Les Presses Du Reel

  • On lui attribue, dans les années 1920, les premiers films impressionnistes, féministes, puis surréalistes. Qu'est-ce que le cinéma ? constitue la première édition des écrits théoriques de Germaine Dulac (1882-1942), pionnière du septième art, près de 75 années après la conception du manuscrit, où elle développe une réflexion sur le cinéma aux échos fortement contemporains.
    Composé des nombreuses conférences de la cinéaste (1925-1939) assemblées par sa partenaire Marie-Anne Colson-Malleville et préservées dans les archives de Light Cone, cet ouvrage éclaire le rôle majeur de cette pionnière de l'avant-garde française, innovatrice de la pensée cinématographique moderne, qui théorisait déjà, dès les années 1920, ce qu'est le cinéma.

    « L'oeuvre et la pensée de Germaine Dulac ont beaucoup compté dans l'histoire du cinéma. Ce livre permet de mieux la connaître et de l'apprécier. C'est très important pour faire vivre la cinéphilie, qui est d'ailleurs l'une des missions du CNC. » Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) Ouvrage récompensé du Prix du livre de cinéma 2020 du CNC.

  • Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.

    Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
    Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.

  • Le végétal au premier plan de la pensée philosophique.
    Là où les philosophes contemporains s'abstiennent d'aborder la vie végétale sous l'angle ontologique et éthique, Michael Marder place les plantes au premier plan de l'actuelle déconstruction de la métaphysique. Il identifie les caractéristiques existentielles du comportement des plantes et l'héritage végétal de la pensée humaine afin de confirmer la capacité qu'ont les végétaux à renverser le double joug de la totalisation et de l'instrumentalisation. Au fil de son écriture, Marder se penche sur les plantes du point de vue de leur temporalité, de leur liberté et de leur sagesse. La pensée végétale vient caractériser tant le mode de pensée non cognitif, non idéel et non imagé qui leur est propre que le processus consistant à ramener la pensée humaine à ses racines et la rendre végétale.

  • La pensée de Jacques Rancière a profondément modifié la réflexion contemporaine, en particulier dans sa façon nouvelle d'articuler les rapports entre esthétique et politique. Bien qu'elle ait pris une place grandissante dans son oeuvre, à la faveur des derniers livres notamment, la question des images et de leur pouvoirs n'avait pas encore fait l'objet d'une interrogation spécifique. Une conversation, assortie d'une introduction par Andrea Soto Calderón, afin de mieux cerner en quoi les images sont le site d'une reconfiguration des possibles.

    Andrea Soto Calderón est philosophe, basée à Barcelone, où elle enseigne l'esthétique.

  • L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.

    En se fondant sur un corpus d'oeuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle - à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière... - quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle - à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault... - quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.


  • d'oú vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? nicolas bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social.
    son essai se donne pour but de produire des outils nous permettant de comprendre l'évolution de l'art actuel : on y croisera felix gonzalez-torres et louis althusser, rirkrit tiravanija ou félix guattari, et la plupart des artistes novateurs en activité.

  • Pionnier et figure tutélaire de la Medientheorie allemande, Friedrich Kittler sonde dans ce livre les infrastructures matérielles et techniques de la culture, laissant apparaître, au passage, comment la psychanalyse est couplée à la naissance du gramophone, l'art de la guerre au cinéma et l'émancipation de la femme au développement de la machine à écrire. La première traduction française d'un ouvrage qui a fait date.

    Prenant la suite d'Aufschreibesysteme 1800-1900 paru un an plus tôt, Gramophone, Film, Typewriter (1986) élargit les ambitions théoriques de celui-ci : le livre sonde les infrastructures matérielles de la culture moderne, montrant au passage comment la psychanalyse est corrélée à la naissance du gramophone, l'art de la guerre au cinéma et l'émancipation de la femme au développement de la machine à écrire. Pour le sujet moderne, c'est le constat d'une énième blessure narcissique : son imaginaire ne lui appartient pas ; les mots, les sons et les couleurs résultent du trafic occulte des appareils. Gramophone, Film, Typewriter a inauguré tout un champ de recherche sur les enjeux en même temps esthétiques, épistémologiques et politiques de ce que Kittler appelle les « Medien ». Après sa lecture, on cessera définitivement de considérer qu'un médium pourrait constituer un moyen de communication neutre.

