Tallandier

  • Depuis cinquante ans, Josiane Balasko rayonne sur le cinéma français. Drôle, énergique, briseuse de tabous, elle incarne la star populaire et sans complexes qui nous fait du bien. Pour la première fois, une biographie retrace son parcours riche et atypique.
    Josiane Balasko est une surdouée : comédienne aux répliques cultes - « Je ne vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'étais à deux doigts de m'agacer ! », « La neige, elle est trop mooolle » -, elle est aussi auteure, scénariste et réalisatrice. L'humour - son arme de séduction massive - et sa capacité à bousculer les codes lui ont permis de s'imposer en dépit des normes de beauté de l'industrie du cinéma, avec des films à succès comme Les hommes préfèrent les grosses, Trop belle pour toi, Gazon maudit...
    Fruit de longues interviews avec l'actrice, ce livre retrace avec verve la « Zazie dans le bistro » de son enfance, ses amitiés fortes, ses rencontres déterminantes, ses amours et son impressionnante carrière. On découvre ses débuts sur les planches du café-théâtre avec la bande historique du Splendid - Lhermitte, Clavier, Chazel, Blanc et Jugnot -, sa relation complexe avec son copain Coluche, en passant par l'émancipation grâce à l'écriture, la mise en scène, des rôles farfelus ou plus exigeants au cinéma comme au théâtre, jusqu'à ses engagements pour les mal-logés et contre le racisme. Une centaine de longs-métrages plus tard, Josiane Balasko, résolument ancrée dans son époque, est toujours en haut de l'affiche et nous surprend encore !

  • Il a fallu à la Révolution trois jours et deux nuits, du 14 au 16 octobre 1793, pour juger et exécuter Marie-Antoinette. Elle était condamnée d'avance. Ce face-à-face dramatique entre l'ancienne reine de France et ses juges dans la salle de la Liberté du Tribunal révolutionnaire de Paris tient tout à la fois du huis clos, du dialogue de sourds et de l'épreuve de force. C'est bien sûr le procès d'une reine, c'est aussi celui d'une étrangère, c'est enfin celui d'une femme et c'est celui d'une mère.
    Emmanuel de Waresquiel le raconte, à la lumière de sources jusqu'alors inédites, en montrant tour à tour l'accusée et ses accusateurs, leurs peurs, leurs courages et leurs certitudes, leurs fantasmes et leurs haines. Il en fait à la fois un tournant de la Révolution et l'un des moments paroxystiques de la Terreur. Un miroir aussi, comme si tout était dessiné en noir et blanc : les hommes et les femmes, la vertu et la trahison, l'égalité et le privilège, la nation et l'Europe, la République et la monarchie. Les grandes fractures françaises ont en commun d'avoir été des tragédies. Elles font de ceux qui s'y débattent des personnages de la 25e heure. Victimes et bourreaux n'ont plus de prise sur leur destin.

  • Le 25 mai 2020 à Minneapolis, l'homicide d'un homme noir par un policier blanc suscite des manifestations géantes dans l'ensemble des États-Unis. En quelques jours, « Black Lives Matter » devient un slogan universel, tout en inscrivant son action dans la longue histoire des luttes politiques des Noirs américains.
    L'histoire des Africains-Américains, nous rappelle Pap Ndiaye, est marquée au fer rouge par l'esclavage, la ségrégation et les
    violences raciales. Sans oublier les résistances, les victoires remportées dans la douleur et les cultures artistiques d'une richesse inouïe, notamment les spirituals, le gospel et le jazz.
    De la révolte de Nat Turner en 1831 à l'abolition de l'esclavage en 1865, des lois qui imposent la ségrégation et la privation du droit de vote dans le Sud des États-Unis au fameux I Have a Dream de Martin Luther King, du mouvement Black Power à l'élection de Barack Obama, l'auteur analyse les combats, les conquêtes et les espoirs vécus par les Noirs américains depuis deux siècles.

  • Caroline du Nord, 1936. À 3 ans, Eunice Waymon, petite fille noire infiniment douée, donne son premier concert dans une église. Elle a su jouer du piano avant même de marcher. À 10 ans, elle lutte déjà contre la ségrégation : lors d'un récital, elle refuse de jouer si ses parents ne sont pas assis au premier rang, comme les Blancs. À 18 ans, elle veut devenir la plus grande concertiste classique noire, mais - à cause de la couleur de sa peau ? - son rêve se brise.

