Littérature générale

  • Ce livre serait une promenade joyeuse, drôle, iconoclaste dans nos souvenirs, nos émotions aussi futiles que solides. Faire des ricochets au-dessus de la rivière, des cocottes en papier, des canulars, s'interroger sur la fossette de Kirk Douglas, la coiffure du président Giscard d'Estaing, l'expression « peigner la girafe », se rappeler les petits trains électriques, la guitare de Tino Rossi, les télégrammes de première et les speakerines de la télévision...
    Ce serait un livre impossible, tant la notion d'inutile est sujette à caution. L'homme est-il plus utile que la langouste ? La pomme de terre est-elle plus indispensable que le liseron ? L'idiot du village moins nécessaire que le membre de l'Institut ?
    Ce serait un livre qui musarderait, vantant les mérites de la grasse matinée et des contrepets dans les discours des ministres, le plaisir d'écouter la météo marine quand on est sous la couette, la virtuosité des joueurs de yoyo.
    Un livre aussi indispensable qu'inutile.

  • Le tour de force d'André Comte-Sponville est d'avoir réussi, dans le dialogue amoureux qu'il mène ici avec l'auteur des Essais, à rendre limpide et bouleversante l'incroyable richesse de la pensée de celui-ci, tout en nous rendant intimement témoins de ce qu'il en retire pour faire franchir à sa propre philosophie une nouvelle étape.
    Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe, humain d'exception que l'on aurait tant aimé connaître : « quel esprit plus libre, plus singulier, plus incarné ? Quelle écriture plus souple, plus inventive, plus savoureuse ? Quelle pensée plus ouverte, plus lucide, plus audacieuse ? Celui-là ne pense pas pour se rassurer, ni pour se donner raison. Ne vit pas pour faire une oeuvre. Pour quoi ? Pour vivre, c'est plus difficile qu'il n'y paraît, et c'est pourquoi aussi il écrit et pense. Il ne croit guère à la philosophie, et n'en philosophe que mieux. Se méfie de 'l'écrivaillerie' et lui échappe, à force d'authenticité, de spontanéité, de naturel. Ne prétend à aucune vérité, en tout cas à aucune certitude, et fait le livre le plus vrai du monde, le plus original et, par-là, le plus universel. Ne se fait guère d'illusions sur les humains, et n'en est que plus humaniste, Ni sur la sagesse, et n'en est que plus sage. Enfin il ne veut qu'essayer ses facultés (son titre, Essais, est à prendre au sens propre) et y réussit au-delà de toute attente. Qui dit mieux ? Et quel auteur, plus de quatre siècles après sa mort, qui demeure si vivant, si actuel, si nécessaire ? »

  • Pour chaque « entrée », les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des « angles », des « curiosa » inédites : de « A » comme Agonie, à « Z » comme « Zinedine de Guermantes », de « Datura » à « Rhinogoménol », de « Kabbale » à « Asperge », de « Plotin » à « Schopenhauer » ou « Walter Benjamin », ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la « valeur ajoutée » à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce « D.A » volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

  • « Les sentiments en bataille qui parcourent les livres de Joseph Kessel ne sont que le reflet d'une âme chavirée, mais qui demeure d'abord un coeur pur, où l'amitié des hommes compte autant que le goût du baroud. Plus que reporter au long cours, chantre de la grandeur humaine, il fut chroniqueur du monde, dans le fracas des guerres et le tourment des sentiments. Conteur des steppes, "Jef", ainsi que le surnomment ses amis, reste un témoin parmi les hommes, un marcheur dans le siècle traversé avec passion, un compagnon des aventures les plus improbables, un coureur d'horizons qui en aurait trop vu, un chantre de la souffrance et du bonheur des êtres, quels qu'ils soient.
    Pour Kessel, la vie somme toute n'aura été qu'un perpétuel mouvement de balancier. Des steppes argentines où il est né en 1898 aux ors de l'Académie française, des maquis improbables aux salons littéraires, « Jef le Lion » voulait autant traîner ses guêtres « là-bas » que témoigner « ici ». Éternelle soif de l'ailleurs et de l'autre qui ne fut étanchée que dans le désir d'écrire, non moins éternel. L'aventure était pour lui une maîtresse insatiable. Écrivain, grand reporter, Kessel demeure avant tout un homme de légende qui aura traversé deux conflits mondiaux, la révolution russe, maintes guerres civiles. Le monde était sa demeure, envahie par un vent entêtant, celui de l'appel au voyage. Chroniqueur des drames et spectateur engagé, fils d'un médecin juif d'origine russe, il était le frère des souffrants, au point qu'au soir de sa vie, infatigable révolté, romancier dostoïevskien, il prononça ces mots : « Ce que je n'aime pas, c'est l'injustice. » Superbe épitaphe pour les générations futures, reporters, écrivains et voyageurs. » Olivier Weber.

