Passage(s)

  • Gouverneurs de la rosée narre le retour d'un habitant de Fonds-Rouge sur sa terre natale après quinze ans de travail à Cuba. Fort de cette expérience, il réussit à sauver sa communauté de la sécheresse en trouvant une source d'eau et en réinstaurant la pratique de la coumbite ou travail agricole collectif. Réunissant plusieurs préoccupations de l'indigénisme de Roumain : la compatibilité entre l'expérience scientifique et certaines pratiques traditionnelles, l'éradication des divisions de couleur au profit de la lutte des classes, et la reprise en main par le peuple haïtien du contrôle de la terre, ce roman, qui, depuis sa publication, a été autant loué que critiqué, demeure une référence incontournable de la littérature antillaise, tant pour son apport idéologique que pour la tendresse de son art.

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  • Accompagnements, analyses et célébration, tout à la fois?: les textes recueillis embrassent l'ensemble d'un parcours, mais sous des perspectives diverses donnant la parole ici à des essayistes, là à des écrivains qui ont fait l'amitié de dire l'empreinte d'une oeuvre dans le siècle ou l'impression durable de cette oeuvre dans leur propre sensibilité.

    Ce présent, c'est aussi celui que Pierre Bergounioux nous a fait, en nous ouvrant son atelier, à travers quelques pages inédites de ses carnets de notes, des photographies qui scandent son histoire ou un entretien qui embrasse à la manière d'un panorama saisissant ces quelque quatre-vingts volumes publiés.

  • Hallucinant roman de la quête de la victime expiatoire par les hérauts du malheur, explorant entre catholicisme et vaudou les insondables croyances et ténébreuses angoisses des paysans, et devant au créole son rythme, son phrasé et sa puissance apocalyptique, La Montagne ensorcelée est sans doute le texte le plus vertigineux écrit par Jacques Roumain. Happé dans un tourbillon d'images par une prose d'une stupéfiante puissance d'évocation, le lecteur plonge dans un univers dont il parvient à s'extirper. Mais de cette plongée, il ne ressort pas indemne ; lorsque ses yeux se détachent de la dernière ligne, il halète, suffoque. Frappé de mutité, il étouffe un cri, comme ensorcelé et en proie à une indéfinissable torpeur.

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  • Au coeur de la forêt de Guinée Équatoriale, en territoire fang, Okomo, une adolescente orpheline de mère, entreprend de partir à la recherche de son père biologique. Lors d'une quête généalogique en forme de douloureux chemin d'apprentissage affectif et sexuel, elle se heurte aux traditions patriarcales et aux séquelles de la colonisation espagnole, autant de dispositifs d'invisibilisation au détour desquels elle cherche à inventer sa place difficile de femme fang lesbienne et orpheline. Au croisement du conte initiatique et du récit anthropologique, La Bâtarde, premier récit de fiction de l'autrice à être traduit en français, fait de Trifonia Melibea Obono l'une des voix majeures de l'écoféminisme littéraire africain.

  • La Réunion du Conseil national de l'audiovisuel... réunit douze nouvelles oulipiennes. Dans ce recueil jubilatoire, Ragnar Helgi Ólafsson joue avec les mots autant qu'avec les divers modes d'écriture (récit épistolaire, conte fantastique, rapport administratif...). Mais c'est là pour mieux pointer avec humour et tendresse, les limites de la condition humaine et la tendance quasi maniaque de l'homme à vouloir contrôler et organiser chacun des aspects de son existence.

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  • Les nouvelles de Ngugi wa Thiong'o réunies dans ce recueil offrent une étonnante galerie de portraits d'anonymes, de héros et de martyrs de l'ère de la Colonisation, du temps de la révolte des Mau Mau et des lendemains des Indépendances. Ces lendemains avec ce qu'ils charrient de désillusions, de déceptions, d'amertumes. Dans une écriture étourdissante de densité, Ngugi wa Thiong'o, qui excelle à passer du tragique au comique, livre un tableau sans concession d'un Kenya face à ses choix.