    Alors elle se rebaptise Nina Simone et, des bars crasseux jusqu'au Carnegie Hall, elle va connaître la gloire. De sa voix puissante, chaude et mystique, elle invente un langage unique, entre jazz, classique, soul et gospel. Amie de James Baldwin, elle chante pour défendre les droits des Noirs aux côtés de Martin Luther King. Mais la vie est violente avec cette écorchée vive : déboires sentimentaux, cupidité de l'industrie du disque, mort de ses frères de combat, difficulté à être une bonne mère... Nina flambe son argent et sombre dans les troubles psychiques.

    Des États-Unis jusqu'au Sud de la France, en passant par Londres, l'Afrique et les Pays-Bas, les auteures, mère et fille à la vie, sont parties sur ses traces. Elles nous offrent le portrait inédit d'une artiste magistrale en quête d'absolu et de liberté.

  • "La vie de Winston Churchill, homme d'État et homme de guerre exceptionnel, est un roman ; elle est ici racontée comme tel, sans un mot de fiction.

    Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs e témoins, ce récit épique mené brillamment par François Kersaudy montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle."

  • Raconter et décrypter l'histoire économique du monde, des origines à nos jours, des chasseurs-cueilleurs aux cybertravailleurs, tel est le pari de cette oeuvre majeure proposée par l'économiste Jean-Marc Daniel.

    En analysant l'évolution des théories et des politiques économiques mondiales, Jean-Marc Daniel bat en brèche bien des idées reçues. Loin d'opposer travail et capital, il s'attaque aux conséquences néfastes des actions prédatrices des « oisifs », les bureaucrates et les technocrates qui agissent au détriment de la valeur créée par les « productifs », les ouvriers, les agriculteurs, les entrepreneurs et les innovateurs.

    Depuis l'origine des civilisations jusqu'aux premières décennies du XXIe siècle, de la Chine à l'Europe, en passant par l'Afrique et l'Amérique, de Tibère à Xi Jinping et Joe Biden, Jean-Marc Daniel dresse le panorama complet, synthétique et passionnant d'une économie, qui, de crises en crises, sait engendrer de nouveaux modèles.

  • Empoisonné au Novitchok en août 2020 et évacué en Allemagne pour y être soigné, Alexeï Navalny,figure sans égale de l'opposition russe, est rentré à Moscou sous les feux des médias du monde entier en janvier 2021. Son arrestation immédiate a ouvert la voie à un affrontement inédit avec Vladimir Poutine.
    Qui est vraiment Alexeï Navalny ? Un héros de la démocratie ? Un nationaliste, un raciste ou un traître à la mère patrie ? Comment l'ex-homme d'affaires, simple blogueur, est-il devenu un candidat sérieux à la mairie de Moscou, puis à l'élection présidentielle ?
    Écrit par trois spécialistes de la politique russe, ce livre explore les nombreuses dimensions de l'action politique du militant depuis ses enquêtes pionnières sur la corruption, ses idées et son mouvement pour la démocratie, jusqu'à son activisme de rue. Pour la première fois, la lumière est faite sur l'homme, son courage, ses paradoxes, son parcours et l'engagement total de celui qui, en osant d2fier le chef du Kremlin, est devenu, même emprisonné, la deuxième personnalité politique de son pays.
    Pour comprendre la Russie d'aujourd'hui, il est urgent de comprendre Alexeï Navalny.

  • On les appelle spin doctors, genies du faire croire, persuadeurs clandestins ou ingenieurs des ames. Publicitaires, communicants, cinéastes ou propagandistes politiques, ces hommes ont en commun d'etre passes maitres dans l'art de la manipulation de masse.

    Ils bouleversent les regles du jeu politique, font et defont des elections, fabriquent le consentement, défendent les intérêts d'industries polluantes, influencent a leur insu le comportement de millions d'individus. Souvent meconnus, agissant pour la plupart dans l'ombre, ils concoivent et deploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progres constants des sciences et des techniques.

