Rocher

  • La femme de Villon

    Osamu Dazai


    " sans but, j'ai pris la direction de la gare, où j'ai acheté un sucre d'orge à un marchand ambulant, que j'ai donné à mon fils, puis, l'idée me traversant l'esprit, j'ai acheté un ticket pour kichijôji et je suis montée dans un train.
    là, me tenant à une poignée, je regardais vaguement une affiche suspendue au milieu de l'allée, quand j'ai vu le nom de mon mari. c'était une publicité pour une revue dans laquelle il publiait un long essai intitulé françois villon. tandis que je contemplais ce titre et le nom de mon mari, des larmes de douleur, je ne sais pas pourquoi, ont jailli de mes yeux et embué ma vue. ".

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  • La troisieme marche

    Michel Lambert

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  • En 1945, tout semblait arrangé.
    En fait, il ne se passa rien. Quelques-uns moururent ; d'autres ayant trouvé du travail cessèrent de fréquenter le café ; d'autres enfin arrivèrent : de Saint-Domingue, du Venezuela, du Guatemala, au gré des vicissitudes de la politique caraïbe. La seule chose qui ne changeait pas, c'était le thème et le ton des discussions : Quand Franco tombera... Ça ne peut plus durer. Il faut qu'il tombe... Tu as lu que...
    C'est une question de jours...

  • La danseuse

    Ogai M

    " ce jour-là, j'aperçus, appuyée contre le portail clos de l'église, une jeune fille en train de sangloter d'une voix étouffée.
    Elle devait avoir seize ou dix-sept ans. vêtue très proprement, sans trace aucune de saleté, elle portait un fichu qui laissait s'échapper une chevelure d'or pâle. surprise par le bruit de mes pas, elle se retourna : mais comment décrire son visage sans un pinceau de poète ? il lui suffit - je ne sais pourquoi - d'un seul regard de ses yeux bleus, limpides, emplis d'une tristesse implorante, de ses yeux à moitié dissimulés sous de longs cils embrumés de larmes, pour pénétrer au plus profond de mon coeur, un coeur pourtant sur ses gardes.
    /> ".

  • Autumn square

    Lacoche P

    «Paulette Daim vint m'ouvrir. Paupières légèrement tombantes comme Charlotte Rampling, bouche sensuelle qui s'affaissait aux commissures, elle n'avait pas eu le temps de refaire sa teinture : trois ou quatre mèches blanches dépassaient de sa crinière de vieille lionne. Malgré son déshabillé pêche et ses mules à pompons roses, elle ne manquait pas d'allure.» Philippe Lacoche est romancier et nouvelliste. Il aime les romans des Hussards, déteste le Nouveau Roman. Mais, il aime aussi la pêche à la ligne, la bière, le Saint Estèphe et les lolitas brunes coiffées comme des baronnes au siècle des Lumières...

    Il a publié une quinzaine de livres, notamment HLM (Castor Astral 2000), récompensé par le Prix Populiste. Il est aussi journaliste au Courrier Picard et critique au Figaro littéraire.

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  • L'envol

    Philippe Delerm

    Son corps semblait lui peser.
    Un corps comme étranger à son propriétaire, un corps massif et mou qui n'avait rien de la joviale corpulence des joueurs de pétanque, ni de la densité des joueurs de rugby. Plutôt une enveloppe géante, dont il disposait gauchement, comme pour révéler un plus impalpable malaise. Sur la porte du quincaillier, l'affiche de l'exposition attendait son regard : " Folon, musée Ingres. Montauban. Du 25 juin au 5 septembre " En dessous des lettres, un curieux oiseau svelte à tête d'homme le dévisageait.

  • La ville assiegee

    Daniel Arsand

    Ils étaient là, aux portes de la Ville.
    Des chevaux piaffaient et des hommes hurlaient des ordres. On les entendait sans les voir, car nuées de poussière et brumes automnales les masquaient. Des ennemis assiégeaient la Ville, mais derrière ses remparts nul ne s'en étonnait : depuis des mois, des messagers avaient averti Simon, monarque absolu du plus grand royaume existant au monde, de l'inéluctable.

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  • La médecine serait-elle devenue folle? A-t-on le droit aujourd'hui de critiquer cette nouvelle religion où le médecin, véritable moine en blouse blanche, nous assène des connaissances comme paroles d'Évangile? La médecine actuelle retire à l'individu la responsabilité de sa santé, infantilise et conditionne l'existence à la terreur des maladies. Il est temps qu'une voix s'élève contre cette dérive. Cette voix est celle d'un libre-penseur qui a choisi une philosophie de vie où la réflexion et l'action ne sont pas sous le joug du bien-pensant consensuel. Marc Menant nous propose une réflexion solide, une mise en perspective historique des liens qui unissent la médecine et le religieux. Le style est celui d'un écrivain qui, là encore, fait oeuvre de liberté, d'originalité. Une pensée buissonnière hors des sentiers battus, loin des arrogantes certitudes des spécialistes.
    Ce livre participe d'une démarche citoyenne, il s'agit d'éthique et de liberté, de reprendre la maîtrise de soi, de refuser la passivité et la manipulation de vivre pleinement.

