Langue française

  • Emier véritable essai consacré à Claude Sautet qui vient combler un manque par une lecture approfondie de l´oeuvre sous la plume passionnée et rigoureuse d´un cinéphile hors pair.

  • "Ma dernières séance. Marielle, Broca et Bemondo" ne ressemble à aucun autre livre sur le cinéma. Thomas Morales brouille les pistes et s'amuse avec ces trois "bornes existentielles" et "réalise" un objet littéraire détonnant.

  • Sous forme de lettre, une interpellation adressée au Président de la République par le grand journaliste d´investigation Gilles Gaetner.

  • De 1971 à 1980, Michel Marmin a été le critique, parfois âprement controversé, de Valeurs actuelles et du Figaro. Après deux décennies consacrées à d'autres travaux - notamment sa participation comme scénariste à plusieurs films de Gérard Blain -, ce défenseur intraitable du cinéma d'auteur, qu'il préfère appeler « cinéma de création » (par opposition au « cinéma de consommation »), est revenu à ses premières amours. Ce sont ici vingt années de découvertes ou de redécouvertes dont Cinéphilie vagabonde offre la chronique souvent intempestive, car définitivement rebelle à l'air du temps.
    Dans cette chronique, Michel Marmin s'élève également contre la domination des multinationales américaines, dont les conséquences sont l'affaiblissement des cinémas nationaux, des cinémas nourris par une culture nationale, et, par voie de conséquence, l'extension à la planète entière d'une « monoforme » cinématographique. Laquelle n'a d'autre but que de coloniser les cerveaux, et d'imposer le modèle de société hollywoodien et le mode de développement capitaliste.
    Tels sont les deux axes majeurs de ce livre qui, par ordre alphabétique, propose au lecteur des vues originales sur des cinéastes contemporains comme Joël Séria, Ken Loach, Leos Carax, Wim Wenders, Jean Marboeuf, Robert Guédiguian,ou Bruno Dumont, sans oublier une indispensable révision de « classiques » comme Jean Renoir, Luis Buñuel, Éric Rohmer, Kenji Mizoguchi, Robert Bresson, Alexandre Astruc, Charles Chaplin ou Michelangelo Antonioni.
    Enrichi par des vues pénétrantes sur le cinéma muet (Louis Feuillade), le cinéma de télévision (Stellio Lorenzi) ou le cinéma de cape et d'épée (Riccardo Freda), le nouveau livre de Michel Marmin joint à une radicalité esthétique assumée un éclectisme rafraîchissant. Et les amoureux de la meilleure littérature y trouveront leur compte, de grands écrivains ayant eu partie liée avec le 7e Art ayant fait l'objet d'articles particuliers - Roger Nimier et Roger Vailland en l'occurrence.

  • Ce "faux journal" , composé d´après des faits exacts, retrace le voyage de Chopin et de George Sand de Majorque à Nohant, entre février et juin 1839. Rédigé par Chopin, il fait se superposer le récit des événements avec celui de l´écriture de son oeuvre majeure que constituent les 24 Préludes, conçus pour partie à Majorque et achevés, dans leur totalité, sur l´île. Il est donc aussi un journal de création.

  • « J'ai vécu. J'ai vu. C'est un des maigres avantages du métier de journaliste. Mais quelques satisfactions quand même. Car j'ai pu parfois mépriser les grands de ce monde que j'ai croisés. Sans pour autant - il me faut être honnête- avoir le courage de leur dire en face.
    Il m'est arrivé aussi de rencontrer des anonymes: mes plus belles rencontres. De ces moments fugitifs, j'ai fait des croquis. Des instantanés qui contiennent toujours une part de vérité sans être bien sûr toute la vérité.
    Parmi ces moments, Rocard, Victor Fay, Chirac, Giscard, Mitterrand, Cohn-Bendit, Kaczynski, Walesa, le Grand Rabbin de Pologne, un Tchèque inconnu, Marguerite Duras, Amine Gemayel, Max Théret, Pierre Lazareff, Jean-Pierre Chevènement et quelques autres...
    Certaines rencontres ont plus marqué ma mémoire que d'autres : Jean-Marie Le Pen poursuivant deux Arabes un tesson de bouteille à la main ... Jacques Chirac déshabillant goulûment une fille du regard...
    Arafat faisant ripaille... Walesa protégeant le Juif Michnik contre les antisémites de son camp... Marguerite Duras buvant et buvant encore et sombrant dans l'alcool.
    Tous m'ont donné quelque chose. Mais le meilleur, c'est ce que j'ai volé : un regard, des phrases, des attitudes.
    Pour les évoquer, j'ai parfois été brutal, fréquemment moqueur, rarement admiratif. Je les ai figés tels qu'ils me sont apparus. Souvent une photo dit mieux les choses qu'un long discours. Des instantanés.
    Je ne pense pas être prétentieux en écrivant que dans ces pages défilent cinquante ans de notre Histoire contemporaine.»