    Spécialiste de l'histoire de la propagande contemporaine, David Colon propose une approche inédite de l'art de la persuasion : il réunit, pour la première fois dans un même livre, les portraits de vingt des plus grands maîtres de la manipulation des XXe et XXIe siècles. De Goebbels a Walt Disney, de Lin Biao a Mark Zuckerberg, Richard Thaler ou Steve Bannon, l'auteur nous raconte l'invention de la propagande de guerre, du lobbying, du nudge ou de la publicité microciblee.

  • Le monde selon Molière Nouv.

    Comédien né, acteur fétiche du Roi-Soleil, metteur en scène et auteur de génie, Molière (1622-1673) ne vécut que par et pour les planches. Le Tartuffe, Les Précieuses ridicules, Le Malade imaginaire, L'Avare, Dom Juan... 400 ans après sa naissance, nous nous régalons encore de ses textes et de leur étonnante modernité.
    Pourquoi une telle postérité ? Parce qu'au milieu du XVIIe siècle, Jean-Baptiste Poquelin invente la comédie sociale qui met à la portée du peuple, en le faisant à la fois rire et réfléchir, les grandes questions qui résonnent encore de notre temps : la relation au pouvoir, la place de la femme dans la société, la lutte des classes, la santé, la religion... Sur chacune de ces interrogations, Molière agit en pionnier, presque en révolutionnaire caché sous les masques de la commedia dell'arte. Il explore les arcanes de la société et de la nature humaine avec une causticité nouvelle. La vanité, l'avarice, le désir, l'hypocrisie, l'ambition sont mis à nu et donnent à ses pièces une puissance universelle et philosophique. Tartuffe, par laquelle il secoue la religion, sera le combat de sa vie, un chapitre éminent pour la liberté de conscience. À travers ces « farces profondes », le dramaturge rassemble et unifie. C'est pourquoi nous parlons tous la « langue de Molière », constitutive aujourd'hui de l'identité française et de notre patrimoine. En maestro amoureux des lettres et du théâtre, Christophe Barbier nous fait redécouvrir les mille et une facettes du plus intemporel de nos auteurs.

  • Admirateur de Kissinger qu'il a rencontré de nombreuses fois, Gérard Araud raconte l'homme dans toute sa complexité et le parcours exceptionnel de celui qui fut l'un des plus grands acteurs de la politique étrangère du XXe siècle.
    C'est l'histoire d'un jeune Juif né en 1923 en Allemagne, dont la famille fuit in extremis le nazisme pour New York. D'une intelligence lumineuse, travailleur et cabotin à l'excès, il sut naviguer en toutes circonstances du Bronx à Harvard jusqu'à la Maison-Blanche.
    Conseiller national de Sécurité puis secrétaire d'État auprès du président Nixon, Henry Kissinger joua un rôle central dans l'histoire du monde : fin de la guerre du Vietnam, ouverture vers la Chine en 1972, détente avec l'URSS et guerre du Kippour... Ses prouesses furent nombreuses, au Moyen-Orient ou en Russie, ses revers aussi, au Chili ou au Cambodge.
    Négociateur hors-pair, l'homme suscite autant d'admiration que de détestation. Pourtant, il exerce toujours son influence alors qu'il a quitté le pouvoir depuis plus de quarante ans. Tous les grands se bousculent encore pour le consulter : Poutine, Xi Jinping, Modi ou Macron.
    C'est en diplomate que Gérard Araud retrace, avec de savoureuses anecdotes, la trajectoire de ce mal-aimé des Américains, homme d'esprit et génie de la Realpolitik qui régla le jeu des puissances pour garantir la paix du monde.

  • Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante.

    Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

    La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

    Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

  • Joséphine Baker : du music-hall au Panthéon Nouv.

