Langue française

  • Comètes et perdrix

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 4 Mars 2021

    Comète et Perdrix est le récit d'une histoire incroyable, celle du kidnapping de deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, par une résistante catholique, Antoinette Brun qui les a cachés jusqu'en 1953. Il s'agit pour Marie Cosnay à la fois de s'approcher de la vérité au moyen de la littérature et d'explorer les mécanismes qui ont conduit à cette situation. Car cette histoire en convoque d'autres, celles de la frontière, le col de Perdrix, et celles de ceux qui la traversent, et avec elles toute une constellation de personnages dont les décisions, convictions ont mené à ce kidnapping. En explorant cette affaire par le biais de la constellation de personnages qui y sont liés, Marie fait de cette matière historique une enquête et un passionnant roman d'espionnage.

  • Tiger

    Richer Eric

    • L'ogre
    • 7 Janvier 2021

    À Xian, dans un futur proche, Xujin s'occupe d'un refuge pour enfants arrachés à la rue et aux réseaux de prostitution, tandis que l'ombre d'Os de tigre, vieille chamane vengeresse, hante la nuit. En Russie, Esad, un trafiquant russe un peu perdu, tombe amoureux d'une jeune prostituée chinoise, Tiger, et tente de la sauver. En fuite, il arrive au refuge accompagné d'un adolescent qui est parvenu à s'échapper du camion où il était retenu prisonnier. Cette arrivée perturbe durablement l'équilibre du lieu et fait peser sur lui une grave menace.


    Tiger est une histoire de corps et d'exil. Après La Rouille, Éric Richer poursuit sa double exploration de la faillite de l'amour et de sa possibilité. L'ensemble des personnages semblent n'être que des corps meurtris, des corps objets, marchandises censées donner ou recevoir une forme d'amour physique. Ces corps deviennent des armes au sens propre, des outils, sortent de leur dimension marchande pour faire justice ou protéger, et finissent chacun à leur manière par accéder à une forme d'amour et de paix.


    Roman noir porté par une langue implacable mêlée de tendresse et de violence, Tiger est une plongée dans les marges de la Chine contemporaine, une folle histoire d'amour et de consolation, qui interroge, au milieu du chaos, de la violence et de la corruption, la possibilité d'un refuge.

  • Capitale songe

    Lucien Raphmaj

    • L'ogre
    • 20 Août 2020

    Imaginez un monde dans lequel le sommeil a disparu, dans lequel les rêves sont devenu une ressource à exploiter. Sur l'île de Capitale S., alors que l'enquête portant sur cette disparition du sommeil nous entraine dans les bas-fonds d'un monde dystopique, l'insomnie a franchi un nouveau stade, la révolte gronde, et une nouvelle drogue menace de faire disparaître tous les êtres vivants.
    Avec Capitale Songe, Lucien Raphmaj nous offre un premier roman très ambitieux mêlant des scènes d'action percutantes à une réflexion philosophique riche et acérée sur notre rapport au sommeil et au travail.
    Servi par une plume somptueuse et hallucinée, son univers puissant et créatif l'inscrit d'emblée dans le sillage d'Antoine Volodine et d'Alain Damasio.

  • Monde ouvert

    Girault Adrien

    • L'ogre
    • 17 Septembre 2020

    Deux hommes dans un entrepôt isolé. Deux mercenaires ayant apparemment trouvé un sens à leur vie en adhérant à une grande cause, se voient confier la garde d'un otage. Le silence de leur commanditaire et le délitement de leur engagement les poussent à quitter progressivement l'entrepôt. Que se passe-t-il quand on nous prive de notre rôle, quand nous nous retrouvons sans but dans un monde ouvert ? Que faire de cette liberté quand on est un peu paranoïaque, et armé ?
    Monde ouvert est une fiction ludique qui vous entraîne dans les aventures beckettiennes de deux loosers magnifiques.