  • A` la source du malheur franc¸ais, il y a des trai^tres franc¸ais qui portent des pre´noms franc¸ais. Cela fait quarante ans et plus qu'ils abusent de la confiance des e´lecteurs, mentent sur les re´alite´s de la socie´te´, saccagent la nation fragile. Faudrait-il se re´soudre a` regarder la France se de´sinte´grer, sans que les vandales soient inquie´te´s? L'heure des comptes a sonne´ pour les maltraitants de la France mille´naire. Pourquoi pas devant la justice ? Un projet de socie´te´ est a` repenser. Avis aux bonnes volonte´s ! Rien n'est plus puissant qu'une ide´e dont l'heure est venue. Cette ide´e peut se re´sumer en un conservatisme national. Ce concept s'e´labore aussi bien dans les cuisines de la France profonde que dans les think tanks ame´ricains. Une chose est su^re : le peuple en cole`re, qui a e´branle´ le pouvoir macronien, ne se taira pas de sito^t.

  • Lire Simone Weil (1909-1943), Cristina Campo (1923-1977), Mar?a Zambrano (1904-1991), ces « flammes libres », c'est d'abord écouter leur voix, longtemps recouverte par l'obscurantisme de notre époque, celui qui refuse toute lumière autre que celle d'une raison sèche, désincarnée. Leurs oeuvres sont devant nous. Il a fallu du temps pour reconnaître le génie de Simone Weil et de Mar?a Zambrano, dont une oeuvre magistrale, L'Homme et le divin, publiée en 1955 au Mexique, fut refusée par Gallimard malgré le soutien d'Albert Camus, bien avant qu'elle reçoive le prix Cervantès à Madrid en 1988 pour l'ensemble de son oeuvre. Quant à Cristina Campo, on commence seulement à la lire en France, elle qui a si peu publié de son vivant et dont la plupart des écrits, enfouis dans des malles, ont disparu, dispersés par ses héritiers après sa mort en 1977. Ces trois voix ont brûlé, dans les ténèbres du XX e siècle - cette longue nuit de guerres, de totalitarismes, de barbarie où nous errons encore -, de leur désir de vérité et de cette volonté qui consiste à aimer inconditionnellement. Trois femmes, trois voix qui s'entrelacent sans le savoir en une seule flamme dans la nuit où le Verbe se fait silence, dans trois langues vivantes et soeurs, le français, l'italien, l'espagnol. Si différentes dans leur absolue singularité , elles se ressemblent, toutes trois de la lignée d' Antigone, éminente figure du sacrifice, de l'offrande sans concession, de l'amour sans conditions, du « moi » consumé pour accéder à l'être, sans lesquels il n'est pas de révolte authentique. Dans le temps de vie qui leur fut imparti, brève et fulgurante trajectoire de Simone Weil, morte à trente-quatre ans, longue vie de Mar?a Zambrano du début à la fin du siècle, parcours orienté dès la naissance par la maladie, pour Cristina Campo qui ne connut pas la vieillesse, elles ont eu cette capacité si rare de transformer leur vie en destin.
    Toutes trois ont connu l'extrême souffrance, à travers l'épreuve de la maladie, pour Simone Weil et Cristina Campo, ou celle de l'exil pour Mar?a Zambrano, à travers les ruptures, les deuils, aussi. Toutes trois ont vécu dans le monde et hors du monde, hors des modes, hors de l'air du temps. Une parenté les li , de celles que Nietzsche nomme « amitiés stellaires » qui n'ont de lieu que dans l'espace de la pensée, de l'intelligence et de la vérité, perceptible dans leurs thèmes qui se font écho - une écholalie, comme l' écrit André Hirt à propos de Baudelaire, Wagner et Nietzsche - parenté dont Cristina Campo serait la jointure poétique, elle qui découvre La Pesanteur et la Grâce en 1950, oeuvre de Simone Weil qu'elle contribue à importer en Italie, et qui « reconnaît aussitôt dans la philosophe française une soeur. Plus intense, plus brûlante. » On Chacune se reconnaît chacune en l'autre dans une triangulation dont l'enjeu n'est autre que cette mystérieuse activité, « écrire », comme pratique rationnelle du logos et simultanément, expérience mystique.

