Vie pratique & Loisirs

  • Dans les centres de santé publics d'Afrique de l'Ouest, les malades sont trop souvent mal reçus, mal traités et mal soignés par les personnels de santé.
    C'est ce que démontre de façon irrécusable cet ouvrage. Pour la première fois, un tel constat est fait publiquement sur une base empirique solide, sans complaisance mais aussi sans polémique. Bien que, depuis une trentaine d'années, les réformes des systèmes de santé et les formations destinées aux soignants se soient succédées, l'insatisfaction des populations reste grande. En s'appuyant sur des enquêtes socio-anthropologiques menées simultanément pendant huit mois dans cinq capitales (Abidjan, Bamako, Conakry, Dakar, Niamey), ayant permis de constituer un corpus de plus de mille entretiens enregistrés et de plus de cinq cents séances d'observations systématiques, le livre s'attache à décrire la réalité quotidienne des interactions entre les soignants et les populations.
    Il rompt ainsi avec la " langue de bois " des institutions de développement, des responsables politiques et des programmes de santé publique. Mais loin de condamner sans appel les personnels de santé, les auteurs entendent au contraire les aider, par ces analyses, à réformer de l'intérieur leurs pratiques, au niveau de la " ligne de front " clinique. Pour contribuer à cette nécessaire modification des comportements " à problèmes " des infirmières, infirmiers, sages-femmes, médecins et auxiliaires de santé, les descriptions précises et convergentes qui sont données de la situation, telle qu'elle existe " pour de vrai " dans les centres de santé et les maternités, débouchent sur des analyses historiques, sociales et psychologiques permettant de mieux comprendre les faits observés.
    Ce livre ouvre ainsi un débat nouveau, qui devrait désormais être incontournable, tant dans les domaines de l'anthropologie du développement et de l'anthropologie de la santé que dans celui de la santé publique.

  • Le Père Jean Tiquet (1910-2008), de la Société des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), a vécu 22 ans au Burkina- Faso de 1964 à 1986. Grand amoureux de la nature et féru de botanique, il s'est intéressé à l'étude des espèces arbustives spontanées de ce pays, réalisant finalement une collection de 1 014 diapositives. Pour chacune de ces 260 espèces, il propose généralement une photo de l'arbre entier, de la feuille, de la fleur et du fruit ou d'une caractéristique particulière. Il se servait de ces diapositives pour illustrer les cours de botanique qu'il donnait à l'école des Eaux et Forêts de Bobo-Dioulasso.

    Dans sa présentation, l'ouvrage pourrait aussi bien avoir pour titre : « Comment identifier les espèces arbustives spontanées du Burkina-Faso, du Mali ou du Sénégal », car l'auteur a eu pour souci principal de signaler les caractéristiques de chaque espèce et de les illustrer par une photo. Tel quel, il devrait intéresser les professeurs de botanique et leurs élèves, les agents des Eaux et Forêts dont c'est le métier de protéger toutes les espèces, notamment celles en voie d'extinction, les nombreuses ONG qui s'intéressent à la sauvegarde de la flore arbustive africaine et au reboisement.

    Au-delà des trois pays cités dans le titre, ce livre vaut aussi pour ceux qui se trouvent dans les mêmes zones de latitude Nord : le Bénin, le Togo, le Nigeria, le Niger, le Tchad, la République centrafricaine.

    Y trouveront leur compte les amoureux de la nature, nationaux ou expatriés, qui aiment connaître les noms scientifiques des plantes et avoir ainsi accès à plus de détails dans d'autres ouvrages. Le commentaire botanique plus complet, rédigé par le Père Tiquet, sera accessible sur le site : bamanan.org

  • La vie de chacun peut, à tout moment, être menacée par un danger se traduisant par un accident ou une maladie brutale, qui se décompensent souvent dans un délai très court pour évoluer vers des lésions irréversibles ou vers la mort.
    Très souvent, l'accident survient hors de l'hôpital et chacun d'entre nous peut être le premier témoin de l'accident et devoir porter secours à la victime. Les premiers secours constituent une activité médicale à la base, déléguée à toute personne de plus de dix ans jouissant de toutes ses capacités intellectuelles et fonctionnelles ; ils permettent de préserver l'intégrité de la victime en attendant les secours sanitaires.
    Les populations des pays en développement sont particulièrement exposées à divers sinistres qui sont responsables de la vulnérabilité des citoyens. Le plus souvent dans ce contexte, le risque survient en zone reculée où l'accès immédiat aux secours sanitaires adaptés est quasiment impossible. Il est important à cet effet d'intégrer la participation des communautés aux premiers secours dans le cadre des soins de santé primaires en tenant compte de l'accessibilité des messages, des gestes et des soins nécessaires.
    Dans le cadre de cette intégration doivent être pris en compte les faits suivants : la prise en charge conventionnelle des urgences extra hospitalières restera très longtemps encore largement inaccessible pour la grande majorité de ces populations ; le secteur traditionnel recèle de larges possibilités qui restent inexploitées dans le domaine des premiers secours. L'ambition de l'auteur est d'apporter aux populations des pays en développement des informations pour leur permettre d'accéder à un savoir sur les premiers secours, adapté à leur environnement.

