Geoffroy de Lagasnerie

  • Parce que, depuis plusieurs décennies maintenant, la gauche ne cesse de stagner, de régresser, de perdre les combats qu'elle engage, il est nécessaire d'interroger nos stratégies, nos modes de pensée et nos manières de lutter.
    À quelles conditions les forces progressistes peuvent-elles redevenir puissantes politiquement ?

  • Tout créateur devrait se poser la question de savoir comment ne pas être complice, volontairement ou involontairement, des systèmes des pouvoirs. Pour cela, il est nécessaire de substituer une éthique des oeuvres à une valeur inconditionnelle de la culture. Dans Penser dans un monde mauvais , Geoffroy de Lagasnerie proposait de placer au coeur des sciences sociales et de la philosophie la production de « savoirs oppositionnels » : comment transposer ces analyses au champ de l'art ? Dès qu'on le confronte au monde et à l'action, que l'on refuse l'autonomisation de la sphère esthétique, il est difficile de ne pas devenir sceptique sur la valeur de l'art : peut-on définir un « art oppositionnel » ? Sur quelles valeurs reposerait-il ? Contre quelles valeurs s'affirmerait-il ? Quelles relations entretiendrait alors l'artiste avec les institutions du monde culturel ?

  • Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning ont fortement marqué l'actualité des dernières années. Geoffroy de Lagasnerie puise dans l'examen de leur vie et de leurs combats des instruments pour élaborer une réflexion générale et novatrice sur la politique, la démocratie et la résistance.
    Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning sont les figures essentielles des luttes qui se jouent autour des secrets d'État et de la surveillance de masse, des libertés à l'ère d'Internet, de la guerre et du terrorisme. Pour Geoffroy de Lagasnerie, ils sont bien plus que des lanceurs d'alerte : ce sont des personnages exemplaires qui réinventent un art de la révolte.
    La pratique de l'anonymat permise par WikiLeaks, les gestes de fuite et les demandes d'asile de Snowden ou d'Assange rompent avec les formes traditionnelles de la contestation. Dès lors, ces modes d'action nous conduisent à nous interroger sur le fonctionnement de l'espace démocratique, sur les notions de citoyenneté, d'État, de prise de parole, de collectif.
    La théorie contemporaine a concentré son attention sur les rassemblements populaires comme Occupy, les Indignés ou les printemps arabes. Et si c'étaient les démarches solitaires de Snowden, d'Assange, de Manning qui constituaient les foyers où s'élabore une conception inédite de la politique ?

  • Geoffroy de Lagasnerie poursuit son entreprise critique avec la déconstruction des catégories politiques dans lesquelles nous baignons.
    La politique est peut-être le domaine de notre existence que nous pensons le plus faussement : nous ne cessons d'utiliser des catégories totalisantes (peuple, volonté générale, souveraineté populaire), des récits mystificateurs (le contrat social, la démocratie délibérative) ou encore des notions abstraites (le législateur, le corps politique, le citoyen) dont nous reconnaissons la plupart du temps le caractère fictif, tout en affirmant la nécessité d'y recourir.
    Mais pour quelles raisons faudrait-il adosser la pensée politique à des fictions ? À quoi voulons-nous échapper de cette manière ? Et surtout, que se passe-t-il sitôt que nous rompons avec ces modes de pensée et regardons la réalité telle qu'elle est ?
    Geoffroy de Lagasnerie propose d'élaborer une conception réaliste de l'État, de la Loi et de notre expérience comme sujets. Il pose les principes d'une théorie qu'il appelle « réductionniste », qui conduit à faire vaciller les oppositions qui structurent toute l'histoire de la philosophie politique entre démocratie et colonie, force légitime et violence illégitime, État de droit et exception ou arbitraire, crime politique et délinquance ordinaire, etc.
    Un ouvrage qui renouvelle profondément les cadres de la théorie politique.

