Littérature générale

  • L'imagénétion créatrice n'est pour Saint-John Perse ni une « puissance trompeuse » ni une fuite dans un ailleurs imaginaire : elle permet d'explorer les profondeurs psychologiques de l'individu et l'infinie variété des hommes « en leurs voies et façons ». L'imaginition est une faculté libératrice, elle relie l'individu aux puissances de la nature et à la communauté des hommes. Aussi le motif d'attribution du Prix Nobel de littérature à Saint-John Perse en 1960 pourrait se résumér par ces mots : « cette imagination au déploiement magistral est sa force ». Les poèmes, par des analogies ouvertes, des images saisissantes et un rythme puissant, accroissent le désir de vivre, l'exigence intellectuelle, l'émerveillement face au réel et l'amour du monde. Confrontée à l'évolution scientifique du vingtième siècle et au « très grand désordre » de l'histoire, la poésie se dote « d'un peu de magie pour s'éclairer elle-même à la frontière de l'insaisissable ». C'est sur la dimension créatrice et poétique de l'imagénétion que Colette Camelin concentre son attention dans ce livre. « L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance ». Saint-Jonh Perse (1887-1975)

  • Fille d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Renée de France est, un peu comme sa cousine Marguerite de Navarre, l'une de ces princesses mal aimées dont les cours royales offrent, de nos jours encore, de fréquents exemples. Marquée par les idées humanistes qui se répandent en France au début du seizième siècle, Renée protège les Réformés. Tristement mariée au duc de Ferrare - allié du roi de France - et exilée en Italie pendant trente années, elle y accueille Clément Marot et Calvin. Accusée d'hérésie, elle comparaît devant le tribunal de l'Inquisition. Soutenant les grandes figures du protestantisme français, comme l'amiral de Coligny, Renée de France est contrainte de marier sa fille Anne au duc François de Guise, chef des armées catholiques. Elle mourra trois ans seulement après le drame de la Saint-Barthélemy, qui semble ruiner à jamais les espoirs de la Réforme et les siens. Nourrie de l'esprit des Béatitudes, Renée de France a poursuivi sans trêve, au milieu des ravages de la guerre civile, sa quête de la simplicité biblique : elle a cru retrouver - parmi les Réformés - le printemps du lac de Tibériade et, dans la communion des cantiques chantés d'une seule voix, la lumière de la Grâce, en tête-à-tête avec Dieu. Les bouleversements de son siècle n'ont pas eu raison des convictions de cette princesse courageuse et originale, généreuse, désintéressée, dont les éclairs d'intuition pouvaient en remontrer aux arguties de bien des théologiens.

  • Fille d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Renée de France est, un peu comme sa cousine Marguerite de Navarre, l'une de ces princesses mal aimées dont les cours royales offrent, de nos jours encore, de fréquents exemples. Marquée par les idées humanistes qui se répandent en France au début du seizième siècle, Renée protège les Réformés. Tristement mariée au duc de Ferrare - allié du roi de France - et exilée en Italie pendant trente années, elle y accueille Clément Marot et Calvin. Accusée d'hérésie, elle comparaît devant le tribunal de l'Inquisition. Soutenant les grandes figures du protestantisme français, comme l'amiral de Coligny, Renée de France est contrainte de marier sa fille Anne au duc François de Guise, chef des armées catholiques. Elle mourra trois ans seulement après le drame de la Saint-Barthélemy, qui semble ruiner à jamais les espoirs de la Réforme et les siens. Nourrie de l'esprit des Béatitudes, Renée de France a poursuivi sans trêve, au milieu des ravages de la guerre civile, sa quête de la simplicité biblique : elle a cru retrouver - parmi les Réformés - le printemps du lac de Tibériade et, dans la communion des cantiques chantés d'une seule voix, la lumière de la Grâce, en tête-à-tête avec Dieu. Les bouleversements de son siècle n'ont pas eu raison des convictions de cette princesse courageuse et originale, généreuse, désintéressée, dont les éclairs d'intuition pouvaient en remontrer aux arguties de bien des théologiens.

  • Buffon

    Gaillard

    Préface d'Édgar Faure. Buffon (1707-1788), écrivain, philosophe, savant qui vécut en France au dix-huitième siècle, appelé aussi « siècle des répertoires ». Il connut la gloire pour avoir projeté et réussi un tableau complet de la Nature. Il y fut aidé par le roi qui le nomma intendant de son jardin, et lui donna à garder son cabinet de curiosités. À l'époque de Buffon, l'esprit humain croyait avoir trouvé les clés de l'univers. La première clé, c'était la Théorie d'Isaac Newton, mathématicien anglais, Théorie dite de la « gravitation ». Comme l'idée de Dieu continuait de signer les images du monde, cette idée se devait d'être réduite : au Dieu jaloux de la Bible, Leibniz, homme d'Église et philosophe allemand, substitua donc le « premier moteur », source immobile de tout le mouvement. Muni de ce trousseau, l'esprit de l'homme prétendait recouvrir le temps et l'espace d'une construction définitive. Buffon se fixa un tel programme et parvint à le remplir. Il le fit en quarante ans et en quarante volumes, dans la paix du travail, dans l'admiration des autres hommes et dans la considération de Dieu. Il fut heureux jusqu'au jour de sa mort.

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