    2 octobre 1925, sur la scène du théâtre des Champs-Élysées, le public, venu en nombre, découvre Joséphine Baker dans La Revue nègre. Elle a 19 ans, c'est un triomphe. Elle danse le charleston, vêtue de sa seule peau brune, portant sa nudité comme une panthère noire sa fourrure. En 1931, elle chante J'ai deux amours. Une star internationale est née.
    Gérard Bonal, dans une approche personnelle et presque sentimentale, liée à ses souvenirs d'enfance, livre un portrait par touches de la « Vénus noire ». Il nous entraîne sur ses traces, de l'enfance pauvre à Saint-Louis, Missouri, jusqu'à la lutte pour les droits civiques aux côtés de Martin Luther King. On embarque avec elle en 1925 sur le paquebot qui l'emmène vers l'Europe, dans un voyage qu'elle espère sans retour, pour fuir la misère et la ségrégation. On l'escorte dans le Paris nocturne des Années folles, celui des théâtres de music-hall - le Casino de Paris, les Folies Bergère -, des night-clubs de Pigalle, au bras de ses amants, Georges Simenon ou Giuseppe Abatino, dit Pepito, son impresario et mentor pendant dix ans. Dès 1941, l'icône des Années folles rejoint les services secrets de la France libre. Militant inlassablement pour la fraternité universelle, elle adoptera après la guerre douze enfants venus du monde entier, sa fameuse « tribu arc-en-ciel », qu'elle installera dans le château des Milandes, en Dordogne.
    À sa mort, le 12 avril 1975, une vague d'émotion submerge le pays, des funérailles nationales sont décrétées. Aujourd'hui, la petite danseuse de Saint-Louis qui a conquis Paris en une soirée sera la première femme noire à reposer au Panthéon.

  • Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu'importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d'histoire.

    Avocat, professeur d'université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s'est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s'est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D'où vient cette volonté tenace de combattre l'injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ?

    Robert Badinter s'est confié aux auteurs, l'une historienne, l'autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D'où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d'un personnage hors du commun.

  • Edmond et Jules de Goncourt sont comme écrasés par leur nom. Si nul n'ignore le prix qu'ils ont fondé, l'oubli a frappé la vie et l'oeuvre de ces deux frères qui se sont attaqués pendant près d'un demi-siècle à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain.

    Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, dîner avec Zola, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde artistique dans leur Grenier de la Villa Montmorency.

    Pamphlétaires incisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents , ces langues de vipère ont légué à la postérité un cadeau empoisonné : un Journal secret qui fait d'eux les meilleurs chroniqueurs du XIXe siècle.

    Seule la méchanceté est gratuite , aussi les deux écrivains la dépensent-ils sans compter. Chaque page laisse éclater leur détestation des femmes, des parvenus, des Juifs, des artistes et de leurs familiers. On découvre Baudelaire ouvrant sa porte pour offrir aux voisins le spectacle du génie au travail, Flaubert invitant ses amis à déguster des « cervelles de bourgeois », les demi-mondaines étalant un luxe tapageur ou Napoléon III entouré d'une cour servile qui met en bouteilles l'eau de son bain...

    Réactionnaires ne jurant que par la révolution en art, aristocrates se piquant de faire entrer le bas peuple dans la littérature, les Goncourt offrent un regard aiguisé sur un monde en plein bouleversement, où, de guerres en révolutions, le paysan fait place à l'ouvrier, la bougie à l'ampoule et le cheval à l'automobile.

  • Pourquoi les espèces humaines ont-elles évolué ? Pourquoi Homo erectus est-il sorti d'Afrique ? Qui a inventé le feu ? Quand et comment Sapiens a-t-il conquis la Terre ? Pourquoi Néandertal a-t-il disparu ? Comment étaient organisées les sociétés préhistoriques ? Continuons-nous à évoluer ? Aurait-on pu rester à la préhistoire ?

    Il y a 5 000 ans, nous vivions encore dans la préhistoire. Ainsi, nous autres Homo sapiens avons émergé en Afrique il y a quelque 300 000 ans et avons passé plus de 98 % de notre existence vivant de chasse, de pêche et de cueillette.

    En 100 questions très claires et en s'appuyant sur les recherches les plus récentes, Jean-Paul Demoule raconte l'épopée des nombreuses espèces humaines successives, dont on ne cesse de trouver de nouvelles, leurs migrations et leurs mélanges. Il décrit leurs inventions - les outils, le feu, l'art, l'alcool, les armes, la roue, etc. -, leur alimentation, leurs vêtements, leur sexualité, leurs croyances, leurs maladies, leurs organisations sociales, leurs chefs. Enfin, il explique comment les humains, en inventant l'agriculture au Néolithique, firent exploser leur nombre, débouchèrent sur les premières villes et l'écriture, inaugurant un nouveau mode de vie dont l'Anthropocène n'est que l'une des nombreuses répercussions.

