Paris

  • Soutine par ses contemporains Nouv.

    Selon Élie Faure : « Soutine est l'un des rares peintres ''religieux'' qu'ait connu le monde, parce que la matière de Soutine est l'une des plus charnelles que la peinture ait exprimée. » D'après Drieu la Rochelle : « Soutine a reçu le don de peindre en naissant, mais ce don lui a brûlé les yeux et le cerveau comme un fer rouge. Il aime son tourment... et il fait souffrir la toile, les couleurs, le monde de sa souffrance. » Pour Maurice Sachs : « On aurait dit que Soutine peignait dans un état d'affolement lyrique. Le sujet débordait le cadre. Une si grande fièvre était en lui qu'elle déformait tout à l'excès. » La figure et l'art de Soutine, sa matière et son expression irradiantes ont foudroyé à leur apparition ses contemporains les plus sensibles à un feu pictural inédit. Au temps où l'on redécouvre et célèbre l'oeuvre et l'influence du démiurge Soutine, il fallait remettre au jour les textes les plus marquants des écrivains l'ayant connu et aimé.

  • "Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. En représentant la réalité-conçue ou la réalité-créée, le peintre peut donner l'apparence de trois dimensions, il peut en quelque sorte cubiquer. Il ne pourrait pas en rendant simplement la réalité-vue, à moins de faire du trompe-l'oeil en raccourci ou en perspective, ce qui déformerait la qualité de la forme conçue ou créée. [...] L'école moderne de peinture me parait la plus audacieuse qui ait jamais été. Elle a posé la question du beau en soi." C'est en poète et en critique que Guillaume Apollinaire étudie et célèbre, dans ce livre publié en 1913, la révolution artistique qu'opère le mouvement cubiste. Apollinaire donne ici à voir la nouvelle esthétique, ses origines, son évolution, ses différents aspects et éclaire ses peintres comme Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Juan Gris, Marie Laurencin, Fernand Léger, Francis Picabia et Marcel Duchamp.

    Ce texte essentiel - auquel nous adjoignons d'autres articles d'Apollinaire portant sur le Cubisme - est réédité à l'occasion de la grande exposition : Cubisme qui se tiendra au Centre Pompidou, à Paris, du 17 octobre 2018 au 25 février 2019.

  • "Ce livre n'est pas un livre de cuisine comme les autres. Ne vous attendez pas à de mirifiques recettes, à des trouvailles de gala. Ce n'est qu'un Précis d'alimentation naturelle, la cuisine brute, comme il y a l'art brut. La cuisine paléolithique, c'est la cuisine de Dieu." La cuisine paléolithique est le fruit d'une retraite lorsque Delteil quitte Paris et se retire à La Tuilerie de Massane, dans la campagne montpelliéraine. Loin de la civilisation, il renoue avec son enfance audoise et se met à l'écoute des sens, mi-poète, mi-vigneron. Il fait peau neuve, il rêve de redevenir le premier homme. Nu. Innocent. Ce livre est un hymne à la cuisine d'instinct : recettes de nos grands-mères, secrets jalousement préservés, savoirs ancestraux... Avec le plat unique cher à Joseph, où le mets, nourri de son parfum sui generis, vaut aussi par l'ustensile et le tour de main; nous voilà loin des goûts sophistiqués de nos contemporains. D'où cette langue économe, comme Joseph l'était dans ses mots, ses gestes, tant à la table conviviale qu'à celle de travail. Économe parce que ce n'est pas dans la quantité que gît la saveur. Peu mais bon, telle est la règle ; vivre de peu, tel est le credo.

    Un livre-culte qui a connu plusieurs éditions et que nous rééditons aujourd'hui.

    Une cinquantaine d'illustrations in texte comprenant photos, dessins, fac-similés d'une partie du manuscrit original.

