Sciences humaines & sociales

  • Comment l'humanité, qui était au sommet du progrès technique, a-t-elle pu se laisser happer par la barbarie totalitaire et finir par y sombrer ? Telle est la question de Condition de l'homme moderne. Cette faillite est la conséquence de l'oubli par l'homme moderne d'un monde de valeurs partagées et discutées en commun avec autrui, dès lors qu'il n'a plus envisagé les choses qu'au travers du prisme de leur utilité pour son bonheur privé. Indifférent aux autres, l'homme moderne ne forme plus avec eux qu'une foule d'individus sans lien véritable et sans défense contre la voracité des dictateurs et des leaders providentiels. Seule une « revalorisation de l'action », nous dit Arendt, cette intervention consciente avec et en direction d'autrui, permettra à l'homme moderne d'échapper aux dangers qui pèsent toujours sur sa condition.
    Cette réédition est accompagnée de l'importante préface originale de Paul Ricoeur qui reste une des meilleures introductions à la pensée d'Arendt. Dans son avant-propos inédit, Laure Adler montre comment le texte d'Arendt fut et reste visionnaire dans l'éclairage qu'il jette sur les urgences d'aujourd'hui.

  • Dans cet essai qui a beaucoup été repris dans la presse, Cynthia Fleury rappelle qu'il n'y a pas de courage politique sans courage moral et montre comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l'individuel et le collectif. Un texte aussi passionnant à lire pour soi que pour réfléchir aux graves défis auxquels sont confrontées nos démocraties.

  • Hannah Arendt est l'une des grands penseurs politiques de notre temps. On trouvera dans ce livre quatre essais qui sont autant de méditations sur la politique et la condition de l'homme dans le monde contemporain.
    Dans Du mensonge en politique, l'auteure tire la leçon des documents du Pentagone, révélés en 1971 par la presse. Elle examine l'accumulation de mensonges officiels, d'obstination dans l'erreur qui a conduit les États-Unis à l'échec au Vietnam et reconstitue les mécanismes psychologiques dont les responsables politiques ont été les inventeurs et les victimes.
    La Désobéissance civile contient une réflexion originale sur la question : au nom de quoi et jusqu'à quel point peut-on désobéir à l'autorité établie ? De Socrate à Martin Luther King, en passant par Thoreau, Gandhi et les objecteurs de conscience, de multiples exemples illustrent la nécessité et l'efficacité de ce qui peut être plus qu'une contestation : un témoignage et une action politique.
    Sur la violence constitue le troisième essai. Ses doctrinaires, de Sorel à Fanon et à leurs épigones contemporains, sont analysés notamment au travers des mouvements étudiants.
    Politique et Révolution contient des réflexions sur les systèmes politiques en Amérique et en Europe. Quel système peut assurer la plénitude de l'homme et du citoyen ?

  • Existe deux « Pensée 68 ». La première a rendu possible l'événement, la seconde a été rendue possible par lui. Deleuze, Foucault, Althusser, Lacan, Barthes et quelques autres ont été de sages professeurs avant Mai, et de purs produits de ce qui est advenu ensuite. Mais une autre pensée de Mai 68 a fonctionné en combustible de la flamme d'une histoire qui, rappelons-le, a été planétaire. Il faut aller la chercher du côté des avant-gardes littéraires, mais encore chez Henri Lefebvre, nietzschéen de gauche, dans le freudo-marxisme de Marcuse, les analyses de Guy Debord sur le spectacle, la fétichisation de la marchandise, ou enfin chez Raoul Vaneigem, qui cherchait des remèdes à l'existence mutilée et aliénée.
    Les soixante-huitards se retrouvèrent sans père, et sans boussole. Un grand moment de déchristianisation avait eu lieu. Ce fut aussi un grand pas vers le nihilisme.

  • Pourquoi la pensée humaine est inégalable ? Nouv.

