implique toute chirurgie renvoie fantasmatiquement à la perspective de rompre avec le cours de son existence afin de devenir " ce qu'on croit avoir toujours été et qu'on a toujours voulu être ". L'individu cherchant par la chirurgie à renaître et à se voir restituer son corps originel, on peut parler de " mélancolie du corps ", concept qui fait écho et subsume celui de " mélancolie du genre " employé par Judith Butler.

  • De nombreux bouleversements vécus ces dernières décennies par les sociétés du pourtour méditerranéen ont été ponctués par des mobilisations identifiées ou associées à des places, à des lieux devenus emblématiques des crises et des aspirations de ruptures politiques et sociales. Les manifestations en Égypte et dans d'autres villes arabes en constituent de spectaculaires illustrations. Les lieux apparaissent dans de telles conjonctures, dotés d'une forte charge symbolique alors que leur accès devient un enjeu parfois déterminant pour la suite des événements. Cette mise en visibilité politique fait encore mieux ressortir que les espaces adviennent par l'appropriation qui en est faite par celles et ceux qui les pratiquent d'une manière ou d'une autre. Les usages dans cette perspective gagnent à être questionnés en considérant aussi bien les dynamiques urbaines dans leur contexte historique, que les personnes ou les groupes selon leur ancrage social. Les rapports de genre à cet égard sont de puissants analyseurs et on le voit bien ces dernières années où les revendications portent autant sur le dépassement de régimes autoritaires que sur l'égale considération des femmes et des hommes pour instaurer des systèmes politiques reposant sur une symétrie de statut. C'est cette combinaison espace et genre qui est traitée dans cet ouvrage par de multiples approches. L'histoire et la géographie, l'architecture, la sociologie de la ville ou celle de la migration, mais aussi la littérature, sont mobilisées par des auteurs de ces différentes disciplines pour mettre en question le genre en tant qu'analyseur des profonds changements des sociétés contemporaines.

  • L'Afrique atlantique ; des origines au siècle d'or (XVIIIe siècle)

    Jean-Michel Deveau

    • Karthala
    • 23 Septembre 2021

    Depuis quelques décennies historiens, archéologues, et anthropologues mettent au jour l'existence de brillantes civilisations sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Si l'histoire de ce continent, berceau de l'humanité, a longtemps été sous estimée voire niée, il est temps d'en reconnaître aujourd'hui toutes les richesses. Dans cet ouvrage, l'auteur présente la spécificité de la partie occidentale, bornée par l'Atlantique. Face à cet océan hostile, seuls les plus hardis ont osé s'aventurer sur de frêles pirogues monoxyles, limitant toute vocation maritime à cet occident africain.

    C'est donc le long des fleuves que se sont constitués, entre autres, les puissants empires du Niger et du Congo suzerains de royaumes vassaux dont l'histoire intérieure comme celle de la géopolitique suit une logique d'adaptation aux milieux naturels de la savane ou de la forêt dense. Les hommes y ont répondu en développant des systèmes agricoles et artisanaux qui permettaient des échanges interrégionaux prolongés jusqu'en Méditerranée grâce aux caravanes transsahariennes. Cet ensemble économique très élaboré était sous tendu par une organisation politique et sociale qui reposait sur des monarchies secondées par des administrations et des aristocraties tout à fait comparables aux systèmes européens. Devant la puissance de la nature, les religions et les philosophies développèrent des systèmes d'explication sous formes de mythes qui font toute la richesse d'une littérature orale que se sont transmis les griots.

  • Le catholicisme connaît une mutation de grande ampleur. Pourtant, ses transformations récentes telles qu'elles se manifestent sur le terrain, dans les paroisses et dans de nouveaux regroupements, ainsi que dans la cité font l'objet de rares études alors qu'une approche ethnographique paraît particulièrement pertinente pour répondre aux questions qu'elles posent. Comment le catholicisme est-il « travaillé » non seulement par le clergé et l'institution mais aussi et surtout par les croyants eux-mêmes ? Comment se manifestent les dynamiques globales de transnationalisation religieuse, d'individualisation des comportements et de mobilité des appartenances ? Quelles sont les pratiques de ceux qui se définissent comme catholiques aujourd'hui ?

    Cet ouvrage prend comme terrains d'étude la France, le Québec et la Belgique, trois pays francophones d'histoire imprégnée du catholicisme, mais dans un contexte de sécularisation avancée.

    Veillant à expliciter sa démarche, Ethnographies du catholicisme apporte également des éléments de réflexion méthodologique permettant d'appréhender ce qui se passe au plus près du religieux en train de se faire. Évitant les analyses « par la haut », il est proposé les résultats d'études inédites menées sur des sujets aussi variés que : les JMJ, la pop-louange, les pèlerinages, les ermites, la conversion, les parcours missionnaires, la paroisse, etc.