  • Vanitas

    Thierry Séchan

    «Par une fin d'après-midi pluvieuse et froide de janvier, j'arrivai à Amiens. Anne m'avait quitté, j'étais déprimé. Depuis plus d'un mois, je buvais jusqu'à m'assommer. Je buvais tout ce qui me tombait sous la main, bière, vin, whisky ou vodka. Je buvais comme un cosaque assoiffé, jusqu'à tomber par terre, dans le fossé ou le caniveau.»

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  • L'homme en habit

    Alain Defossé

    «Soixante ans plus tard, cette rencontre est tout ce que Maurice est venu nous dire de sa vie et de sa mort, avec des doigts invisibles, la seule chose prononçable. Celle qui l'a maintenu en veille, en attente d'une oreille. Les ondes concentriques s'étendent à l'infini du noyau de cette rencontre, c'est le choc glacé d'un coup de foudre dans l'eau étale du temps.» Alain Defossé Alain Defossé est né en 1957 à Nantes. Traducteur de littérature anglaise, il a collaboré à diverses revues littéraires. Il a notamment publié Les Fourmis d'Anvers (Motifs n°283), Retour à la ville aux Editions Salvy et Chien de cendres aux Editions Panama.

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  • Contre le mur du fond, décoré de feuilles et de fleurs roses et vertes, est adossé le lit, dissimulé par un couvre-lit blanc à petits carrés qui descend jusqu'au sol. La tapisserie du mur est jaunie à l'endroit où les oreillers s'appuient directement sur elle. Au-dessus du lit, entouré d'une simple baguette de bois blanc, est accroché un tableau de grand format dans lequel se joignent les mondes écartelés de l'ombre et de la lumière : pomme verte flottant dans la clarté de la toile vive, violoncelle partagé par les deux univers, balcon aux ombres tourmentées sous un ciel diurne où s'éclipse une lune orangée, porte à peine entrouverte dans l'obscurité, qui laisse s'échapper un mince rai de lumière jaune. Le tableau s'intitule : Retour à l'empire des lumières inscrit verticalement dans la toile, comme pour bien marquer la frontière de ce jour et de cette nuit simultanés.

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  • Nous avions vécu des moments intenses.
    Retrouver des vases enfouis depuis près de deux mille ans et sur lesquels avait été gravée la voix du Christ en personne, voilà qui monterait à la tête de garçons plus solides que ce doux poète. Peut-être pourriez-vous me préciser ce qu'il faisait en ce couvent ? Il cherchait un livre. Le regard en coin, à nouveau. Il n'eut pas besoin de me le traduire. Et vous ? J'y cherchais un cadavre. Nos regards se croisèrent furtivement.
    Elémentaire, mon cher Holmes.

  • Que quelques-unes, ont vécu un amour enflammé qui consume et nourrit d'une immense volupté. Leurs cris d'amour nous sont parvenus. Bégayants parfois. Fulgurants souvent. Mais toujours gorgés de cette énergie surhumaine qui donne la mesure de leurs rendez-vous amoureux.
    Elles ont pris soin de les consigner, ou de les dicter. Elles nous livrent une parole vive, incandescente, marquée au fer rouge de leurs éblouissements. Leurs écrits sont un pur trésor qui foudroie. Toutes, elles furent soit méprisées, soit condamnées pour leurs excès. Les sarcasmes et l'incrédulité ont été leurs lots. Mais ces "amoureuses de l'Amour" entraînent le lecteur sur la voie vertigineuse de l'amour le plus profond.

