Belles Lettres

  • Des voix s'élèvent de la nuit d'Athènes pour célébrer l'amour. Les invités du banquet d'Agathon - ce sont ses talents de tragédien que l'on fête - livrent tout à tour leur version d'Eros. Le vin lourd et épicé délie les langues. L'invention va atteindre des sommets d'extravagance avec le mythe d'Aristophane. L'intensité dramatique, modulée de main de maître, va crescendo. Enfin, Socrate prend la parole, mais plutôt que de pousser son avantage dialectique, il choisit de rapporter les propos que lui a tenus jadis la prêtresse de Mantinée. C'est unique dans l'oeuvre de Platon, et disons-le rarissime dans l'histoire de la pensée occidentale : c'est à une femme que revient la tâche d'initier le philosophe au mystère de l'amour.
    Ce que dit Diotime va changer l'histoire de notre sensibilité ; George Steiner le montre dans la préface : "l' 'Eros authentique est une quête de l'immortalité, notre vie n'est valable que si elle aspire à la vision de la beauté absolue, qui est aussi vérité".
    Texte établi et traduit par Paul Vicaire, annoté par François L'Yvonnet.
    Préface de George Steiner.

  • Gorgias

    Platon

    Le Gorgias est sans doute le plus animé et le plus féroce des dialogues platoniciens. A la faveur de la discussion qui oppose Socrate au sophiste Gorgias et à l'incroyable rhéteur Calliclès, Platon conduit la philosophie en un lieu où on ne voulait pas l'attendre : au sein des assemblées, des tribunaux et des discussions publiques où la question est posée de la "meilleure manière de vivre". A l'encontre de la rhétorique athénienne, la philosophie revendique la prétention exclusive d'être le seul discours éthique. Qu'il s'agisse des plaisirs, dont on ne peut vraiment jouir qu'à la condition de les maîtriser et de les connaître, ou du soin de la cité, qui exige un gouvernement susceptible d'améliorer les citoyens, la philosophie fait ici valoir sa compétence à ordonner les conduites.
    Sans doute écrit au moment où Platon fondait à Athènes l'Académie (autour de 387), le Gorgias veut être le protocole éthique d'un engagement politique ; il débat donc des conditions du gouvernement de soi et des autres.

  • Les Métamorphoses d'Ovide (43 av. J.-C.-17 ap.) sont pour la poésie latine une sorte de livre des records, de longueur (11995 vers évoquant ou narrant 250 métamorphoses en quelque 150 épisodes), mais aussi de variété des genres, des styles et des procédés narratifs. Couvrant toute l'histoire du monde, du chaos originel au temps d'Auguste où écrit le poète, sorte d'oeuvre-univers dont la structure labyrinthique fait un véritable et fascinant palais des mirages, "Légende dorée" ou "Vatican du paganisme", "Mille et une nuits de l'Antiquité" elles s'ouvrent sur un récit de la Genèse et s'achèvent, après un long et passionnant prêche philosophique prononcé par Pythagore (569-475 av. J.-C.), sur la promesse de divinisation de l'empereur régnant et d'immortalité du poète, après avoir offert au lecteur, sans jamais l'ennuyer, une profusion de récits épiques et de contes burlesques, édifiants, émouvants ou galants dont la postérité n'a cessé de recycler les inépuisables joyaux.
    Olivier Sers a traduit Ovide, entreprise sans précédent, vers pour vers, en 11995 alexandrins classiques restituant fidèlement le phrasé et la frappe poétique des hexamètres latins. Pour la première fois le lecteur moderne des Métamorphoses est placé dans la situation même du lecteur antique.

  • Jamais, peut-être, socrate ne fut aussi tranquille qu'en cette journée particulière qui s'achève par un arrêt de mort .
    Le procès, banal par certains côtés (ce n'est ni la première ni la dernière fois que l'on aura la peau d'un homme libre), a pour nous valeur de symbole. il est l'un des événements fondateurs de notre identité intellectuelle : il décidera de la vocation philosophique de platon. l'histoire de la pensée occidentale porte la marque de cette césure : il y a l'avant et l'après socrate. chaque fois qu'une communauté tente, par la censure, l'ostracisme ou le meurtre, de réduire au silence un étranger moral ou intellec tuel à l'intérieur de ses murs, de bâillonner ou d'effacer ses interrogations intolérables, elle vit une heure socratique.
    " (george steiner).