  • If

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 16 Janvier 2020

    Au long de 5 chapitres se partageant en Marseille et Alger, Marie Cosnay déploie une enquête singulière et intime portant sur le destin de Mohamed Bellahouel, personnage sans histoire dans l'histoire, qui à quitté l'Algérie de 1962. En convoquant aussi bien l'histoire proche et lointaine de l'Algérie que les romans d'aventures, Marie Cosnay n'interroge pas seulement les faits, les dates, les lieux, qui jalonnent la vie du sujet de son enquête, mais également son propre rapport et celui de sa génération à une Algérie intemporelle.

  • Les échappées

    Lucie Taïeb

    • L'ogre
    • 5 Septembre 2019

    « Comprends-moi bien, pourtant. Je ne dis pas que ton histoire n'est pas la vraie. Je dis seulement qu'elle n'est pas assez forte face à la leur. Et tu as déjà compris, puisque tu la tais, tu sais déjà, sans doute, qu'il vaut mieux, toujours, dans une famille où règnent des histoires divergentes, et dans le monde tel qu'il va, être du côté des histoires les plus fortes. » Au coeur de l'été, une fille étrangère vient troubler le quotidien morne d'Oskar et de sa soeur, qui habitent avec leurs parents une maisonnette en bordure d'une voie de chemin de fer désaffectée. En parallèle de ce récit d'initiation, ou plane l'ombre d'un drame, se déploie une société entièrement dévouée au travail et a l'asservissement des esprits et des corps. Il règne dans cet univers un discours de terreur, la promesse d'une terrible menace qui est sur le point d'advenir et que seule Stern, héroïne placide, poète plus que guerrière, ose défier.

    Au cours de quatre saisons mouvementées, Les Échappées tisse un récit de l'émancipation par le mouvement. On suit des femmes qui ont choisi la fuite par courage, pour se sauver et sauver celles et ceux qu'elles aiment, pour échapper à une parole autoritaire et mensongère, à un pouvoir oppressant et destructeur. Lucie Taïeb noue, en deux intrigues parallèles, un drame qui met en opposition, dans la sphère intime et dans la sphère politique, des individus isolés face à un pouvoir qui pourrait les écraser, mais dont ils parviennent à s'affranchir.

  • La fabrique du rouge

    Ariane Jousse

    • L'ogre
    • 3 Octobre 2019

    Un homme et une femme qui ont été amants, ainsi qu'un petit garçon prénommé Amir. Trois personnages qui retracent leur exil, dans des lieux et des temps qui semblent différent, en quête de leur humanité.
    À la lisière du fantastique et du conte, La Fabrique du rouge entrelaçe, en de courts paragraphes, ces trois exils fantasmés avec une langue très sensuelle et sensorielle.
    Ariane Jousse parvient à faire circuler des images sensibles à l'aide d'une forme narrative innovante, entre le roman et la prose poétique, qu'elle nomme forêt.
    Un premier texte d'une grande force sur les figures de l'exil et du voyage, une méditation poétique sur la nature nomade des humains, sur la nécessité du mouvement, de l'exode, et, de là, de l'accueil.

  • épopée

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 4 Octobre 2018

    Le jour où Zelda, la flic dure à cuire du commissariat du XIe arrondissement de Paris, enquête sur l'assassinat d'un ressortissant ouïgour, en marge de la manifestation des prostituées de Belleville, elle tombe sur un beau jeune homme accompagné (ou suivi) d'un héron, qui va la mettre sur la piste de Clotilde, jeune agent secret aux couettes bicolores qui va bientôt se retrouver en lutte contre la corruption internationale...
    Avec Épopée, Marie Cosnay continue à explorer ce que la poésie peut faire au polar, et nous raconte les aventures violentes et sensuelles des corps de ces espions qui, au final, se perdent autant que nous dans la marche du monde.

