Mercure De France

  • Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins.
    Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

  • Été 1984. Lorsque le narrateur apprend la mort de sa jeune amie, Agathe, c'est une déflagration. Celle qu'il connaît depuis six ans et avec qui il partage beaucoup ne peut pas avoir disparue. Pourtant c'est un fait : elle a été violée et tuée dans un parking à Vincennes. Personne n'est mieux placé que lui pour témoigner sur cette jeune fille, avec qui il a travaillé et fait la fête. Devenu écrivain, ses souvenirs sont restés intacts : « Je l'idéalisais - et alors ? Il est possible que je l'idéalise aujourd'hui encore dans ces lignes. Au sordide du drame, on peut préférer sans rougir le roman d'un passé réécrit et provisoirement embelli. » C'est ce roman, et celui d'une époque, que nous livre Gilles Leroy, en forme d'hommage vibrant, plus de trois décennies après les faits. Il y dessine avec une grande élégance le portrait émouvant d'une jeune femme libre, plus vivante que jamais, et met en scène une amitié exceptionnelle

  • Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures. Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Emile Ajar. La version publiée à l'époque ne correspond pas tout à fait au projet initial de son auteur qui avait en effet accepté d'en modifier la fin. On apprendra plus tard que derrière Emile Ajar se cache le célèbre Romain Gary. Dans son ouvrage posthume, Vie et mort d'Emile Ajar, il explique l'importance que revêt, à ses yeux et au regard de son oeuvre, la fin initiale de Gros-Câlin. Il suggère qu'elle puisse un jour être publiée séparément... Réalisant le souhait de l'auteur, cette nouvelle édition qui paraît aujourd'hui reprend le roman Gros-Câlin dans la version de 1974, et donne en supplément toute la fin " écologique ", retranscrite à partir du manuscrit original.

  • Eau Claire, petite ville du Wisconsin. À trente-deux ans, Lorraine est une mère aimante et courageuse. Avec Fred son mari, elle a eu 4 enfants, qu'elle élève du mieux possible. Toute la famille s'entasse dans une baraque sur un lotissement miteux. Pour joindre les deux bouts, Lorraine et Fred cumulent les petits boulots.
    Pourtant, un soir, peut-être un peu plus fatiguée ou un peu plus fragile, Lorraine craque : une énième dispute avec Adam - son aîné de quinze ans -, a raison de sa patience. En pleine nuit, en plein hiver, elle le met à la porte. Sous prétexte qu'il est homosexuel. Et de brûler ses affaires pour faire disparaître toute trace du fils maudit. À l'en croire, c'est pour protéger toute la famille de la honte qu'elle agit ainsi.
    Gilles Leroy décrit avec beaucoup d'humanité et d'empathie une Amérique contemporaine loin des clichés, celle des gens modestes touchés par la crise économique, dans un monde de plus en plus violent.

  • Sans intention de nuire Nouv.

    Lorsque Mme Lepire choisit d'aller vivre dans une maison de retraite, son choix a été murement réfléchi. Là, elle se retrouve avec elle-même, loin de l'agitation du monde, mais bien vivante. Un jour, on vient lui annoncer que l'enquête concernant un certain Monsieur Raymond Dilou, décédé il y a 50 ans, a été réouverte et qu'elle sera certainement interrogée à ce propos...
    Qui est donc ce Raymond Dilou mort noyé et qui se rappelle à elle un demi-siècle plus tard ? Et de se remémorer peu à peu un passé lointain, resté trouble : ses parents venus d'horizons diamétralement opposés (l'un wallon, l'autre flamand), sa mère dépressive et exubérante, son père effacé mais adoré et, en effet, ce fameux Raymond Dilou, psychiatre dans la clinique où sa mère faisait de fréquents séjours, et de plus en plus présent au sein même de la cellule familiale... Qui était-il et que faisait-il réellement chez eux ?
    Peu à peu les pièces du puzzle mémoriel se mettent en place et la vieille dame ouvre les yeux sur une réalité longtemps occultée...