  • De quelle façon les conceptions et les pratiques occidentales relatives aux maladies transmissibles influencent-elles les comportements d'une autre société ? Dans son étude d'une société africaine, celle des Alladian de la Côte d'Ivoire, A.
    Caprara met d'abord en évidence les principes qui structurent les représentations de la transmission de la maladie. Il étudie ensuite les transformations entraînées par les contacts avec la biomédecine. Chemin faisant, il souligne les contradictions et les paradoxes qui apparaissent, mais aussi nombre de similitudes conceptuelles.
    En faisant porter l'enquête sur le rapport clinique entre le malade et le guérisseur, il explore l'espace des faits de transmission, et de contagion, espace qui va bien au-delà des faits de maladie eux-mêmes.
    Le livre n'en reste cependant pas là et il montre comment, concrètement, la dimension sociale de la maladie et les représentations de sa transmission sont reliées aux connaissances empiriques qui fondent, les conduites destinées à l'éviter. Ethnologie, médecine clinique et santé publique s'entrecroisent dans ce livre sur un thème fondamental pour toutes les sociétés, celui du mal que peut transmettre l'autre et de la façon de l'éviter.

  • Cent quarante-neuf ouvrages analysés par les meilleurs spécialistes et un panorama sans égal de l'anthropologie médicale.
    Ensemble précis de références, ce volume est un exceptionnel outil pédagogique. Issu des comptes-rendus parus dans les meilleures revues scientifiques, il permet de passer en revue les multiples aspects de l'anthropologie médicale, depuis son coeur jusqu'à ses frontières fort perméables avec l'anthropologie générale, la religion, l'épidémiologie ou la santé publique. Parmi ces livres, quelques-uns sont devenus des classiques, d'autres peuvent sembler mineurs, tandis que certains seront des découvertes pour le lecteur.
    A eux tous, ils construisent une anthropologie tournée vers la façon dont les sociétés perçoivent, définissent et expliquent ces agressions que sont la maladie et la mort, et les moyens qu'elles emploient pour prendre en charge les demandes de ceux qui les subissent.

  • Depuis que le Dr Herrick, en 1910, a mis en évidence l'existence d'une anémie sévère, liée à une constitution particulière du globule rouge, l'exploration scientifique de la dépranocytose a traversé tout le siècle et progressé pas à pas.
    Parler des malades est l'objectif de ce livre, le premier à explorer la drépanocytose en dehors des sentiers de la médecine. Les auteurs, chercheurs de nationalités diverses, ont réuni les approches de différentes sciences de l'Homme pour offrir un outil de réflexion aux malades, aux soignants, aux intervenants sociaux, aux Pouvoirs publics et donner à connaître un sujet douloureux, aux multiples facettes, à découvrir une population en mal de reconnaissance.

  • A travers l'analyse du fonctionnement d'une circonscription sanitaire du sud-Cameroun de la fin des années quatre-vingt, cet ouvrage décrit les transformations du champ médical sous l'effet de la crise.
    Il cherche à mieux situer, en ville et à la campagne, le rôle respectif de chaque protagoniste du système et notamment la part des pratiques traditionnelles à base de plantes, celle des rituels de contre-sorcellerie, celle des services apportés par les dispensaires et les hôpitaux, ou encore la fonction des pharmacies d'officines ou de celles dites " du panier ". Le lecteur comprendra mieux les succès des savoirs importés, favorisés par l'aspiration au progrès social (biomédecine, christianisme, pharmacie industrielle).
    Mais les anciennes approches thérapeutiques des mbmebela (faiseurs de remèdes) et des ngengan (contre-sorciers) influencent encore le champ médical moderne en favorisant des dérives : dispensation anarchique du médicament et dérives rituelles des Églises dites " éveillées ". Cette forme de " modernisation " ambiguë échappe au contrôle des appareils officiels et favorise la marchandisation des prestations sanitaires ainsi que les mésusages de la pharmacopée industrielle et traditionnelle.
    Sans l'effort d'un tel diagnostic des enjeux du marché de la santé, l'augmentation en dotations du système hospitalier actuel équivaut à subventionner les pratiques abusives tant contestées.

