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  • Emier véritable essai consacré à Claude Sautet qui vient combler un manque par une lecture approfondie de l´oeuvre sous la plume passionnée et rigoureuse d´un cinéphile hors pair.

  • "Ma dernières séance. Marielle, Broca et Bemondo" ne ressemble à aucun autre livre sur le cinéma. Thomas Morales brouille les pistes et s'amuse avec ces trois "bornes existentielles" et "réalise" un objet littéraire détonnant.

  • De 1971 à 1980, Michel Marmin a été le critique, parfois âprement controversé, de Valeurs actuelles et du Figaro. Après deux décennies consacrées à d'autres travaux - notamment sa participation comme scénariste à plusieurs films de Gérard Blain -, ce défenseur intraitable du cinéma d'auteur, qu'il préfère appeler « cinéma de création » (par opposition au « cinéma de consommation »), est revenu à ses premières amours. Ce sont ici vingt années de découvertes ou de redécouvertes dont Cinéphilie vagabonde offre la chronique souvent intempestive, car définitivement rebelle à l'air du temps.
    Dans cette chronique, Michel Marmin s'élève également contre la domination des multinationales américaines, dont les conséquences sont l'affaiblissement des cinémas nationaux, des cinémas nourris par une culture nationale, et, par voie de conséquence, l'extension à la planète entière d'une « monoforme » cinématographique. Laquelle n'a d'autre but que de coloniser les cerveaux, et d'imposer le modèle de société hollywoodien et le mode de développement capitaliste.
    Tels sont les deux axes majeurs de ce livre qui, par ordre alphabétique, propose au lecteur des vues originales sur des cinéastes contemporains comme Joël Séria, Ken Loach, Leos Carax, Wim Wenders, Jean Marboeuf, Robert Guédiguian,ou Bruno Dumont, sans oublier une indispensable révision de « classiques » comme Jean Renoir, Luis Buñuel, Éric Rohmer, Kenji Mizoguchi, Robert Bresson, Alexandre Astruc, Charles Chaplin ou Michelangelo Antonioni.
    Enrichi par des vues pénétrantes sur le cinéma muet (Louis Feuillade), le cinéma de télévision (Stellio Lorenzi) ou le cinéma de cape et d'épée (Riccardo Freda), le nouveau livre de Michel Marmin joint à une radicalité esthétique assumée un éclectisme rafraîchissant. Et les amoureux de la meilleure littérature y trouveront leur compte, de grands écrivains ayant eu partie liée avec le 7e Art ayant fait l'objet d'articles particuliers - Roger Nimier et Roger Vailland en l'occurrence.

  • Les vingt actrices qui composent ce recueil, loin des stars incontestées et des célébrités de l'écran, appartiennent à l'univers fantasmagorique des égéries secrètes, des divas discrètes et des muses cachées. Ce recueil ne se borne pas à égrener des faits biographiques ou énumérer des films -il y a des encyclopédies participatives pour ça -, mais tient à mettre à jour la particularité essentielle qui les réunit : du western au polar, de la comédie légère à la tragédie la plus sombre, du film de cinéma à la série télévisée, du chef d'oeuvre au nanar, ces actrices d'exception n'ont en fait jamais cessé de relater un récit. Anicée Alvina, qui inspira Robbe-Grillet, Elisabeth Wiener, dont Clouzot fit sa Prisonnière, Amanda Langlet, la « Pauline » de Rohmer, ou Cathy Rosier, la pianiste du Samouraï, ont su créer sous nos yeux leur cinéma. Et ce, en dépit des convenances de l'époque, des obligations du scénario ou des contraintes de la mise-en-scène. Ainsi ne font-elles pas seulement ici l'objet d'un exercice d'admiration, ou d'érudition, mais bien de compréhension. Ce qui est encore la meilleure façon de leur rendre hommage. En douce, en secret et par la bande, la mutation féminine à l'oeuvre dans les quatre dernières décennies du siècle dernier, ce sont elles qui l'ont portée

  • John Wayne, le plus grand acteur du cinéma américain ? Chacun le reconnaît. Mais ses dérives réactionnaires lui ont valu une sale réputation. Une excellente raison, donc, pour dresser le portrait de ce ce personnage hors du commun qui réalisa égalent deux films - " Alamo " et " Les bérets verts " - très controversés. Il est entré dans la mythologie américaine, celle de la conquête de l'Ouest, et seul Clint Eastwood s'est montré à la hauteur de son héritage.
    John Wayne incarne tout ce que les Français aiment détester aux États-Unis. Et tout ce qu'ils exècrent chez Donald Trump. Faut-il leur donner raison ? Roland Jaccard en doute. Il est déjà l'auteur de deux livres sur Louise Brooks. À côté d'elle qui l'admirait, John Wayne fait bonne figure.