    En courts chapitres, alternant le présent de la maison de retraite et le passé de l'enfance, le premier roman de Michèle Terdiman évoque avec beaucoup de justesse la folie ordinaire, la transmission et les secrets de famille.

  • Port franc Nouv.

    Un dimanche matin, Seymour découvre sur son paillasson une enveloppe contenant une offre étrange. Selon des instructions précises dictées par un certain Gordji, mi-marchand d'art mi-escroc cocaïné, il doit se rendre à Genève pour assister à une vente aux enchères et y acquérir trentetrois lots, trente-trois inestimables tableaux d'art moderne mis en vente par la famille Wittgenstein. Seymour plonge à corps perdu dans cette mission.
    Le voilà donc parti pour la Suisse. Enchérissant sans limites, Seymour rafle les oeuvres et laisse l'assistance sans voix. Les toiles entreposées dans le port franc de Genève doivent ensuite être expédiées à New York. Mais le seront-elles vraiment ? Car Seymour est imprévisible, il s'affranchit peu à peu de son commanditaire et semble vouloir le doubler. A quoi joue Seymour, cet anonyme aussi méticuleux qu'effacé qui se retrouve désormais poursuivi par des mafieux, qui séduit des inconnues et détourne des toiles de maîtres ?

  • Après cinq années passées en prison à Nice, le narrateur du roman de Philippe Mezescaze saute dans un train de nuit pour rejoindre Paris. Il a 20 ans, nous sommes en 1976. Hébergé ici ou là, chez un amant d'une nuit ou un ami d'ami, il semble insouciant... De Saint-Germain-des-Prés à la rue Sainte-Anne, du Sept au Palace, il fréquente les hauts lieux gays de la nuit parisienne de l'époque, où se côtoient anonymes et célébrités : voyous, comédiens, prostitués, professeurs, cinéastes. Il est très à l'aise dans ce milieu. Mais les apparences sont trompeuses : en quête de lui-même, le jeune homme ressent une certaine mélancolie. Les étreintes nocturnes et furtives ne comblent pas sa solitude...
    PHILIPPE

  • Une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, un autre qui apparaît le jour de la mort de Beckett, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenir a presque disparu, et un Je tantôt féminin, tantôt masculin, vulnérable ou assassin, apparaissent tour à tour, comme on abat des cartes, dans ce nouveau jeu d'Anne Serre placé sous le signe de Lewis Carroll.
    Un autoportrait en trente-trois facettes.

  • Vénus Khoury-Ghata s'est passionnée pour Marina Tsvétaïeva, immense poétesse russe qui voua toute sa vie aux mots et à la poésie.
    Habitée par sa vocation, mais hantée par les drames familiaux (la perte d'un enfant, son mari Serge Effron longtemps éloigné et qu'elle a même cru mort), ballottée par les aléas de l'histoire (la révolution d'Octobre), Marina Tsvétaïeva incarne une femme forte, une mère courage qui lutte contre le destin qui s'acharne sur elle. Malgré la dureté de la vie quotidienne et les exils successifs sa foi en la poésie restera totale.
    De Moscou à Elabouga, en passant par Prague, Berlin ou Paris, Vénus Khoury-Ghata accompagne cette irréductible, se glisse à ses côtés dans les moments de gloire et de désespoir. Elle comprend une Marina incandescente et intransigeante dans ses désirs et son amour de la liberté. Vénus Khoury-Ghata fait ainsi revivre tout un monde où l'on croise aussi bien Boris Pasternak, Rainer Maria Rilke, Maximilien Volochine que Anna Akhmatova, Alexandre Blok ou Ossip Mandelstam.

  • Je connais tout de ces situations maintes fois rencontrées en trente ans de métier. Mais je n'ai jamais pu me faire à cette peur qui vous étreint lorsque vous sonnez à la porte d'un patient, que vous entendez dans le fond de son appartement des cris ou des râles ou, pire encore, le silence, et que vous n'avez aucun moyen de voler au secours de celle ou de celui qui a tant besoin de vous. Appeler les enfants, souvent occupés, loin, injoignables, tenter d'alerter un voisin qui a peut-être un double de la clef. En dernier recours : appeler les pompiers...