    Au final, ce panel d'observations apporte de précieux éléments d'analyse et de compréhension du catholicisme contemporain qui sauront captiver tout lecteur, qu'il soit spécialiste, étudiant ou juste curieux.

  • Biopolitiques en Afrique de l'Ouest : mondes de vie, santé, populations Nouv.

    Sans outils, sans concepts on n'y voit rien, on ne comprend rien. Aussi le pari de cet ouvrage est-il d'investir la « boite à outils » de Michel Foucault afin d'éclairer les dispositifs, jeux et stratégies des pouvoirs en Afrique de l'Ouest, au risque du décentrement géographique et culturel. Ainsi, partant de données empiriques et d'enquêtes de terrain, plus particulièrement au Sénégal et au Mali, les travaux réunis dans cet ouvrage mobilisent le prisme foucaldien du bio-pouvoir et de la biopolitique, mais aussi, par extension, les notions de gouvernementalité, de dispositif, de contrôle, d'hétérotopie ou de contre-conduite, afin d'opérer des focales sur la santé, la sexualité, la gestion des populations et les mondes de vie en Afrique de l'Ouest.

    Il s'agit ici de montrer la fécondité et la pertinence de ce prisme foucaldien sur ces sociétés ouest-africaines, mais également d'en pointer les insuffisances, les inadéquations et les écarts nécessaires au regard de leurs spécificités. Certes, contre les entreprises de dévaluation dont il est trop souvent l'objet, l'État en Afrique de l'Ouest demeure bien un acteur incontournable et efficient de la conduite tant des populations que des individus. Pour autant, les gouvernementalités et biopolitiques à l'oeuvre n'y obéissent jamais à une stratégie univoque, l'économie du pouvoir, orientée vers la gestion de la vie, devant sans cesse y composer avec un enchâssement de stratégies concomitantes et notamment liées à la précarité des vies. En pratique, l'État y a toujours maille à partir avec d'autres instances normatives et disciplinaires (pouvoirs religieux, lignagers, communautaires, magicosorcellaires...) qui s'immiscent dans toutes les sphères de la vie et structurent la continuité des existences. Autrement dit, en Afrique de l'Ouest, le pouvoir vient sans doute un peu plus de partout qu'ailleurs.

    L'objectif de cet ouvrage n'est surtout pas d'essentialiser une exceptionnalité ouest-africaine. Au contraire, cette entreprise collective et pluridisciplinaire vise à mieux identifier et comprendre les dynamiques de forces à l'oeuvre et indirectement, par ce décentrement, à éprouver plus avant la fécondité de ces outils.

    Les auteurs : Sylvain Vladimir Asse Menyengue, Roberto Beneduce, Dominique Chevé, Emmanuel Cohen, Abdourahmane Coulibaly, Dimi Théodore Doudou, Priscilla Duboz, Fatoumata Hane, Jean-François Havard, Hélène Kane, Joris Lachaise, Enguerran Macia, Amadou Ndao, Eric Ross, Francis Sarr, Simona Taliani.

  • Pourquoi les projets de développement, les interventions des ONG ou les politiques publiques nationales sont-ils tous soumis à d'importants écarts entre ce qui était prévu et ce qui se passe effectivement ? Cet ouvrage apporte une réponse documentée à ce " problème des écarts ". Les politiques publiques standardisées, telles les politiques de développement omniprésentes en Afrique, méconnaissent les contextes dans lesquels elles sont mises en oeuvre.
    Dans cette confrontation, les acteurs locaux jouent un rôle majeur. Les multiples stratégies de contournement des directives et protocoles officiels suivent des " normes pratiques " implicites ignorées des experts internationaux, mais que l'observation du terrain peut mettre en évidence. C'est un phénomène qui va au-delà du développement : tout se passe comme si l'Afrique révélait de façon paroxystique une revanche des contextes dont on peut trouver des exemples dans le monde entier.
    Pour analyser ces processus, un dialogue est noué entre d'une part des données de terrain particulièrement riches, et d'autre part une vaste littérature en sciences sociales revisitée afin de mieux rendre compte des réalités observées. Le diagnostic est structuré autour de quelques concepts clés : modèles voyageurs, normes pratiques, modes de gouvernance et logiques sociales. Tout entier consacré à une démarche analytique rigoureuse, sans complaisance et sans polémique, il se termine néanmoins par une prise de risque face à la redoutable question " que faire ? ", en suggérant de mettre les normes pratiques au centre de toute intervention et de valoriser les " experts contextuels " aujourd'hui invisibles.
    Ce livre constitue une contribution majeure à l'analyse des effets inattendus des politiques publiques.