  • La rouille

    Eric Richer

    • L'ogre
    • 23 Août 2018

    La Rouille est un roman d'apprentissage. Nói vit dans une casse automobile avec son père, quelque part dans un pays post-soviétique cerné de misère ordinaire. Bientôt, il devra passer le « Kännöst », un rite initiatique brutal, mystérieux et inquiétant imposé par les hommes de sa communauté. Entre soirée MMA, concerts de Métal et défonce aux détergents, Nói grandit comme il peut, rebelle chahuté par ses émotions, à l'ombre du grand père clanique et tyrannique. Sans jamais cesser de rêver de partir loin, très loin...
    Entre Sukkwan Island de David Vann et L'été des charognes de Simon Johannin, La Rouille vous attrape et ne vous lâche pas.

  • Un jeune homme fuit la France vers l'Allemagne pour se réfugier à la lisière de la forêt dans le petit hameau de Hardt. Il fuit un événement traumatique dont il peine à restituer le fil. Alors qu'il était en vacances avec un ami, ce dernier est mort dans des circonstances troubles. Depuis son refuge à Hardt, il tente de trouver un équilibre à travers la poursuite de son étude de l'oeuvre de Thomas Mann et la digestion des événements. Il tente de dire, de trouver les mots pour décrire ce qu'il c'est passé. Mais tout bascule lorsque la mère de son ami retrouve sa trace et frappe à sa porte.
    Le premier roman de Grégory Le Floch nous entraîne dans une cavale psychologique frénétique, dont l'issue ne saurait être autre que l'énonciation de la vérité, aussi insupportable soit-elle.

  • La ville fond

    Quentin Leclerc

    • L'ogre
    • 7 Septembre 2017

    Ce qui, pour Bram, devait n'être qu'une banale course allait bientôt devenir la quête la plus épique de toute son existence...

    " Bram lisait son journal quand il s'aperçut qu'il était en retard. Bram s'aperçut de son retard après avoir consulté sa montre et non en lisant son journal. Bram avait été à ce point distrait par la lecture de son journal qu'il en avait oublié de consulter sa montre et de vérifier l'heure si bien qu'il s'était mis bêtement en retard, bêtement et absolument en retard. Bram replia à la hâte son journal, débarrassa sa vaisselle dans l'évier et s'empressa d'enfiler sa veste. Puis il mit un temps infini à retrouver ses clés, qu'il retrouva finalement, par chance se dit-il, dans une des poches inutilisées de sa veste. Il se précipita à l'extérieur et referma la porte d'entrée derrière lui avant de se diriger d'un pas rapide vers son arrêt de bus. " Imaginez-vous, un matin, prendre votre bus comme d'habitude pour aller en ville et que tout, absolument tout s'y oppose. Le réel se met à capoter petit à petit, comme si une étrange force semblait s'opposer à votre venue en ville.
    Chaque jour, Bram et le chauffeur du bus vont se lancer dans une quête absurde et tragique : atteindre la ville. Cette aventure, en apparence dérisoire, devient progressivement le théâtre du combat acharné entre le héros et le monde qui l'entoure.

    Empruntant autant aux codes des séries que des jeux vidéo, La Ville fond explore les variations infinies de l'imagination.

  • Cordélia la Guerre

    Marie Cosnay

    • L'ogre
    • 21 Août 2015

    Une voiture en feu, une amnésique, de mystérieux rubis, et la guerre sourde qui balaye tout sur son passage. Cordélia la Guerre est un roman en feu, multiple, ambitieux qui, tout en jouant avec les codes du roman policier, de l'épique et du mythologique, propose une relecture contemporaine du Roi Lear. Il nous emmène dans un tourbillon dont le sou e met au jour la matière d'un monde qui s'e ondre. C'est en réalité notre contemporain qui se joue sous nos yeux et Marie Cosnay en révèle toute la densité sociale et politique.