  • "Voici donc la Cité, le grand navire de la France, la nef amirale de L'Occident, avec l'île Saint-Louis, son matelot à la remorque. Elle est amarrée entre les deux bras de la Seine. À qui vient de l'Orient, elle apparaît dès la boucle de Bercy, et surgit au plus large du fleuve, avec ses mâts de pierre, et le château fort de la cathédrale, puissamment appuyée à l'énorme gaillard d'arrière, l'abside en dos de lion accroupi. Et la proue de l'île, au Pont-Neuf, plus aiguë que l'avant de la frégate la plus fine, n'attend que le "Largue l'amarre, largue l'écoute", l'ordre du destin, pour filer sur l'Océan, à la poursuite du soleil, vers l'infini de la lumière." Lyrique, fougueux, emporté et puissant, le poète André Suarès embarque pour un voyage sensible au coeur battant de la ville capitale, en sa Cité emblème, où se croisent plus de mille ans d'histoire. Le palais de Justice, Notre-Dame, la Samaritaine, les ponts sur la Seine, les quais, les rues, les jardins et toute une foule de badauds, de fervents ou d'apparitions s'animent ici par la grâce de la prose vivante et du rayonnement presque mystique de ce grand Parisien que fut Suarès.

  • À présent que le cinéphage boulimique ingurgite des giclées d'images jaillissant des écrans domestiques, qui se souvient du cinéphile, au sens historique et authentique du mot ? Cet individu bizarre qui courait d'un cinoche de Belleville à un festival italien, achetait un billet d'avion pour être le seul à découvrir à Londres un film d'Edward Ludwig ou d'Edgar Ulmer. Qui pourrait imaginer nos empoignades, Cahiers contre Positif, Mac-Mahoniens contre tout le monde ? Le signal objectif le plus net du déclin puis de la disparition de la cinéphilie est son transfert du champ des activités à celui de l'"archéologie du savoir". Cela ne signifie pas qu'il n'existe plus aucun obsédé compulsif qui s'emballe pour certains cinéastes, en voue d'autres aux gémonies, se lance éperdument à la recherche d'oeuvres méconnues. Ce qui a disparu, c'est la cinéphilie en tant que phénomène de société, léger sans doute à l'échelle d'une population, mais lourd de sens pour peu que l'on passe du quantitatif à la valeur culturelle.

    À quelques exceptions près, Survivant de l'âge d'or se compose de textes inédits sur papier et d'entretiens, notamment radiophoniques, réalisés à partir de 2011. L'ensemble se tient à l'écart des valeurs convenues, de toute pensée obligatoire et du cinématographiquement correct.

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  • Un regard vers le ciel Nouv.

    Tout au long des cinquante années que Jean, écrivain, et sa femme aujourd'hui disparue, ont partagées avec leur fille Camille, ils ne se sont guère confiés l'un à l'autre. Et soudain le monde bascule : Camille apprend que son père, atteint d'une maladie neurodégénérative, est condamné.

    Un regard vers le ciel est le récit d'un combat désespéré contre une maladie qui, peu à peu, dépossède l'écrivain de l'usage de son corps, puis de sa parole. Le regard seul subsiste. Comment faire face et maintenir le contact dans l'univers glacé de la maison de long séjour où Jean a trouvé refuge ? Comment être fidèle à la promesse faite à son père pour l'aider à mourir dans la dignité. Mais ce récit est aussi un retour vers l'enfance heureuse, la complicité des jours anciens. Un dialogue avec le père par-delà la vie et la mort, où Camille, inlassablement, s'interroge au fil d'un récit disloqué qui raconte l'histoire d'un retour impossible, d'un amour murmuré.

    Pour renouer le fil interrompu, Philippe Pichon use d'une prose poétique épurée qui restitue la simplicité du monde. Dans cette parabole entre récit et roman, le policier écrivain tente d'exorciser la mort qui, toujours, rôde.

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  • Ce livre rassemble les divers articles que Marc Hanrez a écrits sur Céline après sa monographie parue chez Gallimard en 1961. Mais il offre surtout une nouvelle approche de Céline à travers les auteurs, poètes et artistes qui le captivaient ou qui l'intriguaient. Hanrez examine ce qu'il nomme le "coté encyclopédique" de Céline. Il relève en effet une série de figures, les unes récurrentes, les autres imprévues, que l'écrivain rappelle volontiers : de Bloy (exilé comme lui au Danemark) à Voltaire, en passant par Diderot, Gide, Morand, Sand, Sévigné, Shakespeare, Vallès et Villon, avec aussi les peintres Bosch et Bruegel, dont Céline a vu certains tableaux avant la guerre, et bien entendu Gen Paul, son voisin et copain de Montmartre. Un "patrimoine imaginaire" nous éclairant parfois, du reste, sur la genèse intime de ses oeuvres.