  • Ce bref essai part d'une constatation biographique : Isabelle Huppert est née le 16 mars 1953, soit 15 jours avant Richard Millet. Autant dire qu'elle représente une sorte de miroir dans lequel l'écrivain scrute sa propre figure autant que celle d'une actrice dont la filmographie a quelque chose de très français en même temps que d'universel.
    Ainsi les films majeurs dans lesquels elle a tourné, Des Valseuses à Elle, en passant par Chabrol, Cimino, Losey, Godard, Haneke, Téchiné, Trier, sont-ils aussi des moments importants de la vie de l'écrivain, l'actrice et l'écrivain s'inscrivant chacun à façon dans leur époque. On verra ici pourquoi, loin de toute fascination mais non sans une certaine ambiguïté, puisqu'il s'agit d'une femme.
    Avec Huppert et moi, Millet clôt une trilogie constituée par Le corps politique de Gérard Depardieu (Pierre-Guillaume de Roux, 2014) et Pour Bernard Menez (Léo Scheer, 2017).

  • Lisez les nouvelles de ce recueil, sans doute le plus remarquable de tous ceux qu'a déjà signés Michel Lambert.
    Son thème majeur, la solitude, y est traité avec une maîtrise jamais égalée auparavant. De quoi est-il question ? De coeurs brisés, de deuils, de trahisons, d'échecs cuisants ou de secrets de famille... Choses déjà racontées mille fois, dira-t-on. La force mystérieuse et invincible qui monte de ces nouvelles vient d'ailleurs. Elle s'explique par l'art infiniment subtil du dévoilement et du retardement auquel l'auteur a recours pour traduire l'ineffable de la solitude, un drame dont on ne se débarrasse pas en se confiant simplement à une âme compatissante. La solitude épouse, ici, la consistance fuyante des nuages : peuplée d'ombres dont la nature et la forme fantastiques explosent tout à coup pour introduire un autre sentiment connexe au mal être : la terreur. Qu'on ne s'y trompe pas. Le registre de Michel Lambert demeure celui du réalisme, servi par une minutie d'observation et un rare instinct de la montée en crise et des variations psychologiques les plus infimes, quasi météorologiques. Qui mieux que Michel Lambert parvient à ancrer dans le quotidien le plus banal, l'irruption de la fatalité la plus singulière, exprimé par un style soudain magique ? Écoutez les conversations qu'il nous rapporte. Des conversations de tous les jours, qui se poursuivent entre des regards et des gestes, eux aussi, familiers à notre mémoire. Sauf qu'il s'y cache cette troisième présence, brouillant la ligne, celle du double et du doute : quand le personnage se regarde trente ans en arrière et renie tout bas l'être qu'il a été. Aucun secret ne nous est révélé en ligne droite. La solitude s'appuie, ici, sur un réseau de relations complexes, mise en scène d'une manière qui, toujours, obéit au sens de la désorientation et pour cause... La qualité quasi photogénique rendue à l'énigme des personnages frappe peu à peu le regard. Quand leurs silhouettes d'êtres égarés, seuls sur Terre, se détachent tels des fantômes en avance sur leur propre mort. Entraînés par le flux continuel qui animent les grandes villes, ils lèvent aussi les yeux vers le ciel et c'est alors qu'apparait toute la dimension de l'oeuvre lambertienne : quand ce moment d'éternité se fixe, comme en surimpression, divin et consolateur, au-dessus de la solitude si misérable à l'échelle humaine.