  • De tous les cours de Michel Foucault au Collège de France, Naissance de la biopolitique est probablement le plus commenté. Mais c´est aussi le plus controversé. Car l´analyse offerte par Foucault du néolibéralisme et la lecture qu´il propose des principaux théoriciens de ce courant ont jeté le trouble : et si Foucault était, à la fin de sa vie, en train de se droitiser et de devenir libéral ?Rompant avec cette interprétation dominante, Geoffroy de Lagasnerie relit les textes consacrés par Foucault au libéralisme et au néolibéralisme. Il montre quel a été le geste de Foucault : constituer la tradition néolibérale comme un test, un instrument de critique de la réalité et de la théorie qui permet de penser autrement. Le néolibéralisme n´est pas un conservatisme. C´est un courant novateur. Foucault s´intéresse ainsi à ce qui s´invente à travers lui : quels nouveaux types de représentations impose-t-il de prendre en compte ? Les intellectuels néolibéraux offrent des outils extrêmement puissants pour échapper au marxisme, aux philosophies politiques, aux théories du contrat ou du droit, à la pensée d´Etat, à la psychologie. Ils permettent de poser autrement la question du pouvoir, de la société, de la démocratie, des luttes sociales et minoritaires. Pour Foucault, il s´agit donc de réinventer un art de l´insoumission à partir d´une réinterprétation du néolibéralisme. Cet ouvrage peut enfin se lire comme une réflexion sur la critique : comment échapper à une critique réactionnaire du néolibéralisme ? Comment ne pas lui opposer ce qu'il défait ? Bref : comment élaborer une théorie critique et une pratique émancipatrice à l'ère néolibérale ?

  • En publiant sur la télévision en 1996, pierre bourdieu provoqua une violente polémique.
    Sans doute parce qu'il contestait au " journalisme " le droit d'évaluer la production intellectuelle. cette controverse a contribué à façonner le paysage culturel dans lequel nous vivons. en réalité, cette prise de position était l'aboutissement d'un processus commencé vingt ans plus tôt : des auteurs comme foucault, deleuze ou derrida, qui s'étaient tous appuyés sur le dehors de l'université (et notamment sur les journaux) pour imposer leurs travaux contre le conformisme académique, en vinrent eux aussi à s'inquiéter des nouvelles conditions de circulation du savoir.
    Geoffroy de lagasnerie montre comment s'est installée l'idée, aujourd'hui partout ressassée, que défendre la pensée impliquerait de défendre l'université et son " autonomie ". et, s'appuyant sur d'autres analyses de bourdieu, il plaide au contraire pour qu'on retrouve le lien consubstantiel qui unit la pensée critique à la multiplicité des paroles " hérétiques ".

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  • Quelles sont les conditions, quels sont les moments et les lieux qui favorisent l´innovation intellectuelle ? Voilà les questions que ce livre entend affronter. Retraçant l´histoire des idées et des institutions au cours des années 1950-1980, relisant les oeuvres et réinterprétant les trajectoires de Foucault, Bourdieu, Deleuze, Derrida, mais aussi Sartre et Lévi-Strauss, restituant les grandes théories qui ont cherché à comprendre les mécanismes de la création artistique, littéraire ou scientifique (Weber, Adorno, Gombrich, Kuhn...), Geoffroy de Lagasnerie montre que l´invention surgit presque toujours en dehors de l´Université ou à ses marges, au terme de démarches qui s´attachent à brouiller les frontières disciplinaires, à déjouer les normes et les pratiques académiques. Penser, c´est nécessairement s´affranchir de l´image de la recherche que l´Université tend à imposer. À l´heure où un consensus s´installe pour défendre le champ académique contre les instances externes (économiques, politiques, médiatiques) qui menaceraient son autonomie, n´y a-t-il pas lieu de s´inquiéter de l´uniformisation de la vie intellectuelle qu´entraîne ce repli sur soi ? À rebours d´une telle tendance, cet essai appelle à élaborer une nouvelle politique des savoirs ouverte à la pluralité, aux hérésies, et donc à l´arrivée de l´inédit.

  • « L'un des objectifs de ce livre est d'ouvrir des pistes susceptibles de donner les moyens de comprendre la production et la réception des oeuvres : dans quel «contexte» faut-il réinscrire un auteur pour le comprendre ; quels rapports entretient la formation d'un projet littéraire ou intellectuel avec la vie de son producteur, avec la politique, etc ».
    Tout au long de sa vie, Pierre Bourdieu s'est affronté à la question de l'art, de la littérature, de la philosophie. Il a révolutionné la sociologie de la culture en y introduisant l'un de ses concepts les plus célèbres et les plus féconds : la notion de champ. Ce livre retrace les grandes étapes de la formation de cette théorie. Il montre comment et contre quoi elle s'est constituée et met en lumière la nouveauté radicale qu'elle a apportée.
    Mais il souligne également qu'il n'y a pas de nouvelles visions sans nouvelles cécités.

  • Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning ont fortement marqué l'actualité des dernières années. Ils représentent les figures exemplaires des luttes qui se jouent autour de la guerre et du terrorisme, des libertés civiles à l'ère d'Internet, des secrets d'Etat et de la surveillance de masse. Tous trois sont victimes d'une répression pénale d'une rare intensité.