  • Jeunesse, exclusion et violence à Dakar

    Oumar Cissé

    • Karthala
    • 21 Octobre 2021

    La violence des jeunes est un attribut tenace de l'ambiance les grandes métropoles comme Dakar confrontées à la croissance des inégalités, à l'effritement des liens de solidarité et à la dislocation du tissu familial. Elle fait l'objet de ce livre qui présente les résultats d'une étude empirique approfondie de deux communes de la région de Dakar : HLM, une zone lotie du département de Dakar, et Médina Gounass, un territoire non aménagé de la ville de Guédiawaye.
    Les contributions montrent l'absence de liens directs de cause à effet entre la violence des jeunes et leurs conditions socioéconomiques. Elles apportent des éclairages nouveaux sur les déterminants de l'exclusion et de la violence chez les jeunes et le rôle du mal aménagement de l'espace urbain dans l'exposition des populations à la violence.
    Cet ouvrage analyse les stratégies déployées par les jeunes eux-mêmes pour prévenir et lutter contre leur exposition aux situations de violence ainsi que le poids du genre. À travers des études institutionnelles, il jette la lumière sur les politiques et stratégies publiques de prévention et de gestion de la violence, leurs performances, vides et manques et les mesures d'amélioration pérennes à adopter. Il met à la disposition des chercheurs et professionnels des données uniques et une analyse intégrée de la question de la violence en milieu urbain et périurbain sous ses divers attributs. Il est aussi un référent pour les décideurs, centraux comme locaux, dans la construction d'une gouvernance partagée et efficace de la sécurité urbaine.

  • Nourri par un travail ethnographique mené depuis 2006, ce livre s'attache à décrire et à analyser la manière dont les Wayùu de Colombie tissent des liens avec leur environnement et l'investissent par leurs pratiques. Le quotidien des Wayùu est présenté à travers les multiples situations qui le jalonnent : plongée en apnée, navigation, pratiques funéraires, danses de la pluie, règlement des conflits, circulation des biens et des animaux, gestion précautionneuse des morts et des esprits, usages des lieux, interprétation des variations climatiques, des cycles stellaires, des phénomènes maritimes...

    Un souci transversal anime l'auteur : saisir la manière dont les événements sont vécus par les protagonistes. C'est un monde singulier, tiraillé par de multiples logiques et peuplé par des êtres de natures diverses que ce livre invite à découvrir. Il pointe ce faisant la nécessité de décentrer notre regard et de questionner nos propres outils conceptuels pour saisir pleinement la spécificité de l'inscription des Wayùu de Colombie dans le monde, entremêlant descriptions ethnographiques, réflexions théoriques et considérations épistémologiques.

  • "Dès l'incipit, le lecteur est plongé au coeur de l'intrigue centrée sur Mademba Sèye qui a vécu les premières phases de la domination coloniale au cours desquelles il est parti, avec l'aide de ses parrains français, d'un statut de simple commis des postes, comme télégraphe, à celui de roi africain (en Bambara, Fama). En 1900, moins d'une décennie après la conquête par les Français d'un vaste hinterland de l'Afrique occidentale française, Fama Mademba Sèye, un sénégalais né dans la ville coloniale française de Saint-Louis du Sénégal, nommé roi des États de Sansanding et des Dépendances sur les rives du fleuve Niger, se retrouve assigné à résidence dans la capitale coloniale à Kayes au motif qu'il aurait systématiquement abusé de son pouvoir, commis des meurtres rituels, violé d'innombrables femmes et extorqué d'importantes richesses à ses sujets. Alors, Mademba écrit au Gouverneur général de l'Afrique occidentale française pour demander qu'on lui donne la possibilité de se disculper devant un tribunal français. Ce qui lui est refusé : «Il n'est nullement question que le cas de Mademba soit porté devant un tribunal français». Pour le Gouverneur général, « l'affaire Mademba (...) est à la fois plus délicate et plus grave qu'il n'y paraît ». Pourquoi le Ministre des Colonies avait-il alors si peur de laisser Mademba tenter de se disculper devant un tribunal français ? Qu'est-ce qui a rendu cette affaire si «délicate» et si «sérieuse» ? Et que révèle cette affaire contre Mademba sur les points d'intersection entre le colonialisme et l'État de droit ?
    Dans la reconstruction de la biographie de Mademba, l'auteur révèle qu'à son grand regret Donald Trump en campagne à la présidence des USA a été sa muse. En effet Trump et Mademba partagent des traits similaires : le même narcissisme et la crainte de l'insécurité, la misogynie, la maltraitance des femmes, le poids des parrains pour construire la légitimité de leur autorité, un personnage en constant bricolage En décryptant la façon dont les Africains ont vécu les grandes transformations du colonialisme par le « remake » de Mademba, la « voix » auctoriale n'est pas toujours seule à se faire entendre. En effet, l'auteur s'efface souvent et se tait pour céder sa place à un narrateur tout différent de lui, ce même narrateur se trouve également amené à laisser la parole aux protagonistes de son propre récit. Ainsi, grâce aux subtilités inhérentes au discours rapporté, le texte laisse entendre la voix des protagonistes dont les propos sont cités, transposés ou narrativisés. Cette gestion de la polyphonie donne au texte un style original, voire captivant."

