Symetrie

  • Références culturelles croisées au début du XXe siècle : tel apparaît le thème du numéro d'automne de Tempus Perfectum. En effet, Karol Szymanowski, né dans la très catholique Pologne, revivifie son inspiration au contact des mythes et poèmes méditerranéens (Homère, Djalâl al-Dîn al Rûmî) issus des cultures païennes ou musulmanes. Parallèlement, Edward Elgar, minoritaire en terre anglicane, revendique son appartenance catholique et puise dans la pensée du cardinal Newman.
    Le chef d'orchestre-pianiste-compositeur Clément Mao-Takacs nous promène dans de brillantes variations odysséennes à propos des Métopes du compositeur polonais. Pierre Boulez a bien voulu nous donner avec spontanéité son point de vue à propos des partitions orchestrales de la même période szymanowskienne qu'il a dirigées.
    Le musicologue Bruno Moysan, célèbre pour ses travaux lisztiens mais féru de philosophie et d'histoire théologique, nous livre une riche analyse de la situation d'Elgar et de Newman dans l'Angleterre de leur temps, ainsi que de la convergence de leurs génies dans l'oratorio The Dream of Gerontius.

  • Figure majeure de la création musicale au cours de la seconde moitié du xxe siècle, Toru Takemitsu (1930-1996) attachait aussi une grande importance à l'écriture qu'il a pratiquée tout au long de sa vie, passant du manifeste esthétique au récit littéraire, de l'analyse musicale au portrait, de l'aphorisme à l'essai développé.
    Proche de personnalités telles qu'Isamu Noguchi, Akira Kurosawa, Jasper Johns ou Kenzaburo ?, Takemitsu ne se limite pas au cadre musical dans ses écrits?: on est frappé par la variété et la richesse des centres d'intérêt du compositeur, bien au-delà de la confrontation entre Orient et Occident à laquelle son nom a souvent été associé. Les textes de Takemitsu sont une traversée de la mémoire, des émotions, des mondes artistiques et musicaux. Son art de la métaphore, ancré dans la perception, réticent à la généralisation théorique, résonne aujourd'hui avec force. Ces écrits témoignent aussi bien de la vie créative du compositeur que d'une grande richesse culturelle et artistique du Japon de la seconde moitié du xxe siècle.
    La sélection minutieuse des textes présentés, traduits et annotés dans cet ouvrage permettra au lectorat francophone de découvrir sous un nouveau jour l'univers esthétique d'un compositeur qui, bien que joué et célébré depuis longtemps en Occident, s'avère mal connu.

  • Philippe Gonin nous propose de revenir sur les circonstances de la naissance de la première musique de film, dont 2008 a marqué le centenaire. La musique de L'Assassinat du duc de Guise, film réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargy, est écrite par un compositeur alors au faîte de sa gloire et des honneurs, Camille Saint-Saëns (1835-1921).
    L'article de Philippe Gonin nous révèle en filigrane l'importance de la musique dans le processus de création d'un film, qu'il soit muet, comme L'Assassinat du duc de Guise en 1908, ou parlant, comme dans de nombreux films dont la musique fait désormais partie de notre mémoire collective - qu'il s'agisse de compositions originales comme dans Docteur Jivago, Psychose ou, plus récemment, la saga Star Wars, ou de reprises de musiques célèbres comme aimait à le faire le réalisateur Stanley Kubrick dans Orange mécanique, 2001, l'odyssée de l'espace ou encore Barry Lyndon, films pour lesquels on ne saurait dire si la musique sublime les images et le propos ou l'inverse. Il court d'ailleurs une anecdote à propos de Psychose d'Alfred Hitchkock, lequel était apparemment déçu par son film. Le compositeur Bernard Hermann lui aurait alors répondu : " Attendez, je n'ai pas encore composé la musique ! " On sait le succès qu'obtinrent le film d'Hitchkock et la musique d'Hermann, désormais indissociablement liés.
    Il est a noter que la composition musicale pour l'image (cinéma ou publicité) tend à se développer comme discipline enseignée dans les conservatoires de musique, ce qui prouve qu'écrire pour le cinéma n'est plus un " second choix " pour un compositeur, mais un véritable métier de création.

