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  • Les Chênes Verts n'est pas une maison de retraite comme les autres. Les personnes âgées qui y résident en sont certaines, les aides-soignants (ou amis-soignants, selon la dénomination en vigueur) ont tout organisé pour les priver de liberté et les couper du monde extérieur ils seraient même prêts à les assassiner en cas d'entorse au règlement. Dorothy, lors de son arrivée, fait connaissance avec ceux qui partagent sa chambre, et notamment le Capitaine Ruggles qui s'est donné pour mission d'organiser une évasion. La petite nouvelle, âgée de 74 ans, essaie de s'intégrer et de trouver sa place parmi ses nouveaux compagnons.
    De leur côté, les amis-soignants ne sont pas plus rassurés. Ils suspectent les personnes âgées de fomenter un vaste complot pour prendre le pouvoir. Le directeur de l'établissement, Raymond Cornish, réorganise l'équipe et nomme Tristan responsable. Celui-ci prend ses nouvelles responsabilités à coeur, il garde le Capitaine Ruggles et ses acolytes à l'oeil. Mais on ne sait pas toujours de quel côté se situe la folie  : si les vieillards sont déchaînés, Tristan entretient quant à lui une relation mystique avec le corps de son gourou qu'il cache dans un cagibi... pendant que le directeur s'enferme dans son bureau pour se masturber et poursuivre ses fantasmes avec une jeune fille de 16 ans. La gestion de l'établissement commence à lui échapper, et avec des pensionnaires qui veulent retrouver leur liberté à tout prix, l'affrontement est inéluctable...
    Brillamment construit, puissant et plein d'humour, Défense de nourrir les vieux est un roman détonant. Adam Biles peint d'extraordinaires personnages et, sans tabou, les met en scène dans des situations aussi drolatiques que dramatiques. Ces personnages sont d'ailleurs étrangement liés à un roman-feuilleton, dont quelques dessins émaillent l'histoire, qui renforce encore la tension dramatique. Un livre coup-de-poing.

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  • Chaque jour, en moyenne, près de sept enfants ou adolescents meurent par balle aux États-Unis. Il s'agit d'une statisique glaçante qui ne peut rendre-compte à elle-seule des vies détruites par les armes à feu. Afin de redonner un visage aux victimes, Gary Younge a décidé de raconter le destin de ces jeunes gens tués au cours d'une journée choisie au hasard, le 23 novembre 2013. Ils sont dix à être abattus ce jour-là, dix enfants et adolescents âgés de 9 à 19 ans : sept noirs, deux hispaniques, un blanc.
    Après une introduction très personnelle, Gary Younge consacre un chapitre à chacune de ces victimes tuées par balle, parfois par accident, parfois lors d'un règlement de comptes : Jaiden, Kenneth, Stanley, Pedro, Tyler, Edwin, Samuel, Tyshon, Gary et Gustin. En recoupant les entretiens qu'il a menés avec leurs proches, les comptes-rendus de la police, du "911", des journalistes locaux, en observant les comptes Facebook et Twitter de certains adolescents, il reconstitue la vie et les dernières minutes de tous ces jeunes.
    Gary Younge aborde ainsi la question des lobbys, de la prévention dans les écoles, des pressions sociales ou encore de l'influence des gangs, il dépeint surtout une réalité américaine qui brise des familles chaque jour. Vibrante immersion dans ces dix courtes vies, Une journée dans la mort de l'Amérique est un ouvrage émouvant, précis et intense. Gary Younge déploie tout son savoir-faire narratif pour nous immerger dans les Etats-Unis d'aujourd'hui et nous inviter à réfléchir, sans tabou, à la première cause de mortalité chez les jeunes noirs américains de moins de 19 ans : les armes à feu.

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  • Elio Perlman se souvient de l'été de ses 17 ans, à la fin des années quatre-vingt. Comme tous les ans, ses parents accueillent dans leur maison sur la côte italienne un jeune universitaire censé assister le père d'Elio, éminent professeur de littérature. Cette année l'invité sera Oliver, dont le charme et l'intelligence sautent aux yeux de tous. Au fil des jours qui passent au bord de la piscine, sur le court de tennis et à table où l'on se laisse aller à des joutes verbales enflammées, Elio se sent de plus en plus attiré par Oliver, tout en séduisant Marzia, la voisine. L'adolescent et le jeune professeur de philosophie s'apprivoisent et se fuient tour à tour, puis la confusion cède la place au désir et à la passion. Quand l'été se termine, Oliver repart aux États-Unis, et le père d'Elio lui fait savoir qu'il est loin de désapprouver cette relation singulière...
    Quinze ans plus tard, Elio rend visite à Oliver en Nouvelle-Angleterre. Il est nerveux à l'idée de rencontrer la femme et les enfants de ce dernier, mais les deux hommes comprennent finalement que la mémoire transforme tout, même l'histoire d'un premier grand amour. Quelques années plus tard, ils se rendent ensemble à la maison en Italie où ils se sont aimés et évoquent la mémoire du père d'Elio, décédé depuis.

    Appelle-moi par ton nom est un roman d'amour singulier tout autant qu'une réflexion sur la mémoire et l'oubli. La langue à la fois précise et sensuelle d'André Aciman parvient à évoquer la tyrannie des corps - mais aussi la part de brutalité qui se niche dans tout éveil au sentiment amoureux - avec une élégance rare.

    Ce roman, devenu culte dans le monde anglo-saxon à l'instar de Brokeback Mountain, est adapté au cinéma par Luca Guadagnino (sortie française le 28 février 2018). Call me by your name est donné comme l'un des favoris pour les oscars.

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