  • Face aux changements politiques (colonisation, décolonisation, autoritarismes et démocratisation), socioéconomiques (libéralisation, mondialisation des échanges, flexibilité et précarisation de l'emploi, bouleversements au sein de la famille) et religieux (montée de la piété, médiatisation du religieux, émergence de nouvelles autorités) en Afrique, les femmes ont inlassablement et profondément posé leur marque.

    En écho à ces différents contextes, ce livre s'inscrit dans plusieurs tendances de la recherche : faire état de l'hétérogénéité du militantisme politique féminin et des recompositions des rapports de genre au cours du XXe siècle ; revisiter les concepts d'empowerment et de religious agency et démontrer leur efficience et leurs limites sur le terrain empirique ; analyser les conditions dans lesquelles s'inscrivent les migrations internationales des femmes et leurs effets sur leur statut, leur vie de couple, leur vie familiale et leurs aspirations.

    La perspective de cet ouvrage est de faire état de processus émancipatoires distincts et ambivalents, voire contradictoires de femmes non seulement à travers leurs luttes et prises de position politiques ainsi qu'à travers leurs choix d'activités professionnelles, mais aussi en fonction du rapport au corps, des hiérarchies et normes sociales contraignantes, des référents culturels souvent normatifs et des nouvelles opportunités existantes et ce, à différentes échelles (couple, famille, sphère publique, scènes locale, nationale, sous régionale et internationale, zone urbaine/rurale). Aussi, il s'agit d'analyser les forces et limites de ces processus émancipatoires, leurs avancées et leurs reflux pour montrer en quoi ils sont en cours de construction, fragiles et lents. Cette lecture nuancée de ces dynamiques a été menée selon une optique pluridisciplinaire et un souci de mener des recherches empiriques dans plusieurs pays du continent.

  • Coédition Karthala - IRMC Tunis.

    L'Algérie n'est pas l'exception autoritaire illisible que l'on présente parfois. En combinant les apports de l'observation sociologique et de la théorie critique, ce livre s'efforce de dépasser les fictions qui suggèrent l'existence d'un « Système » omnipotent, impersonnel et corrupteur, en décortiquant les transformations de l'ordre politique algérien au cours des trois premiers mandats d'Abdelaziz Bouteflika. Rendue à la fois possible et nécessaire par la crise qui a touché le pays à partir de la fin des années 1980, cette mise à jour s'est faite en accord avec des tendances globalisées qu'elle imite ou précède, avec en arrière-fond le spectre d'une catastrophe qui menacerait de replonger le pays dans la guerre civile.

    Cet ouvrage part du postulat que l'Algérie est confrontée à une crise toujours latente. Le souvenir de la décennie noire (1992-1999) nourrit ainsi l'idée d'une menace existentielle pesant sur le pays, orientant les politiques gouvernementales et les stratégies des acteurs. Cette situation a une dimension objective, puisqu'elle fait écho à une contestation fragmentée mais néanmoins permanente ainsi qu'aux contradictions internes du cartel qui tient l'État algérien. Elle a aussi une dimension subjective dans la mesure où les discours catastrophistes irriguent l'espace public, annonçant un bouleversement sans cesse repoussé. La crise latente est donc devenue une ressource qui justifie les dispositifs sécuritaires, mais aussi les réformes politiques et économiques.

    Par ailleurs, ce livre étudie aussi la violence symbolique qui accompagne la suspension de la catastrophe. L'incertitude brouille les cartes, questionne le passé et hypothèque l'avenir ; elle touche de plein fouet l'image de la communauté imaginaire, sans invalider totalement l'idéal de sainteté politique sur lequel l'ordre politique algérien a été bâti après 1962. La recherche de sens conduit néanmoins à des discours imputant la responsabilité des problèmes du pays à la population. Les déséquilibres structurels et les choix politiques s'effacent devant l'image d'une société prétendument malade et/ou pré-moderne. Dès lors, le « Système », aussi corrompu et violent qu'il puisse paraître, est naturalisé. Les dirigeants, mais aussi certains de leurs opposants les plus critiques, endossent alors un rôle disciplinaire pour contrôler une masse anarchique et manipulable.