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  • L'objet de cet ouvrage est d'effectuer une étude historique, théorique et analytique de la polytonalité afin d'en dégager une définition actuelle fondée sur l'étude de nombreux paramètres compositionnels afin d'appréhender correctement la démarche propre aux compositeurs polytonaux. S'appuyant sur de multiples exemples musicaux tirés de corpus de compositeurs très divers (Koechlin, Milhaud, Ravel, Satie, Poulenc, Stravinski, etc.), cette étude propose des conclusions tout à fait surprenantes : contrairement à ce qui est généralement admis, la polytonalité n'est pas synonyme de totale liberté musicale. Si elle est un phénomène complexe et difficile à maîtriser correctement, son expression recouvrant des réalités musicales fort différentes, allant de l'affirmation de la tonalité aux frontières de l'atonalité, il est toutefois complètement possible de la circonscrire théoriquement. La polytonalité permet une liberté d'expression quasi totale de par la diversité des formes qu'elle recouvre, tout en s'inscrivant dans un cadre compositionnel particulier régi par des principes fondamentaux constants mis en évidence dans cet ouvrage, dont l'application dépend toutefois de la seule sensibilité du compositeur.
    Polytonalité : étude historique, théorique et analytique, offrant une synthèse de tous les paramètres de cette forme d'écriture musicale, peut être considéré comme le premier précis polytonal jamais rédigé.

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  • Est-il compositeur célèbre plus victime de clichés et de méconnaissance que Massenet ? Tout mélomane connaît Manon et Werther, tout snob brocarde (sans connaître) le soi-disant sentimentalisme de sa musique. Mais questionnez plus avant vos interlocuteurs, et vous verrez ! Qui d'entre eux se montrera loquace à l'énoncé de la plupart des ?uvres évoquées au fil de cette publication ? Le legs artistique de Massenet est immense... et injustement occulté. On distingue souvent les aspects les plus novateurs de son oeuvre dans ces pages méconnues, précisément, qui ne peuvent que faire taire ses détracteurs.

  • Traçant une voie singulière parmi les amers inévitables de la contemporanéité musicale, la compositrice finlandaise Kaija Saariaho a su faire entendre les valeurs universelles de l'expression humaine sans se départir d'un souci de la communication poétique non plus que des conquêtes de la modernité. Synthèse heureuse, fusion harmonieuse faisant fi des a priori esthétiques, une telle attitude lui vaut un succès aujourd'hui planétaire sans qu'elle se soit jamais abaissée à la vulgarité de facilités " aguicheuses ".
    Nombre d'interprètes fidèles ont répondu à l'appel de Clément Mao-Takacs pour partager avec les lecteurs leur connaissance profonde de Kaija Saariaho ; par ailleurs, en donnant la parole à celle-ci, l'auteur suscite une proximité avec la chaleur humaine et la sensibilité que l'on ressent au contact de cette créatrice aussi profondément réfléchie que d'un abord simple et néanmoins voilé de mystère.
    L'art lyrique ayant pris une place croissante dans le catalogue de la compositrice, Clément Mao-Takacs et le metteur en scène Aleksi Barrière développent ce versant sous des angles complémentaires. S'y ajoutent quelques lignes d'un invité-surprise, le mathématicien et historien des sciences finlandais Osmo Pekonen, touché par la grâce émanant de l'oratorio La Passion de Simone.
    Compositeur français s'étant intéressé à la Finlande par le biais de ses propres travaux sur Sibelius, Antonin Servière examine en sens inverse la place de Kaija Saariaho dans le contexte du pays (la France) qui l'accueille depuis trente ans.

