Entreprise, économie & droit

  • La crise financière a révélé au grand jour les limites de la théorie économique : celle-ci n'a su ni prévoir les désordres à venir, ni même simplement nous mettre en garde contre de possibles instabilités. Cet aveuglement est le signe d'un profond dysfonctionnement qui exige plus qu'un simple replâtrage pour être corrigé : un renouvellement radical des méthodes et des concepts, au premier rang desquels celui de valeur économique. Pour le dire simplement, les économistes conçoivent la valeur, que ce soit celle des marchandises ou celle des titres financiers, comme ayant la nature d'une grandeur objective qui s'impose aux acteurs et à leurs interactions, à la manière d'une force naturelle. Ceci est apparent dans le domaine financier au travers des formules mathématiques que calculent les économistes pour établir la juste évaluation des actifs. La crise a montré que ces formules n'étaient pas fiables. Cela ne tient pas à une insuffisante habileté à mener des calculs complexes mais à la nature même de la question posée. Il n'existe pas une juste valeur, ni pour les marchandises, ni pour les titres, mais différents prix possibles en fonction des intérêts et des croyances. À partir de ce nouveau cadre d'analyse, c'est toute la science économique qu'il s'agit de refonder.

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  • Ce volume, le dernier des Forces imaginantes du droit (cours professé au Collège de France durant quatre années), s'attache à l'examen d'une question : comment oser parler de communauté de droit à l'échelle d'une planète livrée aux affrontements, à la violence et à l'intolérance ? Et comment concevoir les contours d'une communauté de valeurs par delà la diversité des cultures et l'opposition des intérêts. Explorant d'une part les interdits fondateurs, d'autre part les droits fondamentaux, Mireille Delmas-Marty n'entend pas éradiquer les différences mais relativiser le relativisme. À la recherche d'une unité de sens, dans la perspective d'un humanisme nouveau, pluriel et ouvert, elle montre que le droit peut contribuer à nourrir l'idée de bien commun.

  • Crise européenne, enlisement des réformes onusiennes, difficultés à mettre en place le protocole de Kyoto ou la Cour pénale internationale, tensions entre droits de l'homme et droit du commerce : le paysage juridique de ce début du XXIe siècle est dominé par l'imprécis, l'incertain, l'instable. Nous sommes à l'ère du grand désordre : celui d'un monde tout à la fois fragmenté à l'excès par une mondialisation anarchique et trop vite unifié par une intégration hégémonique, dans le silence du marché et le fracas des armes. Comment y construire un ordre sans l'imposer, comment, par-delà le relatif et l'universel, admettre le pluralisme sans renoncer à un droit partagé ? Ni fusion utopique ni autonomie illusoire, le « pluralisme ordonné », véritable révolution épistémologique, est l'art de dessiner un espace juridique commun, par un équilibrage progressif qui préserve la diversité du monde et en accompagne le mouvement. Car les forces imaginantes du droit doivent pouvoir, à défaut d'instaurer un ordre immuable, inventer une harmonisation souple, propre à laisser espérer la refondation de valeurs communes.

  • Ce volume, fondé sur le cours prononcé par l'auteur au Collège de France en 2009, prend pour point de départ la loi française de février 2008 sur la « rétention de sûreté ». Celle-ci autorise le maintien en détention d'un condamné après exécution de sa peine, s'il est jugé « dangereux ». Ainsi ont été posées les bases d'une rupture entre culpabilité, responsabilité et sanction, entraïnant, de ce fait, un bouleversement du droit pénal. Comment en est-on arrivé là  ? Telle est la question que pose Mireille Delmas-Marty qui y voit un effet indirect du 11 septembre 2001, lequel a libéré les reponsables politiques de l'obligation de respecter les limites de l'état de droit.Une réflexion sur la confusion des repères à  l'ère de l'internationalisation du droit.

