Alternatives

  • Il fut un temps, dans l'Arabie pré islamique, terre de nomades et de guerres incessantes, où le bruit des armes cédait parfois le pas au chant des poètes. Chaque tribu possédait le sien, et tous rivalisaient de talent lors de joutes oratoires, comme celle d'Okaz, près de La Mecque. Le poème victorieux devenait trophée. Il est dit que les plus célèbres d'entre eux furent inscrits en lettres d'or sur des banderoles de lin ornant la Ka'ba, d'où leur nom de Mou'allaqât, poèmes suspendus. Ces sept odes, écrites par sept poètes différents, chantent, dans des tonalités très différentes, la dureté des batailles et l'héroïsme des hommes, la beauté des femmes et celle des paysages, l'amour de la gloire et de la vie... Pour rendre l'hommage qu'elle mérite à cette poésie emblématique des lettres arabes, AbdalallahrAkar a choisi le textile, et plus précisément la tarlatane, comme support de son oeuvre plastique. Jouant. de cette matière souple et vivante, dont la texture se lit en transparence, l'artiste, qui s'inspire d'un des plus anciens styles de calligraphie -le koufique-, a su marier avec talent classicisme et modernité.

  • Textes de bataille, camus, chateaubriand, duras, gautier, la fontaine, le clézio, molière, montesquieu, nerval, olympe de gouges, pagnol, pascal, quignard.
    " [. ] il est bien nécessaire de faire une préface à son ouvrage, l'on avertit ainsi le monde de beaucoup de particularités qui importent à notre gloire. néanmoins, il y a des hommes si peu curieux qu'ils ne les lisent jamais, ne sachant pas que c'est plutôt là que dans tout le reste du livre, que l'auteur montre de quel esprit il est pourvu. " charles sorel (1622). baptisés à l'envi préface, avertissement ou préambule, ces textes si souvent dédaignés révèlent pourtant, au travers de leur brièveté, tout un style, un univers et une personnalité littéraire.
    Passage non obligé, une préface d'auteur n'est jamais innocente. qu'elle se fasse manifeste, plaidoyer, profession de foi ou confidence plus intime, sa seule présence marque, hier comme aujourd'hui, la volonté de l'écrivain de faire partager à son lecteur ses doutes, ses désirs, ses peurs. l'artiste denise lach a su se couler dans ces univers créatifs très contrastés et jouer de ces styles littéraires comme d'une palette chromatique aux nuances infinies, tendant ainsi à chacun de ces auteurs un miroir qui lui est propre.

  • La juxtaposition de ces trois Genèses (babylonienne, hébraïque et grecque) donne l'occasion au calligraphe Frank Lalou de démontrer sa virtuosité en passant du cunéiforme à l'hébreu puis au grec, dans un festival de formes et de couleurs.

  • depuis sa parution en 1857, les fleurs du mal est sans doute l'une des oeuvres poétiques de la littérature française à avoir été le plus souvent illustrée.
    l'originalité de cette nouvelle édition, qui vient marquer le cent cinquantième anniversaire de la première parution du recueil, réside non seulement dans l'approche calligraphique de l'artiste mais aussi dans sa volonté de ne mettre en images qu'un certain nombre de textes. " je n'ai découvert les fleurs du mal, que tardivement dans ma vie d'adulte, explique sophie verbeek. cette lecture me bouleversa.
    elle exerça sur moi une attirance et une fascination immédiates... je me suis nourrie de cette poésie pendant plusieurs mois et, petit à petit, j'ai entamé le travail de création. je le voulais fort, puissant, authentique et sincère comme le poète... le choix des poèmes fut instinctif et viscéral. sans retenue, j'ai fait corps avec cette poésie voluptueuse où le pouvoir des mots fut pour moi un terreau de recherche.
    calligraphié d'une façon lisible ou illisible, j'ai voulu créer un univers graphique semé de sensualité, où le rêve, la couleur et l'angoisse se côtoient en permanence. "

  • A travers l'histoire d'un crucifié qu'on avait cru mort et qui revient au monde pour en redécouvrir les petitesses et les grandeurs, D.H. Lawrence livre sa vision de l'existence et de la toute-puissance de la nature.

  • Un récit en deux parties, séparées par des milliers d'années et de kilomètres, qui interprète de façon contemporaine le célèbre mythe de la tour de Babel.

  • S'inspirant de la mythologie scandinave, une histoire poétique trouvant ses racines dans les runes (pierres ou planches de bois comportant des caractères germaniques très anciens) et les Eddas, textes religieux du XIIIe siècle.