  • Les pays arabes ont récemment connu une série de ruptures politiques et d'évolutions sociales qui ont été l'objet de nombreuses analyses, et pourtant l'impact de ces changements sur les rapports de genre a peu été traité. Les dites « révolutions » ou « printemps arabe » en 2010- 2011, gagnent à être considérés comme des « révoltes » dans la mesure où elles n'ont pas abouti à des évolutions sociales majeures. Ce constat est particulièrement vrai dans le domaine des droits des femmes, et ce malgré une forte mobilisation de ces dernières, qui sera souvent suivie de violence. Ainsi, de symbole d'émancipation, la place Tahrîr est devenue le symbole de la violence de genre existant en Égypte.

    C'est ce dont rend compte cet ouvrage qui explore plus généralement la place que les femmes occupent en contexte arabo-musulman, dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi qu'en contexte migratoire. L'approche ici développée est celle des sciences sociales, faisant essentiellement appel à l'anthropologie, à la sociologie, et au droit. Plusieurs axes liés au genre sont privilégiés : la mobilité et la spatialité, les luttes et les mobilisations féminines, les violences contre les femmes ainsi que leurs droits, la virginité et la sexualité, les nouvelles techniques liées à la procréation. Cet ouvrage questionne les changements sociaux au prisme du genre dans ces différents domaines.

  • Le Maghreb et l'indépendance de l'Algérie

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    • Karthala
    • 5 Octobre 2012
  • Tribus, ethnies et pouvoir en Mauritanie (édition 2010)

    Mona Harb

    • Karthala
    • 18 Octobre 2010

    Le monde occidental connaît le Hezbollah en tant que parti chiite, agent de l'Iran au Liban et force militaire qui fait la guerre à Israël. Médias et gouvernements dénoncent le rôle destructeur du "parti de Dieu" au sein du pays du Cèdre, ainsi que ses ambitions islamistes et terroristes néfastes au bon développement de la société plurielle libanaise. Ce livre s'adresse aux lecteurs et lectrices qui ne se suffisent pas d'une telle analyse réductrice.

    Basé sur une connaissance du terrain longue de quinze années et sur l'analyse d'une trentaine d'entretiens, ce livre propose une nouvelle grille de lecture du Hezbollah, qui l'examine non pas comme phénomène externe à la société libanaise mais comme protagoniste inscrit dans l'histoire sociale et politique du pays. Mona Harb analyse aussi comment le Hezbollah forge au sein de la communauté chiite, longtemps stigmatisée, une conscience collective et un sentiment d'appartenance territoriale qui engendrent des sentiments de fierté, d'orgueil et de confiance.

  • La constitution brésilienne de 1988 prévoit que soient reconnues et légalisées les terres des populations noires paysannes dont les ancêtres étaient des esclaves fugitifs et vivaient en communautés (communautés marrons, en brésilien quilombos).
    Votée dans le contexte du premier centenaire de l'abolition de l'esclavage et sous la pression des mouvements militants noirs, cette disposition était surtout un gage symbolique de réconciliation nationale. Dépourvue de tout cadre réglementaire, elle ne semblait d'ailleurs pas applicable. Les quilombos n'étaient voués qu'à être d'improbables lieux de mémoire. Au début des années 1990, pourtant, des " communautés noires " affirment être les héritières des anciens quilombos et, invoquant la constitution, exigent les titres de propriété des terres qu'elles occupent.
    A l'interface entre " question agraire " et " question raciale ", entre mémoire et ethnicité, au carrefour du terrain ethnographique et de l'analyse sociologique, cet ouvrage propose de suivre l'aventure au cours de laquelle l'une de ces communautés, Rio das Rãs (littéralement " Rivière des Grenouilles ") de l'État de Bahia, fut amenée à puiser dans son passé les ressources pour garantir sa survie dans le Brésil contemporain.

  • Congo ; ambitions et désenchantements ; 1880-1960

    Jean-Luc Vellut

    • Karthala
    • 7 Mars 2017

    Congo. Ambitions et désenchantements est un livre consacré au déroulement d'une étape, à la fois courte et décisive, dans le long passé de cette région. Au point de départ, les années 1880. Elles virent la concrétisation de vieux rêves de découpage de l'Afrique en grands ensembles transcontinentaux. Rien n'annonçait toutefois que le fleuve Congo devienne un marqueur géopolitique. Ce coup de crayon sur la carte porte la griffe de Léopold II, personnalité hors normes, grand rêveur et maître-manoeuvrier au sein de différents mondes, ceux de la diplomatie, du capital et des « affaires », mais qui fut aussi porté par les grandes inspirations de l'époque, le mouvement scientifique, le réveil chrétien, la vague antiesclavagiste tout comme par les recompositions alors en cours en Afrique même. Sans lui, il n'y aurait eu ni « Congo belge », ni page congolaise dans l'histoire de Belgique.