    « Si nous ne voulons pas devenir les victimes de la numérisation, si nous refusons de nous muter en junkies désespérés de l'info ou en zombies technologiques, il faut que nous exorcisions nos gadgets technologiques et les dépouillions de cette croyance en leur toute-puissance. » Qu'est-ce que penser ? Cette interrogation, aussi vieille que la philosophie, est plus actuelle que jamais, à l'heure où pensée et intelligence artificielle sont souvent associées ou opposées. Une représentation erronée et dangereuse, soutient Markus Gabriel, qui explique pourquoi la pensée humaine, fondamentalement émotionnelle, ne sera jamais remplacée par les machines. À travers ce livre incisif, qui mêle théories philosophiques et références culturelles populaires, le philosophe prend part à un des débats majeurs de notre époque.

  • René Girard Le Bouc émissaire Dans le droit fil de Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard continue sa réßexion sur le « mécanisme sacrificiel ». Les persécutions, le Mal sont-ils une fatalité ? Les sociétés humaines sont-elles vouées à la violence ? Un commentaire subtil de l'histoire et des Evangiles propose les éléments d'une réponse.

  • Dix ans après avoir arpenté, dans Le Silence des bêtes, les diverses traditions occidentales qui, des présocratiques à Jacques Derrida, ont abordé l'énigme de l'animalité, Élisabeth de Fontenay s'expose au risque et à l'urgence des questions politiques qui s'imposent à nous aujourd'hui. L'homme se rend-il coupable d'un crime lorsqu'il tue ou fait souffrir une bête ? Faut-il reconnaître les droits aux animaux ? Cette approche philosophique, qui s'essaie à travers sept perspectives différentes, atteste un refus constant de dissocier le parti des bêtes et celui de l'exception humaine.

  • Emmanuel Lévinas Ethique et infini Emmanuel Lévinas se raconte, s'explique, passe au crible de l'analyse les principaux thèmes de sa philosophie. Dans une langue lumineuse, le voyage à l'intérieur de l'oeuvre de l'un des grands moralistes de ce temps.

  • D'où viennent l'art et l'existence ?
    L'Âge classique a fait de l'adéquation la définition même de la vérité ; et de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l'art comme de la morale. Nous-mêmes voudrions croire que, quand les choses en viennent enfin à s'accorder, c'est là le bonheur...
    Or, c'est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise. La coïncidence est la mort. C'est par dé-coïncidence qu'advient l'essor.
    François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment, dans cette faille même, une initiative est à nouveau possible, qui se déploie en liberté.

  • La démocratie libérale est menacée par la montée des populismes. À partir de nombreux sondages, reportages et recherches inédites, le politologue Yascha Mounk propose un nouveau modèle pour éclairer et appréhender la période politique complexe que nous traversons. Il pointe la nécessité d'un nationalisme contrôlé et de réformes radicales et explique avec clarté les origines de la désaffection des peuples pour la démocratie. Une contribution essentielle pour comprendre pourquoi notre liberté est en danger et comment la sauver.

  • René Girard Des choses cachées depuis la fondation du monde Un ouvrage qui révolutionne les sciences humaines. Parallèlement à une analyse approfondie des mécanismes qui règlent la vie des sociétés, René Girard développe et commente magistralement ce qu'il estime être l'antidote de la violence : la parole biblique. Une lecture et une réßexion stimulantes des grands mystères de notre monde. Le « système Girard » ne laissera personne indifférent.

  • Conçue comme un objet provocant et paradoxal, la réflexion est à la portée de tous car l'auteur tente de répondre philosophiquement aux questions de l'importance de l'amour dans la vie, si l'amour est possible sans raison, s'il est disponible sur commande...

  • Umberto Eco Lector in fabula Lire n'est pas un acte neutre : il se noue entre le lecteur et le texte une série de relations complexes, de stratégies singulières qui, le plus souvent, modifient sensiblement la nature même de l'écrit originaire. Lector in fabula se veut ainsi le répertoire des diverses modalités de la lecture et une exploration raisonnée de l'art d'écrire. Pour comprendre le rôle du lecteur, mais aussi celui de l'auteur.

