Alternatives

  • Formé à la Petite école de dessin et d'architecture à la fin des années 1850, Rodin travailla tout d'abord dans des ateliers d'ornemanistes, puis produisit aussi bien de petites figures décoratives que des décors monumentaux (façade du théâtre des Gobelins, 1869 ; Académie et Bourse de Bruxelles, 1874.). Entré à la Manufacture de porcelaine de Sèvres en 1879, il produisit des décors de vases très originaux. La commande de la Porte de l'Enfer, en 1880, marque le tournant de sa carrière : avant d'être le chef-d'oeuvre autonome que l'on connaît aujourd'hui, elle était initialement conçue comme un ensemble de bas-reliefs, et devait orner la façade du musée des Arts décoratifs. A partir des années 1880, Rodin put choisir ses commandes et réserver à quelques mécènes sa production décorative (projets de cheminées, tympans sculptés.). Il put aussi se lancer, en collaboration avec plusieurs spécialistes de techniques telles que le grès ou la pâte de verre, dans des expérimentations visant à donner de ses oeuvres une vision renouvelée.

  • L'autoportrait pour sortir de l'anonymat. L'histoire de sa progressive prise d'indépendance vis-à-vis des hommes, avec une très nette accélération au XIXe siècle, est ici abondamment illustrée. Se référant à la symbolique forte d'Eve et d'Adam, l'auteur s'intéresse surtout au travail et au destin des artistes femmes sous un angle particulier qui consiste à les identifier comme produit de leur différence.
    Depuis leur état de muse et de modèle jusqu'aux débuts du féminisme elles s'émancipent malgré les obstacles que leur tend une société bien pensante, misogyne, organisée par l'homme et pour l'homme. La passion les anime, amantes, confidentes, artistes, muses et modèles elle finit par triompher.
    Qu'aurait été l'art du portrait et des fleurs sou. l'ancien régime, le plein air sous l'impressionnisme et les avant-gardes du XXe siècle sans elles, et sans eux, vaillants moteurs de leur perception? Si un rapport fusionnel, extra ordinaire, s'installe entre Rodin et Camille Claudel, entre Modigliani et Jeanne, entre Miki de Saint-Phalle et Tinguely, notamment, c'est qu'il était inévitable, vital et nécessaire.
    L'art se nourrit d'émotions sublimes, rares et chères. Sublimes, les femmes artistes le sont, qui font toujours couler autant d'encre sur elles et leurs oeuvres. Rares et chères jusqu'au XXIe siècle, reléguées au second rang du marché de l'art. Qu'importe ! Les femmes artistes continuent de se battre pour avoir un jour offert à leur homme la fameuse pomme, dont elles défendront toujours l'idée à coups de couleurs, de crayons et de ciseaux.

  • À la demande de la librairie Gallimard, Foujita illustre de vingt-neuf eaux-fortes le texte de Thomas Raucat intitulé « L'Honorable partie de campagne ». C'est un succès. Foujita trace avec vigueur des scènes de la vie quotidienne au Japon, vues par un étranger. Le rapport de Foujita à l'autre, aux amis - ce grand voyageur en eut beaucoup, dans le monde entier - est pétri d'humour et de vérité, de simplicité, d'élégance, de raffinement et de spontanéité poétique. Dès son arrivée à Paris en 1913, il rencontre Picasso avec lequel il restera toujours ami. Et après lui tous les jeunes loups de l'Ecole de Paris, loués par Cendrars, Apollinaire, Cocteau. Tous sont très vite les intimes de Foujita. Ils partagent tout : modèles, rues, ateliers, cafés et partent en voyage ensemble. Leurs oeuvres sont nourries de ces échanges multiples. Les différentes facettes de l'art évoluent et se superposent. Les artistes créent sur scène et filment. La poésie est partout. Les arts décoratifs empruntent la couleur aux Russes et la forme au Japon.

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