  • La composition d'oeuvres didactiques pour le clavier jalonne à foison l'histoire de la musique. Car loin d'étouffer le geste créateur, le faisceau de contraintes qu'implique cette approche particulière peut se révéler stimulant et fécond?: l'art d'enseigner le toucher du clavier et la création d'une oeuvre d'art se voient intimement liés l'un à l'autre, comme l'avers et le revers d'un même processus intellectuel. Le Gradus ad Parnassum de Muzio Clementi constitue un jalon parmi d'autres de cette vaste histoire, au même titre que les Essercizi de Scarlatti et les Probestücke de Carl Philipp Emanuel Bach qui ont fait l'objet d'une présentation similaire dans les précédents numéros de la revue Tempus perfectum. Ces trois oeuvres n'ont pas été choisies au hasard?: aboutissement de cette double démarche didactique et artistique, elles invitent le commentateur à appréhender chaque compositeur de la manière la plus large possible, aussi bien au niveau de l'évolution de son style qu'au niveau des circonstances historiques qui l'ont vu s'épanouir. Ainsi, embrassant un siècle de musique, elles permettent de questionner des notions aussi variées et essentielles que l'évolution des styles musicaux au xviiie siècle, le statut du texte musical et la notion d'interprétation, les rapports de l'art à l'artisanat, l'organologie et le passage du clavecin au pianoforte, l'évolution des techniques de jeu au clavier qui en découle...

  • Ce numéro consacré à la Grande Guerre vue par les musiciens se penche non sur ce qu'il est habituel de traiter quand on étudie cette période (ouvrages patriotiques, conditions d'exécution et réception des oeuvres), mais examine un répertoire musical savant faisant référence au conflit mondial à sa façon. Le corpus instrumental et vocal retenu est large, puisqu'il se tourne aussi bien vers la France que vers l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, l'Angleterre. Les réflexions et analyses techniques, historiques, esthétiques, sociologiques et culturelles sont menées de pair. Toutes les situations sont envisagées, la révolte, la douleur, la prière, le constat, l'hommage ; et l'enfance n'a pas été oubliée. Une part est également faite à la littérature et à la peinture en fin de numéro.

  • La composition d'oeuvres didactiques pour le clavier jalonne à foison l'histoire de la musique. Car loin d'étouffer le geste créateur, le faisceau de contraintes qu'implique cette approche particulière peut se révéler stimulant et fécond : l'art d'enseigner le toucher du clavier et la création d'une oeuvre d'art se voient intimement liés l'un à l'autre, comme l'avers et le revers d'un même processus intellectuel. Les Probestücke de Carl Philipp Emanuel Bach constituent un jalon parmi d'autres de cette vaste histoire, au même titre que les Essercizi de Scarlatti qui ont fait l'objet d'une présentation similaire dans le précédent numéro de la revue Tempus perfectum, et le Gradus ad Parnassum de Muzio Clementi qui sera traité dans le numéro suivant. Ces trois oeuvres n'ont pas été choisies au hasard?: aboutissement de cette double démarche didactique et artistique, elles invitent le commen­tateur à appréhender chaque compositeur de la manière la plus large possible, aussi bien au niveau de l'évolution de son style qu'au niveau des circonstances historiques qui l'ont vu s'épanouir. Ainsi, embrassant un siècle de musique, elles permettent de questionner des notions aussi variées et essentielles que l'évolution des styles musicaux au xviiie siècle, le statut du texte musical et la notion d'interprétation, les ­rapports de l'art à l'artisanat, l'organologie et le passage du clavecin au pianoforte, l'évolution des techniques de jeu au clavier qui en découle...

  • Xu Yi est née en 1963 à Nanjing (Nankin) en Chine. Elle entre au conservatoire de Shanghaï où elle étudie le violon, puis intègre la classe de composition (1978-1986), avant d'y être nommée professeur (1986-1988). À son arrivée en France en 1988, elle suit le cursus de composition et informatique musicale de l'IRCAM (1990-1991), avant d'entrer au C.N.S.M.D. de Paris où elle étudie avec Gérard Grisey et Ivo Malec et obtient un premier prix de composition en 1994. Elle est pensionnaire à la villa Médicis à Rome (1996-1998).
    Elle reçoit en 1996 la commande d'État d'une pièce pour orchestre, réalisée au Grame et créée par l'Ensemble orchestral contemporain en 1997, Le Plein du Vide, pour 14 instruments et dispositif électronique spatialisé en 8 pistes, créé au festival Musiques en scène en 1997. Le Plein du Vide est le rêve III du cycle Les Rêves de Tchouang-tseu, constitué de quatre parties qui peuvent être jouées séparément.