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  • C'est l'histoire d'un homme qui se sépare d'une femme pour lui consacrer un livre.
    C'est l'histoire d'un homme qui sait qu'il aura un jour à choisir entre la vie et la littérature.
    C'est l'histoire d'un homme qui a choisi la littérature.
    Pour célébrer une femme.
    Et la vie.

    Un roman qui pose l'éternel problème de l'amour et de la littérature.
    De son affirmation et de sa transfiguration. L'héroïne, Clarisse, est-elle prétexte ou aiguillon ?

    Après Hölderlin, Rilke, Proust ("Les intermittences du coeur"), Kafka, François Kasbi donne à entendre le roman du coeur et du corps cher à Villon. Un dialogue poétique et sensible entre l'être aimée et sa représentation-restitution par l'écriture.
    Avec, comme enjeu, la littérature, "tant il est vrai qu'il y a une vieille incompatibilité entre la vie et l'oeuvre" (R.M. Rilke).
    La question subsidiaire éternelle s'ensuit : est-ce la vie qui copie l'art, ou l'art qui copie la vie? François Kasbi esquisse une réponse dans ce livre... amoureux.

  • Corot

    Elie Faure

    "Devant le miracle Corot, toutes les habitudes de l'esprit sont à réviser. "L'objet" et "le sujet" s'éclipsent. C'est une image si justement équilibrée entre le monde du dehors et le monde du dedans qu'on songe toujours, quelle que soit l'époque où fut peinte la toile, dans cette production de près de soixante ans, à une photographie tout à fait exacte, mais que la tendresse du coeur et le choix de l'intelligence animeraient et proportionneraient sans effort apparent. " Dans la monographie qu'il consacre à Corot en 1930, Élie Faure scrute la matière et la manière du peintre dans toute sa vérité ; mais il s'attache aussi à l'homme, dont il retrace la vie et l'oeuvre sensible avec dilection. Camille Corot, célébré pour ses paysages, fut aussi un grand peintre de figures. À l'heure où, à Paris, une exposition riche de portraits d'intimes et de nus étranges, d'effigies réalistes ou de monumentales figures de fantaisie vient démontrer la maestria et la modernité de Corot, l'ouvrage d'Élie Faure, depuis longtemps indisponible, nous aide à mieux saisir le mystère de sa création.

  • Hiver 1918. Louis, rescapé de la Grande Guerre, regagne un foyer dont il n'est plus le maître après quatre ans d'absence. Les visions macabres luttent contre l'effort désespéré de renouer avec la vie d'avant, auprès d'une épouse qu'a désertée l'amour et d'un jeune frère bien décidé à lui ravir sa place. Hanté par ses démons, porte- voix d'une génération sacrifiée, Louis devra réinventer le sens d'une destinée piétinée par la grande histoire. À quoi bon raconter l'indicible ? Revient- on jamais d'entre les morts ?

    Sous les yeux de Louis, les nôtres aussi bien, les Cévennes retournent à la pierre. Au rythme des saisons, malgré les veillées, les fêtes et l'amitié qui emplissent le récit de leur rumeur, les murs laissés à l'abandon s'écroulent, les ronces et les genêts envahissent l'espace, et la vie s'évapore comme si les travaux opiniâtres des siècles passés n'avaient jamais existé.

    Compagnes et confidentes de ses états d'âme, les vallées cévenoles innervent de leur lumière ce drame domestique traversé d'élans d'espoir, dans un récit au lyrisme maîtrisé, âpre et sans concession, hymne poétique aux forces de la nature.