  • depuis longtemps, la tradition universitaire évite de se pencher sur un continent englouti et oublié de la philosophie.
    et depuis trop longtemps, elle ne sacralise que les protagonistes les plus austères de la grande guerre des idées. pourquoi ? parce que l'histoire de la philosophie est écrite par les vainqueurs d'un combat qui, inlassablement, opposent idéalistes et matérialistes. avec le christianisme, les premiers ont accédé au pouvoir intellectuel pour vingt siècles. dès lors, ils ont favorisé les penseurs qui oeuvrent dans leur sens et effacé toute trace de philosophie alternative.
    c'est à renverser cette perspective que s'attache michel onfray dans " contre-histoire de la philosophie " - dont le premier volume est consacré aux sagesses antiques : de leucippe à diogène d'oenanda, de démocrite à lucrèce, d'eudoxe à epicure, d'antiphon à diogène de sinope.

  • Emmanuel Lévinas Difficile liberté Difficile liberté, ou la recherche d'une morale pour le temps présent. Un texte qui appréhende la tradition hébraïque, sur fond d'exterminations nazies, et révèle qu'elle porte en elle les paroles d'une sagesse éternelle. Sobrement, Emmanuel Lévinas nous relate l'Homme, et c'est une formidable leçon de philosophie.

  • Emmanuel Levinas Autrement qu'être ou au-delà de l'essence « Dans ce livre je parle de la responsabilité comme de la structure essentielle, première, fondamentale de la subjectivité. Car c'est en termes éthiques que je décris la subjectivité. L'éthique, ici, ne vient pas en supplément à une base existentielle préalable ; c'est dans l'éthique entendue comme responsabilité que se noue le noeud même du subjectif. [...] L'humanité dans l'être historique et objectif, la percée même du subjectif, du psychisme humain, dans son originelle vigilance ou dégrisement, c'est l'être qui se défait de sa condition d'être : le dés-intéressement. C'est ce que veut dire le titre du livre : Autrement qu'être. [.] Etre humain, cela signifie : vivre comme si l'on n'était pas un être parmi les êtres. » E. L.

  • Grandir, vieillir, mais aussi l'indifférence qui se creuse entre les amants, ou encore les Révolutions se renversant en privilèges : autant de modifications qui se produsent devant nous, mais si continûment qu'on ne les perçoit pas. Or, si cette transformation nous échappe, c'est sans doute que l'outil de la philosophie grecque échoue à capter cet indéterminable de la transition. De là, l'intérêt à passer par la pensée chinoise : ces transformations silencieuses rendent compte de la fluidité de la vie et éclairent les maturations de l'Histoire tout autant que de la Nature. Une mise en regard de la pensée chinoise et de la pensée européenne, par un philosophe et sinologue français, directeur de l'Institut de la pensée contemporaine.

  • Alan F. Chalmers Qu'est-ce que la science oe Popper, Kuhn, Lakatos, Feyerabend « L'époque moderne tient la science en haute estime. La croyance que la science et ses méthodes ont quelque chose de particulier semble très largement partagée. Le fait de qualifier un énoncé ou une façon de raisonner du terme «scientifique» lui confère une sorte de mérite ou signale qu'on lui accorde une confiance particulière. Mais, si la science a quelque chose de particulier, qu'est-ce donc ? Ce livre est une tentative d'élucider cette question et d'aborder des problèmes de ce type. » A. F. C.

    Premier bilan qui prenne en compte les développements les plus récents de la philosophie des sciences, Qu'est-ce que la science ? propose un panorama stimulant des grands travaux issus de l'école du positivisme logique qui, depuis quelques décennies, connaît un formidable essor dans le monde anglo-saxon. Karl Popper, Imre Lakatos, Thomas S. Kuhn et Paul Feyerabend sont ici expliqués par le menu.

  • Empruntant à toutes les traditions, du marxisme au fascisme, de la pensée libérale à la pensée réactionnaire, du féminisme, de l'anticolonialisme, de l'éthique animale ou de l'écologie profonde au fondamentalisme religieux, Tristan Garcia propose ici un modèle original des identités politiques et tente d'élucider notre condition embrouillée.
    De ce « nous », perçu comme une superposition de calques, de plans transparents de notre imaginaire, sur lesquels nous prétendons tous découper l'espace social en espèces, en genres, en races, en classes ou en générations, pour nous y situer, ressort ici un portrait inédit et vivant de ce que nous sommes, une identité dynamique qui s'étend et se replie sans cesse.
      Un essai exigeant et puissant.  Télérama.