  • « Tout ce que la France réunissait d'élégance, sauvegardait d'art, de légèreté et d'esprit se résumait en Jean d'Ormesson. On l'aimait parce qu'il illustrait le Français éternel, tel qu'il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l'imagination. On l'aimait parce qu'il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l'élégance de la pensée, la légèreté amusante, l'humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l'aristocratie et la méritocratie républicaine.
    Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine.
    La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout.
    Que ce soit dans l'amour ou dans l'amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d'Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul. » Jean-Marie Rouart.

  • L'histoire mythique du peuple juif commence par le rire, celui d'Abraham et de Sarah apprenant que, presque centenaires, ils auront un fils. Et ce n'est pas tout : Dieu ordonne aux futurs parents d'appeler ce fils Isaac, Yitzhak, « qui rira » ! Ce rire juif, qui va du Talmud à Tristan Bernard, à Sholem Aleichem, à Pierre Dac, à Woody Allen, à Romain Gary, à Georges Perec, à Philip Roth, à Rabbi Jacob ou à La Vérité si je mens, en passant par Bergson, Freud et Groucho Marx, est un rire ouvert, tonitruant, irrespectueux de tout, qui défie le destin. En Galicie, à Tunis, à New York, partout. Même à Auschwitz. Dans une baraque, quelques juifs prient. Un d'eux, oubliant où il se trouve, lève la voix. Les autres le rappellent à l'ordre. «Tais-toi donc ! Dieu pourrait t'entendre et se rendre compte qu'il "en" reste encore ! ».
    Il ne s'agit pas ici d'un nouveau recueil de blagues, de witz juifs. Dans ce dictionnaire aigre-doux (comme l'aliment préféré de l'auteur, les cornichons), Adam Biro, en consacrant des articles à la « Bible », au « Chemin », aux « Femmes », à la « Modestie » ou à la « Vérité », réfléchit au principe même de l'humour juif, partie intégrante du judaïsme. À ses origines, à sa raison d'être, à sa structure et à son rôle - tout en racontant des witz dont les héros immortels sont Moïshe le tailleur, le docteur Lévy, le petit Maurice, madame Taïeb ou le mythique Ch'ra d'Afrique du Nord. Et le livre se termine sur une question comme celle qu'attend le rabbin qui parcourt son shtetl en criant : « J'ai une réponse, posez-moi une question ! ».
    Mais quelle est donc La réponse ?

  • Le théâtre est lieu multiple, d'évasion, de rêve mais aussi de réflexion et d'interrogation.
    Un vaste univers dont ne nous voyons souvent hélas que la partie émergée, les comédiens jouant sur scène devant nous. Lorsque le rideau tombe, nous quittons le théâtre pour retrouver le quotidien, la réalité. Pourtant le théâtre est riche de mille métiers, traditions, superstitions, savoir-faire, qui tous contribuent à écrire son histoire et sa légende.
    Christophe Barbier, comédien amateur mais chevronné, patron d'une troupe, a décidé de nous emmener en coulisses avec ce vagabondage amoureux consacré à l'art et au monde de Molière et de tant d'autres. Il nous invite à rejoindre sa troupe et à partir en tournée, en vers, en prose, ou en alexandrins. Car de l'Antiquité à nos jours, les hommes ont mis en scène les événements marquants de leur existence ou de l'humanité, pour les jouer devant des spectateurs. Des grands tragédiens antiques aux auteurs contemporains, de Sarah Bernhard à Francis Huster, de la Comédie française à La Michodière, du théâtre d'avant garde aux grands classiques du répertoire, la flamme de la passion de Christophe Barbier brûle les planches et chacune des pages de ce magistral Dictionnaire amoureux.
    Mais, chut, les trois coups ont retenti et le rideau va se lever...