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  • Paris France, de Gertrude Stein, fut publié en 1940, le jour même où Paris tomba aux mains des Allemands. Dans ce qui est à la fois un récit et un essai, l'écrivain mêle ses souvenirs personnels sur Paris, ses réflexions sur la France et les Français, la mode, la cuisine, la guerre, les animaux de compagnie, les artistes et les humbles qu'elle côtoie. Ce voyage sentimental et poétique au coeur d'une histoire et d'un pays nous vaut tout un lot d'anecdotes pleines d'humour et de pensées originales exprimées dans le style si vif et si singulier de Gertrude Stein. La dernière partie de ce livre est un article publié dans The Atlantic monthly qui raconte l'exode et les premiers temps de l'Occupation que Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas allaient passer dans un village du Bugey. Expérience qu'elle écrira dans Les Guerres que j'ai vues, son dernier ouvrage dont Paris France forme une sorte d'introduction. À ce document littéraire et humain précieux sont joints deux articles de la même époque - l'un sur la langue française et l'autre sur le couturier Pierre Balmain - pour parfaire la connaissance et l'affection portées à Gertrude Stein.

  • De son journal intime, couvrant presque un demi- siècle, Marc Hanrez offre ici les passages littéraires.
    Jeune étudiant à Bruxelles, il fréquente un cercle poétique. Pour son mémoire de licence, il étudie le style de Céline auquel il rend plusieurs visites, racontées avec saveur. Des visites aussi à Nimier, quand Gallimard commande à Hanrez un Céline.
    Sa rencontre, ensuite, avec Dominique de Roux, devenu bientôt un ami qui lui fera connaître Raymond Abellio avant de le charger d'un Dossier H, sur Les écrivains et la guerre d'Espagne publié en 1975, d'où résulteront d'autres contacts.
    Hanrez part, en 1967, enseigner aux États-Unis où sa carrière le rapproche de la France, grâce aux conférenciers venus parler sur le campus, notamment Philippe Sollers, qu'il retrouve chaque année à Paris. Le Cahier sur Drieu la Rochelle, qu'il dirige pour L'Herne, le met en rapport avec Jean Drieu, frère cadet de l'écrivain, outre quelques collègues, dont Julien Hervier, traducteur de Ernst Jünger, qui deviendra un ami. Ainsi voit-on apparaître, sur le campus américain et la scène parisienne, toute une série de personnages plus ou moins connus dont le petit groupe de Nabe.
    Un témoignage direct et incisif sur le monde littéraire de l'époque rendu ici avec précision et humour.

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  • Arthur Adamov fut, dans les années 50, avec Samuel Beckett et Eugène Ionesco l'un des trois grands dramaturges du théâtre dit de l'absurde. Si Beckett, est nobélisé en 1969 et Ionesco élu à l'Académie française en 1970, c'est l'année même où Adamov, malade et marginalisé, se donne la mort. Pourtant, Adamov, dont les pièces (L'Invasion, La Parodie, Le sens de la marche, le Ping-Pong) sont mises en scène par les plus grands (Jean Vilar, Roger Blin, Roger Planchon, Jacques Mauclair) entre 1950 et 1955, qui a été l'initiateur de cette nouvelle écriture, connaît alors le succès. Mais le virage qu'il opère à partir de 1957, sous l'influence de Brecht, le conduit à écrire des ½uvres engagées. De Paolo-Paoli en 1957 à Off Limits en 1969, toutes ces pièces coupent Adamov du théâtre de l'absurde où Ionesco et Beckett vont eux seuls triompher... Sa dernière pièce, posthume, Si l'été revenait, s'attache au thème de la faute et du bonheur impossible dans la lignée de Strindberg. Dramaturge fécond, adaptateur d'½uvres pour la radio et la télévision, traducteur de Tchekhov, Gorki, Dostoïevski, Gogol, Büchner, Kleist ou Rilke, fin prosateur (l'Aveu, L'Homme et l'enfant, Je... Ils), essayiste, Adamov n'a pas aujourd'hui la place qu'il mérite. Cet admirateur de Rimbaud, cet écorché vif, cerné par les malheurs, fut aussi un poète inspiré, dont l'½uvre fascinée par l'échec et la mort, nous parle au plus profond de nous-mêmes. Max Chaleil a réalisé, avec André Laude, en janvier 1969, six entretiens diffusés sur France-Culture ; il a, après la mort d'Adamov le 15 mars 1970, réuni les textes poétiques, réflexions et essais publiés au hasard de revues souvent éphémères, de 1927 à 1947. La poésie d'Ern l'Arménien, comme le nommaient ses amis, qui dit l'amour, la mort, la solitude, mais aussi l'émerveillement, relève d'une écriture mystérieuse dont la beauté bouleverse. Ces textes comme les entretiens n'avaient, à ce jour, jamais été édités.