    Le livre rassemble un bouquet d'essais et de questions. Quels furent les grands seuils de la période ? Quelles ambitions économiques, technocratiques, scientifiques, morales, mais aussi quels itinéraires, plus humbles ? Quelle place de la région sur l'échiquier mondial des puissances et du mouvement des idées ? Quid de l'insubmersible Afrique, de son économie de production et de trafics, mais aussi de sa pauvreté ? Quid de sa vie spirituelle toujours renouvelée mais jamais contrôlée, de sa vie artistique, elle aussi toujours novatrice ? Autant de coups de projecteur portés sur trois générations, avec d'occasionnelles excursions dans leurs passés et dans les représentations portées par le présent.

    En 1960, au sortir de l'épisode colonial, une semaine d'indépendance confirma que le « Congo belge » avait été conquis mais non soumis.

    On ne trouvera ici ni complaisances ni ressentiments, mais le sillage d'une génération d'historiens dont l'engagement fut d'inscrire le passé de l'Afrique dans les grands chapitres de l'histoire universelle. De nouveaux chantiers s'ouvrent désormais, ceux des sensibilités, des mémoires. Le défi reste de repérer les ruptures, mais aussi le long fil des généalogies qui, en Afrique comme ailleurs, relient le présent au passé.

    Sur commande

  • De l'esclavage aux réparations

    Collectif

    • Karthala
    • 31 Mai 2017

    Vous trouverez ici le fruit d'un travail passionné de deux années qui a rassemblé un collectif de femmes et d' hommes dans l'unique but de participer à la réhabilitation d'une histoire raturée, gommée : l'histoire de l'esclavage transatlantique, qui a bien duré quatre siècles et brisé des millions de vies !

    Comme le dit Lydie Ho-Fong-Choy Choucoutou, professeur de lettres, « il ne s'agira nullement de réveiller les démons du passé, comme le pensent certains, mais de restituer des repères historiques à des populations dépourvues de mémoire. Il s'agira surtout de s'approprier une histoire qui constitue l'acte fondateur des sociétés guyanaises mais aussi antillaises et réunionnaises ... » Selon Michaella Perina, philosophe, « c'est de mémoire collective qu'il s'agit, et il importe que l'humanité tout entière garde en mémoire ce que l'homme a été capable de faire de pire à son semblable, ainsi que les multiples formes de légitimation qu'il a été capable de fournir, d'inventer... » Aux côtés de l'écrivain Patrick Chamoiseau, qui sonde les profondeurs de la mémoire obscure et de la mémoire consciente, Dany Bébel-Gisler, ethnologue et linguiste, nous propose de reconstruire le lien brisé. Alors que l'écrivain Édouard Glissant, dans une déclaration solennelle, inter­ pelle sur le poids de la traite et de l'esclavage, Emmanuel Jos, juriste, qualifie le crime et argumente la réparation. Howard Dodson, directeur d'un centre de recherche sur les cultures du monde noir, à partir de travaux de recherche d'économistes américains en évalue le prix.

    Enfin, Aldiouma Cissokho, militant pour les droits de l'homme, nous restitue une réalité contemporaine : l'esclavage existe encore en tant qu'institution en Mauritanie.

    Ainsi, plus de vingt auteurs, par des analyses croisées, témoignent de nos complexités, de nos ambiguïtés, de nos richesses ... Le Comité Devoir de mémoire, lui, en vous invitant au débat, garde le fervent espoir d'un large soutien de la communauté noire, pour une reconnaissance de l'esclavage afro-américain comme crime contre l 'humanité, par l'ensemble des nations du monde, ouvrant ainsi la voie à des réparations nécessaires.