  • « Depuis deux ans, je me suis immergé dans un monde jubilatoire, réjouissant et facétieux, dominé par l'humour, le rire et l'ironie en évitant de me laisser distraire (sic) par tout ce qui pourrait m'en éloigner. De Montesquieu à Coluche, de Feydeau à San Antonio, de Courteline à Bourvil, de Beaumarchais à Francis Blanche, de Mark Twain à Perec, de Proust à Allais en passant par le cardinal de Retz, les Pataphysiciens, Molière, Blondin et bien d'autres, j'ai essayé de comprendre et d'analyser le mécanisme complexe de l'humour. Mais comment l'expliquer quand le seul fait de le définir présente peut-être le risque de le faire disparaître ? L'humour est-il vraiment "un art d'exister." (Escarpit) ? "Le plus court chemin d'un homme à un autre." (Wolinski) ? "Le plaisir étrange issu de la certitude qu'il n'y a pas de certitude." (Kundera) ? Vient-il "d'un excès de sérieux." (Tristan Bernard) ? D' "une tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie." (Queneau) ? Ou, comme le disait Prévert, est-il "nénarrable, solite, décis, pondérable, commensurable, tempestif, déniable et trépide." ?

    Un dictionnaire « amoureux » étant par définition un dictionnaire subjectif, j'ai évidemment laissé libre cours à mes passions : le fameux nonsense anglo-saxon qui n'est pas une absence de sens, mais la prise de conscience du côté insolite d'une situation, ou encore mon inclination pour les magiciens de la langue et autres oulipiens, sans oublier mes vénérés maîtres, champions de l'observation du quotidien que sont Vialatte, Ponge, Queneau ou Tristan Bernard. J'ai mesuré enfin qu'avec un sujet aussi universel que l' "humour", j'avais en outre la possibilité de rassembler le plus grand nombre. C'est bien sûr mon voeu le plus cher et un pari que j'espère gagner haut la main.

    D'ailleurs, je ne sais plus qui a dit : "L'humour c'est comme les essuie-glaces, ça n'empêche pas la pluie, mais ça permet d'avancer." Dont acte. » J.-L.C.

  • Les religions sont-elles dangereuses ? Non, si elles n'engagent que les croyants. Oui, si elles prétendent à nouveau dicter la loi commune. Les fanatismes religieux d'aujourd'hui sont inquiétants. Face à eux, un seul rempart : la laïcité. Une laïcité contestée par les nostalgiques des privilèges publics des religions. Pourtant elle fournit à des hommes d'origines très diverses un cadre commun universel, délivré des traditions rétrogrades. Ainsi elle les unit tous en conjuguant le respect des différences et l'émancipation de chacun.
    Histoire, géographie, philosophie, littérature, théologie, sociologie, droit font de ce livre une véritable encyclopédie de la laïcité. On s'y promènera « à sauts et à gambades » pour en comprendre le sens et l'enjeu, admirer ses héros, goûter les beaux textes qu'elle a inspirés, mesurer sa dynamique aux divers points du globe.

  • Pourquoi Stendhal a-t-il abandonné Lucien Leuwen alors qu'il restait si peu à faire pour l'amener à sa forme définitive ? Pourquoi, chez cet auteur, le travail de la mémoire prend-il le pas sur l'imagination ? Pourquoi écrit-il La Chartreuse de Parme en cinquante-deux jours alors qu'il laisse inachevé Lamiel après deux ans et demi d'ébauche ? Pourquoi Le Rouge et le Noir n'eut-il aucun succès ? Pourquoi l'art de séduire lui fut-il étranger ? Pourquoi, dans ses romans, s'interdit-il d'expliquer, de juger, de commenter alors que dans la vie courante il ne cachait pas son mépris pour la sottise ambiante ? Comment, en exil consulaire à Civitavecchia, conçut-il ses fameuses Chroniques italiennes ? Pourquoi Stendhal, en rejetant sa ville natale, Grenoble, rejetait-il bel et bien l'état d'esprit de tout un peuple, les Français ?
    Autant d'interrogations, autant d'analyses auxquelles Dominique Fernandez, en fervent stendhalien, en observateur subtil, répond avec clairvoyance et délicatesse.