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  • Apocalypse (1924), essai publié de façon posthume en Italie, en 1931, car trop subversif pour l'Angleterre de l'époque, est méconnu en France. Il n'a été traduit en français qu'une fois, tant bien que mal, par Fanny Deleuze, en 1978 (Éditions Balland).
    Ce texte vigoureux, unique en son genre, consacré à l'Apocalypse de Jean (dernier livre du Nouveau Testament) est un peu le testament du grand écrivain anglais. D'un ton tantôt grave, tantôt humoristique, vindicatif ou familier, il est écrit des deux mains, des deux cerveaux : du gauche, celui de l'érudit, et du droit, celui du poète visionnaire. Très au fait de la science biblique et ésotérique de son temps, D.H. Lawrence en donne une synthèse critique éblouissante, serrée, parfois contestable mais toujours captivante et provocante, menée comme un roman policier : du labyrinthe apocalyptique, il s'agit d'extraire la substantifique moelle, vivifiante pour tous hic et nunc, chrétiens ou non. Cette moelle, il la découvre, et nous l'offre : c'est une vision renouvelée, fraîche et "viride", du cosmos et des liens entre les hommes.
    Car ce petit livre très vivant, plein d'élan, d'une audace admirable, réussit une chose fort rare : démystifier sans désenchanter. Il déconstruit, certes, mais reconstruit du même geste.
    L'Apocalypse, Revelation en anglais, devient un révélateur de maintes contradictions qui se trouvent au coeur de la conception européenne et chrétienne de l'Histoire.

  • Ce 3° Tome du Journal de Richard Millet vient après le 1° volume qui, de 1971 à 1994, montrait les années de formation littéraire, musicale et amoureuse de l'écrivain, son entrée dans l'enseignement public, et ses débuts littéraires aux éditions POL.
    Le 2° tome, paru comme le premier aux éditions Léo Scheer, allait de 1995 à 1999 : années importantes qui voient la naissance de sa première fille, le succès de ses grands romans La Gloire des Pythre et L'Amour des trois soeurs Piale, et le passage de l'enseignement à l'édition, où Millet devient directeur littéraire des éditions Balland, où il sera le premier éditeur de Philippe Claudel, notamment.
    Le 3° tome va des années 2000 à 2003. Années décisives : naissance de sa deuxième fille, rupture avec POL, fin de sa collaboration avec Balland, arrivée chez Gallimard. Millet séjourne souvent au Liban et en Syrie, et aussi dans sa Corrèze natale. Sur le plan littéraire, il publie Lauve le pur, qui manquera de peu le prix Inter, La Voix d'alto, et, surtout, on assiste à la genèse de son roman Ma vie parmi les ombres. Le journal fourmille de réflexions sans complaisance sur l'époque, d'anecdotes et de personnages, dont certains sont morts : Paul Otchakovsky- Laurens, Guillaume Dustan, Jack-Alain Léger, Dominique Noguez) et d'autres toujours actifs : Angot, Goffette, Tillinac, Sollers, Wieviorka, Finkielkraut, Camille Laurens, Alice Ferney, etc.

  • "Le diable parmi vous" n'est pas seulement le récit d'un périple à travers les Etats-Unis d'Amérique. Dans ce road trip de Cole et Jesse vers l'Ouest, on est plongé dans l'histoire tumultueuse des Etats-unis des années 1960 : la présidence de Nixon, les manifestations contre la guerre du Vietnam, le mouvement des Black Panther, les revendications LGBT, les voyages sur la lune.