    Un hypertexte théorique (textes, images, sons, liens) formant un commentaire de Gramophone, Film, Typewriter, constituant l'autre « face » de la postface à la traduction française de l'ouvrage, est consultable ici : http://kittlers.media.

  • Une théorie originale du pouvoir basée sur une analyse dense et éclairante des conséquences de la « guerre contre le terrorisme » et de l'État sécuritaire, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux.
    Un mode de pouvoir qui fait vivre, au sens le plus fort : l'ontopouvoir plonge dans le champ d'émergence de la vie pour l'inciter, la susciter, en moduler la prise de forme. Ne prenant plus comme objet premier, ni le pouvoir de mettre à mort, ni celui de gouverner le vivant, se prolongeant au-delà de la discipline comme du biopouvoir, l'ontopouvoir exerce une puissance de genèse. En essor depuis le 11-Septembre, il se déploie autour d'une opérativité assez novatrice pour mériter un nouveau nom : la préemption.
    À la différence et de la dissuasion et de la prévention, la préemption vise non plus le danger clair et bien présent, mais plutôt la menace. Encore indéterminée quant à son heure et ses contours, la menace a une existence incertaine. Opérer sur la menace implique d'agir sur le futur dans le présent, selon une politique de l'affect, dont le registre dominant est la peur.
    Le livre trace les linéaments de l'ontopouvoir depuis son éclosion dans la « guerre contre le terrorisme », et l'État sécuritaire correspondant, jusqu'à l'imposition de la logique néolibérale et aux débordements des médias rendus viraux. Une contribution décisive à la généalogie du régime « post-vérité » qui caractérise notre ère.

  • Comment penser la colonie en elle-même ? La colonie implique l'historiographie, mais aussi la littérature, la psychanalyse, la philosophie. A partir d'un sujet subalternisé, racialisé, à la parole confisquée, Seloua Luste Boulbina fait de la colonie (partant de La Colonie pénitentiaire de Kafka) un concept philosophique majeur de la pensée politique contemporaine. Ce concept frontière questionne les représentations-écrans qui irriguent discours et politiques d'hier et d'aujourd'hui. Une base pour une réflexion sur la décolonisation.

  • À travers le cas Artaud, dont l'histoire psychiatrique est ici analysée dans les moindres détails, c'est à un véritable réquisitoire que se livre Isidore Isou dans ce texte singulier qui tient à la fois de l'enquête et du pamphlet.
    Pour Isidore Isou toutes les disciplines, qu'elles relèvent du monde des idées, des arts, de la culture, de la politique ou des sciences, doivent être réformées à l'aune de la révolution lettrisme. La psychiatrie n'échappe pas à cette critique générale, et aux propositions novatrices d'Isou. Mais ici, la verve du maître lettriste est particulièrement exacerbée : la psychiatrie est comparée à une méthode nazie de destruction de l'homme, dont l'électrothérapie serait l'arme barbare par excellence. Si les années 1970 sont propices à ce genre de critique radicale, la colère isouienne est certainement décuplée par ce qu'il a vécu lors de son passage en hôpital psychiatrique au cours d'un internement forcé en 1968 - où il fit la rencontre du célèbre docteur Gaston Fermière.

    « Les défenseurs d'Antonin Artaud n'ayant jamais été des psychiatres, mais généralement des littérateurs ou des poètes, ignorant le domaine de la « santé mentale », et mes textes abordant le problème de ce grand créateur, à la fois du point de vue du plus profond système artistique actuel et du point de vue du plus profond système de psychopathologie et de psychothérapie qui ait jamais existé, je crois que les pages qui vont suivre représentent la meilleure étude parue jusqu'à ce jour sur l'internement de l'auteur des Lettres de Rodez. » La première édition de ce texte - Antonin Artaud torturé par les psychiatres (les ignobles erreurs de André Breton, Tristan Tzara, Robert Desnos et Claude Bourdet dans l'affaire de l'internement d'Antonin Artaud) - a été publiée par Maurice Lemaître dans sa revue Lettrisme n° 13 en septembre 1970.