  • "Comment rester immobile quand on est en feu" pourrait être un chant ou un long dialogue. Disons que c'est un espace intégralement occupé par la langue, que Claro fait disparaître tout matière narrative pour ne donner à lire une langue crue, à vif, qui incarne au sens propre la matière de deux mondes qui s'affrontent. Deux voix s'exprimant alternativement au travers de longues tirades qui façonnent brutalement la matière d'une langue politique. C'est un geste poétique qui laisse apparaître toute la densité de l'oeuvre de Claro, toute sa matière, qui évoque la difficulté de dire, d'écrire sans se départir du sentiment de domination qui accompagne tout tentative de rendre compte et la difficulté de dépasser le jeux, puisque la langue ne pourra rien, ou si peu, face à la complexité du réel.

  • Rabot

    Adrien Girault

    • L'ogre
    • 4 Janvier 2018

    Dans la grande tradition des romans noirs, de Aucune bête aussi sauvage à Le Facteur sonne toujours deux fois, Rabot met en scène une cavale dont l'issue ne peut qu'être tragique. Et c'est là toute l'originalité de ce premier roman : cette fatalité est un leurre, qui ne cache qu'un abandon, une fatigue. Dans une écriture vive et simple, Adrien Girault déploie un imaginaire cinématographique et sensible. Il arrive à maintenir, dans des univers distincts, une vraie tension narrative. Dès les premières pages, les ambiances sont crédibles, posées, les personnages incarnés, le tout avec beaucoup de finesse. La dimension cinématographique conjuguée à une écriture sensorielle, orale, nous plonge dans un univers à la fois très simple et lisible et qui pourtant reste profondément mystérieux.

  • L'Orage et la loutre , publié en 1973 par le Seuil, est l'unique roman de Lucien Ganiayre.
    Un instituteur découvre que le monde qui l'entoure est fi gé, immobile comme si le temps s'était arrêté. Il su t de toucher un être vivant pour qu'ils se réchau e, revienne à la vie, et, aussitôt, meure.
    Évoluant en permanence sur une scène de théâtre dont les acteurs et le décor seraient aussi froids et fragiles que du verre, l'instituteur essayera dans un premier temps de mener une vie normale, et, tant bien que mal, de survivre à la folie qui le guette. Roman fantastique, mais également récit exaltant et cruel du voyage d'un homme laissé seul avec son esprit et ses souvenirs, L'Orage et la loutre est avant tout une méditation profonde sur l'impossibilité de l'amour et du contact humain.

  • Aquero

    Cosnay Marie

    • L'ogre
    • 2 Mars 2017

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le pays basque, elle est écrivaine et traductrice de texte antique. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith.
    Les éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015.
    Le livre : Une femme tombe dans une grotte. Entre visions et hallucinations, elle se rêve en moineau, et assiste, par-delà le temps, au basculement de la vie de Bernadette Soubirou. « Elle voit, parfois aussi elle devient Bernadette, comme si tout enfant, toute fille en tout cas, pouvait l'être aussi. » Leur expérience surnaturelle ou mystique est avant tout une expérience du corps. Qu'ontelles vu, exactement ? Peu importe, elles ont vu, ou cru voir.
    En tissant ces deux destins de femmes, à deux époques différentes, Marie Cosnay nous invite à repenser la possibilité de l'apparition.
    Pourquoi, quand une femme voit, est-elle folle ou sainte ?
    Sous prétexte de nous parler de Bernadette Soubirou, Marie Cosnay nous parle de l'instrumentalisation politique du corps féminin.

  • Safe

    Lucie Taïeb

    • L'ogre
    • 5 Février 2016

    Une femme se réveille seule dans une pièce blanche et close, une autre marche dans la lande bordant une falaise, tentant d'éviter l'homme qui vient vers elle, une autre enfin est placée en quarantaine, atteinte d'une syphilis étrange. Dans son premier roman, Safe, Lucie Taïeb met en scène une ou plusieurs femmes, selon la lecture que l'on choisira de faire, aux prises avec une peur abstraite. Oscillant entre rêve et réalité, cette peur se déguise de diverses manières, la peur de l'autre, du dehors, du vide, elle pèse de tout son poids et elle nous tétanise, elle n'a pas de nom, seulement des masques. Ces peurs, sont-elles l'écho lointain d'une peur ancestrale, qui serait comme chevillée au corps, ou sontelles au contraire le fruit d'une organisation de la protection par la société ?

