Langue française

  • Sous le soleil de Monsieur le Curé, s'opposant aux forces de la nuit et aux sentences séculières, la vie se fait charnelle et savoureuse.
    Cet humble prêtre a perçu d'emblée que la pire tentation d'un homme de Dieu n'est pas la gourmandise, ni encore moins le sexe, mais le désespoir.
    Partant de cette leçon de vie, il lui faut s'accommoder des préceptes divins ou supposés tels ; au langage en l'occurrence à trouver les voies de l'arrangement.
    Le bonheur sourit à ceux qui savent discuter et manier la langue. L'irrépressible désir de vivre peut trouver sa voix dans la culture du paradoxe sachant qu'il n'est pas de sagesse possible sans impertinence.
    Ainsi naît une écriture de la jubilation.

  • Récit d'une histoire d'amour qui s'échoue sur une rive inattendue : Fabienne Swiatly lui donne une forme minimale captivante par son rythme syncopé.
    Ce sont de petits drapeaux qu'un geste vif plante tour à tour, où l'on peut lire les transformations qu'opère l'écriture sur le quotidien, celui où l'on aime, celui où l'on meurt... et où il faut poursuivre, malgré tout. Comme une injonction salvatrice à dire l'urgence, ce récit poétique et poignant compose avec beaucoup de retenue les bribes d'un amour aliéné. À lire en apnée, dans la fulgurance du geste.

  • Trois ânes

    Michel Séonnet

    Ce récit est scandé par le pas d'un âne. Des coups donnés, réguliers ; des coups infligés à une porte. trois fois rien dans la nuit. un enfant les perçoit pourtant et l'histoire est enclenchée.Ça part de rien, et l'on est happé par un récit conçu comme ces tourbillons de fleuve qui nous emportent, par cercles concentriques, dans les tournoiements de l'Histoire.
    Nous savions combien l'âne est une figure fraternelle et généreuse. Mais ce que nous découvrons dans le récit de Michel Séonnet, c'est qu'il est aussi porteur de mémoire. Un âne que l'on croyait si paisible va entraîner trois enfants derrière lui. En pleine nuit. À travers routes et montagnes. Ils ont rendez-vous avec l'histoire, celle de la deuxième guerre mondiale, dans laquelle se mêle le destin d'hommes, de femmes, d'enfants, et de trois ânes. À chacun des enfants il sera révélé comment cette histoire est aussi la sienne.
    Ce récit d'une grande tendresse concerne autant les adultes que les enfants.

  • Michel Séonnet réhabilite dans une perspective plutôt laïque le Livre d'Heures (ouvrage religieux médiéval illustré destiné à l'édification des moines). Adressé à sa soeur il relève la gageure d'écrire un livre pieux pour une impie.
    Ma soeur m'a demandé de lui écrire un Livre d'Heures.
    Elle me demande l'impossible: un livre pieux pour une impie!
    Elle vient d'être opérée d'un cancer et subit en ce moment la violence d'une chimiothérapie que l'on espère salvatrice.
    Au mur de mon bureau, il y a toutes sortes d'images: cartes postales, reproductions, découpes de journaux, dessins, textes aussi comme des affiches. Lorsque tout semblait devoir s'écrouler, je savais, les regardant, avoir là de quoi faire face à ce qui venait. Armes de patience autant que de résistance. Ce sera la matière de mon Livre d'Heures.

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  • Elle, au loin est le récit d'une passion singulière entre un peintre et une jeune femme amoureuse des mots ; et qui en joue pour sculpter leur relation.
    Une narratrice témoigne de leur histoire pour le moins inhabituelle, et de son écriture surgit l'un des ressorts essentiels au déroulé des événements qui va jusqu'à bousculer leur réalité. Le réel se cogne à la création, les mots se chahutent, les usages et les chemins se cherchent, tandis que les lieux sont refuges. Là sont entendus les silences, là sont décryptés les tourments, les frustrations, les efforts déployés par un homme abîmé dans l'attente. Ne pas désespérer car l'insondable des êtres constitue bien la matrice de cette histoire...

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  • Si j'ai une âme

    Vincent Peyrel

    Ce qui apparaît comme inhumain peut-il s'avérer être également nôtre ? C'est l'une des questions que pose ce livre en s'appuyant sur un fait divers qui s'est déroulé au cours de la "Grande guerre".
    Comment un jeune de dix-sept ans, parce que l'élémentaire lui a été refusé par la vie, ne parvient pas à se construire et en arrive au pire. Pire qui, d'un point de vue statistique, ne fût qu'une petite goutte de sang sur l'étal de l'énorme boucherie qu'a été le conflit en cours à son époque.
    Après un minutieux travail d'archives, Vincent Peyrel construit son récit comme un témoignage, une mise en voix de ce jeune meurtrier, Hans, qui du fond de son dénuement affectif, avec une intelligence brute, dépourvue de toute référence culturelle, nous conte de l'intérieur cette histoire d'amours et de meurtres. Une parole très incarnée qui ne lâche pas le lecteur.