  • En novembre et décembre 1927, Paul Morand et son épouse sont de retour dans les Antilles après un passage express effectué au début de l'année. Le but de Paul est de se «?documenter?» sur les Noirs des Antilles en vue de rédiger la partie antillaise du troisième volet de sa Chronique du XXe siècle : Magie noire. Ces Carnets d'un voyage aux Antilles correspondent aux notes prises au jour le jour par Paul Morand durant son séjour, consignées dans trois carnets conservés dans le fonds Morand des Archives de l'Académie Française, que l'auteur a remaniées pour former la première partie d'Hiver caraïbe. Les éléments inédits contenus dans ces notes permettent d'appréhender, outre sa méthode de travail et ses humeurs du moment, l'évolution du regard porté par Morand sur les Noirs entre le début de sa «?période nègre?» en 1927 et sa fin en 1930.

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  • 1848. Saint-Pierre, Martinique. Alors qu'une époque, celle de l'esclavage, meurt et qu'une autre, encore incertaine, commence à prendre forme, un colon, un «?béké?», observe ce monde en pleine mutation, au rythme du carnaval, de la nature et de la révolution, en pleine conscience. L'abolition est annoncée, elle sera prononcée. Quelle époque ouvre-t-elle ? Quelle société ? Quelle douleur ? Vincent Placoly imagine le journal intime de cette année 1848, écrit, à l'ombre du volcan, par cet homme malade, produit du colonialisme, et pourtant fasciné par les esclaves, afin de traduire les ambiguïtés d'une île, projetée dans ce futur qui est notre présent. Aussi n'est-ce pas seulement de la Martinique dont il est question, mais de tous les lieux qui portent encore l'esclavage comme une plaie vive au coeur de leurs mémoires. Interrogation sur le livre, le mal et la révolution, portée par une langue magnifique, Frères Volcans est un chef-d'oeuvre d'équilibre, de beauté et d'intelligence, unanimement salué comme tel à sa sortie, qui affirme «?le sentiment, encore confus, que nos jours exigent que la poésie pousse à l'action?».

  • Face aux contraintes du réel, nous rêvons tous, parfois, de nous évader de notre propre vie. D'accomplir en un instant toutes nos tâches tant de fois repoussées et de mener une existence insouciante et libre. Ou d'échapper à la routine, à la médiocrité, à l'ennui, voire aux limites de notre condition humaine. Les personnages de ces nouvelles accomplissent ces prodiges. Par leur singularité, ou par les processus surnaturels qui se déroulent en eux, ils fascinent leurs semblables, les aident à trouver eux aussi le bonheur ou la liberté, ou parfois les inquiètent, car ils constituent une menace pour l'ordre établi. Puisant avec humour et poésie dans le répertoire des contes merveilleux et des grands mythes fantastiques, Mehis Heinsaar injecte du rêve dans le quotidien de villes et de villages d'Estonie et nous entraîne dans un monde où tout est possible.

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  • Une princesse maudite, des Maîtresses de la Destinée, une couturière pleine de sagesse, une robe de soirée ruinée, un policier tatoué des plus serviables, une famille grecque composée d'insupportables frères et soeurs, un mariage à Istanbul, de vieux contes populaires... Traversant l'Europe avec la clé du destin de la couturière entre ses mains, la narratrice va-t-elle, à son tour, réussir à trouver la clé de son propre destin ?

  • Que reste-t-il d'À La Recherche du Temps Perdu un siècle après sa parution ? Un siècle après l'érosion des pluies acides de la critique ? Un précipité noir. Noir comme un roman noir. Dans La Recherche, le crime est symbolique. Les meurtres se font en série. Chronique de la mort annoncée d'un auteur, de la noblesse, d'une France féodale, monarchique, catholique et rurale, le roman de Proust propose une enquête et Marcel est son détective. Cet essai interroge La Recherche à travers une couleur : le noir. Une couleur élémentaire et complémentaire, qualité commune à deux éléments hétérogènes : la littérature et le cinéma. Un essai à double équation où le cinéma se voit au grand jour et la littérature se lit dans le noir. Un essai à la recherche d'une inconnue à variables multiples qui se dévoile presque nue, ici sur la faille, au bord du Pacifique, à Los Angeles.

  • Ne pleure pas, mon enfant retrace l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte de Njoroge dans les dernières années du Kenya sous domination coloniale. Un Kenya en proie au chaos né de la révolte des Mau Mau et des espoirs charriés par Dedan Kimathi, le héros de la lutte pour l'Indépendance. Au travers des espérances et attentes d'un jeune homme qui rêve d'un avenir radieux pour son pays, ce sont ses propres espoirs que traduisait, dans une écriture où l'émotion affleure à chaque page, Ngugi wa Thiong'o, qui était alors âgé de vingt-quatre ans et dont c'était le premier roman...