  • Les échanges féconds entre poésie française et américaine depuis le tournant de 1968.
    Le dialogue entre la poésie française et la poésie américaine remonte au XIXe siècle. Mais si les Américains en quête de modernité se sont d'emblée tournés vers la France, le courant s'est inversé à partir des années 1970, les poètes français regardant désormais vers les États-Unis au moment où la modernité s'essoufflait. Cette étude rend compte de ce phénomène en mettant au jour les enjeux qui ont préoccupé les poésies française et américaine et motivé leurs échanges. Pour y parvenir, elle pose les questions suivantes.
    Pourquoi les poètes objectivistes (Reznikoff, Zukofsky, Oppen...) ont-ils bénéficié en France d'une réception sans cesse recommencée depuis cinquante ans ?
    Pourquoi tant de poètes français et américains de la même génération se sont-ils lus, cités et entre-traduits dans les années 1980, au point d'établir une communauté transatlantique ?
    Comment, après 1968, « dissoudre la solennité poétique » et adapter le « bas voltage » américain dans la langue de Racine ? Comment dire la poésie ? Comment la lecture publique s'institutionnalise-t-elle en France ? « Être debout et parler », est-ce encore de la poésie ?
    Au moment où la poésie en France éprouvait un sentiment d'impasse et entreprenait un bilan de la modernité, la conversation transatlantique lui aura offert un forum pour redéfinir ses formes et sa fonction. S'y sont notamment fait entendre Ashbery, Roche, Roubaud, Royet-Journoud, Albiach, Hocquard, di Manno, Gleize, Leibovici, les Waldrop, Auster, Duncan, Palmer, Bernstein, Hejinian, Watten, Doris, Fourcade, Creeley, Rothenberg, Antin, Heidsieck, Cadiot, Alferi.

  • Le second volume du recueil de textes de Nicolas Bourriaud, autour du thème de l'espace dans l'art et de la problématique de ses représentations, de ses modèles et des systèmes économiques et sociaux qui s'y rapportent.

    La critique d'art s'apparente plus que jamais à cette antique science qu'est la balistique. Dans un monde plus mouvant que jamais, elle calcule la trajectoire d'étranges objets catapultés dans la Cité, les oeuvres d'art. Elle explore leur parcours sinueux, cartographie les paysages qu'elles traversent. Elle est un discours trajectorial en son principe : à l'étude du mouvement décrit par l'oeuvre s'ajoute la description d'un itinéraire modèle, c'est-à-dire ce calque subjectif et conceptuel qui se surimpose, le temps d'un texte, aux formes de la production artistique : la théorie.
    Ce second tome de Formes de Trajets traite de l'espace : comment les artistes en établissent la topologie, les modèles économiques. De quoi l'art est-il contemporain ? Du système économique et social qui l'environne ; soit pour le nier ou le combattre, soit pour en adapter les motifs et les principes dans une perspective critique. Toute oeuvre d'art constitue ainsi une économie, dans la mesure où elle habite, ou campe, dans la superstructure d'une période historique. Toute problématique de la représentation se double aujourd'hui d'une problématique de visualisation : à quels outils optiques et formels les artistes peuvent-ils recourir pour montrer le monde contemporain, pour en désigner les passages, les zones de fracture ou d'ombre ? Dans l'art d'aujourd'hui, les représentations diagrammatiques, schématiques ou topologiques, mais également un grand nombre d'installations et d'actions, naissent de cette obsession protéiforme : la collecte et l'utilisation de l'information.
    Le volume inclut des textes sur Alighiero Boetti, Plamen Dejanoff, Fischli/Weiss, Raymond Hains, Alain Jacquet, Joseph Kosuth, Michel Majerus, Bruno Serralongue...

    Voir aussi Formes et trajets - Tome 1 : Hétérochronies.

  • Un ensemble de textes inédits et de nouvelles traductions pour redécouvrir la pensée du cinéaste d'avant-garde et théoricien soviétique Dziga Vertov, assortis d'un appareil critique et de nombreux documents iconographiques.

  • Une philosophie de la décolonisation qui entend montrer comment, dans les savoirs et les arts, le passé peut être dépassé.