  • Renoir-Simenon, ce n'est pas seulement l'histoire d'une amitié qui durera cinquante ans mais aussi celle d'une oeuvre en perpétuel miroir. Une histoire dont porte trace une abondante correspondance riche d'idées et de découvertes, où se lit une même soif de justesse dans l'art. En 1932 déjà, Jean Renoir (1894-1979) porte à l'écran La Nuit du carrefour, septième roman de Georges Simenon (1903-1989) et fixe pour la première fois sur nos rétines la célèbre atmosphère faite de pluie, de nuit, de froid et de brouillard.
    Coïncidence hautement symbolique : c'est Pierre Renoir, le propre frère du réalisateur, qui incarne alors Maigret, le policier voué à la postérité, personnage complexe dont Simenon écrira justement qu'il est son double. II faut dire que les affinités ne manquent pas entre les deux artistes. Simenon, né en plein impressionnisme, observe un rapport à la lumière très proche de celui dont témoigne le fils d'Auguste Renoir dans ses films, et qui est un rapport critique, résolument tourné vers la "vérité intérieure" de l'être, qui montre l'envers du décor et, souvent, le glissement irrésistible vers la marginalité, la clochardise, comme le laissent transparaître des oeuvres telles que La Chienne (1931) et Boudu sauvé des eaux (1932).
    Une intransigeance qui n'a pas empêché les deux hommes de partager le rêve hollywoodien au gré de projets d'adaptation qui révèlent de manière frappante l'acuité de regard d'un Renoir en parfaite complicité avec un Simenon toujours plus secret et douloureux. II y a, enfin, le talent littéraire qu'affirme Renoir à travers de brillantes chroniques, sa biographie Renoir, mon père et son roman Les Cahiers du capitaine Georges.

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  • Maître de la Nouvelle vague, Éric Rohmer a laissé une oeuvre protéiforme, non seulement cinématographique, mais aussi constituée d'une abondance d'articles et d'ouvrages théoriques et critiques. Ses films bénéficient d'une notoriété internationale, partout dans le monde ils sont perçus comme le reflet idéal de la culture française.
    Cependant Rohmer n'est pas un cinéaste comme les autres. Cet intellectuel fonde son oeuvre sur une profonde inspiration personnelle et sur la volonté de faire du cinéma un art autonome par rapport à la pensée moderne, et libéré des habitudes de production. Son cinéma dépasse le divertissement, il montre la vérité du monde, au point qu'un mystère enveloppe son art, et interroge sur sa portée.
    Universitaires et critiques se sont souvent penchés sur la magie rohmérienne. Mais le discours analytique et extérieur convient-il vraiment à une telle oeuvre ? Son cinéma est vivant et porteur d'un regard intérieur sur le monde. Rohmer est un poète inspiré et imprégné de classicisme qu'il faut sortir du carcan universitaire et des mains d'une critique intellectuellement marquée où il est maintenu.
    Il y a lieu de travailler dans le sens de la révélation rohmérienne. Tel est l'objectif de ce livre. Il faut approcher l'intimité de la genèse de l'oeuvre en parcourant l'univers du cinéaste, entendre l'écho de ses films, comprendre comment ils sont entrés en résonance avec nos existences. Enfin, il faut en saisir les mécanismes, puis traduire la parole qui s'exprime au-delà de l'oeuvre elle-même.
    Le paradis français d'Éric Rohmer propose une plongée dans le miracle rohmérien à travers une douzaine d'entretiens avec des proches peu connus de Rohmer, des textes inédits d'auteurs inspirés par ses films, des commentaires sur la construction de l'oeuvre et des études visionnaires et poétiques sur sa portée et sa dimension. Plus de 45 contributions d'écrivains, de poètes, d'acteurs, de cinéastes, de critiques d'origines diverses composent cet ouvrage, auxquels s'ajoutent des documents inédits - photos, correspondance et deux entretiens de Rohmer.
    Ce livre est le résultat d'une aventure, d'une quête sur les traces laissées par la genèse d'une oeuvre cinématographique, attentive, comme Rohmer l'était lui-même, aux signes du destin. Il entend montrer la véritable place de Rohmer, celle d'un créateur ancré dans la réalité d'un espace de prédilection, et ouvrir la voie à un vaste domaine dont les richesses se révéleront à travers le temps.