  • Boulin, Urba, Elf, les frégates de Taïwan, Clearstream, Kerviel, Cahuzac, Karachi, Balkany... Le juge Van Ruymbeke a instruit pendant plus de quarante ans les grandes affaires financières qui ont secoué notre République. Tenace et libre, il est la figure emblématique de la lutte anticorruption.
    Dans ces mémoires vibrantes, animé par sa si chère indépendance, il raconte la manière dont il s'est attaqué aux sphères du pouvoir et au financement illégal des partis politiques. Engagé dans la lutte contre les paradis fiscaux, Renaud Van Ruymbeke fait des propositions pour traquer l'argent sale et réformer durablement la justice française.
    Voici le parcours d'un homme déterminé à se battre pour une justice égale pour tous.

  • Alexandra David-Neel est la plus célèbre des explo­ratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers.
    On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu'Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
    Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L'ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
    Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu'elle a portés traduisent ce cheminement vers l'invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel.
    Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d'une femme en avance sur son temps.

  • " Crois ou meurs ! Voilà l'anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! " Ainsi s'indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, au tout début de la Révolution. Voilà qui s'inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd'hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l'homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

    Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n'avait été qu'une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l'enjeu mémoriel divise toujours les Français ? Il fallait reprendre l'enquête en revisitant les événements, en les décryptant et en se libérant de l'historiquement correct.

    Ce récit circonstancié s'adresse à tous ceux qui souhaitent qu'on leur raconte enfin une autre histoire de la Révolution française, la vraie.

  • Sous l'Occupation allemande, le marché de l'art a été florissant. Les marchandises affluent, certaines issues des spoliations des familles juives. Une semaine après l'entrée des troupes allemandes dans Paris commence la saisie des oeuvres d'art leur appartenant.

    Le gouvernement de Vichy oblige les galeristes juifs à céder leurs tableaux aux administrateurs provisoires, tandis que les autorités occupantes en confisquent une partie. Dès lors, l'hôtel des ventes de Drouot, qui a interdit « de manière absolue » son entrée aux Juifs, ne désemplit pas. Les ventes des objets d'art atteignent des prix records. Après une longue enquête en Europe et aux États-Unis, et grâce à des archives jusque-là inexploitées, Emmanuelle Polack dresse un tableau précis du marché de l'art sous l'Occupation. Sous sa plume se déploie une galerie impressionnante de protagonistes - marchands, commissaires-priseurs, antiquaires, experts, courtiers, acheteurs, conservateurs. Pour comprendre le rôle de chacun, on entre dans le lieu de leurs activités - appartements, galeries, salles de ventes aux enchères, palaces, banques. Une faune d'intermédiaires peu scrupuleux profite sans retenue de la confiscation des oeuvres d'art. On découvre le destin tragique de galeristes juifs victimes de l'« aryanisation » du monde de l'art. Après la guerre, peu de sanctions seront prises. Aujourd'hui, de nombreuses oeuvres n'ont toujours pas été restituées à leurs propriétaires. Elles sont les témoins silencieux de l'Histoire. Un livre essentiel sur une page sombre de l'histoire française.

  • Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur.

    Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défi s nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.

  • Journal

    Hélène Berr

    Agrégative d'anglais, Hélène Berr a vingt-et-un ans lorsqu'elle commence à écrire son journal. L'année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Elle mourra à Bergen Belsen quelques jours avant la libération du camp. Soixante ans durant, ce manuscrit n'a existé que comme un douloureux trésor familial. Ce n'est qu'en 1992 que Mariette Job, nièce d'Hélène Berr, décide de reprendre contact avec le fiancé d'Hélène,  Jean Morawiecki. En 1994,  il décide de  lui faire don du manuscrit. Ce témoignage éclairé et d'une qualité littéraire exceptionnelle en fait un document de référence. Il a obtenu un très grand succès critique et public. « Au seuil de ce livre », écrit Patrick Modiano à propos du Journal d'Hélène Berr, «  il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie. »

  • Gustave Flaubert a posé sur son siècle un regard féroce ; il l'a pourfendu avec véhémence dans son oeuvre épistolaire et avec une ironie corrosive dans son oeuvre romanesque. Bourgeois et béotiens de tout ordre ; société du nombre ; révolution industrielle et culte de la vitesse ; standardisation du travail ; dégradation de la culture, il n'a qu'un cri contre tout ce que le modernisme exalte au mépris du Beau.