  • Antigone

    Sophocle

    Les deux fils d'oedipe, Etéocle et Polynice, se sont entre-tués au combat. Leur oncle Créon, le roi de Thèbes, décide que le cadavre de Polynice - qui a trahi sa patrie - demeurera exposé sans sépulture. La jeune Antigone, sa soeur, viole volontairement le décret : elle est arrêtée, et récidive. Pour elle, les lois immuables de la conscience, les "lois non écrites", se situent au-dessus des décrets des hommes. Antigone est celle qui désobéit, celle qui dit non, celle qui va au-devant de la mort.

  • Livre de référence pour toute réflexion sur la poésie et sur la théorie littéraire en Europe depuis près de vingt-trois siècles. En examinant l'épopée et la tragédie, Aristote en décrit les structures et en explique les origines et les fins. Ce faisant, il se démarque radicalement de Platon, qui avait banni toute forme de poésie de sa cité idéale.

  • Phèdre

    Platon

    Phèdre est un des nombreux dialogues socratiques transmis par Platon. Il y est question de la beauté et de l'amour, entendu comme désir, dans un premier temps, puis de la beauté d'un discours et de la rhétorique dans un second temps. L'amour comme la rhétorique peuvent éléver la beauté de l'âme mais ils peuvent tout aussi bien l'abaisser, en s'attachant seulement au plaisir et à la domination d'autrui. Au contraire, celui qui, à travers l'être aimé ou à travers le beau discours, contemple des idées pures, gagnera en sagesse et en beauté.

  • Lorsqu'il écrit le Cato Maior, au début de l'an - 44, à l'heure où la République agonisante s'apprête à succomber sous les dagues des assassins de César, Cicéron éprouve cruellement le poids des ans (il a soixante-deux ans).
    Il imagine un court dialogue philosophique qu'il situe à l'époque glorieuse de Rome, en - 150. Les jeunes Scipion Émilien et Laelius prennent du vieux et toujours vigoureux Caton (quatre-vingt-quatre ans) une leçon de vie. Les réflexions prêtées à l'ancien censeur de - 184 agissent sur l'auteur de ce traité Sur la vieillesse comme un élixir de jouvence et une consolation dans ses malheurs personnels et ses déceptions politiques.
    Des propos forts et clairs, à l'image du caractère bien trempé du personnage principal pour conjurer la peur de vieillir.

  • Le de amicitia, l'un des derniers traités de cicéron, s'inscrit dans une tradition de réflexion dont il ne nous reste avant lui que les témoignages de platon et d'aristote.
    Mais cicéron, comme dans ses autres ouvrages, écrit pour son temps : au lendemain de l'assassinat de césar, il définit l'amitié à la fois d'après les concepts grecs et en fonction des conditions sociales et politiques de la vie romaine, avec l'intention d'en faire le fondement d'une renaissance de l'esprit républicain.
    Cette alliance de la tradition romaine aux principes de sagesse grecs forme le coeur de l'humanisme cicéronien dont s'inspirera notre culture classique.

  • Jubilant dans le baroque aux confins de l'érotisme, du fantastique et de la mort, Les Métamorphoses d'Apulée (IIe siècle), seul roman latin dont nous possédions le texte intégral, racontent à la première personne les tribulations d'un naïf trop curieux qu'une opération de sorcellerie ratée a transformé en âne mais qui n'en pense pas moins, et tissent dans tous les styles la trame parodique d'une comédie humaine dont le dénouement est procuré par l'intervention d'Isis-Reine, Déesse Éminentissime. "Ce livre est un chef-d'oeuvre. Il me donne à moi des vertiges et des éblouissements ; la nature pour elle-même, le paysage, le côté purement pittoresque des choses sont traités là à la moderne et avec un souffle antique et chrétien tout ensemble qui passe au milieu. ça sent l'encens et l'urine, la bestialité s'y marie au mysticisme, nous sommes bien loin encore de ça nous autres comme faisandage moral." (Gustave Flaubert, 1852)

  • Qu'adviendrait-il des hommes si, un jour, les femmes s'emparaient du pouvoir ? les athéniens du vème siècle n'hésitaient pas à répondre : la mort.
    C'est ce fantasme, ce cauchemar qu'aristophane met en scène dans lysistrata. pour sauver athènes et toute la grèce, les femmes décident de dire non à la guerre. quel moyen plus ingénieux pour convaincre leurs maris que la grève du sexe et la prise de l'acropole ? auparavant soumises au désir et à l'autorité de leurs époux, les femmes d'athènes luttent maintenant pour restaurer les vraies valeurs du mariage civique, seul garant de la pérennité de la cité.