    Penser la décolonisation des savoirs et des pratiques intellectuelles, littéraires et artistiques demande à réfléchir sur les lieux et les formes de cette grande transformation. Pour la dire, il faut réfléchir in concreto : elle a déjà commencé. Elle n'est ni devant nous, telle un programme à initier, ni derrière nous, telle un processus achevé. Elle est à l'oeuvre mais plus ou moins, de façon différenciée, dans le travail d'écrivains et d'artistes qui irriguent ici la réflexion philosophique. La décolonisation prend ainsi sens dans ses grandes lignes comme son détail.
    Autrefois, la métropole et la colonie apparaissaient comme deux espaces tout aussi distincts en principe qu'entremêlés en réalité. Les indépendances africaines ont profondément modifié ce paysage, créant des entre-mondes de la philosophie, de la littérature, des arts. Le sud peut déloger le nord. L'étrange(r) voisiner avec le familier, le vivant cohabiter avec le fantôme. Les affranchissements, les franchissements sont multiples, divers. Comment les lignes se déplacent-elles et dans quels mouvements ? Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins.
    Ce livre est un parcours plus qu'un itinéraire, une critique plus qu'une doctrine : une migration. Il est une philosophie de la décolonisation qui entend montrer comment, dans les savoirs, le passé peut être dépassé.

    Seloua Luste Boulbina est philosophe, ex-directrice de programme (« La décolonisation des savoirs ») au Collège International de Philosophie (2010-2016), actuellement chercheuse (HDR) à l'Université Paris Diderot. Elle a été professeure à l'université de Pékin et de Brasilia. Théoricienne de la décolonialisation, elle travaille sur le colonial et le postcolonial dans leurs dimensions politiques, intellectuelles et artistiques. Elle a collaboré avec des artistes et conçu les Transphilosophies (Alger, New York, Dakar). Elle a publié de nombreux ouvrages dont Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (2008), Les Arabes peuvent-ils parler ? (2011) ou L'Afrique et ses fantômes (2015).

  • Le design et ses objets comme objets de la réflexion philosophique (un manuel).
    Pédagogique, cet ouvrage est destiné à des étudiants en design intéressés par la philosophie. Il est la restitution de sept conférences données à Strate École de design de 2014 à 2016 sur le thème « Philosophie et design ».
    Chaque chapitre s'ouvre sur la problématisation d'une question qui est analysée à partir de la mise en perspective de textes de trois auteurs. Penser l'objet, designer nos existences, la pensée écologique, le cyborg, l'innovation, telles sont quelques-unes des thématiques abordées.

  • La signification que les individus donnent aux choses repose nécessairement sur les transactions et les motivations humaines, et plus particulièrement sur la façon dont ces choses circulent et dont on en fait usage. Grâce aux essais de spécialistes en anthropologie sociale et d'historiens, ce livre construit un pont entre l'histoire sociale, l'anthropologie culturelle et l'économie et marque une étape majeure dans notre compréhension des fondements culturels de la vie économique et de la sociologie de la culture. Il trouvera un écho chez les anthropologues, les historiens des sociétés, les économistes, les archéologues et les historiens de l'art.
    Les contributeurs de cet ouvrage examinent comment les choses sont vendues et échangées au sein de divers environnements culturels, passés et présents. En se concentrant sur des aspects de l'échange culturellement définis et des processus de circulation socialement régulés, les essais de ce livre visent à mettre au jour les façons dont les individus trouvent de la valeur dans les choses et dont ces dernières donnent de la valeur aux relations sociales. En envisageant les choses comme dotées d'une vie sociale, les auteurs nous livrent une nouvelle façon de comprendre comment la valeur est extériorisée et recherchée. Ils évoquent un grand éventail de biens - des tapis orientaux aux reliques sacrés - afin de démontrer que la logique sous-jacente à la vie économique quotidienne n'est pas si éloignée des principes de la circulation des objets exotiques et que la distinction entre les économies contemporaines et les économies plus distantes moins complexes est moins marquée qu'on ne le croit. Comme l'écrit Arjun Appadurai dans son introduction, derrière l'apparente infinité des besoins humains et la multiplicité des formes matérielles se cachent en réalité des mécanismes sociaux et politiques complexes, mais spécifiques, qui régulent les goûts, les échanges et le désir.

  • La chronique d'une sidération, écrite au jour le jour depuis le début du confinement pour en saisir les formes et conséquences, accompagnée d'une contribution textuelle de Julien Coupat et alii.
    Quand la ville se tait, Chronique d'une sidération est écrit entre mars et juin 2020. Ce livre participe d'une observation de rage et de ferveur, sensible et rigoureuse, des formes et conséquences du confinement au jour le jour et dès son déclenchement. L'auteur part à la rencontre des vivants et en appelle aux gestes lisières. Quelle vie désirons-nous ? Quelles formes de vie sommes-nous prêts à défendre sans relâche ? Contre qui, et dans quelles conditions bouleversées ?
    Quand la ville se tait est accompagné de Choses vues, une contribution textuelle de Julien Coupat et alii.