  • Personne n'est indifférent aux langues humaines, dont l'apparition, aux aurores de notre espèce, est ce qui a permis à ses membres de nouer des relations sociales qu'aucune autre espèce animale ne connaît. Ceux et celles qui n'aiment pas les langues, parce que la difficulté d'apprendre certaines d'entre elles les rebute, trouveront dans ce Dictionnaire, sinon des raisons de les aimer, du moins assez de matière pour rester étonnés devant tout ce que les langues nous permettent de faire, de dire, et de comprendre sur notre nature. Partout apparaît avec éclat l'ingéniosité infinie des populations humaines, confrontées au défi de dire le monde avec des moyens très limités.
    « Comme tout dictionnaire, celui-ci ne requiert pas de lecture d'un bout à l'autre : il est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens. »

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  • Le crime fascine. Les criminels, ennemis publics médiatisés ou anonymes, suscitent admiration, engouement, répulsion.
    C'est souvent la passion qui entraîne le passage à l'acte. L'amour passion qui emporte tout, l'amour passé et ses aigreurs assassines, l'amour jaloux qui élimine rivales ou rivaux.
    En mêlant réalité et fiction, personnages historiques et héros littéraires, cinématographiques et télévisuels, ce dictionnaire amoureux hors norme associe les points de vue de l'historien, de l'analyste, de l'enseignant pour nous permettre de comprendre le crime, les criminel(le)s, de compatir avec les victimes, de vibrer avec les avocats et les jurés et d'enquêter avec les policiers et les experts.

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  • Le titre de ce livre n'est pas usurpé : il s'agit bien d'un dictionnaire qui parle d'amour, avec ses exaspérations et ses admirations. Mais, comme toujours, il a fallu faire des choix. Il en résulte un catalogue où alternent des thèmes sérieux et de minces anecdotes, selon une chronologie vagabonde.
    Cette promenade correspond au sujet, lui-même illimité. Car nous avons tous l'École en partage, par nos souvenirs d'écoliers ou par la scolarité de nos enfants. Chacun d'entre nous se sent habilité à évoquer son expérience, au point qu'on trouverait 64 millions de spécialistes de l'École en France. Ce rapport affectif est renforcé par la nature même de l'enseignement, qui suppose une relation humaine forte. Il explique aussi la vigueur des querelles scolaires, jamais vraiment calmées, dans une société en désarroi qui demande toujours plus aux éducateurs. Ce dictionnaire rend hommage à ceux qui stabilisent des repères et préparent l'insertion des jeunes, dans un monde en mutation perpétuelle.
                                                                                                     Xavier Darcos  

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  • Le décret qui, en 2002.
    A décidé de la dernière demeure d'Alexandre Dumas - le Panthéon - est à lui seul un résumé savoureux de sa vie: " Par ce geste, la République donnera toute sa place à l'un de ses enfants les plus turbulents et les plus talentueux, à l'un de ses génies les plus féconds." Ses débuts nous laissent incrédules. A vingt-six ans, la Comédie-Française reçoit sa première pièce, qui plus est par des acclamations.
    Qui d'autre, après avoir dans son enfance connu la misère, a pu se constituer, par ses droits d'auteur, une immense fortune pour finir sans un sou? Par son théâtre et surtout par ses romans, Alexandre a fait de lui-même un géant et du passé une épopée.

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  • La célèbre station de radio Europe 1 fêteses 60 ans en 2015. C'est en effet le 1er janvier 1955, à 6h30 précisément, que celle qui s'appellait encore Europe n°1 émit pour la première fois... et pour 30 minutes seulement ! Depuis, la célèbre sation de la rue François 1er et son célèbre logo leu ont écrit les riches heures de la radio française.
    De A à Z, c'est à un vagabondage amoureux au coeur de nos soixante dernières années radiophoniques que nous convient Denis Olivennes, Franck Ferrand et Bruno Labous, au travers l'incroyable destin d'une radio qui fit éclore les noms les plus prestigieux du journalisme, mit à l'antenne des animateurs qui devinrent les stars de leur métier et inventa de célèbres jeux et émissions radiophoniques comme Europe 1 Découvertes (Michel Drucker) ou Le Zouzouk, jeu animés par Les Nuls.
    Un livre plein d'anecdotes, de rire, de souvenirs et de nostalgie, abondemment illustré de photos et d'objets retraçant l'histoire de la sation de la rue François 1er.

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