    Dans ce carnaval qu'est la comédie ancienne, les hommes cèdent : ils font la paix pour faire l'amour et pour se réapproprier le politique qui, le temps d'une pièce de théâtre, était l'affaire des femmes.

  • La Théogonie est le chant qu'élève en l'honneur des dieux Immortels un poète béotien inspiré par les Muses. Dans ce poème d'époque archaïque, Hésiode célèbre l'ordre divin du monde en racontant la formation de l'univers, la succession des générations divines et la répartition des honneurs parmi les dieux. L'histoire de la famille divine aboutit ainsi à la mise en place de l'ordre éternel de Zeus. Naissances, unions, conflits, alliances et combats dessinent une carte des puissances divines actives dans le monde. Ce processus théogonique attribue à chaque élément du cosmos, aux dieux immortels ainsi qu'aux hommes mortels, les prérogatives et la place qui leur reviennent.
    Le poème d'Hésiode n'est pas seulement un chef-d'oeuvre de la littérature antique. Il met véritablement en scène les puissances divines qu'un homme grec pouvait percevoir à l'oeuvre dans l'univers. La Théogonie atteste à quel point, en Grèce ancienne, poésie et religion étaient étroitement liées l'une à l'autre.

  • Récurseur du "roman" (avec L'Âne d'or d'Apulée), le Satiricon, dont ne nous sont parvenus que de larges extraits et que le film de Fellini a contribué à populariser, est l'oeuvre d'un auteur dont nous ne connaissons que la date de la mort (66 après J.C.). Il dut, semble-il, se suicider après avoir perdu l'estime de Néron, non sans avoir composé un libelle contre ses débauches.
    Son narrateur est Eucolpe, qui va d'aventure en aventure dans une ville de la côte, accompagné de son ami Ascylte et de son esclave, le petit Giton (dont on connaît la postérité lexicale). Rejoints par le poète Eumolpe, ils embarquent et font naufrage près de Crotone. Trois temps forts rythment le récit : le repas de Trimalcion, la légende de la veuve d'Ephèse, le séjour à Crotone.
    Aux bas-fonds et auberges mal famées arpentés par les déclassés, font écho les dévergondages de la haute société impériale, le tout raconté avec bonhomie, ironie ou parfois naïveté mais aussi parodie et persiflage.
    C'est avec le Satiricon que, pour la première fois, un latin "vulgaire", parlé, accède au statut de langue écrite.
    Le texte latin est celui établi en son temps par Alfred Ernout, soigneusement révisé par le traducteur, qui donne en annexe la liste et les raisons des variantes retenues.

  • La philosophie, qui, à cette époque, se réduit pour l'essentiel au platonisme, est devenue une méthode pour détourner l'âme du sensible et l'unir à Dieu, par le moyen des vertus, de la connaissance, en particulier la théologie, et de l'ascèse. Les historiens de la piété ancienne ont salué l'écriture totalisante et la haute spiritualité de cet opuscule, école de relation à soi, aux autres et au divin, qui jette une lumière renouvelée sur les mutations profondes de la philosophie au seuil du IVe siècle, et cela avant que ne vienne l'âge d'or de la littérature chrétienne et de la domination politique et culturelle du christianisme.

  • La Médée mythique était une magicienne aux pouvoirs redoutables, plusieurs fois criminelle. Ici, elle s'impose la catastrophe. Pour faire payer son infidélité à Jason, elle devient meurtrière de leurs enfants. Euripide a sans doute inventé ce crime.
    Elle ne se contente pas de se venger, mais anéantit le monde pour lequel son mari la quitte : elle désagrège la jeune rivale en même temps que son père, le roi de Corinthe, et, avec ses enfants, elle détruit le passé. Rien ne doit en rester, puisqu'il a été nié. Dans cette tragédie, elle est le divin. Petite-fille du Soleil, elle s'était donnée librement à un mortel ; elle se reprend, mais dans un désastre qui la touche aussi.
    Euripide a choisi de ne pas mettre en scène la magie, mais la virtuosité avec laquelle l'étrangère parle les mots des Grecs, pour tuer. Contrairement à ce que disait Nietzsche, la dialectique ne dénature pas la tragédie, elle la renforce.