  • Ce volume inaugure la publication des cours au Collège de France de Mireille Delmas-Marty qui comprendra trois ou quatre volumes regroupés sous le titre générique Les forces imaginantes du droit. Par cette discrète référence à Bachelard qui invoquait les « forces imaginantes de l'esprit », Mireille Delmas-Marty entend résumer l'axe majeur de ses recherches : le droit, qui n'a pas su désarmer la force, se trouve néanmoins aujourd'hui face à une mutation sans précédent qui voit se superposer normes nationales, régionales et internationales. Il se doit dès lors de penser à la fois le particulier et l'universel, d'incorporer la part d'indétermination qui lui est constitutive ou encore de mesurer la force créative de ce « flou » qu'il génère.
    Le premier volet de cette étude, Le relatif et l'universel, analyse les approches relativistes et universalistes du droit à l'épreuve des débats les plus contemporains : les crimes contre l'humanité, le nouvel ordre juridique né
    de la mondialisation (Organisation mondiale du commerce, développement d'Internet), le Tribunal pénal international, le terrorisme, le clonage, l'avenir écologique de la Planète, la société du risque, etc. Le propos de Mireille Delmas-Marty n'est nullement de privilégier le point de vue des uns ou des autres mais au contraire de montrer comment il est aujourd'hui nécessaire de penser à la fois les irréductibles diversités et l'unité de l'ordre juridique international. Bref, un « pluralisme ordonné » pour prévenir la double menace d'un ordre hégémonique ou d'un désordre impuissant.

  • Rejet du Traité constitutionnel européen, tentatives avortées de réforme à l'ONU, difficultés à l'OMC : l'organisation des pouvoirs est en crise. A l'heure de la mondialisation, l'Etat-nation souverain n'est plus la source de tout pouvoir, mais il n'est pas destiné à disparaître et la montée en puissance des juges accompagne la fragmentation des pouvoirs législatif et exécutif. Pour esquisser les contours d'une future gouvernance globale, il faut donc repenser l'articulation entre compétences nationales et internationales. L'ordre mondial ne se limitera cependant pas aux institutions politiques et juridiques traditionnelles. La refondation passe aussi par un rééquilibrage entre acteurs économiques (les entreprises) et acteurs civiques (organisations non gouvernementales), sans négliger l'importance, au croisement des savoirs, d'une mondialisation des acteurs scientifiques - savants et experts : elle appelle une démocratisation que le développement de l'Internet laisse espérer sans la garantir. Réinstituer les pouvoirs suppose donc un dialogue avec les vouloirs et les savoirs. C'est à cette condition que pourrait être inventé un état de droit à l'échelle planétaire.

  • A partir d'enquêtes poussées sur le cas de Lafarge, Philippe d'Iribarne décrit par le menu, de la Chine au monde arabe et aux Etats-Unis, la manière dont une entreprise mondiale affronte la pluralité des cultures.
    Comment, pour une entreprise, faire partager (et le faut-il ?) ses valeurs ? Celles-ci peuvent-elles prendre corps n'importe où sur la planète, ou sont-elles trop liées à une vision du monde qui reste l'apanage de l'Occident ? Les grands débats sur la démocratie et les droits de l'homme se retrouvent ici, de manière plus terre à terre mais non moins pressante, dans les relations humaines concrètes vécues au quotidien.
    Dans une large partie du monde, il est beaucoup attendu d'un pouvoir qui, tout en étant ferme, est à la fois juste et soucieux du bien de ceux sur qui il s'exerce. Mais ces attentes sont souvent déçues, dans l'entreprise comme dans la sphère publique. Les entreprises occidentales à orientation humaniste sont, quant à elles, bien placées pour y répondre si elles sont prêtes à tenir compte, en chaque lieu, de la vision locale d'une bonne manière de vivre ensemble.
    Elles peuvent être ainsi des agents d'efficacité économique en même temps que de progrès humain.

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  • Au cours des trente dernières années s'est opérée une transformation radicale du capitalisme : le capitalisme néolibéral a remplacé le capitalisme keynésien. L'ouvrage d'André Orléan revient sur l'histoire de cette transformation qu'il analyse comme exprimant une révolution dans les valeurs, là où la majorité des commentateurs ne voient qu'une évolution purement technique.
    Le capitalisme keynésien est en effet fondé sur trois piliers idéologiques : la primauté absolue du plein emploi ; l'autonomie nationale de la politique macroéconomique ; l'aversion à l'égard des mouvements internationaux de capital. L'avènement du libéralisme a signifié l'abandon de cette vision de l'économie au profit de nouvelles valeurs, essentiellement : la stabilité de la monnaie ; la primauté du capital financier ; l'internationalisation des échanges.
    C'est donc bien une transformation de la conception du monde qui a eu lieu et dont ce livre propose une analyse rigoureuse, centrée pour ce faire sur les institutions monétaires. Car la monnaie est le lieu privilégié où se trouvent exprimées les valeurs d'une économie. Deux dates seront essentielles : 1944 et l'accord de Bretton-Woods qui impose au monde le triptyque keynésien, par exemple dans son souci de contrôler les mouvements internationaux de capitaux ; puis 1979 et la politique de Paul Volcker, président de la FED, la banque centrale des États-Unis, qui impose au monde une nouvelle conception de la monnaie, à savoir une monnaie sans inflation