  • « - Si vous voulez, je peux faire l'amour... Lundi... Vous donnerez juste un peu plus d'argent... » Sa voix restait aussi fermée que son visage, et tout aussi terne que lorsqu'elle évoquait la Transnistrie. Sans doute avait-elle deviné dans quelle solitude je vivais, depuis ma sortie de l'hôpital, ou Léonore lui en avait-elle parlé pour la décider à travailler chez moi. Elle ne me proposait rien de plus qu'un complément de service : elle était de ces femmes qui, nées dans un pays arriéré, comme on disait à Siom, où les meilleurs d'entre nous considéraient cette arriération sans amertume, comme une fatalité historique, ont très tôt appris que savoir satisfaire un homme est le plus sûr moyen d'accéder, faute de bonheur, à une forme de tranquillité. Pour Yelizeveta, il s'agissait d'améliorer le fruit de son travail. Léonore m'avait dit qu'elle avait été mariée à un homme brutal, qu'elle avait divorcé et vivait, dans une lointaine banlieue, avec un fils âgé d'une quinzaine d'années pour lequel elle avait les faiblesses d'une mère seule et se sacrifiait, avait-elle ajouté en usant d'un verbe qui me paraît caractériser la femme tout entière - cette dimension sacrificielle étant particulièrement sensible dans le domaine sexuel, où la nature de l'appareil génital féminin rend possible sa soumission au temps sexuel de l'homme, pourtant infiniment moins vaste et riche en sensations que celui de la femme, l'homme n'étant, sous cet aspect comme en bien d'autres domaines, qu'un roi au sceptre en forme de hochet. (...) Nulle femme ne m'a pourtant mieux compris, intuitivement, sans pour autant s'intéresser à moi, à mon histoire, à ma qualité d'écrivain, ma maladie seule paraissant la soucier (...)»

  • Publié dans l'hebdomadaire Gringoire en trois livraisons du 31 août au 14 septembre 1939, Le Faux Belge n'est pas à proprement parler un inédit de Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945), mais une nouvelle qui constitue l'essentiel de l'épilogue du roman Gilles (paru en décembre 1939), auquel seront ajoutées une dizaine de pages qui mènent le personnage à l'acmé de sa destinée sacrificielle. Ce texte ne fut guère connu que de quelques spécialistes de Drieu (ses biographes Pierre Andreu et Frédéric Grover ou encore Jean Lansard, son meilleur bibliographe) mais, apparemment oublié depuis, il n'a jamais fait l'objet d'une publication en volume et est même absent de l'appareil critique de la Pléiade regroupant plusieurs oeuvres de Drieu !
    Le Faux Belge met en scène un certain Walter, prétendument professeur de chimie belge en vacances durant l'été 1936 (Guerre d'Espagne) à Barcelone alors qu'il est en réalité un agent fasciste infiltré. Suite à un sombre quiproquo, Walter embarque par erreur en direction des Baléares, dans un petit avion où sont présents deux communistes, le juif Cohen et le Français Escairolles. L'avion est forcé de se poser à Ibiza. Ignorant si l'île est aux mains des rouges ou des blancs, les passagers concluent sur la plage un pacte d'entraide mutuelle quelle que soit la configuration de forces politiques en présence. Puis ils partent à la rencontre des autochtones...