  • Saccage

    Quentin Leclerc

    • L'ogre
    • 4 Mai 2016

    Le premier roman de Quentin Leclerc est une fiction apocalyptique qui prend pied dans une société totalitaire en proie à une guerre intercontinentale et aux catastrophes climatiques. Le lecteur suit, au travers des témoignages rapportés par la Carcasse, sorte de caste mutante qui rejoue sans cesse sa place dans le monde, l'agonie d'une population fuyant l'armée des Continents perdus et le gel. Saccage est un roman de la colère qui explore les derniers temps d'un monde qui s'effondre et déploie une langue envoutante et étrange proche de l'univers du post-exotisme de Volodine ou de celui de Damasio.

  • Ravive

    Romain Verger

    • L'ogre
    • 20 Octobre 2016

    Neuf nouvelles ayant pour thématique la fin d'un monde et le début d'un nouveau : un vacancier assiste à d'étranges disparitions sur une plage bretonne, un professeur préparant un concours sombre dans une folie qui le pousse à tous les excès, un homme voit le réel qui l'entoure basculer, etc.

  • Quelques rides

    Fabien Clouette

    • L'ogre
    • 5 Janvier 2015

    Un petit village en bord de mer s'est agrégé autour de l'hôtel construit par la famille de Cap Vrai. Les parents vieillissant, il vient à assumer la charge de l'établissement, enfin pas directement, puisqu'il est persuadé que c'est son frère, le Chef, mort prématurément dans son enfance qui assume cette responsabilité. Ainsi Cap Vrai a deux personnalités, celle de son frère décédé et la sienne perdue dans les méandres de l'enfance. Sous son impulsion involontaire et l'ambition d'une famille de notables, le village change et s'ouvre au tourisme. Un deuxième hôtel est construit, mettant en péril le fragile équilibre de sa vie. Cap Vrai assassine le directeur du nouvel hôtel, Nègue-Chin. Un procès s'ensuit, accompagné d'une expertise psychiatrique. Cashon, un assistant médical plus intéressé par les ragots du village que par sa fonction, est chargé de mettre en forme les résultats de l'expertise et de son enquête. C'est ce texte éclaté et tâché de beurre de sandwich qui est donné à lire ici.
    Faisant de constants allers-retours entre passé et présent, ainsi qu'entre les différentes subjectivités des personnages, Fabien Clouette parvient, avec une langue neuve qui doit beaucoup au pouvoir d'évocation du cinéma, à perdre le lecteur dans les méandres oppressants de la psyché de Cap Vrai et des commérages de Cashon. Le lecteur croit toujours être sur le point de découvrir le secret du livre, d'être en mesure de combler les trous de l'histoire qu'il est en train de reconstruire, d'aller plus loin que la seule écume, que les allusions et les non-dits, pour enfin mettre au jour le réel qui se tapit sous le témoignage de Cap Vrai, témoignage qui flirte en permanence avec l'hallucination. Mais ce réel, bien évidemment, est destiné à nous rester inconnu. Car ce livre n'est pas un roman policier, et, s'il s'apparente à un polar - au sens de roman noir, de tragédie, de huis clos à ciel ouvert -, c'est avant tout une grande oeuvre littéraire.
    Le titre de ce premier roman annonce d'ailleurs cette ambition: tout ce qui est donné à voir et à lire au lecteur, ce sont ces quelques rides qui affleurent à la surface de la réalité, jamais les courants sous-jacents qui sont à l'origine de ces mouvements. Le lecteur, essoufflé, a donc en permanence l'impression qu'il se passe des choses extrêmement importantes sous ses yeux, décisives, sans pour autant être capables d'en percer le sens ultime. Nous voyons s'agiter ces habitants d'un village directement sorti de Twin Peaks comme autant de petites marionnettes dont les ressorts qui les meuvent nous demeureraient incompréhensibles.