  • « Delon ne le sait peut-être pas à cette période, mais il dépose ici ce qui sera sa marque, étrange et trouble, son signe indien, cette malédiction qui est aussi sa chance. L'écho d'une intime friction.
    D'une fraction profonde. Il lui faut être un autre pour être lui-même. Cette affirmation de soi, en s'effaçant, en s'altérant.
    C'est au-delà du jeu d'acteur, il ne devient pas seulement son rôle, mais un autre personnage du film en cours. Il organise sa disparition. » Stéphane Guibourgé scrute Alain Delon comme dans un miroir, comme s'il était son propre double, son frère en rêve comme en infortune. Il y a, en effet, entre eux des points communs, des échos, des ressemblances troublantes. Même enfance inconsolable à peu de choses de près qui laissera ses marques brûlantes de désarroi durable. Tous les deux sont nés à Sceaux à 30 ans de distance. Tous les deux ont soit un beau-père charcutier (Delon), soit un père boucher (l'auteur), métiers beaucoup trop rudes et trop physiques pour ne pas les faire rêver d'autre chose. Tous les deux ont vu leurs parents se séparer trop vite, trop tôt pour ne pas se sentir orphelins. Leur histoire amoureuse respective en souffrira forcément. Leur destin sera donc celui d'hommes seuls, toujours sur leurs gardes, guettant l'occasion de rendre les coups et d'imposer leur présence. Et aussi de réparer l'humiliation, la défaite des pères rattrapés par la routine, empêchés dans leur ambition.
    L'écriture de Stéphane Guibourgé, tout en secousses et en saccades, délivre le secret du génie Delon : un génie tiré de la douleur, stimulé par l'ambition puis brûlé à son propre jeu, noyé dans sa profondeur et son intensité. Sa filmographie va ainsi mettre au monde tour à tour l'arriviste (Plein soleil) prêt au meurtre pour entrer dans la lumière de ces années hédonistes et insolentes, le corrompu prêt à trahir sa classe aristocratique comme son avenir de prétendu révolutionnaire garibaldien pour mieux s'enrichir (Le Guépard), le professionnel de la mort, frappé doublement au coeur et dans son honneur (Le Samouraï) puis enfin l'étranger face au fantôme du père, face à l'homme devenu ombre, devenu simple numéro de matricule dans le monde concentrationnaire (Mr. Klein). En parallèle, c'est une autre histoire, presque trop bruyante, presque trop enthousiaste et enjouée pour être vraie, que raconte Stéphane Guibourgé : celle de la France des Trente Glorieuses, où tout semblait possible, où les rêves pleuvaient... C'est une France culte qui apparaît donc dans un troisième miroir et décuple par sa clameur l'intensité du rêve porté par Delon : l'enfant, l'acteur, l'amoureux, l'ami, le collectionneur d'oeuvres d'art... Parfait en tous rôles, parfait dans la fêlure, parfait dans l'intensité comme dans la mélancolie.

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  • Une lecture métaphysique de l'oeuvre du compositeur et pianiste G. Gould.