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  • «?Maintenant que j'ai la possibilité de parler, je ne vais pas m'arrêter.?» «?Pour l'auteur, il n'y a pas de salut dans l'écriture. Pas de thérapie possible. C'est même le contraire qui se passe et recommence à chaque instant?: les livres volent des morceaux de votre vie, de vos émotions, de votre mémoire, de vos tragédies et ils vous abandonnent.?» «?Écrire c'est ne pas se soumettre. Je ne me soumets pas aux riches et aux puissants du Maroc, et depuis que je vis en France, il est hors de question pour moi de donner aux Français et autres Occidentaux ce qu'ils attendant d'un Musulman gay. Je ne deviendrai jamais la victime qu'ils veulent que je sois.?» «Now that I have the possibility to speak, I am not going to stop.» «For the author, there is no salvation in writing. No possible therapy. It is even the opposite that occurs and reoccurs at every instant: books steal bits of your life, of your emotions, of your memory, of your tragedies and abandon you.» «To write is to not submit. I do not submit to the wealthy and powerful in Morocco, and since I've been living in France, it's out of the question that I would give the French and other Westerners what they expect from a gay Muslim. I'll never become the victim they want me to be.»

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  • Anaya

    Cécile Brochard

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  • Évoquer le parcours personnel, politique et littéraire de Conrad Detrez revient à exhumer des pans entiers de passions collectives et de débats de société qui ont marqué le XXe siècle, et dans lesquels plusieurs générations se sont, au sens très précis du terme, «?engagées?». En effet, la vie de l'éternel jeune Belge, bien que fugace et prématurément interrompue, donne à voir le foisonnement des convictions, des certitudes et des engagements, souvent contradictoires, qui ont nourri toutes formes de militance, voire de martyre. Mais, par ailleurs, et un peu à son insu, comme Detrez devait l'avouer dans Les Noms de la tribu, face à un monde en mutation, son écriture et sa pensée pointent déjà les soucis nouveaux et les lignes de force majeures de l'interprétation du fait littéraire tels qu'ils ont fini par s'imposer à la critique aujourd'hui, et qui ont pour noms études postcoloniales, ethnicité, sexualité?/?genre, études culturelles et études régionales (Area Studies). En effet, la poétique detrézienne prend assez tôt acte du tournant du discours (idée) vers la culture (réel), raison pour laquelle elle s'avère toujours si stimulante et captivante, et continue d'interpeller la recherche en littérature dans ses différentes tendances, perspectives et thématiques.

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  • La fiction caribéenne d'aujourd'hui entend prendre forme dans l'univers composite qui est le sien, issu des brisures de l'histoire autant que d'une rencontre des continents dont serait née l'infinie diversité qui tisse l'humain et le vivant tels que le caribéen les examine?; ce qui le conduit à remettre en question l'Universel pour ces néologismes forgés par lui : le Tout-Monde d'Édouard Glissant puis le Diversel et le Multivers revendiqués par Patrick Chamoiseau dans Les neuf consciences du Malfini. Cela induit une profonde mutation de la forme romanesque à laquelle le romancier, devenu « marqueur de paroles » ou «?raconteur?», semble désormais, dans le sillage de Chamoiseau, préférer les «?organismes narratifs?» écrits à la croisée de toutes les langues. Nous proposons une analyse de cette problématique suivie d'une «?mise en jeu?» des concepts qu'elle trace dans les contributions de Nicolas Pien, Joséphine Marie, Odile Gannier, Renée-Clémentine Lucien, Dominique Deblaine et Dominique Diard suivies d'un texte inédit de Dominique Deblaine, écrivaine de Guadeloupe.

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  • Dans une grande ville africaine dont on ne connaît pas le nom, en lisière des eaux troubles du Golfe de Guinée, une enfant déambule, égrenant ses souvenirs minuscules et immenses. À la croisée de ses récits loufoques, mystérieux ou poétiques, émerge une communauté humaine et non humaine, celle d'un pays natal cruel et idéalisé dans lequel elle cherche inlassablement sa place.