  • La démarche contractuelle est nouvelle dans les systèmes de santé, notamment dans les pays en développement.
    La multiplication et la diversification mais aussi la spécialisation des acteurs travaillant dans le domaine de la santé impliquent des relations entre eux qu'il faut organiser: la contractualisation le permet. Dans un mouvement accru en faveur de la déconcentration, les acteurs publics ne peuvent plus fonctionner en effet sur un mode hiérarchique alors que la gouvernance est au coeur des préoccupations.
    La contractualisation leur apporte des possibilités multiples, soit pour mieux collaborer entre eux, soit pour mieux exécuter leurs missions. Ces données montrent l'importance du champ de la contractualisation que ce livre parcoure en offrant aux lecteurs une double entrée : par la démarche et par les acteurs. Les deux premières parties sont consacrées à la présentation des concepts mais aussi des outils et des processus permettant la conception et la mise en oeuvre d'une politique de contractualisation.
    La troisième partie détaille, pour chaque type d'acteurs, les possibilités apportées par la démarche contractuelle. Une dernière partie apporte la contribution de différentes approches pour analyser la contractualisation. Le message principal de cet ouvrage est que la contractualisation, lorsqu'elle est correctement utilisée, peut être un outil efficace pour améliorer la performance des systèmes de santé.
    Si la démarche contractuelle est applicable dans tous les pays, les auteurs accordent une importance particulière à la situation des pays en développement où la faiblesse des ressources et de la gouvernance donne une teneur particulière aux recommandations qui peuvent être faites.

  • Malgré l'autorité dont jouit la biomédecine pour le traitement de la maladie dans les sociétés occidentales contemporaines, force est de constater qu'une part croissante de leurs populations font aujourd'hui usage de méthodes thérapeutiques autres.
    Que représente, au regard du public et des praticiens, cette multitude de méthodes de soins dites " alternatives ", " parallèles ", " douces " ou encore " naturelles " ? S'agit-il réellement de " médecines " au sens thérapeutique du terme ou plutôt de systèmes producteurs de sens ? Sont-elles, comme on a pu le dire de l'art des guérisseurs traditionnels, la part manquante de la biomédecine, elle qui, dans son développement historique, a progressivement séparé le social du biologique, le matériel du spirituel ? Faut-il considérer ce pluralisme thérapeutique comme une caractéristique irrévocable du développement sanitaire des sociétés occidentales, ou bien comme une réaction face à l'extrême technicisation de la biomédecine ? Les textes qui composent ce volume répondent à ces interrogations, en offrant des études originales et inédites sur un échantillon de pratiques de santé " différentes ", comme le néo-chamanisme, le yoga, la géobiologie, la magnothérapie ou le qigong.
    Des spécialistes des sciences sociales font ainsi état de la remarquable plasticité du champ des soins de santé et en proposent l'analyse. Les médecines en parallèles apporte un éclairage fondamental sur ces alternatives médicales et sur les profonds remaniements sociaux dont elles sont le reflet.

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  • L'épidémie du sida constitue un des défis majeurs de l'afrique contemporaine. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont déjà été emportés par cette maladie et, si aucun traitement n'est mis à la disposition des populations, le bilan risque d'être plus lourd encore dans les années à venir. Le sida est un phénomène qui intéresse non seulement les médecins, les virologistes et les épidémiologistes, mais aussi les spécialistes des sciences humaines, attentifs aux aspects politiques, économiques, sociaux et culturels de l'épidémie. Diagnostiqué pour la première fois en 1981, le sida est également un objet d'histoire. Quand et comment a commencé l'épidémie ? Pourquoi le sida touche-t-il davantage l'Afrique que les autres parties du monde ? Comment expliquer les variations des taux de séroprévalence au sein du continent africain lui-même ? Que savons-nous des facteurs politiques, économiques, sociaux et culturels qui favorisent la diffusion du virus ? Quelles raisons donner au recul du sida dans un pays comme l'Ouganda ou à son relatif non-développement au Sénégal ? C'est à ces questions que les auteurs du présent volume tentent de répondre. Originaires d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Nord, ils apportent une contribution originale à l'étude de l'histoire du sida en Afrique subsaharienne. Certains sont historiens de métier. Les autres, épidémiologistes, anthropologues, sociologues et spécialistes du développement, ont accepté de réexaminer les thèmes qui leur sont familiers dans une perspective spécifiquement historique.