  • Les lieux de la mémoire de la guerre d'indépendance algérienne

    Emmanuel Alcaraz

    • Karthala
    • 4 Octobre 2017

    Cet ouvrage se propose de revisiter la mémoire nationale algérienne pour montrer combien celle-ci participe à fois à la légitimation et à la contestation du pouvoir dans une société façonnée par la guerre d'indépendance, comme l'illustre le rôle majeur de l'armée encore aujourd'hui. L'auteur développe une perspective critique du nationalisme mémoriel algérien et met à jour la pluralité des points de vue, reflet de la diversité en Algérie.
    Il contribue ce faisant à éclairer les fondements de la crise identitaire que traverse la société algérienne, qui peine à élaborer un projet de « vivre ensemble » et à faire émerger une citoyenneté faisant consensus. Cette question se pose avec acuité après les « printemps arabes », et l'affaiblissement de la légitimité révolutionnaire des dirigeants algériens.
    En étudiant « l'histoire vue de l'autre côté », à travers des sources d'une grande amplitude (enquêtes de terrain en Algérie réalisées de 2006 à 2017, étude des musées et des monuments commémoratifs, archives militaires et judiciaires), l'auteur se positionne de manière originale par rapport au contentieux mémoriel franco-algérien. Il propose une histoire connectée des mémoires, faisant la part belle à une analyse critique des usages algériens du passé et des imaginaires sociaux que ces mémoires construisent. « L'histoire à parts égales » n'est-elle pas un devoir pour parvenir à une « juste mémoire » ?

  • Le combat pour Mayotte française (1958-1976)

    Mamaye Idriss

    • Karthala
    • 2 Mars 2018

    Dans certaines colonies, le référendum sur la Constitution française du 28 septembre 1958 suscita des protestations contre l'indépendance. À Mayotte, île de l'archipel des Comores, lui-même détaché de la colonie malgache depuis 1946, la mobilisation fut portée par le Congrès des Notables, devenu en 1966 le Mouvement populaire mahorais (MPM), qui revendiquait la départementalisation.

    Les apparences francophiles du mouvement masquaient en réalité un acte de rébellion contre la prédominance des autres îles de l'archipel au sein des institutions locales et nationales, celle-ci étant perçue comme une survivance des dominations passées de la Grande Comore et d'Anjouan.

    À rebours des constructions mémorielles à la gloire du combat pour Mayotte française, cet ouvrage resitue, en s'appuyant sur les archives coloniales et des témoignages, l'histoire du MPM dans le contexte bien particulier des années 1950-1970. Il dévoile le caractère nationaliste et insulaire de ce mouvement et la violence de ses militants. Il retrace le processus de séparation engagé par le MPM pour aboutir à la sécession de Mayotte, en 1975, lorsque le reste de l'archipel des Comores accéda à l'indépendance.

  • Y'en a marre ! philosophie et espoir social en Afrique

    Kasereka Kavwahirehi

    • Karthala
    • 2 Avril 2018

    Ce livre se fonde sur le célèbre cri de protestation et d'espoir, « Y'en a marre », né au Sénégal et repris par la jeunesse africaine et sur l'inventivité artistique des gens de peu pour imaginer les rêves d'un autre monde possible. Il esquisse les modalités pratiques par lesquelles la philosophie africaine peut renoncer à « l'immaculée conception » et s'approprier vigoureusement la question du social.

    Kasereka Kavwahirehi pose ainsi courageusement la question du renouvellement, de la reconstruction, de la production du sens et de la finalité de la philosophie africaine dans un contexte où l'Afrique doit construire son « à-venir » en faisant face à de nouvelles luttes sociales contre la poussée néo-libérale et la mondialisation violente des inégalités.

    Le pari de ce livre est de faire éclore une philosophie africaine qui témoigne du désir de profondes transformations sociales et politiques qu'expriment les foyers de résistance constitués par les mouvements citoyens, la musique urbaine et les gens ordinaires qui utilisent leur précarité comme force mobilisatrice et point initial pour l'action et la solidarité. C'est une invitation à jeter un regard neuf sur le monde et à réactualiser les potentiels utopiques des mémoires africaines. À l'exemple de Socrate, sillonner les rues de nos cités bruyantes et y jouer le rôle de sage-femme, tel est aussi le défi à relever.

  • Enfants et soins en pédiatrie en Afrique de l'Ouest

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    • Karthala
    • 1 Juillet 2019

    En Afrique, les enfants sont les usagers les plus nombreux de l'hôpital. Si l'on connaît les pathologies qui les affectent et les traitements dont ils bénéficient, on ne sait pratiquement rien de leurs conceptions de la maladie, de leurs souffrances ressenties, de leurs perceptions des interactions avec les soignants et avec leurs familles et de leurs attitudes et réflexions face à la douleur et à la mort. Articulant des approches d'anthropologie de la santé et de l'enfance, des études des sensibilités et des catégories affectives avec des réflexions cliniques, le travail de recherche du groupe ENSPEDIA (Enfants et Soins en Pédiatrie en Afrique) comprenant autant de chercheurs en sciences sociales que de praticiens de santé (pédiatres, oncologues, hématologues, médecins, infirmièr(e)s) a permis de documenter ces questions dans huit pays d'Afrique de l'Ouest : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo. Cette approche interdisciplinaire démontre combien l'enquête anthropologique, par l'attention qu'elle porte aux acteurs (enfants, soignants, personnes aidantes et familles), met en lumière des interactions thérapeutiques où les jeunes patients apparaissent comme de véritables acteurs de leurs soins. Elle rend légitimes leurs plaintes et leurs inquiétudes, tout en démontrant parallèlement les difficultés et les souffrances des soignants confrontés à des enfants affectés par des pathologies lourdes. Ce livre, le premier à traiter systématiquement des thématiques liant la qualité des soins à l'expérience des acteurs, s'adresse à des étudiants et chercheurs en sciences sociales ainsi qu'à des étudiants et praticiens des sciences médicales et tous ceux préoccupés par ces questions.