    Les douze textes qui composent le recueil sont à la fois autonomes et solidaires, et peuvent être lus ensemble ou séparément, tant les voix qui hantent la protagoniste reviennent et s'entremêlent pour composer le portrait difficile du pays premier. Cette courte fiction déroule les étapes d'une régression géographique et intérieure, d'une méditation initiatique, sociologique et spirituelle, au sein desquelles la quête des racines manquantes le dispute à la découverte de la colonialité du monde.

  • Rabearivelo est sans doute l'écrivain francophone malgache le plus célèbre. Et le plus méconnu aussi, car une majeure partie de son oeuvre est longtemps restée inédite. Né en 1903, l'homme s'est fait connaître dès les années 1920, en publiant des recueils de poésie d'une grande puissance lyrique. Homme de talents multiples, il s'est imposé comme poète, mais aussi romancier, journaliste, dramaturge, critique, historien littéraire et formidable épistolier. Sans jamais être sorti de Madagascar, il entretenait des liens par correspondance avec quelques-uns des grands écrivains occidentaux de son temps : André Gide, Paul Claudel, Valéry Larbaud... Senghor qui avait inclus ses poèmes dans son Anthologie de la poésie nègre et malgache (1948) le considérait comme le « Prince des poètes malgaches ».

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  • Deux administrateurs coloniaux en conférence, un missionnaire trop zélé, un couple de pitres en goguette, un groupe de croisiéristes hilares sur une île désespérante, un génie en manque d'inspiration, un héritier inattendu, un consul peu regardant, deux comédiens d'un soir nostalgiques de leur unique triomphe... Ce sont là quelques-uns des personnages qui composent les nouvelles de ce recueil au style suranné.

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  • Lors des rares entretiens qu'il a livrés, Le Clézio a souvent répété que c'est sa propre enfance, marquée par l'occupation et par l'exil, qui est à la naissance de son désir d'écrire, et l'enfance et les lieux dans lesquels elle se déploie, occupent une place prépondérante dans son oeuvre. Qui sont ces enfants ? Quels sont ces royaumes dont ces enfants rêvent, qu'ils atteignent, qu'ils inventent ou qu'ils ne rejoindront jamais ? De quelle matière sont-ils construits ? Sont-ils réels, utopistes ou fantasmés ? Sont-ils autobiographiques, seulement issus d'un substrat autobiographique ou encore purement imaginaires ? Y a-t-il une poétique, un imaginaire, une narration communs à tous ces récits et ces personnages? Cette poétique induit-elle un sens ? C'est pour répondre à ces questions que Medhi Alizaleh, Houda Benmansour Jorgensen, Muguras Constantinescu, Justine Feyereisen, Orphée Gerson Gore, Dominique Lanni, Nicolas Pien et Marina Salles se sont réunis à Malte le 30 mars 2012. Les ont rejoints dans cet ouvrage Sonia Dosoruth, Dominique-Joëlle Lalo, Anca Magurean, Fanny Mahy, Raymond M'Bassi Atéba, Bernadette Rey Mimoso-Ruiz, Maryam Sheibanian, Bogdan Veche et Fredrik Westerlund, ainsi que J.M.G. Le Clézio lui-même, dans un entretien exclusif accordé à Houda Benmansour Jorgensen et Nicolas Pien lors du Festival « Étonnants voyageurs » qui s'est tenu à Rabat en mars 2014.

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  • Les années 1920 et 1930 sont fertiles en voyages, explorations de l'ailleurs et rencontres de l'autre. Nombreux sont les écrivains qui ont rendu compte de leurs périples et expériences dans des carnets, des journaux, ou qui en ont livré une transfiguration à travers des fictions ou des poèmes, nouant à chaque fois une relation entre le moi, l'autre et le monde. Que révèlent les oeuvres et travaux d'auteurs aussi différents que Lévi-Strauss, Prévert, Breton, Greene, Daumal, Saint-John Perse, Cendrars, Rabearivelo, Beauvoir, Gauguin, Segalen, Gide, Morand, Londres, Leiris, Griaule ou encore Hergé sur l'ailleurs ? Sur l'autre ? Sur le moi ?

    C'est pour élucider ces rapports que Jean-Baptiste Bernard, Maéva Bovio, Françoise Douay, Lorraine Dumenill, Dominique Lanni, Tiphaine Martin, Laurence Perrigault, Mathilde Poizat-Amar, Richard Spiteri, Erika Thomas et Thierry Tremblay se sont réunis à Malte le 30 mars 2012. Cet ouvrage est le fruit de leurs échanges.

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