  • Cet ouvrage prolonge la réflexion engagée par l'auteur depuis son premier livre, L' Ère du consommateur, sur le fonctionnement des sociétés occidentales contemporaines dans lesquelles l'obsession de l'intérêt personnel, ce qu'il nomme la consommation du monde, a peu à peu dévoré toute autre considération, alimentant ainsi un nihilisme généralisé.
    Ainsi ce livre parle de philosophie, et même de métaphysique, montrant comment l'oubli volontaire de la conscience tragique de la vie nous enferme dans un monde factice, occupé à nier la réalité de la mort, de la souffrance et du mal et vivant dans l'illusion qu'il peut tout contrôler et tout déterminer. A ce titre, c'est aussi une critique du modèle de connaissance que produit notre monde, persuadé qu'il connaît une chose lorsqu'il a opéré celle-ci de tout ce qui est vivant en elle pour la réduire à un objet inerte que l'on peut consommer.
    Ce livre est aussi l'ouvrage d'un moraliste qui traque la présence de l'intérêt partout, et en particulier là où notre monde veut nous faire croire qu'il est parfaitement désintéressé : la morale et l'art, par exemple. Cette omniprésence de l'intérêt égoïste conduit à aplatir les individus, effaçant toute singularité effective pour ne plus laisser subsister que des différences anecdotiques. Le livre oppose à la morale de l'intérêt une morale de l'estime de soi, figurée par les saints et les héros, où la recherche constante de l'estime de soi élève et fortifie. A la dissémination de la vérité, à sa privatisation sous la forme d'une multitude de petites vérités individuelles, il oppose les exigences de principe d'une vérité qui vaut pour tous Enfin, ce livre est aussi l'ouvrage d'un styliste qui analyse l'esthétique du nihilisme contemporain, c'est-à-dire la traduction de ce nihilisme dans nos formes de pensées et d'actions, depuis le culte de la différence jusqu'à celui de l'opportunisme, mais aussi à travers notre pratique moderne de la politique et de la religion. Au style du nihilisme, il oppose les exigences d'un style résolument autre, se fondant notamment sur le christianisme baroque et l'Europe classique, où la création aristocratique de soi abolit le souci intéressé de soi.
    Parce que ce livre est à la fois un traité du style et une dénonciation du nihilisme moderne, il privilégie le fragment et l'aphorisme, opposant ainsi à la dispersion indifférenciée, caractéristique de notre modernité, l'unité de la pensée dans la diversité de ses expressions.

  • « A douze ans d'intervalle, nous avons assisté à deux événements à la portée symbolique opposée : la chute du Mur de Berlin en 1989 et l'effondrement des Twin Towers le 11 septembre 2001. Le premier a été considéré dans les milieux libéraux comme marquant la fin des totalitarismes et la naissance d'une ère de prospérité et de paix universelle débouchant sur la « fin de l'histoire » (Francis Fukuyama). Le second, tout au contraire, a révélé la puissance du « fanatisme religieux » faisant irruption dans un monde globalisé cherchant à s'unifier par le moyen de la technologie et du commerce. D'un côté, le triomphe de la pensée « rationnelle », de l'autre le spectre des « fous de Dieu ».
    La théologie politique, du même coup, a repris ses droits : au cours de la dernière décennie, des centaines de livres, d'essais, d'articles, de colloques sont venus témoigner de son actualité, qu'il s'agisse des efforts déployés par les Eglises pour échapper à la privatisation intégrale de la foi et reprendre pied dans l'espace public, des débats sur la laïcité et le statut civil des religions, des discussions sur le « matérialisme pratique » et le « désenchantement du monde », mais aussi sur le « retour du religieux », le nouvel essor de l'islam (et de l'islamisme politique), le renouveau charismatique et le développement des sectes d'inspiration évangélique qui, en Amérique latine, exercent aujourd'hui une séduction que l'ancienne théologie de la libération des années 1970 et 1980 a perdue. (...) La question de la pertinence politique du christianisme reste ainsi ouverte, tout comme celle d'une éventuelle levée de l'«excommunication» publique de la religion. On peut la formuler ainsi : si la modernité a pu être définie en termes de sécularisation, la postmodernité doit-elle être comprise comme désécularisation, c'est-à-dire comme un moment où la religion fait retour dans l'espace public sous des formes nouvelles ?»

  • "L'angoisse du devenir hante les récits de Saint-Exupéry. Lorsque le pilote dans son avion (Vol de nuit) connaît l'angoisse de ne plus atterrir parce qu'il s'est perdu, parce qu'il a dérivé, parce que désormais il ne voit plus rien et qu'il comprend qu'il vit ses dernières minutes avant une panne sèche qui le précipitera en mer, il vit aussi l'épreuve suprême. Soudain il comprend. Il devient. Il n'échoue pas dans le désespoir ni dans le cri de détresse.
    Il est allé jusqu'au terme de son voyage personnel. Lorsque le pilote de Terre des hommes se prépare à mourir sous la mitraille, il n'éprouve pas la peur moite de ceux qui voient arriver leur dernière heure. Il goûte le moment comme l'apothéose de sa vie, comme l'instant le plus intense de sa vie, dût-il en être le dernier : "Je suis vivant. Je suis encore vivant. Je suis toujours vivant" Telle est la grande affaire : conjurer la mort." Cette splendide initiation à l'oeuvre de Saint-Exupéry traverse les silences de l'écrivain et les plaies du combattant, nous confronte au défi du monde, et réalise une véritable mystique du courage aux accents uniques.