    Un des jeunes philosophes les plus intéressants de sa génération.  Les Inrocks.

  • Depuis des siècles, notre France est humaniste, cosmopolite, ouverte sur les autres, le monde et l'avenir. Elle n'a jamais été ce pays clos, cette société monochrome et cette identité univoque que les réactionnaires prétendent ressusciter.
    Profitant du silence et de l'indolence des héritiers supposés de Voltaire et Hugo, les rejetons de Maurras et Barrès ont kidnappé notre histoire. Devenus maîtres du passé, ils contrôlent le présent et oblitèrent l'avenir.
    Face à la tentation du repli qui submerge notre nation, il est temps de reprendre le récit français des mains de ceux qui l'avilissent. Temps de réapprendre à dire et à aimer ce que nous sommes. De retourner aux sources de notre France pour la faire vivre à nouveau.
    R. G.
    />   Raphaël Glucksmann retourne le passé contre les passéistes. Libération.
      Un essai courageux.  Le Monde.
      Une plongée dans la structure progressiste et ouverte de l'identité française, une réponse au déclinisme.  Les Inrockuptibles.

  • On peut regarder l'histoire politique du XXe siècle comme l'histoire du combat de la démocratie contre ses ennemis extérieurs : le fascisme et le communisme. Ce combat s'est achevé avec la chute du mur de Berlin. D'après certains, il se prolonge contre de nouveaux ennemis - islamo-fascisme, terrorisme, dictateurs sanguinaires... Pour Todorov, ces dangers, certes réels, ne sont pas des candidats crédibles à cette succession. Le principal ennemi de la démocratie, c'est devenu elle-même, ou plutôt certains aspects plus ou moins visibles de son développement, qui en menacent jusqu'à l'existence même. Le premier est une forme de démesure, un avatar de la vieille hubris des Grecs : ayant vaincu ses ennemis, certains des tenants de la démocratie libérale sont pris d'ivresse. Quelques dizaines d'années après la décolonisation, les voici lancés dans une succession de croisades où il s'agit d'apporter les bienfaits de la civilisation à des peuples qui en sont privés. Or cette démesure, non contente d'être plus meurtrière qu'on ne le dit (car les " bombes humanitaires " tuent autant que les autres), est aussi destructrice de nos propres valeurs : on part se battre pour une juste cause, et on se réveille avec le cauchemar d'Abu Ghraïb ou de Guantanamo. Le deuxième est une étrange filiation : pour Todorov, il y a en effet une continuité entre le messianisme européen du XIXe siècle, qui a notamment ouvert la voie idéologique de la colonisation, le communisme et le néo-libéralisme contemporain. Ce sont des doctrines proprement révolutionnaires, dont le but est d'établir un nouvel ordre du monde, et où la fin justifie les moyens. C'est une chose de croire dans l'universalité de ses propres valeurs et de souhaiter les promouvoir ; c'en est une autre de le faire avec une violence moins visible, et sans une considération attentive des peuples objets de notre sollicitude. La troisième menace est la tyrannie des individus : une doctrine de protection des libertés s'est aujourd'hui hypertrophiée jusqu'à donner à quelques puissants le privilège de s'approprier non seulement les richesses, mais aussi le pouvoir politique et la parole publique - bref d'occuper tout l'espace et d'exercer la liberté des renards dans le poulailler... Liberté et barrières, tolérance et responsabilité, balance des contre-pouvoirs - seul un dosage subtil pourra permettre à la démocratie de durer en étant autre chose qu'un paravent ou un faux-semblant : un modèle où les forces contradictoires qui agitent individus et sociétés trouvent une forme d'équilibre perpétuellement instable, et où le " vivre-ensemble " garde un sens.

  • Regard neuf sur un monde neuf.

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