  • Marc Hanrez a déjà publié, dans Poste restante, ses rencontres littéraires, provenant de son journal intime. Lequel recèle aussi les voyages que, d'abord étudiant à Bruxelles, puis universitaire aux États-Unis, il a faits pendant cinq décennies. S'y notent, au jour le jour, sans aucune recherche, et parfois très crûment, ses randonnées, ses découvertes, ses aventures, ses impressions.

    De l'Europe, surtout méridionale, à l'Amérique, surtout latine, via le Maghreb et la Turquie, avec un long séjour madrilène, deux passages dans l'Atlantique, et plusieurs en Méditerranée, Hanrez traverse un grand espace-temps, toujours archi-peuplé, qu'il détaille volontiers. Ses voyages constituent des genres de road novels, au rythme d'expériences de toutes sortes, avec l'apparition, puis la disparition, de nombreux personnages. C'est là un témoignage quasi romanesque que porte Marc Hanrez sur un monde étranger parcouru par un insatiable voyageur.

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  • "Regardez ce tas brillant de cristaux ! Ils sont chlorhydrate de Cocaïne. Le géologue pensera au mica ; pour moi, l'alpiniste, ils ressemblent à ces flocons de neige luisants et plumeux, fleurissant surtout là où les rochers jaillissent des glaciers crevassés, que le vent et le soleil ont embrassés jusqu'au fantôme. Pour ceux qui ignorent les montagnes, ils peuvent suggérer la neige qui paillette des arbres aux fleurs scintillantes. Le royaume de la féerie a de tels bijoux. Pour celui qui les goûte dans ses narines - à leur acolyte et esclave - ils doivent ressembler à la rosée du souffle d'un grand démon de l'Immensité, gelée sur sa barbe par le froid de l'espace." C'est une véritable ode poétique nourrie par le feu de l'expérience que le mage Alesteir Crowley dresse à la poudre stupéfiante dans ce texte écrit en 1917. L'Absinthe - La déesse verte et l'Opium - Notre dame des ténèbres sont les autres entités que l'écrivain, poète et occultiste anglais de légende, chante ici en termes lyriques et parfois énigmatiques.

    Ces textes inédits en français furent publiés dans des revues américaines (Vanity Fair notamment) à l'entour de 1915, et ils concernent, outre l'éloge des paradis artificiels, la bonne méthode pour réaliser des haïkus, une défense piquante des blondes ou une attaque contre les mauvais films de l'époque. On découvrira ici, au-delà de l'image sulfureuse du sataniste, le style singulier d'un esprit dont la modernité ne se dément pas.

  • " Il n'y a rien de plus bas dans la race humaine que les Français ".
    Mark Twain haïssait la France avec passion, si l'on en croit ce mot péremptoire. Entre ironie et provocation, sarcasme et mauvaise foi, l'humoriste américain attaque allègrement la morale, l'histoire et la politique françaises qu'il juge en touriste, en puritain et en écrivain. Dans ce recueil de textes qui mêle un essai comparatif entre Français et Comanches, le récit d'un voyage dans la nation de Napoléon III en 1867, un faux reportage sur un grand duel de Gambetta sous la Troisième République, un conte saugrenu autour du peintre Millet, des notes piquantes sur Paris et les Parisiens, ou la relation d'une cure thermale à Aix-les-Bains, on goûtera la verve, l'invention et parfois la cruauté dont sait faire preuve Mark Twain dans ce portrait de la France et de ses drôles d'autochtones à la fin du XIXe siècle.

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  • Paul cezanne

    Elie Faure

    Elie Faure, en 1910, dans un essai lyrique et aimant, s'attache à la figure de Paul Cézanne, à l'oeuvre et à l'homme dont il saura bien traduire la puissance et comprendre la modernité.
    Dans ce texte essentiel, l'historien sensible s'approche du secret de ce peintre " à la vérité le plus intense et le plus solidaire de la matière même des choses qui fût jamais". Plus d'un siècle après la mort de Cézanne, alors que celui-ci reste un des peintres les plus populaires du monde, la redécouverte de ce texte depuis longtemps indisponible, joint ici à deux autres articles inconnus, permettra de mieux connaître encore ce maître des formes et ses motifs profonds, dans sa Provence ou ailleurs.