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  • Mister Tock

    Jean-Luc Coudray

    Ce récit de Jean-Luc Coudray développe avec une logique implacable mais non dénuée d'humour les expériences d'un homme animé d'une curiosité qui l'engage à penser le monde dans lequel il vit selon une dialectique toujours surprenante.

    Pour être parfaitement respectable, Mister Tock s'affuble de tous les attributs du gentleman anglais. C'est donc avec flegme et comme par distraction, qu'il traverse les murs, lévite tel un hélicoptère, gravit l'Everest en chaussures de ville ou se transforme en bactérie. Sa capacité expérimentale est sans limite mais il peut aussi simplement philosopher ou se laisser aller aux divagations poétiques de promenades non planifiées. Mystique sans croyance et homme imprévisible, il doit son unité à la finition exemplaire de son complet veston rigoureusement British qui en fait un sphinx contemporain.

  • Un récit dont le narrateur est un adolescent se superpose aux extraits d'un roman le concernant que sa mère est en train d'écrire. Cet enfant précoce souffre d'un handicap non nommé mais qui ressemble à une forme d'autisme... Une voix bouleversante.

    Alban n'est pas un enfant comme les autres... Un événement de son enfance fixera pour son entourage le début d'un comportement singulier. À partir de ce jour, Alban ne pleurera plus, ne parlera plus. Plus tard, il écrira.
    Par l'écriture déposée dans son ordinateur, il parvient en équilibriste à dompter ses démons intérieurs. Les mots sont pour lui vivants et doués de pouvoirs ; ils peuplent son silence.
    Charpente de ce récit, le " journal " d'Alban enchâsse les écrits de sa mère découverts par hasard dans un tiroir et recopiés en cachette.
    Marie-Hélène Bahain donne une si juste voix à cet enfant que le lecteur s'en trouve sollicité dans sa propre relation au monde et au langage.

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  • La nuit déborde

    Jeanne Bastide

    Jeanne Bastide nous convie à partager le quotidien - nuit mêlée au jour - d'une femme qui convoque, au soir de sa vie, souvenirs et rêves afin que, chaque être aimé reprenant sa place, l'inéluctable puisse s'envisager.
    Ses yeux portent encore loin, vers le passé et vers elle-même. Ses souvenirs prennent du relief, elle réinvente des lieux et pourtant quelque chose se dérobe au fur et à mesure qu'elle avance. Toujours entre mémoire et oubli. Dans son soliloque, c'est une autre qui parle et c'est elle qui se souvient. Jeu de miroirs décalés dont elle tente de lire la partition jusqu'au bout de son âge... Un remuement des jours qui, comme un ressac, envoûte le lecteur.

  • Pour l'enfant rêveur, timide et malhabile, qui depuis la grève de la plage de Nice regarde la mer, les vagues sont un refuge complice. Il voudrait, à leur image, devenir eau et galets et s'immerger dans les mystères de la mer. Réceptif à sa violence, autant qu'à sa douceur sensuelle, il découvre qu'elle a aussi pouvoir d'apporter jusqu'à lui des bribes du monde d'en face. La mer va l'ouvrir à l'inconnu, à l'étranger dont il guettera la venue, rêvant que de cette autre rive lui arrive un frère ou peut-être un amour.
    Michel Séonnet nous offre ici un récit délicat dont le déroulé est rythmé par les vagues.

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  • Un livre écrit à deux mains : une femme et un homme dans un jardin. Ils se parlent et réfléchissent à leur relation. D'entrée, on sait que leur conversation ne sera pas futile.
    Le face à face à mots tendus auquel nous invitent les deux narrateurs, les penche dangereusement l'un vers l'autre, l'un contre l'autre. Ils s'affrontent, s'écrivent, se cherchent, chacun au bord de lui-même, en limite d'équilibre.
    Danse ou joute scripturale, ce récit ose le don de soi au risque de la perte, dans un délicat pas de deux.