  • Figure emblématique de la « Nouvelle Droite » aux côtés d'Alain de Benoist, ancien rédacteur en chef de la revue Eléments à laquelle il contribue toujours, Michel Marmin s'est également imposé très tôt comme l'un des meilleurs critiques de cinéma de sa génération. Il a illustré son talent à Valeurs actuelles, Spectacle du Monde et au Figaro. Ce livre d'entretiens permet de retracer un itinéraire très riche en découvertes, en rencontres et en points de vue toujours plus originaux et personnels où prime le décloisonnement et la place grandissante faite à l'émotion esthétique.
    Fervent défenseur du « Macmahonisme », dans sa jeunesse, il porte aux nues le cinéma de Raoul Walsh, Otto Preminger ou Samuel Fuller puis fait l'expérience inédite des créations tout à fait singulières de Jean-Luc Godard. Son regard s'ouvre aussi au fil du temps avec bonheur sur les oeuvres de Bresson, de Rohmer ou de Jacques Rozier. Son amitié avec Alain Corneau qui date des années de collège sera très fructueuse : si le musicien développe en lui une sensibilité toute particulière pour le jazz, c'est Michel Marmin qui révèlera sa fibre cinématographique avec la postérité que l'on sait. Collaborateur de Pierre Schaeffer dans les années 60, au Service de la Recherche de l'Ortf, il étend sa palette artistique à la musique concrète qui représente alors l'avant-garde. Grand ami de Léo Malet, il fera publier au Fleuve noir son Journal secret. Jean- Pierre Martinet, dont il fait la connaissance à l'Idhec, enrichit d'autant son goût littéraire jusqu'alors très « hussard » par une note à la fois plus noire, plus âcre et plus ample. De son côté, Michel Marmin a pris conscience rétrospectivement du talent cinématographique méconnu de l'auteur. Parmi d'autres amitiés décisives, on retiendra Jacques Vergès, l'avocat du FLN, Alexandre Astruc, cinéaste et critique éminent de la Nouvelle Vague ou encore Raymond Abellio, l'auteur de La Fosse de Babel.

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  • « La plupart des acteurs et des metteurs en scène aujourd'hui n'ont rien vécu ; ils ne connaissent même pas Gilles de Rais(...) Il n'y a plus de culture, merde.! » (Gérard Depardieu) Etre acteur ou Français ? Même combat ! Même épuisement du mythe derrière les répliques, les protestations qu'on est soi, les effets voulus de la « French touch »... Et cette parodie du parodique, qui mieux l'incarne sinon Gérard Depardieu ? L'homme passé à l'Est pour causes fiscales, devenu citoyen russe après avoir endossés tous les rôles, avoir tout digéré d'une immense fatigue du « jeu » : du « je » français.
    Richard Millet scrute la filmographie mais aussi le personnage qui s'est créé au fur et à mesure que la dérision, mais aussi la révolte, grandit en Depardieu. « Qu'est-ce que Depardieu aujourd'hui pour les Français ? Un héros ? Les héros sont morts avec les saints. Un miroir ?
    Une projection ? Chacun peut se reconnaître dans ce corps aujourd'hui monstrueux, nourris de tous nos excès et de nos désillusions... » Ne le reconnait-on pas à ce formidable refus d'être fondu, enterré vivant dans la masse : « il est le corps français, éructant, pétant, humant, vomissant, et riant aux éclats, comme on le fait dans la province française, où le rire est souvent un viatique. » Refus d'être américanisé, fait notable chez pareille star : « cette résistance se manifestant également par la production de films de Satyajit Ray et l'achat des droits de l'oeuvre de John Cassavetes pour les rendre de nouveau visibles en France ainsi que les longs métrages du fils, Nick Cassavetes, dont Décrocher les étoiles, où il joue avec Gena Rowlands. En cela, il est politique » Si Gérard Depardieu sait « jouer » la France, c'est pour en ouvrir les entrailles sans concessions et nous forcer à regarder en face la vérité des régressions et des pertes. Exemples célèbres : le mensonge du devoir de jouissance prôné par Mai 68, quasi à égalité avec le devoir de mémoire, dénoncé à travers Les Valseuses (B. Blier, 1974), l'épreuve de forces, jouée de manière unique et sans fard, radicalement à contretemps des modes, dans Sous le soleil de Satan ( M. Pialat, 1987) pour désigner la réalité mystique, chrétienne, désormais reniée, et jusqu'au saisissant rabaissement de l'homme politique français révélé par son DSK de Welcome to New York (A Ferrara, 2014) en passant par la navrante recette muséologique des films historiques (Cyrano de Bergerac de JP Rappeneau, 90).