  • Extrait du célèbre "Dictionnaire du russe vivant" de Vladimir Dal, cet ouvrage rassemble une petite partie des proverbes et dictons classés par thèmes. C'est ce florilège de pensées populaires, présenté ici sous la forme d'un abécédaire, que Vitaly Statzynsky illustre de son pinceau plein d'humour.

  • "La Passion selon saint Matthieu" de Jean-Sébastien Bach est considérée comme la Passion par excellence du monde occidental. Le travail de Jean Bouvet est une magnifique occasion d'aborder de façon détournée le territoire immense de l'écriture musicale. La partition autographe de Bach fait de l'ensemble une composition à plusieurs mains.


  • au plafond de son cabinet de travail, sa "librairie", montaigne avait orné poutres et solives d'inscriptions grecques et latines, soixante-cinq au moins, réparties sur deux couches.
    ces sentences sceptiques, bibliques, souvent poétiques, railleuses parfois, toujours hostiles à l'orgueilleux, au savant et au sage autoproclamé, rappellent que la science offerte par les livres n'est que vanité, amas d'incertitudes, et qu'à défaut de s'instruire, du moins peut-on "s'essayer" à penser. ce florilège de courtes phrases, traduites et présentées par alain legros, ouvre de façon peu commune sur l'intimité d'un penseur, éclairant de l'intérieur les textes des essais, et permet d'approcher différemment un philosophe qui allait de "la plume comme des pieds et qui, s'il aspirait à la sagesse, la voulait "gaie et sociale".
    stéphanie devaux, denise luc et jean-marie dommeizel ont pris des cours de calligraphie auprès de laurent pflughaupt. les élèves et "le maître" ont décidé de mettre en commun leur talent pour donner ici, chacun à leur tour ou ensemble, leur interprétation des sentences choisies par montaigne.

  • Entre 1490 et 1495, LEONARD DE VINCI rédige, au fil de ses expérimentations, une multitude de notes dans l'idée de constituer un Traité de la peinture. Aucun autre grand artiste n'a ainsi offert à ses pairs un exposé technique de cette envergure. L'enseignement dispensé dans ces annotations est univoque et clair : le peintre doit observer avec des méthodes et considérations scientifiques la nature et tenter de la copier, car elle seule est d'une beauté inégalable et inépuisable. Pour parvenir à ce résultat, l'artiste florentin envisage tous les aspects de son art : perspective, lumière, couleurs, regard, spécificité de la peinture face aux autres disciplines, rapport du peintre et de son modèle...

  • Les calligraphies d'Hassan Massoudy s'harmonisent parfaitement avec le rythme haletant et incroyablement dense du texte d'Andrée Chedid.

  • Une histoire peu commune dans un Moyen Âge assoiffé de connaissances et dont la curiosité ne se satisfait plus des seules explications théologiques du monde.

  • Calligraphies de Hassan Massoudy

  • Voici un livre qui doit tout à la main - armée simplement d'une plume d'oie et d'un pinceau - de l'homme. Sur les feuilles jaunies par les ans d'un vieux registre, Jacques Leroux, qui se définit moins comme un calligraphe que comme un "écriturien", a calligraphié et peint des moments de vie réels ou rêvés et une méditation sur le temps, la mémoire, les souvenirs.


  • gilgamesh roi d'uruk, en mésopotamie, (l'actuel irak) aurait vécu aux alentours de 2650 avant notre ère.
    après sa mort, ses exploits et sa légende se sont propagés. il devint le héros d'une épopée. au début de son règne, gilgamesh terrorise son peuple. les dieux décident alors de créer enkidu pour qu'il contrecarre la force du tyran. avant de quitter sa steppe natale, enkidu sera humanisé par une femme. puis il part affronter gilgamesh, mais une grande amitié naît entre les deux hommes. tous deux vont affronter de multiples dangers : tout d'abord humbaba, le gardien de la forêt de cèdres, puis le taureau céleste.
    mais enkidu meurt. gilgamesh, qui ne peut se résoudre à la mort de son ami, se pose des questions sur le mystère de cette mort inexorable. il décide alors de partir en quête de l'immortalité. l'epopée de gilgamesh est la plus vieille oeuvre littéraire connue. elle a été écrite sur des tablettes d'argile en caractères cunéiformes. elle est ici racontée par pierre grimal. depuis de longues années, hassan massoudy, irakien, rêvait de réaliser des calligraphies inspirées de ce texte venu de mésopotamie.
    il a voulu dialoguer avec lui, face à la violence de la guerre dans son pays, le pays de gilgamesh, afin d'exorciser sa douleur et de se retrouver.

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