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  • Qui sait quelle était la vie musicale à Rio de Janeiro dans la première moitié du XIXe siècle ? Dans ce deuxième numéro, Luciane Beduschi nous permet d'en entrevoir un aspect à travers le séjour que Sigismund Neukomm, compositeur autrichien, effectua dans ce pays entre 1816 et 1821.
    Territoire inconnu et mystérieux pour la plupart des Européens, le Brésil est alors terre d'accueil pour le roi du Portugal et sa cour, exilés dans le Nouveau Monde à la suite des invasions napoléoniennes. Cette aristocratie fera en sorte de reconstituer un mode de vie européen, notamment dans le domaine des arts, en accueillant nombre de missions artistiques ou scientifiques et en dotant le pays, encore peu développé, d'institutions culturelles.

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  • Même les lecteurs " non hendrixiens " et non " pop rock " se laisseront prendre par cette analyse claire et accessible des techniques instrumentales et compositionnelles du musicien.

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  • Que sait-on des goûts de Louis XV dans les domaines de la musique et de la danse ? Louis XV - surnommé le Bien-aimé -, arrière-petit-fils de Louis XIV, malgré une éducation artistique parfaitement " versaillaise ", ne semble pas avoir apprécié plus que de raison la musique et la danse, bien qu'il eût parfaitement conscience du rôle " médiatique " de ces deux disciplines.
    Il n'en demeure pas moins que des musiciens d'importance exercent sous le règne de Louis XV, comme le montre l'" Estat des officiers ordinaires de la Maison du Roy " pour l'année 1715, qu'il s'agisse de Michel-Richard Delalande, Jean-Baptiste Henry d'Anglebert ou encore de Robert de Visée.
    À travers l'éducation musicale du roi, Benoît Dratwicki, évoque le climat artistique à Versailles sous le règne de Louis XV et décrit notamment les grands ballets qui furent donnés dans le but d'asseoir dans l'imaginaire des Français l'image d'un roi s'inscrivant dans la continuité du grand Louis XIV qui avait mené la France à son apogée artistique et politique.
    Cyril Bongers, spécialiste de Gabriel Pierné, propose un état des lieux de la discographie du compositeur. Prix de Rome de musique à dix-neuf ans, directeur des Concerts Colonne pendant de nombreuses années, Gabriel Pierné est surtout resté dans les mémoires pour son action, en tant que chef d'orchestre, envers la musique française. Depuis quelques années, grâce aux efforts d'orchestres, d'interprètes, de maisons de disques et d'institutions culturelles fortement impliqués dans un travail de redécouverte d'?uvres méconnues ou négligées du patrimoine musical français, la musique de Gabriel Pierné - entre autres - suscite, dans un juste retour des choses, un nouvel intérêt auprès du public.

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  • Bien qu'oubliée aujourd'hui, Paule de Lestang mena une carrière très riche qui mérite d'être rappelée. La multiplicité même de ses talents a probablement fait du tort à son image et précipité son oubli. En effet, faut-il la considérer comme pianiste, comme can- tatrice ou comme claveciniste, voire comme pédagogue ? Elle fit incontestablement une carrière dans ces quatre domaines, jouant un rôle qui, sans être de tout premier plan, fut réel.

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  • Sylviane Falcinelli a donné la parole à cinq grands pianistes, interprètes de Liszt : Michel Dalberto, Pascal Amoyel, Jean-Frédéric Neuburger, Denis Pascal, Nicolas Stavy cernent tour à tour des versants complémentaires de l'oeuvre immense de ce génie protéiforme, dessinant un parcours qui permet d'évoquer les préoccupations dominantes du compositeur. Ils expriment librement leur expérience, en un partage plein de spontanéité et de sagacité musicale ; ils livrent aussi de pertinentes remarques relatives à la technique instrumentale et à l'interprétation.

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