    Montpellier. Madeleine, Évelyne, Lilas, Léonor et Joseph sont infirmiers dans un cabinet médical. Parmi leurs patients, beaucoup de personnes âgées à qui ils prodiguent des soins, bien sûr, mais apportent surtout un peu de chaleur humaine. Ils se relaient auprès d'eux, créant un périmètre de protection. Parfois, il en faudrait peu pour qu'ils se laissent submerger. S'oublier et se perdre eux-mêmes, et ce serait alors tout un édifice fragile d'aide et d'assistance qui risquerait de vaciller...
    Dans ce roman bouleversant, Michèle Gazier rend un hommage délicat à ces femmes qui sont des passantes des temps modernes, aux avant-postes de la solidarité et de l'altruisme.

  • Zeit et Zina sont frère et soeur. Ils vivent dans une palmeraie en Afrique subsaharienne. Leur mère a disparu du jour au lendemain : elle a suivi un photographe occidental arrivé là par hasard. Le père et ses deux enfants partent donc à sa recherche : traversant le désert, puis le détroit de Gibraltar, ils arrivent en Andalousie. Là, ils rencontrent d'autres étrangers comme eux, sans papiers, notamment Baobab, un vendeur à la sauvette qui les prend sous son aile. Comme son nom l'indique, Baobab est un géant ! Il ne leur faudra pas longtemps pour retrouver la trace de leur mère : elle est en effet sur tous les murs de la ville, sur des affiches publicitaires géantes et « indécentes ». Mais il y a bien longtemps qu'elle a quitté le photographe.
    Elle vivrait désormais chez un écrivain... En butte aux autorités locales, à la police et à l'administration, Zeit et Zina se retrouvent livrés à eux-mêmes et finissent par s'échapper. Zeit devient voleur, Zina mendie et dort sur les marches d'une église. Retrouveront-ils leur mère adorée ?
    Avec son incroyable talent de romancière et son inimitable prose poétique, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne avec elle dans les rues de Cordoue, et nous livre un roman poignant et flamboyant sur l'exil, la famille et les migrants.

  • Comme le titre l'indique, Quatre générations sous un même toit est d'abord une histoire de famille.
    Le roman s'ouvre sur l'anniversaire du vieux Qi, le patriarche qui vit avec toute sa famille réunie, dans l'une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu'à ses arrière-petits-enfants. Pour un homme qui a vu la fin de l'Empire et les boxers, c'est une bénédiction céleste. Sa seule crainte est que la célébration de son anniversaire soit compromise par le début de la guerre avec les Japonais.
    Comparée à sa stature et à sa majesté, la deuxième génération est très effacée. La troisième génération, elle, est composée de trois frères. L'aîné, Ruixan, est un homme cultivé qui enseigne l'anglais et le chinois. Le plus jeune Ruisquan, est un étudiant plein d'idéal qui quittera Pékin pour rejoindre le maquis. L'autre frère, Ruifeng, est un garçon lâche, qui se laisse mener par sa femme et finira par collaborer avec l'ennemi.
    Par ses nombreux personnages, le roman trouve son unité dans la succession des différentes générations et dans la dimension historique qui vient menacer leur stabilité. Mais les " conflits ", qui sont au coeur de l'oeuvre, n'opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin eu reste de la Chine. Ainsi Pékin devient-il le sujet principal du roman, à travers d'innombrables descriptions de la vie du peuple et de l'inépuisable beauté de la ville.
    Ecrit entre 1942 et 1944, Quatre générations sous un même toit est un roman-fleuve d'un réalisme tout à la fois original pour l'époque et une fresque incroyablement vivante, où Lao She dévoile les événements avec colère et passion.