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  • Le paludisme est une maladie familière aux sociétés africaines. Il est vécu et pensé de manières diverses par les acteurs - malades, soignants, responsables communautaires, tradithérapeutes, politiques. Il donne lieu à l'élaboration de savoirs concurrents et à la mise en oeuvre de logiques déterminant les recouts aux soins et les actes thérapeutiques. Il fait l'objet de discours et de pratiques qui peuvent le banaliser, malgré la morbidité et la mortalité qu'il entraîne.
    Tidiane Ndoye propose une analyse stimulante traitant à la fois du vécu des malades, des pratiques des personnels de santé, de l'évolution des connaissances biomédicales, des stratégies de lutte définies par les responsables de la santé publique.
    Ce livre analyse le secteur de la santé comme un domaine éminemment politique et un lieu où se révèlent les inégalités et les contradictions de la société sénégalaise. C'est pourquoi il offre plusieurs pistes de réflexion et d'action aux décideurs politiques, et s'adresse de manière plus générale, à tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de santé publique dans les pays africains.

  • Il y a vingt ans, l'historien et homme politique burkinabé Joseph Ki-Zerbo écrivait à propos du Sahel : « Ceux qui avaient la trentaine au moment des indépendances peuvent attester de la réalité d'un Sahel vert dans les années 1930. Ce n'était pas l'âge d'or : il y avait des famines, des épidémies, des endémies. Mais une certaine autosuffisance alimentaire réelle existait, de même que le foisonnement de la biodiversité végétale et animale qui disparaît à vue d'oeil d'année en année aujourd'hui ». (Préface au livre La mort de la brousse, Karthala, 1996.) Ces mêmes inquiétudes sont à la base du présent ouvrage qui aborde les questions de la biodiversité dans plusieurs pays africains, à commencer par le Congo R.D. Le massif forestier congolais occupe une place capitale dans l'équilibre environnemental de la région. La sauvegarde d'un tel patrimoine place les parties prenantes devant un dilemme : d'un côté son exploitation comme atout majeur du développement, de l'autre sa conservation pour préserver l'écosystème. Or la déforestation de ce massif avance à un rythme soutenu, avec une perte de biodiversité dans la dernière décennie. En Afrique centrale comme en Afrique de l'Ouest, les mêmes questions restent sans réponse. Que faire ? Les auteurs tentent d'en donner les enjeux et les amorces de solutions. Publié à l'initiative du Centre d'études ethno-sociologiques du Bandundu (CEESBA), cet ouvrage est l'aboutissement, par des auteurs africains, d'une longue réflexion sur les comportements humains et les écosystèmes. En traitant des enjeux environnementaux et des traditions africaines, il vise à identifier l'impact des destructions modernes sur le développement et à faire de l'écologie un combat majeur pour l'Afrique contemporaine.

  • Le football africain, malgré l'immense potentialité de talents que regorge le continent noir, ne progressera que si ses dirigeants s'adaptent à la mondialisation de ce sport.
    Pourtant, ce retard n'a pas empêché la FIFA de choisir l'Afrique du Sud pour organiser la première coupe du Monde de football en terre africaine. C'est un geste très fort et très symbolique. Mais ce sont surtout de grands défis à relever et qui sont encore la : La question des jeunes joueurs mineurs ; La fraude sur rage des footballeurs ; Les modes de règlement des litiges sportifs ; La sécurité des joueurs lors des compétitions de la CAF ; L'absence des agents sportifs africains dans les gros transferts - Le manque d'engagement syndical des joueurs professionnels ; L'absence des anciens professionnels dans les institutions sportives ; L'immixtion des états africains dans la gestion des fédérations sportives ; Les relations entre la CAF et les clubs européens ; La question des binationaux ; La lutte contre le racisme dans les championnats européens ; La mise au placard des arbitres africains par le tribunal arbitral du sport ; La mise en place d'un championnat professionnel.
    Par conséquent, la réussite de l'organisation de la Coupe du monde par la République Sud Africaine sera-t-elle l'occasion pour le football africain de prendre enfin son envol ?

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  • Dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, les questions de santé dans les villes se multiplient et se posent avec toujours plus d'acuité : impact sanitaire des modifications environnementales, émergence de pathologies nouvelles, poids des inégalités sociales dans les inégalités de santé, équité territoriale et accessibilité différentielle aux soins, organisation du système de soins, enjeux sociaux des politiques de santé, etc.
    Dans bon nombre de villes, les autorités doivent faire face à une véritable crise sanitaire. La santé apparaît ainsi comme un puissant révélateur des inégalités intra-urbaines et des dynamiques sociales en cours. L'ouvrage de Gérard Salem analyse ces questions au travers de l'étude menée sur Pikine (Sénégal), agglomération de près d'un million d'habitants en périphérie de Dakar. L'analyse est menée à partir des résultats d'enquêtes géographiques, sociologiques et épidémiologiques originales ; elle s'appuie sur un atlas de la santé de cette ville.
    Cet ouvrage est également l'occasion d'une réflexion générale sur les problèmes sanitaires dans les villes, ainsi que de développements théoriques sur la géographie, notamment la géographie de la santé et la géographie urbaine.

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