    « Le silence à la ville n'est pas même sépulcral. C'est un silence de laboratoire. » « Nous avons vu la cause de la «santé publique» comme pure et simple expropriation de toute certitude sensible quant à notre santé réelle. » « Faits aux pattes. Et consentants ! Bientôt remis en circulation dans les secteurs choisis, sommés de se tenir à carreau sous le masque et soumis au chantage sanitaire à la moindre amorce de regroupement. » « En France dans les Ehpad : la cruauté maintenant de l'isolement. Perte des derniers regards, des ultimes paroles, de la pensée qui ne reviendra pas. » « Il n'y a de langage que de la chair sans limite. Il n'y a pas de langage barrière, de geste non plus ; sauf chez les flics. » « Nous avons vu, aux États-Unis, le couvre-feu policier prendre la suite du confinement sanitaire, et les applications de traçage imaginées « pour le Covid » servir à traquer les émeutiers. » « Nous avons croisé, dans les sous-bois du confinement, les sourires de l'infraction complice. Nous avons vu un gouvernement si porté sur la discipline qu'il finit par donner à de simples pique-nique en forêt des airs de conspiration, et aux bons citoyens des réflexes de balance. » « La guerre qui vient est donc celle-là : s'opposer, s'arracher à tout contrôle. (...) Simplement pour respirer comme respirent les vagues de la mer, la forêt, les danses des corps, et le langage infiniment charnel des humains. »

  • Un dialogue entre deux danseuses et chorégraphes contemporaines majeures, accompagné d'échanges avec des collaborateurs de Trisha Brown, de textes de ses danseurs, de notes et de la transcription d'une conférence. L'ensemble est suivi d'un essai sur la filiation déliée entre Trisha Brown et Emmanuelle Huynh.

  • Regards croisés sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images (une anthologie).

    Si elles ne manquent certainement pas de visibilité, les images contemporaines souffrent par contre d'un défaut de lisibilité. Suralphabétisés que nous sommes, nous sommes encore imparfaitement préparés pour déchiffrer les nouvelles réalités visuelles qui déterminent pourtant nos vies, plus que jamais. Comment réarmer le regard et faire de la lecture un outil critique du présent ? Regards croisés (histoire de l'art, philosophie, photographie, cinéma, architecture, histoire des sciences...) sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images. Avec, incidemment, un retour sur la notion même de lecture qui, au contact des images, vient toucher à sa propre limite. Comment lire donc, au risque de l'illisibilité ?

    Voir aussi Penser l'image (volume I) ; Penser l'image II - Anthropologies du visuel.

  • Fruit d'une enquête au long cours auprès de dix chorégraphes, cet ouvrage établit un vocabulaire de la composition en danse, témoignant des pratiques et opérations qui forment la création chorégraphique contemporaine.
    À partir des paroles recueillies auprès de dix chorégraphes au cours d'une enquête qui s'est étirée sur trois ans, Yvane Chapuis, Myriam Gourfink et Julie Perrin ont élaboré un vocabulaire de la composition en danse. Il s'organise en vingt notions, mises en perspective historiquement ou conceptuellement, suivies de quatre discussions spécifiques et de dix portraits de circonstance.
    Ce livre témoigne de pratiques et d'opérations qui donnent forme et sens aux oeuvres. Ouvrant à des conceptions hétérogènes de la composition, il n'épuise pas le champ des possibles, mais peut servir de repère pour aborder la création chorégraphique contemporaine.

    « [Il s'agit d']un ouvrage substantiel : une somme dans laquelle on peut entrer et sortir à sa guise, selon que l'on questionne tel ou tel mode opératoire. Cette approche transversale est la grande force de l'ouvrage, qui permet d'échapper aux rails monographiques, pour ouvrir au contraire la pensée sur une vingtaine d'opérations d'écriture de la danse. En interrogeant sans relâche le rapport entre composition et interprétation, composition et invention gestuelle, composition et réception. ».
    Journal de l'ADC

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