  • « Dans toute l'oeuvre du grand écrivain Boris Pahor, Trieste occupe une place fondamentale, générique même ; sa ville est pour lui le lieu de rencontre intime du Karst et de la mer, le carrefour des langues, des cultures et des civilisations, fruit de brassages immémoriaux sur le continent européen. Trieste a aussi prédisposé Pahor à assister au déchirement de l'Europe : il en rend compte en 2006 dans Trg Oberdan, publié en allemand sous le titre Piazza Oberdan et repris en 2018 par les éditions Pierre-Guillaume de Roux sous le titre Place Oberdan à Trieste.
    Le discours romanesque de résilience de Boris Pahor se double d'essais militants. Il rejoint en cela le parcours de Stéphane Hessel qu'il rencontrera à plusieurs reprises. En particulier en 2012 à Paris (...) » Guy Fontaine «Et si c'était à refaire - chemins de Boris Pahor», dirigé par Guy Fontaine (Les lettres européennes) a été spécialement édité à l'occasion des 105 ans de Boris Pahor, le chantre de la cause slovène, écrivain mondialement réputé, rescapé des camps auquel on doit l'universel Pèlerin parmi les ombres.
    Ce livre d'hommage célèbre l'esprit de résistance et de mémoire.
    Il rassemble de nombreuses contributions dont les plus célèbres sont signées Guy Fontaine, René de Ceccatty, Claudio Magris et Stéphane Hessel (entretien inédit avec Boris Pahor).
    Enfin le recueil contient trois nouvelles de l'auteur slovène : Le Berceau du monde, Mirage chez Hadès et Vol brisé.

  • C´est l´histoire d´un enfant puis d´un adolescent dans les années 1960 et 1970. Il est solitaire avec ses rêves. L´attente de l´amitié qu´il connaîtra puis qu´il perdra, au seuil d´une nouvelle solitude, celle de la vie.

  • Ce livre n'est pas une re´flexion de plus sur le pourquoi et le comment de la situation actuelle, il re´pond a` une ne´cessite´. Face aux dangers mortels qui nous environnent : re´chauffement climatique, pousse´e de´sordonne´e de l'islam, mate´rialisme de´chai^ne´, perte du sens de la vie... il propose une voie nouvelle qui, base´e sur les pre´ceptes de la sagesse universelle et la vision rec¸ue par l'auteur un jour d'inquie´tude, ouvre a` tous un chemin d'espe´rance commun.

    Appuye´ aussi sur l'e´tude du passe´, les enseignements scientifiques les plus re´cents et les changements radicaux a` venir dont la conque^te spatiale fait partie, l'ouvrage pre´sente en conclusion aux hommes d'aujourd'hui une perspective d'unite´ indispensable si l'humani- te´ veut e´viter les terribles conflits qui se profilent.

    Une courte annexe permet enfin au lecteur d'ame´liorer au quotidien la pratique spirituelle de sa vie au travers de la me´ditation, de la prie`re et des actes.