    Sur commande
  • La narratrice traverse toute la France en voiture pour rejoindre son frère dans le Sud : elle vient lui annoncer que leur petite soeur, Agnès, vient d'être internée à Sainte-Anne. Mais il est difficile de parler avec lui qui refuse toute complicité et passe son temps plongé dans son arbre généalogique... La tension monte entre le frère et la soeur : ils n'ont rien en commun, sinon des souvenirs de leur enfance, en partie passée en Guyane, avec Agnès notamment... Agnès, dont les peurs enfantines ont été mal comprises par sa soeur aînée qui se le reproche amèrement, tandis que le frère s'enferme dans un mutisme glacé. Que s'est-il véritablement passé dans ce vert paradis de la jungle guyanaise ? Quel est ce secret de famille qui a provoqué la folie d'Agnès?

  • Avec une note de Ghislaine Limont. Nouvelle édition en 1990

  • Montgomery, alabama, 1918.
    Quand zelda, "belle du sud", rencontre le lieutenant scott fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. le couple devient la coqueluche du tout-new york. mais scott et zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... gilles leroy s'est glissé dans la peau de zelda, au plus près de ses joies et de ses peines.
    Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister... mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, gilles leroy signe ici son grand "roman américain".

  • 11 mars 2004 : attentats dans les gares de Madrid. Alice, qui vit à Madrid puis 7 mois et qui est restauratrice de tableaux, spécialiste de Zurbarán, fait partie des nombreuses victimes. Elle sort indemne mais choquée de la catastrophe qui fera plus de 200 victimes. Après le drame, Alice n'est plus la même: elle qui aimait tant travailler sur les détails des soieries et raviver la beauté des saintes de l'Allégorie de la charité, trouve désormais son travail dérisoire. Et même la relation amoureuse avec Angel, chef-cuisinier venu de Colombie, est remise en cause. Elle vit les affres de la culpabilité des « survivants ». Bientôt emmurée dans son silence, seule avec sa blessure intime, elle a besoin de rentrer en France. Mais comment faire quand on est incapable de prendre un avion ou un train ? En France, le drame espagnol est déjà loin des mémoires...

  • Dans ce troisième et dernier volet de Quatre générations sous un même toit, les habitants du Petit-Bercail sont pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Le conflit s'étend. Les Pékinois sont confrontés à la terrible réalité du rationnement et la famine qui sévit dans tout le pays s'abat sur la capitale. Elle n'épargne pas les plus innocents, tandis qu'elle amène les traîtres au pays à montrer toute la noirceur de leur âme. - L'édifice bâti par le vieux Qi tremble sur ses bases. La famille Qi, durement touchée, résistera-t-elle à la tourmenteoe - Le profond humanisme de Lao She, fait d'intelligence, d'humour et de tolérance, son style précis et poétique, continuent à captiver le lecteur qui retrouve avec bonheur des personnages devenus familiers.

  • Été 1948, Arizona. Trois jeunes acteurs, Joan Ellis, Paul Young et Bob Lockhart, tournent un western. Sur la pellicule, Paul et Bob se disputent le coeur et le corps de Joan. Mais horschamp, les choses sont bien différentes... Les garçons se rapprochent inexorablement et Joan assiste, fascinée et impuissante, à la naissance d'une passion. Mais à l'époque, la pression des studios, les ligues de décence, les comités de censure et les attaques de la presse auront raison de leur histoire d'amour. Après des années de « colocation » et de rumeurs, les deux hommes se séparent...
    Automne 2004, Manhattan : le film de 1948 ressort colorisé et restauré. Les acteurs sont invités à la projection événement en avant-première. Plus de cinquante ans après, des retrouvailles - ou des réconciliations - peuvent-elles avoir lieu ?

    Sur commande
  • Zola Jackson

    Gilles Leroy

    Août 2005, delta du Mississippi : l'ouragan Katrina s'abat sur La Nouvelle-Orléans.
    Les digues cèdent sur le lac Pontchartrain et les quartiers modestes sont engloutis. La catastrophe touche de plein fouet la communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, l'institutrice Zola Jackson s'organise chez elle pour sa survie. L'eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct. Réfugiée dans le grenier avec sa chienne Lady, Zola n'a peut-être pas dit son dernier mot.
    Sous la plume de Gilles Leroy, Zola Jackson, femme de trempe et mère émouvante, rejoint le cercle des grandes héroïnes romanesques.