    Il existe très peu de romans que l'on peut rapprocher de Quelques rides. S'il devait en évoquer un - non seulement pour sa frénésie mystérieuse, mais également en raison de son personnage principal tout en « présence absente », comme s'il était le centre vide d'une révolution -, ce serait sans conteste Les Démons de Dostoïevski.

    Cinéaste et diplômé de l'EHESS, Fabien Clouette est né en 1989. Son premier long-métrage Bx46 est sélectionné au festival international de cinéma de Marseille, et il est l'auteur d'une nouvelle, Une épidémie, publiée sur Publie.net. Quelques rides est son premier roman.

    Extrait : « L'accident n'a pas tué Nègue-Chin comme il a tué le frère, le jardinier, la muette et les autres. Capvrai a tué le type ; car on l'a pas fait pour lui. Pas les cerfs en tout cas. Fallait y aller. Et les hôtels sont détruits les uns après les autres. Sur le chemin, je présente ma carte de réduction au contrôleur, et nous discutons un temps de la prononciation de mon nom « Cashon ». Alors que ses mains terreuses et mouillées déchirent le ticket, j'ai envie d'un sandwich et d'une bonne douche. »

  • Quelque part à la campagne en France, un enfant vit avec sa grandmère.
    C'est la guerre. La seconde. Un homme, un « cousin », vit en secret dans la resserre. De la guerre, on ne parlera pas, ou très peu. Elle est là, c'est tout, comme un bruit de fond.
    Par une forêt obscure est un récit d'enfance. Pas un de ces récits de souvenirs d'enfance dans lesquels nous trahissons notre sensibilité d'alors : non, Maurice Mourier restitue de manière extraordinaire ce que c'est qu'être enfant, et plus particulièrement ce rapport étrange que nous pouvons entretenir au temps, un temps qui s'accélère ou ralentit selon des logiques mystérieuses. Comme si Maurice Mourier avait su conserver dans son esprit, intactes, ses impressions d'alors, et nous les restituer dans toute leur lumière et leur innocence.

  • Le bal des ardents

    Fabien Clouette

    • L'ogre
    • 1 Septembre 2016

    Cela fait plusieurs années que le roi n?a pas fait d?apparition publique et le bruit court qu?il est mort. Sur le port de commerce, en pleine saison des carnavals, la colère gronde : ce renversement symbolique mènera ses habitants à la révolution.
    Fabien Clouette nous plonge dans un embrasement populaire et suit le destin de Danvé, Levant et Yasen lors de cette journée de soulèvement. Le Bal des ardents se présente comme un roman historique sur un fait imaginaire, une fiction brillante sur le pouvoir et la fabrique de l?histoire. L?action du Bal des ardents se déroule le temps d?une journée. Ce jour, on pourrait le placer sur une frise chronologique. D?ailleurs, dans les livres d?Histoire, le « Bal des ardents », aussi appelé « Bal des sauvages », est une date : le 28 janvier 1393, Charles VI et quelques nobles prennent feu en plein charivari. C?est une date de l?histoire du royaume de France qui fonctionne ici comme une métaphore du carnaval du pouvoir, du désordre, de l?inversion des valeurs, de la danse macabre, de la révolution folle et en feu.

    Le présent roman ne raconte rien de cet événement historique précis de la France médiévale, mais il reprend la charge symbolique et imaginaire qui fait d?un jour de révolution un événement, au passé comme au présent, ici comme ailleurs. Car nous chantons les sons des orages sans bruit.

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