  • Après la Théogonie, qui chante l'épanouissement des lignées divines, Les Travaux et les Jours est le grand poème archaïque de la condition humaine. Dans cette oeuvre de poésie sapientiale, l'aède paysan s'adresse à son frère, parfois aux rois et, en définitive, à nous, simples mortels, pour délivrer conseils éclairés et prescriptions impérieuses. Comment faire fructifier vignes et blés (les « travaux »), comment se repérer dans le dédale des jours fastes et néfastes (les « jours ») ? Comment interpréter les signes concrets qui sonnent l'arrivée d'une saison et son cortège de tâches à accomplir ? Comment vivre, enfin, dans le monde âpre où l'on est né ? C'est ce qu'Hésiode apprend aux hommes, au fil des vers du plus ancien poème didactique conservé en grec.
    Deux mythes célèbres retracent les raisons de cette rudesse du monde depuis que les hommes ont été séparés des dieux. Avec Pandore, la pénurie des ressources et l'obligation du travail se sont installées au coeur du monde des mortels ; et avec le manque, la nécessité de la justice au sein des collectivités humaines, illustrée par le mythe des races. C'est le remède à ce malheur que le poète des Travaux et des Jours s'acharne à élucider, entre savoir éclairé et conscience de la précarité essentielle de tout effort humain.

  • En 63 avant notre ère, la République romaine vit des heures explosives. Les divisions politiques, l'accroissement de la misère, l'omniprésence de la violence touchent tous les degrés de la société. Il ne manque qu'un chef pour cueillir les fruits de la déliquescence de l'État, provoquer une révolution et précipiter Rome dans les affres d'une guerre civile. Ce meneur, dévoré de haine et d'ambition, est un patricien ruiné, charismatique et débauché, Lucius Sergius Catilina. Face à lui, un « homme nouveau », un consul qui manie l'art oratoire avec maestria, un avocat qui a su faire de ses phrases des armes redoutables, Cicéron. En quatre discours, ce maître des mots va chasser Catilina, retourner le peuple et du moins croit-il sauver la République.À travers ces Catilinaires, c'est l'histoire du plus formidable complot jamais ourdi contre l'État romain qui s'écrit, pour la plus grande gloire de leur auteur.

  • " puisque je n'avais rien de vrai à raconter, n'ayant jamais rien vécu d'intéressant, je me suis adonné au mensonge.
    " né en commagène, lucien a pourtant voyagé à travers tout le bassin méditerranéen. mais cet espace est trop étroit pour lui. tel un de ses héros, chiron, il aspire à fuir la monotonie. ii nous entraîne donc dans la lune, dans le ventre d'une baleine, sur une mer peuplée de créatures monstrueuses et jusque dans les profondeurs de la terre, dans l'étrange royaume des morts. ces textes oú triomphe la fantaisie nous proposent aussi un voyage littéraire, nourri de références innombrables.
    Ils s'inscrivent sous le patronage d'ulysse, " maître en fariboles de ce genre ". leur postérité est immense. les dialogues des morts ont créé un genre littéraire encore exploité de nos jours. les histoires vraies ont inspiré rabelais, cyrano de bergerac, swift. et la verve de lucien, même quand il parle de la mort, est un appel stimulant à la vie.

  • Les tragédies de Sénèque ont inspiré directement, et parfois littéralement, Shakespeare, Corneille et Racine, et pourtant, jusqu'au XXe siècle, on les tenait pour injouables et leur réputation était exécrable auprès des critiques.
    Tout a changé à partir de 1932 où Georges et Ludmilla Pitoëff ont monté Médée, suscitant l'enthousiasme d'Antonin Artaud qui dès lors vit en lui « le plus grand auteur tragique de l'histoire [...]. Je pleure en lisant son théâtre d'inspiré, et j'y sens sous le verbe des syllabes crépiter de la plus atroce manière le bouillonnement des forces du chaos ».
    Aujourd'hui, on ne se pose plus la question de savoir si Sénèque est jouable, on le joue.
    L'écriture versifiée est un élément scénique majeur de ces textes dont une grande partie était chantée, voire dansée. C'est entre autres pour cette raison qu'on les trouvera traduits ici, non seulement vers pour vers, mais avec la même variété métrique que dans le texte original.