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  • « En me plaçant derrière l'oeil pâle d'Odilon Redon, je remonte aux sources d'un long effacement. Je vais sous les couches mortes, non pieuses, du Figuratif. Ce n'est pas une question d'archéologie pour autant. Aimer des tableaux à travers la mort, donc à partir de la Culpabilité qui nous est infligée depuis des siècles par les empires de tout ordre (le plus dominant, à notre époque, étant celui de la mauvaise critique), aimer négativement n'a aucun sens si on se place du côté de la vie, et plus subversif encore, si on ose la traverser ! Odilon Redon n'est pas un peintre mort : c'est un éternel vivant qui m'éblouit. Ce que je m'impose de transposer, c'est sa découverte de la peinture, son regard envoûté par les nuances du domaine de Peyrelebade, son enfance à Bordeaux, les premiers fusains à l'âge de six ans, la beauté mystique des toiles de Gustave Moreau, l'élégance de son trait qui le submergea d'émotion, la profondeur de ses nuances qui équivaut à celle des théorèmes pour les mathématiciens. Je ne veux pas me pencher sur une absence, mais sur un peintre qui continue à exister malgré tout, loin des rétrospectives et des biennales snobs où on s'acharne à récupérer par le discours des oeuvres qui échappent à la Postérité de masse, le plus souvent parce que leur origine est religieuse, et ce alors même qu'elles suggèrent un bonheur sans alternative, un refus du péché comme c'est le cas dans la Babel de chair entéléchique de Rubens, un sens de la variation symbolisé par le pont Saint-Michel de Matisse, subtil trois-en-un qui passe avec une positivité comme on n'en verra jamais plus, sinon sous une forme bâtarde, de l'impressionnisme au fauvisme et du fauvisme au pré-cubisme, les pinceaux du « pôle nord » de l'art moderne (ainsi l'avait surnommé Gertrude Stein, par opposition au « pôle sud » Picasso) en ondulations de boa sur l'océan des combats délectables... Se libérer par Odilon Redon du présent, voilà le grand éclat ! Ne plus vivre dans l'immanence (où le sacré n'existe plus que sous sa forme blasphématrice) mais dans ses courbes qui n'en finissent pas, ses volumes qui sont moins dans l'ordre de la séduction et de l'éblouissement tactile que dans une pacification de la Présence, loin des paradis substitués à la Vérité consentie et rayonnante.
    Odilon Redon n'est pas juste le peintre du rêve et de la mélancolie. Ses tableaux, les moins dévots qui soient, les plus déliés de la mode contemporaine, offrent un film d'images sur la Visitation. J'espère faire sentir ce point essentiel : une oeuvre vivante parce que libérée du sentimentalisme niais et de la subversion obligatoire, tout juste située entre la naissance de Redon le 20 avril 1840 et sa mort le 6 juillet 1916, soit vingt-sept mille huit cent trente-cinq jours, ce qui à l'échelle de l'univers est assez peu finalement... » L'hommage de Julien Teyssandier à Odilon Redon dont l'art est tout autant mystique que rêve, pont entre les arts que géographie intérieure. L'hommage d'un poète à un autre poète.

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  • De mutations en révolutions, de remises en cause en renoncements, l'art académique a-t-il encore un futur, un destin ?
    Force est de constater que l'art figuratif, après plus de cinq siècles de longévité, est en proie à de grands soubresauts.
    Cependant, l'heure de la renaissance s'annonce toute proche.
    Les métamorphoses à l'oeuvre dans la nouvelle configuration sociale nous conduisent, en effet, à retrouver des structures capables de les accompagner, de les affronter et d'en témoigner. Une mission qui revient au premier titre à l''art académique, investi du pouvoir de témoigner du réel par-delà les modes et les intérêts partisans.
    Car l'éclectisme social, nourri de mélanges, de différences et de couleurs, est précisément l'occasion d'une nouvelle dynamique où la composition figurative s'enrichit des apports de l'optical art, de l'abstraction lyrique et de bien d'autres tendances.
    Nous donc voici à l'aube de la plus belle des aventures après plus de huit décennies d'égarements, de conflits et de doutes.

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  • Johnny a tout chanté, tout fait, tout été, tout vu, tout fumé, tout bu.
    D'autres en meurent, il â survécu. Et il continue, toujours avide de s'offrir en spectacle. Pour quoi faire, pour quoi dire?
    Cinquante ans après, l'idole des jeunes est devenue un survivant énigmatique. Un mythe errant sur les marges d'un monde qui s'est métamorphosé avec lui, le mythe même d'une société en changement perpétuel, le modèle inconscient de la révolution permanente. Sans doute est-il temps de prendre au sérieux cette figure du destin français.
    Johnny pense et sa pensée s'incarne. Twist, rock, blues et autres bluettes ont été les moyens d'une mutation sans précédent. Poussé par son rêve américain, Johnny fut un précurseur. Avec la révolution yéyé, il lance dès les années soixante, en pleine guerre froide, l'hédonisme des vaincus, le divertissement des masses, les hymnes à la fraternité universelle et le jeunisme moralisateur qui triomphent aujourd'hui dans la mondialisation.
    Voici la première étude analytique consacrée au dernier grand timonier des Français.