  • Danser

    Astrid Eliard

    Danser coûte que coûte, tel est le credo des personnages d'Astrid Eliard. Sans cette passion commune, Chine, Del- phine et Stéphane ne se seraient jamais rencontrés : milieux sociaux, origines géographiques, motivations, histoires fami- liales, tout les opposait. À l'école de Danse de l'Opéra, ils vont cohabiter, se détester, se jauger, s'aider. Mais danser n'est pas gagné ! Chine, Delphine et Stéphane iront-ils au bout de leurs rêves ?
    Avec beaucoup d'humour et de tendresse, Astrid Eliard nous entraîne dans le monde des petits rats de l'Opéra. Pas seulement peuplé de tutus, de collants roses et de chaus- sons. Car ses trois aspirants-danseurs sont aussi des ado- lescents, préoccupés par les questions de leur âge et de leur époque. Leurs corps sont en train de devenir des objets de désir. Il leur faudra donc vivre ce changement, assumer le trouble des premiers émois amoureux, et concilier l'idéal de perfection avec la trivialité du réel.

    Sur commande
  • Tu écris comme on crie pour appeler à ton secours, transformer les morts en vivants, retrouver des lieux perdus. Jamais de plan, tes personnages te dictent les mots qu'il faut. Tu écris comme tu jardines, la terre creusée en profondeur comme pour mieux t'ancrer dans le sol français, écris pour liquider un contentieux avec toi-même et ton passé. Tu as rarement recours à l'imagination, ta vie dépasse toute fiction. C'est dans ta nature de perdre les hommes qui t'aiment, dans ta nature d'écrire ce que tu vis, le vécu ne prend sens qu'une fois écrit noir sur blanc ou serré, braise dans ta main, la brûlure confirme que tu es encore en vie.

    Une femme s'interroge : pour quelles raisons n'a-t-elle pas su garder les hommes qui ont partagé sa vie ? La passion d'écrire est-elle incompatible avec l'amour ?
    Vénus Khoury-Ghata parle de toutes les femmes qui vivent dans une grande solitude après une disparition.
    Vénus Khoury-Ghata rend le deuil presque supportable.

  • « J'ignore si le lecteur s'amusera beaucoup des souvenirs d'enfance que je vais raconter. Il y a bien cinq ans que je me demande si je dois les écrire, moi, et je viens seulement de m'y décider ! Qui sait aussi si cet enfant que j'ai été et que je revois en ce moment avec une netteté qui touche au prodige ne me reprochera pas, quand j'aurai achevé, d'avoir été, à son sujet, si loin dans ce livre. Pauvre chéri ! Comme disent si tendrement mes amies, quand je leur en parle. Enfin, ça fera peut-être quelques bonnes pages. » Dans Le Petit Ami (1903), Paul Léautaud relate ses jeunes années au milieu des lorettes et ses retrouvailles éphémères avec sa mère, femme à la fois proche et interdite.

  • "Il y a un mois environ que je suis à Casamène, - un mois que Renaud gèle, là-haut, tout en haut de l'Engadine. Ce n'est pas du chagrin que j'endure, c'est une espèce de manque, d'amputation, un malaise physique si peu définissable que je le confonds avec la faim, la soif, la migraine ou la fatigue. Cela se traduit par des crises courtes, des bâillements d'inanition, un écoeurement malveillant.
    Mon pauvre beau ! Il ne voulait rien me dire, d'abord : il cachait sa neurasthénie de Parisien surmené. Il s'était mis à croire aux vins de coca, aux pepto-fers, à toutes les pepsines, et un jour il s'est évanoui sur mon coeur... Il était trop tard pour parler de campagne, de régime doux, de petit voyage : tout de suite, j'ai deviné, sur des lèvres réticentes du médecin, le mot de sanatorium..."

empty