    Il ne faudrait pourtant pas réduire Flaubert à un renfrogné aigri, il n'est pas l'homme d'un seul registre. Vivant, chaleureux, aimant, bouffon parfois, sensible, il prodigue dans toutes ses relations des gestes et des paroles d'amitié et d'affection, dont George Sand, Tourgueniev, Louis Bouilhet, les Goncourt, l'impératrice Mathilde et tant d'autres ont pu goûter les agréments. Antimoderne fondateur du roman moderne, largement incompris de son vivant, c'est de manière posthume, au XXe siècle, que l'auteur de Madame Bovary est devenu l'un des plus grands romanciers français.

    Avec sensibilité et érudition, Michel Winock, qui connaît en profondeur l'oeuvre de Flaubert, a puisé dans ses écrits, ses lettres ou ses brouillons les plus beaux passages qui symbolisent son génie.

  • Alors que les premiers contacts remontent au milieu du XVe siècle, les Européens se sont longtemps contentés d'aller chercher en Afrique subsaharienne des esclaves pour les plantations d'Amérique, et pour cela ils n'avaient nul besoin de contrôler ni d'explorer le pays.
    Ce n'est qu'avec l'essor du mouvement abolitionniste et la prohibition de la traite négrière (1807 pour l'Angleterre) que certains voyageurs ont porté sur l'Afrique intérieure un regard différent. Ils se sont
    attachés à en connaître la géographie, à en évaluer le potentiel et à en approcher les peuples de près. Si le racisme et les préjugés ne sont pas absents de leurs récits de voyage, l'estime et parfois la bienveillance sont également là.
    Cinq Britanniques, parmi lesquels le célèbre Mungo Park, et deux Français, dont le « découvreur » de Tombouctou René Caillié, ont laissé de passionnantes observations et évoqué leurs multiples rencontres
    « à hauteur d'homme » avec les habitants d'une dizaine de pays (aujourd'hui le Mali, le Sénégal, le Niger, la Gambie...).
    Bien loin du ton dominateur et avide des récits des années 1850 et suivantes, ces textes nous donnent une image riche et suggestive de l'Afrique des débuts du XIXe siècle. Une révélation pour le lecteur européen de l'époque. Sans doute une surprise pour nous, aujourd'hui.

  • Jean-Baptiste Colbert, qui fut jadis une des figures mythiques du « roman national », est aujourd'hui violemment remis en cause, comme le sont la plupart des « grands hommes » de l'histoire de France. On s'interroge sur les ressorts de son ascension, on s'inquiète de l'origine douteuse de sa fortune, on conteste la pertinence de ses réformes, on souligne son penchant pour l'autopromotion.
    Pour y voir plus clair, les auteurs explorent de nouvelles sources, dressent pour la première fois un bilan d'ensemble de l'action de Colbert pendant les deux décennies où il fut le ministre de Louis XIV et suivent, sur près de quatre siècles, les avatars du « mythe Colbert ». L'itinéraire de Jean-Baptiste n'est pas séparé de celui des Colbert qui l'ont précédé et de ceux qui l'ont suivi. Le portrait de famille éclaire la personnalité de l'homme, dont la psychologie est à son tour révélatrice de l'imaginaire des élites françaises.
    Replacée dans la longue durée de l'histoire de France, son oeuvre se révèle complexe, foisonnante, pas toujours couronnée de succès sur le court terme, mais incroyablement féconde avec le temps. Elle est une des bases sur lesquelles repose l'État tel que nous le connaissons : en ce sens, Jean-Baptiste Colbert mérite bien de demeurer le « grand Colbert ».

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