    Geoffroy de Lagasnerie puise dans l'examen de leur vie et de leurs combats des instruments pour élaborer une réflexion générale et novatrice sur la politique, la démocratie et la résistance. Et si, alors que la théorie contemporaine se concentre largement sur les grands mouvements populaires comme Occupy, les Indignés ou les printemps arabes, des démarches isolées comme celles-ci permettaient d'inventer une nouvelle scène politique et une manière inédite de penser la révolte et l'émancipation ? L'auteur montre comment la question de l'anonymat telle qu'elle est posée par WikiLeaks ou les pratiques de fuite et de demande d'asile de Snowden et d'Assange doivent nous questionner sur l'idée démocratique et la sédition, sur le rapport des « citoyens » à la Nation et à la Loi. Interrogeant les analyses classiques du pouvoir et de la souveraineté, il propose une investigation critique sur la logique des Etats et l'emprise qu'ils exercent sur nous.

  • « Le Combat Adama, ce n'est pas seulement le combat de la famille Traoré. La mort de mon frère est représentative d'un grand malaise dans cette France qui ne va pas.
    Le 19 juillet 2016, mon frère est mort sous le poids de trois gendarmes et d'un système. Il est mort parce qu'il s'appelait Adama Traoré, parce qu'il était noir, parce qu'il habitait dans un quartier populaire. Il est mort à cause de ce que l'État et la société ont construit autour des quartiers populaires et de ces garçons. Et c'est tout cela que nous voulons changer.
    Quand on se bat, on ne se bat pas que pour Adama Traoré. On se bat pour tous les Adama Traoré. ».
    Adama Traoré est mort dans la cour de la gendarmerie de Persan dans le Val-d'Oise. Il avait vingt-quatre ans. Depuis, un combat se développe et s'amplifie qui, à partir de la question des violences policières dans les quartiers populaires, interroge en profondeur notre monde et la politique : le Combat Adama.

  • Parce qu'écrire c'est s'engager, tout auteur doit nécessairement se demander comment, par sa pratique, ne pas participer à la reproduction d'un monde traversé par des systèmes de domination, d'exploitation et de violence.
    En examinant ce que signifie de vivre une bonne vie intellectuelle dans un monde mauvais, Geoffroy de Lagasnerie élabore un ensemble d'analyses radicales sur l'autonomie de la culture, sur la valeur du savoir et de la vérité, sur la possibilité de concevoir une pratique de connaissance qui soit en même temps oppositionnelle, ou encore sur les rapports de l'intellectuel aux luttes.
    Lorsqu'il suspend l'adhésion spontanée à ce qu'il est, tout auteur se pose nécessairement un jour ou l'autre ces questions troublantes : mais au fait...
    à quoi sert ce que je fais ? Quels sens ont l'art, la culture et le savoir - et à quelles conditions ont-ils du sens ?

  • Michel Foucault est l'une des dernières figures en France de l'intellectuel engagé. Joignant dans une même démarche l'activité théorique et l'activité militante en une sorte de théorie et pratique politique, travaillant l'histoire et les catégories des historiens, la philosophie et les philosophes, du côté de la pensée structurale, Foucault propose une oeuvre qui de l'Histoire de la folie au Pouvoir psychiatrique, de Surveiller et punir au biopouvoir engage toujours, en toute occasion, une archéologie du savoir. Les mots... et les choses. Il y a, dans les modes d'engagement et la profondeur des interventions publiques du titulaire de la chaire d'Histoire des systèmes de pensée du Collège de France, une épaisseur et une bienveillance dont ces Journées d'étude veulent rendre compte. Il y a aussi, du coup, un après-Foucault, avec ceux qui à sa suite veulent penser à leur tour l'importance de la « volonté de savoir » en termes critiques et bienveillants, et l'étude de la réception de Foucault comme nécessaire à sa compréhension.

    Sommaire :
    Introduction Journée 1 par Geneviève Vergé-Beaudou
    Foucault au travail. La conception et la réception de l´Histoire de la folie à l'âge classique par Jean-François Bert
    Quand je Cinéma s'empare de Foucault : Le Mystère Alexina par Richard Madjarev
    Introduction Journée 2 par Catherine Geel
    Michel Foucault, le néolibéralisme et la politique par Geoffroy de Lagasnerie
    Présentation du film Portier De Nuit par Richard Madjarev

    Chaque année, l'Ensa Limoges organise deux à trois sessions de Journées d'étude convoquant des chercheurs et spécialistes à intervenir sur des questions et dans des domaines touchant à l'art, à l'esthétique, à la philosophie, aux techniques, ou encore aux mouvements littéraires et intellectuels.

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