  • J'ai démarré ce livre après avoir « flairé » ce qui attendait la France en mai prochain. J'ai choisi un parti pris que je crois fondamentalement différent des quelques centaines d'ouvrages politiques que vous pourrez lire d'ici à l'élection présidentielle. J'ai décidé de tenir un journal de campagne. Il ne s'agit pas là du travail d'un politologue que je ne suis en aucun cas. C'est plutôt le regard d'un électeur en colère mais aussi vaguement amusé qui regarde une campagne électorale révolutionnaire et finalement assez peu politique. Après douze ans de chiraquisme, que vont faire les prétendants à l'Elysée ? Quel est l'état de la société française qui ressemble à s'y méprendre à un film d'Almodovar : « Pays au bord de la crise de nerfs ». Comment se dégager des séquelles du passé et des vices du présent ? Comment parler politique sur le fond quand tout est artificiel ? Quelle est l'état de notre planète médiatique, ivre comme un bouchon sur des eaux agitées au gré des sondages ? Ce livre n'a qu'une prétention : faire le bilan de ce hasardeux voyage consistant à briguer le suffrage des Français pour accéder au pouvoir. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont des personnages totalement à part dans notre histoire. L'une et l'autre nous promettent de changer ce vieux pays. Tous deux incarnent les manières et les envies d'une nouvelle génération. Les Français les attendent avec impatience, sinon avec anxiété. Mon propos est de ramener le débat au niveau qui, je crois, intéresse réellement l'électeur. Les années Chirac ont anesthésié, voire euthanasié une relation vraie entre le peuple et ses élus. La succession entraînera obligatoirement des modifications importantes dans le pays. Au-delà de ce postulat, j'ai choisi de traiter le omportement politique de manière assez critique, de tenir un journal qui ne soit ni chronologique, ni thématique, mais qui donne plutôt une vue «impressionniste». Je compte garder un regard neutre mais sans complaisance, sans entrer dans les querelles partisanes et surtout m'attacher aux acteurs de cette campagne. Les uns et les autres ont beaucoup à se faire pardonner et vont sûrement beaucoup promettre et le terrain d'observation va continuer à s'enrichir dans les prochaines semaines. Enfin, je revendique, mais c'est quasiment une règle personnelle, l'obligation d'ironie face à ceux qui ont fait profession de régir les affaires de mon pays.
    Jean Luc Hees

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  • J'ai des millions de lecteurs.
    "Gorgée de soleil, la pêche jaune est le fruit de l'été. Elle cache, sous sa peau fine et duveteuse, une chair juteuse et fondante." Oui, c'est de moi, sur le pot de yaourt Yopla. Je vous entends déjà avec vos réticences. Des millions de lecteurs... Sans doute pensez-vous que le pot file dans la poubelle avant qu'on ait pu lire mes mots délicats... Eh bien, je ne suis pas d'accord.

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  • Bernard Spindler travaille depuis plus de vingt ans sur ces deux personnages. Fasciné par leur personnalité et leur influence sur la jeunesse de leur temps, il s'est plongé dans leurs écrits et dans les nombreuses archives qui les concernent pour décrire 25 ans d'amitié inédite.

    Il reprend en morceaux choisis des extraits de 44 ouvrages, des souvenirs personnels, des documents inédits. On découvrira aussi toute une époque où l'on croisera Picasso, Moretti et tant d'autres artistes qui les ont nourris et accompagnés dans leur recherche artistique.

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  • C'était à Paris, le 23 juillet 1974 à la fin de l'après-midi.
    C'était à l'heure de votre mort. Ni vous ni moi ne pouvions imaginer que vous mourriez la nuit même. Ne dit-on pas que nul ne sait ni le jour ni l'heure?

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  • Comme on le sait, l'empereur Rodolphe II possédait l'un des plus importants cabinets de curiosités de son temps.
    Non loin du Belvédère où s'étendaient ses jardins aux essences rares, de la serre où l'on cultivait les plantes tropicales, de la volière aux innombrables oiseaux exotiques s'élevait la partie ouest du Hradschin qui, dans un premier temps, avait servi de refuge aux collections d'art et de nature de l'auguste prince. Mais les objets curieux ou rares ne cessant d'affluer, ce fut bientôt tout le palais qui se transforma en un vaste musée.

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  • Il paraît qu'au village, à Raka City-Est, une maison rapetisse, pourvu que le pauvre qui y habite soit un nain, c'est dément, courons vite pour nous moquer de la tête du malheureux propriétaire !

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  • S'il vous arrive dans les semaines à venir d'ouvrir par erreur du courrier qui ne vous est pas destiné et d'y trouver, ondulant dans votre direction, un petit insecte vigoureux qui ressemble à s'y méprendre à des cure-pipes noirs enchevêtrés, il y a deux solutions.
    La première consiste à vous laisser glisser le plus vite possible le long de la colonne d'évacuation ; l'autre option, si vous n'avez pas de colonne d'évacuation, c'est de glisser à l'endroit où vous estimez qu'elle devrait se trouver. Mais par pitié, ne cherchez pas la petite bête, laissez-vous glisser.

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  • Le port d'alger

    Patrick Renaudot

    C'était la première fois qu'il foulait le sol de la terre d'Afrique.
    Si le dimanche était consacré aux excursions en automobile, la semaine il était autonome. Le jeune cousin était avide de tout voir, de tout connaître. Hélène lui facilitait la tâche. Elle se levait chaque jour à six heures du matin pour faire son ménage à fond avant d'aller ouvrir sa boutique. " Ici, les gens sont dans la rue de bonne heure ", disait-elle. A six heures trente, elle sortait le jeune homme de son lit de camp et à sept heures il était dehors pour lui laisser le champ libre.

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