  • La " troisième voie " est un objet politique non identifié.
    Objet de répulsion pour les uns, au nom de la préservation des valeurs traditionnelles de la gauche, ou gage de modernité pour les autres, au nom du dépassement du clivage gauche-droite, elle est soumise à une vigoureuse querelle des intentions depuis son apparition sur la scène politique européenne au milieu des années 1990. Son identification avec la politique menée par le gouvernement de Tony Blair depuis 1997 n'est pas pour rien dans la cristallisation du débat.
    Qualifié tour à tour de néothatchérien et de social-libéral, notamment en France, le Premier ministre britannique a surpris, séduit ou agacé selon l'utilisation politique que l'on a voulu faire de son action. Pourtant la " troisième voie " ne se résume pas à son instrumentalisation idéologique. Elle est aussi une clef d'accès au monde actuel dont les bouleversements économiques, sociaux, culturels, écologiques et scientifiques soulèvent des questions incontournables : quelle mondialisation voulons-nous ? Comment vivre dans la " société du risque " ? Comment préserver son identité tout en s'ouvrant à la différence ? Pour Anthony Giddens, figure éminente des sciences sociales contemporaines, le débat critique qui s'est amorcé autour de l'idée d'une " troisième voie " entre capitalisme libéral et socialisme d'Etat peut déboucher sur des réponses novatrices à ces questions.
    Pouvoir lire, dans le texte et pour la première fois en français, ceux qui ont réinventé la " troisième voie " ne peut que contribuer à éclairer les débats qui animent notre propre société. C'est tout particulièrement le cas pour la gauche, en Europe et au-delà, une gauche dont le " savant " Giddens et le " politique " Blair se réclament tout en esquissant ses nouveaux contours pour le siècle qui s'ouvre.

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  • Ce coffret réunit les quatre volumes de référence, publiés au Seuil de 2004 à 2011, que Mireille Delmas-Marty a consacrés à l'émergence du nouvel ordre juridique mondial, dont elle souhaite l'avènement.
    Reprenant ici l'objet de ses cours au Collège de France, l'auteur interroge le droit au regard de l'évolution de nos sociétés et nous livre une formidable analyse des nouveaux enjeux que pose le contexte mondialisé à la recherche d'un droit commun et d'une communauté de valeurs.

  • La couleur des idéesAvec la mondialisation, nous voilà projetés dans l'« après-ville », dans le « post-urbain ». En Europe, nous étions habitués à voir la ville comme un espace circonscrit dans lequel se déroule une intégration civique des individus... Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement. La reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ? La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ? Sommes-nous condamnés à regretter la polis grecque, la ville de la Renaissance, le Paris des Lumières, les grandes villes industrielles du XIXe siècle ?En rappelant les éléments distinctifs qui composent l'expérience urbaine, Olivier Mongin pose les fondements d'une réflexion d'aujourd'hui sur la condition urbaine. Nous vivons à une époque où l'information s'échange immatériellement selon des flux plutôt que dans des lieux : comment, dans ces conditions, refonder des lieux urbains accordés à notre temps ?


  • l'aspiration à la justice est, pour le meilleur et pour le pire, une donnée anthropologique fondamentale, car les hommes ont besoin pour vivre ensemble de s'accorder sur un même sens de la vie, alors qu'elle n'en a aucun qui puisse se découvrir scientifiquement.
    la dogmatique juridique est la manière occidentale de lier ainsi les hommes, en posant un sens qui s'impose à tous. le droit est le texte oú s'écrivent nos croyances fondatrices : croyance en une signification de l'être humain, en l'empire des lois ou en la force de la parole donnée. n'étant pas l'expression d'une vérité révélée par dieu ou découverte par la science, le droit est aussi une technique, susceptible de servir des fins diverses et changeantes, aussi bien dans l'histoire des systèmes politiques que dans celle des sciences et des techniques.
    mais c'est une technique de l'interdit, qui interpose dans les rapports de chacun à autrui et au monde un sens commun qui le dépasse et l'oblige. il faut en effet que chacun de nous soit assuré d'un ordre existant pour pouvoir donner sens à sa propre vie et à son action, fût-elle contestatrice.

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