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  • Il faut d'abord écouter une ou deux pièces musicales d'Arvo Part avant de lire cette lumineuse évocation de son oeuvre. Perpetuum mobile, Für Alina et le Magnificat qui ponctuent sa lente mais sûre évolution depuis le dodécaphonisme et le sérialisme très en vogue dans les années 60 jusqu'à la révélation en 1976 du «Tintinabulum», musique a la fois imprégnée du plaint-chant grégorien et des chants orthodoxes aux inlassables superpositions, là où trois notes font éternellement retour sur un fond de résonances qui, au fil d'un chromatisme subtil et lumineux , semblent étirer le temps a l'infini. Il fallait toute la sensibilité et le style tout en nuances de Julien Teyssandier pour traduire en mots et en images la longue quête spirituelle du compositeur estonien, né en 1935, qui, après s'être dépouillé des influences les plus évidentes, entre haute technicité occidentale et censure post-sovietique, choisira le chemin de la mise en retrait puis de l'exil pour renouer avec les voix natives du silence et du mystère sacré. Julien Teyssandier se glisse tout entier dans les traces d'Arvö Part pour mieux découvrir l'étendue de l'envoûtement qu'exerce sa musique sur ceux qui l'écoutent et en perçoivent le message immuable et bouleversant. Ainsi, tour à tour, le sentiment d'une beauté éternelle éprouvé à Tallin le temps d'un été, la poésie fantomatique de l' histoire d'amour éphémère vécue avec Jaanika, sa confidente bientôt disparue, le bleu marmoréen de la Baltique, le soleil presque blanc de l'Estonie viennent se superposer comme les voix du choral inouï d'Arvö Part à la mémoire bienheureuse du musicien, figure de la réconciliation finale avec soi et le monde après un long passage d'épreuves. Chatoyant et contenu, le texte de Julien Teyssandier oscille au-dessus d'un fragile partage des eaux : encore habité par le musicien qu'il s'efforça d'être et chaque jour plus hanté par l'écrivain qu'il devient l'auteur rend alors au silence d'Arvö Part les honneurs de celui qui sait qu'il doit d'abord se retirer au désert de l'écoute et de la méditation avant de récolter les fruits de la création. Car Arvo Part demeure bien celui qui a fait passer les mots - ceux de la prière - avant leur écho : la sainte musique.

  • Ce "faux journal" , composé d´après des faits exacts, retrace le voyage de Chopin et de George Sand de Majorque à Nohant, entre février et juin 1839. Rédigé par Chopin, il fait se superposer le récit des événements avec celui de l´écriture de son oeuvre majeure que constituent les 24 Préludes, conçus pour partie à Majorque et achevés, dans leur totalité, sur l´île. Il est donc aussi un journal de création.

  • Les artistes contemporains les plus médiatiques sont capables de tout sauf de peindre, de sculpter ou de graver. A en croire la terminologie officielle, ils "installent", "conceptualisent" et "subvertissent" ; allant jusqu'à "détourner" tous les objets du quotidien, déchets compris. De cet ensemble disparate, l'on ne retiendrait qu'un effet de mode, qu'un caprice du goût assez anodin, s'il n'obéissait à une véritable "révolution culturelle" soigneusement institutionnalisée : visant à éradiquer les arts plastiques traditionnels au motif qu'ils seraient dépassés et donc voués à disparaître.
    Aussi n'est-ce pas un hasard si les réalisations contemporaines qui "revisitent" les oeuvres majeures du patrimoine culturel en effacent systématiquement la facture d'origine. De quoi remettre en cause la thèse du déclin historique au profit du scénario rigoureusement inverse : c'est bien d'un complot planifié en haut lieu, aux puissantes motivations mercantiles, que meurent la peinture, la sculpture et la gravure.
    Tout aurait commencé voici trente ans... Trois artistes ont uni leurs efforts pour explorer le progrès d'un insidieux travail d'endoctrinement aux répercussions sans précédent sur la théorie et le marché de l'art. Une salutaire opération de dessillement.

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