  • « Ce qui caractérise le libéral-libertaire, selon Michéa, tient au lien entre ultra- libéralisme, c'est-à-dire recherche illimitée, dogmatique et sectaire du profit, hors de toute forme de règles et de limites (y compris libérales) - un truc, au sens du « truc » du magicien, venu en direct du Far West, quête individualiste en ce qu'elle massacre tout lien social-, mais aussi vision dogmatique, dite « libertaire », de courants politiques s'auto-situant à gauche (ou au centre-gauche/centre-droit) et fondant leurs idées sur des religions telles que celle du multiculturalisme, de l'antifascisme, de l'antiracisme, de la liberté sociétale sans frein et sans limites, ni Limite globale non plus. L'absence absolutisée de la Limite est au coeur d'un monde devenu ruines.
    Je reviendrai sur ce point essentiel. On pourrait dire, mais Michéa ne le fait pas, qu'il existe une sorte d'alliance des liberticides. Qui le sont, liberticides, au nom de la « liberté ». C'est pourquoi tout paraît nous échapper, comme ce qui est liquide justement. Car tout est toujours faux dans le vrai tel qu'il apparaît. Quel meilleur symbole de ce que je viens de dire qu'un Emmanuel Macron président de la « république ». Michéa a raison d'écrire qu'il y a une alliance objective entre les partisans du no border et la partie ultra-libérale de l'oligarchie libérale-libertaire.
    Entre libéralisme économique absolutisé, prétendue libération des moeurs, libéralisme politique, égalitarisme sociétal. Il n'y a donc, en effet, plus de droite ni de gauche. Mais attention, le fait est en réalité circonscrit : il n'y a plus ni droite ni gauche au sein du libéralisme libéral-libertaire.
    C'est de cela dont Macron est le nom. »

  • L'histoire d'Alix, saisie à différents moments de son existence. Un être disparu, Vincent, vient alimenter ses fantasmes.

  • Vagabondage halluciné et foisonnant de réfé- rences (histoire littéraire, techniques d'écriture, eschatologie, érotisme, etc.), ce récit à la première personne du singulier évoque le destin d'un livre sans jamais le nommer. Nous ne savons jamais qui est exactement celui qui nous parle. S'agit-il d'un clochard, d'un malade mental, d'un fou génial, d'un saint ou peut-être même du Christ ?
    Seule certitude, c'est bien en tant d'auteur rejeté, conspué, laissé pour mort, « sans qualités » qu'il nous poursuit et nous bouscule. D'où un texte en construction/déconstruction permanente, porté sur les cimes du lyrisme mais aussi du dégrisement.
    « Lecteur inconsolable, tu as le trac, n'aie crainte :
    Personne ne nous lit. J'accède à une écriture indus- trielle ; un roman informatique. Je suis avant tout un homme d'aff aires. Lecteur chrétien, je t'aime de loin ; lecteur nihiliste, je t'étreins. Je suis un catholique mort dans le catholique. E all'errore che io vi spingo, al religioso errore. Je suis chauff é à blanc dans les ténèbres des ténèbres. Mon texte n'a ni une architecture de style baroque, ni une architecture de style roman ; c'est une construction d'HLM. Aucun écho, nulle ombre ni silhouette en fi ligrane ni fantôme en relief, nul trou dans le numérique textuel ; connexions infraterrestres :
    L'espace s'épaissit, l'univers se compresse. » D'où un texte qui « fonctionne » comme la Tentation/ Révélation d'un enfer autant que d'un salut étrange, obsessionnel. L'auteur de ces pages oscil- lant entre le sublime et l'obscène livre aussi « entre les lignes » une critique percutante de la littérature telle qu'elle advient aujourd'hui, « sans parole », privée de « bonne nouvelle », truff ée de « modes automatiques », bruit blanc d'une machine à gaver le regard qui lit. Sans au-delà. « L'expérimentation de techniques littéraires comme le cut-up (décou- page), le fold-in (pliage) et les permutations avec l'inventif Brion Gysin lui donnent les instruments nécessaires à la fondation d'un monde imaginaire en perpétuelle mutation : ce monde n'a plus de limites ni de défi nitions établies et se nourrit aussi bien de la poésie d'Arthur Rimbaud, du théâtre de Shakespeare, des coupures de journaux, de textes scientifi ques et, cette fois, également d'ex- traits d'ouvrages de science- fi ction. (...)Je suis triste, triste, triste. Je suis un néant. Le pays qui a fait de Rimbaud un commerçant, de Flaubert un retraité, de Verlaine le locataire d'un taudis, de Lautréamont un mort anonyme, de Stendhal un inconnu, de Mallarmé un fonctionnaire subal- terne, de Baudelaire un paria, de Nerval un pendu, de Bloy un proscrit. L'intolérance est partout en France. » Parmi les références qui reviennent, Rimbaud, Dominique de Roux, Kerouac et tou- jours et encore le Verbe.

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