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  • Impostures

    Bancquart Marie Clai

    Marie-Claire Bancquart, dont on sait l'approche à la fois érudite et sensible de l'histoire, nous propose de découvrir ici trois destins exceptionnels. Trois récits hantés par l'imposture, tantôt assassine, tantôt fascinante.
    Mais sommes-nous en présence de récits uniquement historiques ? Les noms propres avancés - Cicéron, Catilina -, la mise en place de lieux marqués - Rome, Bologne, Mantoue - pourraient le laisser croire. Et ce serait déjà une exploration lumineuse, car les images figées par le temps comme autant d'impostures se trouvent en ces textes totalement bouleversées. Mais ne voir que cet aspect historique ce serait éluder la démarche poétique qui surgit dans ces récits. Sous la narration, sont interrogés la création, le rôle des mots et l'imposture qui les menace. L'Histoire devient sous la plume de Marie-Claire Bancquart, un lieu où s'élabore d'abord une vision du monde.


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  • Ce récit accompagne - avec l'humour subtil cher à l'auteur - un Christ en marche, inattendu, iconoclaste, dépassant tous les dogmes et les images que l'on peut en avoir.
    Un Christ impertinent pour une vision renouvelée. Apocryphe, parce que n'appartenant à personne.
    Ce Jésus est maître en paradoxe.
    Ici, comme dans ses autres textes, le paradoxe est, avec l'humour, l'arme d'écriture favorite de Jean- Luc Coudray et le levier avec lequel il cherche à dérouter les évidences du monde. Il en manie l'usage avec une virtuosité diabolique, serait-on tenté de dire, si elle n'était ici christique.

    Thoth, dieu égyptien inventeur des philtres et des lettres. Collection dédiée à la prose narrative dans toutes ses déclinaisons.

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  • Personne

    René Pons

    Ce livre réunit quatre nouvelles qui évoluent dans une atmosphère qui leur est commune ; une banalité sublimée par l'humanité de leurs personnages.
    René Pons s'attache à décrire minutieusement le quotidien de ces êtres, encombrés de leur solitude, qui se croisent sans parvenir à communiquer. Des destins personnels et gauches, sortis de l'ombre par la plume à la fois malicieuse et attendrie de l'auteur.

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  • La fenêtre du vent

    Jeanne Bastide

    Récit dont le narrateur est un jeune conscrit, perdu en pleine guerre de conquête de l'Algérie, dans les années 1840. Jeanne Bastide, avec beaucoup de sensibilité et de justesse pénètre son univers mental et donne voix à son désarroi, sa peur et la nostalgie de son terroir.
    Joseph s'adapte comme il peut à la vie du casernement mais il lui faut bientôt tenir son rôle dans cette tragédie : détruire les récoltes, piller et brûler les villages, massacrer les populations. Alors il tue. Trop, pour lui. Il s'exprime peu ; les mots restent enfouis et tournent sans cesse dans sa tête. Car si Joseph est secret, c'est qu'il habite aussi un autre ciel où il fait corps avec l'intensité de la lumière, l'immensité du bleu, envoûté par le bruit d'une robe froissée qui s'éloigne. Entre le dit et le non-dit, Jeanne Bastide s'empare de notre douloureux héritage colonial pour interroger, à travers les pensées et les actes de son narrateur, l'ambiguïté de la conscience humaine face à l'amour et à la guerre ; un chant d'exil sensible et fulgurant.

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  • La vie d'une femme a basculé lorsque l'homme aimé, s'est éloigné. Habitée par son fantôme et par le désir de comprendre ce qui lui arrive, elle s'interroge, déroulant au fil des pages un monologue à forte charge poétique qui la conduit en territoire inconnu.
    À défaut de ne plus pouvoir user du nous, elle crée, pour survivre, un je façonné par une force vitale qui la porte jusqu'aux abords de la folie. Ce détour va lui offrir une liberté jamais prouvée, une abondance d'images et de per ceptions puisées à la source d'une conscience souterraine. Suis-je folle ? se demande-t-elle. Non, son ombre est seulement devenue trop grande pour elle. Un jour, elle inversera le paysage et devant elle, déroulera un tapis de quiétude.

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  • Les roses noires

    Serge Bonnery

    Dans de ce récit, Serge Bonnery nous parle du manque, d'un fil rompu qui remonte à la tendre enfance des personnages, mais plus largement, à l'aube de l'humanité. Composé d'un certain nombre d'épisodes à l'emboîtement savant, ce livre met en scène trois personnages : L'une part. L'autre en meurt. Reste le narrateur. Son trouble très vite est le nôtre. Qu'a-t-il pu se passer ?
    Qu'y a-t-il de vrai dans cette histoire pleine de trous ? Écrit sur le fil d'un courant à remonter, ce récit, en de courts chapitres, par paliers, dit un trop plein de vie, une enfance comme un paradis qui s'est retiré du jardin... Mais s'il n'y avait jamais eu que des anges dans cet autre temps qu'est l'enfance ? Et si le cahier noir de Jean n'était rien d'autre que lambeaux de souvenirs à ravauder, roses noires à monter en bouquet alors que manque le fil. Saurons-nous jamais ce que c'est que d'aimer ?