  • "Ce monde végétal qui nous parait si paisible, si résigné, où tout semble acceptation, silence, obéissance, recueillement, est au contraire celui où la révolte contre la destinée est la plus véhémente et la plus obstinée. L'organe essentiel, l'organe nourricier de la plante, sa racine, l'attache indissolublement au sol. S'il est difficile de découvrir, parmi les grandes lois qui nous accablent, celle qui pèse le plus lourdement à nos épaules, pour la plante, il n'y a pas de doute : c'est la loi qui la condamne à l'immobilité depuis sa naissance jusqu'à sa mort. Aussi sait-elle mieux que nous, qui dispersons nos efforts, contre quoi d'abord s'insurger. Et l'énergie de son idée fixe, qui monte des ténèbres de ses racines pour s'organiser et s'épanouir dans la lumière de sa fleur, est un spectacle incomparable..." C'est en poète, presqu'en prophète que Maurice Maeterlinck part à la découverte philosophique et sensible d'un univers floral dont il sait très heureusement capter les couleurs, les odeurs et les desseins cachés. Ce petit manuel de botanique littéraire, qui fait partie d'un cycle d'essais consacré à La vie de la nature (dont La vie des abeilles est le plus célèbre), nous convie à une promenade inspirée parmi les jardins, les chemins et les parcs. Plus d'un siècle après sa première parution, le parfum singulier de ce livre reste toujours enivrant.

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  • maître du roman d'aventures, robert louis stevenson fut aussi le grand sorcier d'une littérature fantastique nourrie de légendes et de noirs personnages.
    a travers ses trois contes gothiques, écrits entre 1881 et 1884, se dessiné ainsi une inquiétante ecosse, hantée de chimères et d'ombres maléfiques. regardant les choses avec les yeux de son imagination, stevenson parvient ici à nous rendre l'irréel présent et le cauchemar sensible. le déterreur de cadavres est un conte macabre oú une dépouille arrachée à la tombe surprendra ses voleurs ; janet la boiteuse déroule la trouble histoire d'un fantôme mu par le diable lui-même; markheim forme une fantaisie de terreur oú un assassin se dédouble peut-être par la grâce du malin.
    le court récit nuits blanches nous dit enfin ce qui empêchait l'écrivain de dormir la nuit quand il était enfant.

  • Poète sensuel et cérébral, conteur sensible et cruel, critique curieux et raffiné : Remy de Gourmont fut à l'orée du XXe siècle une conscience des lettres et un prince du style. A l'occasion du centenaire de sa mort, on redécouvre avec délices, ce maître de « la dissociation des idées » qui ne s'enferma jamais dans une seule chapelle. Théoricien du symbolisme, Gourmont cultiva d'abord la bigarrure et son oeuvre emprunte des chemins qui doivent autant à la féérie qu'au macabre, à l'idée pure qu'à la raison chantournée. C'est ce que l'on goûtera dans ce choix de textes rares et depuis longtemps introuvables où se mêlent contes fantastiques, proses mystiques, et nouvelles à la teinte érotique et précieuse.