  • Si l'exclusion des indigènes de la participation politique dans le monde colonial est aujourd'hui largement connue et expliquée, nous en savons par contre bien moins sur l'accession des populations issues du peuplement des colonies au statut de citoyens, et dans quels contextes et conditions, ils ont su développer un sentiment d'appartenance à l'État-nation, fût-il colonial. C'est cet angle-mort de la connaissance sur l'époque coloniale que cet ouvrage prétend éclairer.
    Comprendre, à partir des deux cas exemplaires de colonies de peuplement françaises que furent l'Algérie et la Nouvelle-Calédonie, comment les Français d'Algérie et les Caldoches sont devenus citoyens. Pour cela, cette étude revient sur les classifications juridiques produites au sein de l'État colonisateur (ethniques ou confessionnelles) et réfléchit à leurs sens pour identifier les populations. Cette démarche implique de repenser la sociologie historique de la citoyenneté en contexte colonial. En effet, tandis qu'en métropole l'apprentissage de la citoyenneté repose sur la promotion d'une participation politique individuelle, libre, éclairée et coupée des solidarités locales, sur le terrain algérien ou néocalédonien, les Français citoyens accèdent à la participation politique par le biais de leur appartenance à des groupes particularisés, et en concurrence avec d'autres dans des sociétés largement ethnicisées et/ou racialisées.
    Dans ces conditions, si le projet des colonies de peuplement reste la dissolution de la question indigène, le passage à la modernité politique et à la citoyenneté électorale s'y réalise loin de l'universalisme et de l'individualisme républicain valorisés en métropole. L'apport de ce livre est de mettre en exergue ces évolutions paradoxales de la « fabrique coloniale du citoyen » par rapport à celle de la métropole.

    Ont également contibué à cet ouvrage : Chantal Bordes-Benayoun, Emmanuelle Comtat, Olivier Devaux, Martine Fabre, Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Jean-Robert Henry, Éric Soriano, Benoît Trépied, Anne Ulrich-Girollet.

  • Les expulsions massives de sans-papiers montrent le principe de commandement - l'art d'ordonner et de se faire obéir - à l'épreuve du faible et de l'Autre. En même temps, elles sont un moment de l'histoire des démocraties libérales qui invite à repenser la sociologie historique du gouvernement autoritaire de l'immigration clandestine au sein de l'Union européenne (UE).
    Cet essai est une analyse radicale de la construction de l'État, cette réalité politique qui s'est au cours du temps imposée à l'ensemble des sociétés modernes. De la subjectivation de ce dispositif de contrôle de la société ont émergé des figures spécifiques d'étirement et de rétrécissement, d'expansion coloniale et de nationalismes xénophobes. Des études de cas (Belgique, France, Allemagne, Royaume-Uni) montrent dans ce livre que l'évolution en crise du pouvoir territorialisé a partout conduit au retrait de la politique. Si bien que ce qui sature désormais la scène de la gestion de l'immigration « irrégulière », c'est une dangereuse montée en charge des populismes et du commandement autoritaire qui, pour imposer le panoptikon national, s'appuie presqu'exclusivement sur des archipels techno-bureaucratiques qui quadrillent l'administration européenne.
    Cet ouvrage repense l'hospitalité inconditionnelle et les conditions nécessaires pour le maintien en démocratie des États européens qui font face aux nouvelles migrations.

  • Femmes et politique en Inde et au Népal ; image et présence

    Stephanie Tawa Lama-Rewal

    • Karthala
    • 2 Septembre 2004

    L'Asie du Sud est la seule région du monde où des femmes accèdent régulièrement aux plus hautes fonctions de l'Etat depuis les années 1950. Mais quelle est la place des femmes, en tant qu'acteur collectif, dans la vie politique du monde indien ? Ce livre mène l'enquête en Inde et au Népal, autour d'une d'ouble question : qui représente les femmes, et que représentent les femmes sur la scène politique de ces pays ?

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