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  • Vienne le ciel

    Jerome Bonnetto

    La photographie au coeur de cet ouvrage sert de révélateur aux personnages qui en sont les protagonistes. Une rencontre au-delà de l'objectif.
    Mêlant de nombreuses voix narratives, comme autant de tesselles pour une mosaïque, c'est ce que réussit à faire Jérôme Bonnetto dans ce récit à la construction parfaitement maîtrisée. On y suit les pérégrinations d'un photographe et de celle qu'il prétend aimer au travers de l'objectif impitoyable de son appareil à capturer reflets et postures. Il faudra bien des voyages de Prague à Prague en passant par le Japon, bien des clichés souvent arrachés au cours des jours pour qu'apparaisse, toute douceur et toute fureur - femme, mère, amour - celle qui fait trembler la lumière, Ada.
    Ada qu'on ne peut qu'aimer. Sans preuve !

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  • Demain

    Patrick Da Silva

    Demain, un homme est condamné à mourir. Demain, ou un lendemain proche... et dans les jours qui vont précéder sa mort, une femme veille, fille ou amante, à la fois bourreau animé par trop de manque, déchiré par l'amour et la haine.
    Deux histoires. Pas les mêmes lieux, pas le même temps, pas le même monde.
    Dans la première on se repère, c'est bien chez nous, dans les parages d'aujourd'hui ; pour la seconde, guère d'indice : cela doit se passer en des temps très anciens, au loin ou bien dans un pur imaginaire. Rien à voir donc. Cependant...
    Dans chaque histoire, un homme. Chacun d'eux est vaincu, chacun d'eux condamné, les deux réclament la sentence.
    Dans chaque histoire, face à l'homme, un silence ; minéral, abrasif, obstiné ; deux silences de femmes.
    Elles ne font que leur devoir, elles tiennent tête, elles durent, elles se taisent, elles attendent demain.
    Deux femmes ou peut-être la même.

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  • L'enfant africaine

    Helene Mohone

    Dans de ce récit, Hélène Mohone nous donne à sentir la douleur de l'exil d'une enfant qui a grandi en Afrique, loin de son pays d'origine.
    Dans une construction très singulière et maîtrisée, par un jeu incessant d'évocations entre le présent et le souvenir de l'enfance, le corps abandonné de l'enfant africaine revient peu à peu vers l'adulte et permet alors la réconciliation de la petite fille et de la femme.


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  • Un livre illustré de belles photos en noir et blanc - vues de ports, lieux excentrés, villes boîtes où l'on erre comme dans les mots de Tieri Briet qui stigmatisent le sort fait à l'immigration.
    Quelqu'un a peur.
    Quelqu'un, qu'une sourde colère anime, part donner les noms.
    Quelqu'un tente de raconter comme (il) peut ce morceau de contrée où le vivant perpétue son esbroufe au milieu de tous les froids, toutes les nuits, tous les malheurs qui la ravagent.
    Cordier, Tieri Briet connaît l'art de tordre la langue pour, dans le même temps, la désentraver de toutes ses pesanteurs et la lancer, tel un grappin, à l'assaut de tous les murs du monde. Il sait retrouver l'amitié primitive de la main sur la pierre, le courage des enfants, leurs attentes patientes. Et c'est notre place dans le monde qui nous est rendue. Pierres vives au milieu des broussailles et des mousses.

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  • Composé de portraits bien souvent surprenants, ce livre est comme un miroir tendu à nos contemporains.
    Des visages, des gestes, des paroles ou des silences, surgissent d'une attention à l'autre, d'une recherche de la lumière propre à chacun. Catherine Leblanc dresse ici des croquis révélant à la fois contradictions et unité, sagesse et fureur de vivre.
    Textes brefs animés d'une forte présence d'où émane le sentiment profond que rien ne nous est étranger.

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  • Ce récit est le fruit de la rencontre entre une femme qui ne sait ni lire ni écrire, Maria, et une autre qui aime lire et écrire, l'auteure. L'une parle, la seconde écrit.
    Maria raconte son enfance au Portugal dans une famille où règnent la violence et l'alcool. Elle rêve d'une autre vie, d'un autre monde. Bonne à neuf ans, mariée à dix-sept ans avec un homme qui la bat, elle fuit et doit son salut à l'amour qu'elle porte à sa fille et au soutien solidaire qu'elle a trouvé en France.
    Annie Rodriguez, de ce parcours chaotique, nous offre un récit pudique et poignant. Par sa plume superposée à la voix de Maria, elle donne sens et espoir aux combats des sans-voix d'aujourd'hui.

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