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  • Sait-on aujourd'hui qu'Arthur Adamov fut, dans les années cinquante, avec Samuel Beckett et Eugène Ionesco l'un des trois grands dramaturges du théâtre dit de l'absurde ? Si Beckett, est nobélisé en 1969, et Ionesco, élu à l'Académie française en 1970, c'est l'année même où Adamov, malade et marginalisé, se donne la mort. Pourtant, Adamov, dont les pièces (L'Invasion, La Parodie, Le sens de la marche, le Ping-Pong) sont mises en scène par les plus grands (Jean Vilar, Roger Blin, Roger Planchon, Jacques Mauclair) entre 1950 et 1955, qui a été l'initiateur de cette nouvelle écriture, connaît alors le succès. Mais le virage qu'il opère à partir de 1957, sous l'influence de Brecht, le conduit à se rapprocher du PC et à écrire des oeuvres engagées comme si, par là, il tentait de repousser ses démons pour faire corps avec le peuple des exploités. De Paolo- Paoli en 1957 à Off Limits en 1969, toutes ces pièces coupent Adamov du théâtre de l'absurde où Ionesco et Beckett vont eux seuls triompher... Sa dernière pièce, posthume, Si l'été revenait, revient sur le thème de la faute et du bonheur impossible dans la lignée de Strindbergh. Dramaturge fécond, adaptateur d'oeuvres pour la radio et la télévision, traducteur de Tchekhov, Gorki, Dostoïevski, Gogol, Büchner, Kleist, ou Rilke, remarquable prosateur (l'Aveu, L'Homme et l'enfant, Je... Ils), essayiste, Adamov n'a pas aujourd'hui la place qu'il mérite.
    Cet admirateur de Rimbaud, cet écorché vif, balloté par la vie, cerné par les malheurs et la souffrance, fut aussi un poète inspiré, dont l'oeuvre est fascinée par l'échec et la mort.
    Max Chaleil, qui a bien connu Adamov et a réalisé, avec André Laude, en janvier 1969, six entretiens diffusés sur France- Culture a, après la mort d'Adamov le 15 mars 1970, voulu retrouver les textes poétiques, réflexions et essais qui ont jalonné sa jeunesse de 1927 à 1947. Dans cette période difficile, « Ern l'Arménien », comme le nommaient ses amis, publia au hasard de revues souvent éphémères. Cette poésie qui dit l'amour, la mort, la solitude, mais aussi l'émerveillement, relèvent d'une écriture mystérieuse, dont la beauté nous bouleverse.
    Ces textes n'ont, à ce jour, jamais été édités ; quant aux Entretiens radiophoniques, ils n'avaient pas fait l'objet d'une publication.

  • Monstre chien de la terreur cannibale ou chien-chien-à-sa-mémère-donne-la-baballe ? Une crainte insidieuse se distille, proche d'une attente haletante, monte en véritable hantise, s'approche encore du désir, sans y tomber. Témoignage d'une maladie rare de l'âme : la cynophobie. Quand la victime passe à l'attaque, tous crocs dehors, les charlatans psy et médecins, les véto-vermifugeurs, toutounet et royal-canin n'ont qu'à bien se tenir ! Pages à la drôlerie sarcastique, pages tragiques au souffle trouble d'une nuit d'enfance, Xavière Gauthier compose ici une étonnante symphonie du chien, ses désastres et ses méfaits, qui pousse finalement le lecteur à aboyer ! Et il faut bien convoquer tous les genres : autofiction, récit, réflexion ethnologique, psychanalytique, dans la course au chien, depuis l'Antarctique jusque dans les rayons des animaleries, chien littéraire, chien mythologique, chien du voisin, jusqu'à la bête qui sommeille en nous. Car, n'est-ce pas le but secret de cette écriture : voir, compris et entendu ce cri de solitude devant les énigmes du monde ?

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  • Présenté comme une confession ou un journal intime, ce livre retrace les vies croisées de Judas Iscariote, traître officiel, et de Saül de Tarse, futur saint Paul. On y retrouve, bien sûr, tous les protagonistes et les temps forts des textes évangéliques. Mais cet Évangile selon Judas pose la question de la vérité historique. Ainsi on peut se demander pourquoi Judas aurait trahi Jésus pour 30 deniers, somme qui, à l'époque, représentait le prix d'un agneau ? Et pourquoi aurait-il désigné Jésus aux soldats romains, alors que celui-ci était connu de tous ?

    Les deux héros sont des Juifs cultivés dont les itinéraires vont diverger radicalement. Paul, personnage colérique et fanatique, va inventer une nouvelle doctrine, le christianisme, différent du message du Christ qui demandait à ses apôtres d'enseigner en accord avec la loi hébraïque. Judas essaiera en vain de dissuader Paul au nom de la tradition et du bon sens.

    S'appuyant sur une solide érudition au service d'une écriture sachant restituer le climat de l'époque, l'Évangile selon Judas Iscariote est un voyage qui s'interroge sur une religion issue du monde juif qui, sur près de 2000 ans, a structuré l'Occident, lui a donné sens. Un récit nourri de la parole biblique, de son enseignement et de sa farouche poésie.

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