  • Dans cette pièce, écrite vers -416, Euripide met en scène l'accès de folie d'Héraclès qui le conduit à tuer ses propres enfants et Mégara, leur mère.
    En l'absence d'Héraclès, descendu aux Enfers pour accomplir le dernier de ses travaux - ramener le chien Cerbère -, Thèbes est tombée aux mains de Lycos, un tyran qui s'est emparé du trône après avoir tué Créon qui assurait la régence. Lycos fait régner la terreur et s'apprête à se débarrasser du père d'Héraclès, Amphitryon, ainsi que de l'épouse et des trois enfants du héros. De retour du royaume des morts où il a sauvé Thésée, Héraclès surgit in extremis et tue l'usurpateur. La paix ne revient pourtant pas à Thèbes, car Héra, toujours en courroux contre Héraclès, envoie Lyssa, la Rage, pour semer la folie dans son esprit.
    En proie au délire, il tue ses enfants et sa femme, Mégara.
    Quand il reprend ses esprits, Héraclès reconnaît les cadavres et veut mettre fin à ses jours. L'arrivée de Thésée le dissuadera de se donner la mort ; sans illusion, Héraclès accepte de quitter Thèbes pour Athènes, où Thésée a offert de le purifier et de lui donner refuge.
    Désormais, fidèle à lui-même, il trouvera la force d'affronter son malheur et substituera aux combats contre les monstres le combat contre sa propre mort.

  • Satires

    Juvenal

    Juvénal (60-140) se plut à opposer la dépravation de son temps aux moeurs plus chastes et droites des Romains de la République. Après s'être voué d'abord à la rhétorique, cet ami de Martial commença en effet à composer des satires vers l'âge de quarante ans, lorsque la chute de Domitien, puis le règne de Trajan et surtout d'Hadrien lui permirent d'exprimer le fond de son coeur en dénonçant surtout les abus dont il était témoin dans un art partagé entre le réalisme et l'outrance, l'emphase déclamatoire et la concision du proverbe. Juvénal fut poète politique, doublé d' un véritable philosophe et d'un moraliste d'inspiration stoïcienne.
    Son oeuvre est un peu plus importante que celle de Perse : seize satires, dont les premières attaquent des travers précis et dont les dernières développent des thèmes moraux plus généraux. Ainsi la troisième satire évoque les embarras de la Ville, la sixième les femmes, la huitième les nobles ou la dixième les voeux...
    Cette nouvelle traduction permet d'apprécier la souplesse de la composition des Satires en même temps que leur véhémence, tout en parachevant le travail entamé par Olivier Sers avec La Fureur de voir (Belles Lettres, 1999) et sa nouvelle traduction, très remarquée, dans la même collection, du Satiricon de Pétrone (2001).

  • Ils vont nu-pieds, leur teint est pâle comme celui des cadavres, leurs regards sont brillants. Ils se servent de leur langue affûtée pour enseigner, contre salaire, l'art exquis de douter de tout, de transformer le discours juste en discours injuste et de vivre au-dessus des lois. Dans l'ombre du « pensoir », ces morts-vivants ont pour maître le bavard, le divin Socrate.
    À travers ces personnages, synthèse des différents intellectuels qui vivaient à Athènes aux alentours de 423 av. J.-C., Aristophane s'interroge sur l'impact qu'ont les idées des sophistes sur les citoyens. Conservateur résolu, ardent défenseur de la morale et de l'éducation léguées par la tradition, il déteste les novateurs et met dans le même sac les sophistes et Socrate, cet homme étrange qui semblait toujours dans les nuages.
    Les Nuées sont la plus connue des comédies d'Aristophane, mais aussi une de ses plus belles réussites.

  • Agamemnon

    Eschyle

    Agamemnon est le premier volet de la trilogie de L'Orestie, appartenant au cycle troyen d'Eschyle (tragédies données pour la première fois sur scène en 458 avant J.-C.). Il débute par la chute de Troie après dix années d'attente.
    Le roi Agamemnon rentre triomphalement dans sa cité d'Argos où la prophétesse captive, Cassandre, annonce sa mort. Il sera tué par son épouse Clytemnestre.

  • Pour découvrir ou redécouvrir les grandes oeuvres de l'Antiquité qui ont façonné notre culture, un guide « de poche » s'imposait.
    La vie et l'oeuvre, accompagnées d'un extrait significatif, de plus de cent auteurs grecs et latins sont ainsi présentés pour permettre au lecteur des « Classiques en poche » de parcourir l'extraordinaire fonds de la littérature gréco-latine.

empty