• Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires et dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Enfant trouvé, fasciné par la carrière des armes, Hyacinthe dit Chabert s'est illustré aux premiers rangs de la Grande Armée. Laissé pour mort à Eylau, puis miraculeusement sauvé, il tentera quelques années plus tard de retrouver sa place dans une France bourgeoise qui veut oublier ses héros, auprès d'une femme qui lui doit tout, qui l-a dépouillé et qui le rejette.
    Nul destin, peut-être, n'éclaire mieux que le sien l'envers de la «comédie humaine», dans cette tragédie domestique doublée d'un drame social où le sublime côtoie constamment le sordide.

    Nous n'oublierons jamais l'entrée pitoyable de Chabert à l'étude Derville éclairée au gaz le matin, avec le déjeuner, réchauffé sur la cheminée, des clercs, des clercs rieurs, insolents et clabaudeurs, Chabert avec ses rides blanches, son vieux carrick, Chabert méprisé, aliéné de cette patrie et de cette femme qu'il continue à aimer, dénoncé de cette société où, bien qu'enfant trouvé, il s'était, si difficilement, fait un nom... Chabert a sa place dans toutes les mémoires, à côté du cousin Pons et du père Goriot, et sur le même rang.
    Le Colonel Chabert, admirable histoire de revenant.
    Paul Morand.

    Edition de Stéphane Vachon. 

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Balzac Lorsque, en 1846, Balzac publie La Cousine Bette, le roman doit constituer avec Le Cousin Pons le diptyque des Parents pauvres, l'un et l'autre accablés d'injures. Mais à la différence de Pons, qui sera le vieux musicien plein de coeur, dès l'origine La Cousine Bette devait voir la vieille fille disgraciée se venger de ses douleurs, ce qu'elle fera jusqu'à la ruine des siens. Le premier projet s'est cependant élargi. Non seulement parce que les amours du baron Hulot vieillissant font de La Cousine Bette un roman érotique, et la dénonciation des affairistes dans le Paris de la monarchie de Juillet un roman de l'argent, mais parce que Balzac, renouvelant ses habitudes narratives pour mieux rivaliser avec les feuilletonistes, écrit là un livre d'action - un livre sombre, aussi, et qui n'écarte ni les ressorts ni les rebondissements du roman noir. Edition de Roger Pierrot.

  • Comment on paie ses dettes quand on a du génie Nouv.

    Comment on paye ses dettes quand on a du génie rassemble deux textes de Baudelaire, encore jeune littérateur. Le premier de ces textes, qui donne son nom au recueil, est un exercice de jeunesse qui laisse apercevoir le grand talent de l'auteur, sous l'influence d'un Maître : Balzac, que Baudelaire admirait et qui, endetté jusqu'au cou, passa sa vie de forçat littéraire à fuir les créanciers. Le second texte est une parabole humoristique - grandeur et misère de l'écrivain en herbe - dont l'incipit donne le ton : « L'anecdote suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne ; c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde. »

  • L´étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l´on se retrouve quand il faut en parler et des moyens à mettre en oeuvre pour se sortir d´affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d´avoir un échange passionnant à propos d´un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu´un qui ne l'a pas lu non plus.

  • S/Z

    Roland Barthes

    S/Z Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac : Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en « lexies », stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié, « écouté » au sens freudien du mot.

    « Si l'on veut rester attentif au pluriel d'un texte, il faut bien renoncer à structurer ce texte par grandes masses, comme le faisaient la rhétorique classique et l'explication de texte : point de construction de texte: tout signifie sans cesse et plusieurs fois, mais sans délégation à un grand ensemble final, à une structure dernière. » R. B.



    Roland Barthes (1915-1980) Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • 200 répliques célèbres pour avoir de la repartie en toutes circonstances !
    "Tout ce qui peut être fait un autre jour, le peut être aujourd'hui", a dit Montaigne, "Vouloir être de son temps, c'est déjà être dépassé", a affirmé Eugène Ionesco.
    Ce petit livre recense 200 répliques qui vous permettront d'émailler vos conversations de brillantes citations empruntées aux plus grands génies ! Pour avoir toujours le dernier mot !

  • Skagboys

    Irvine Welsh

    Les mésaventures sombres et hilarantes des héros de Trainspotting, frappés en pleine jeunesse par la fracture sociale des années Thatcher.

  • Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • Ces « pensées détachées » sur la peinture ont un fil conducteur : c'est une lecture du Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac, récit qui fonctionne comme un mythe, admet une multiplicité d'entrées. Mythe sur l'origine, les moyens et l'extrémité de la peinture. C'est de tout cela qu'il est question. Partant de l'« exigence de la chair » qui traverse tout le drame du peintre Frenhofer, une sorte d'histoire se reconstitue : c'est celle du problème esthétique de l'incarnat en peinture, depuis Cennini jusqu'à Diderot, Hegel, Merleau-Ponty. Or, ce problème met en jeu le statut même du rapport qu'entretient la peinture figurative - un plan, des couleurs - avec son objet - une peau, des humeurs. Ce rapport est analysé comme une « aliénation », une perte au regard desquelles les notions d'objet et de sujet en peinture échoueront toujours à se stabiliser. Si l'objet de la peinture - la peau - se perd irrémédiablement dans le plan, que reste-t-il ? Il reste un éclat, que le récit de Balzac met en scène de façon précise et bouleversante. Double est cet éclat : il est détail, hiératisation : le bout d'un pied de femme, « vivant », mais marmorisé. Et il est pan (selon le mot de Proust), c'est-à-dire la violence propre et quasi tactile d'un moment de pure couleur. Violence qui porte le peintre à dire « Rien, rien ! » tout en regardant son tableau. Violence qui porte le peintre vers son suicide. Distinguer conceptuellement le détail et le pan relève ici d'un projet et d'un questionnement : comment parler de la peinture aujourd'hui, entre la théorie sémiotique, la psychanalyse, et l'exigence d'une phénoménologie ? Cet ouvrage est paru en 1985.

  • « Si la presse n'existait pas, écrit Balzac, il faudrait ne pas l'inventer. » Journaliste, pourtant, il le fut. Et de manière compulsive. De ses débuts jusqu'à sa mort, il écrivit quantité d'articles, collabora à de nombreux « petits journaux » - ces feuilles littéraires et satiriques très répandues sous la Restau¬ration -, fonda ses propres revues, dont la Revue parisienne, qu'il rédigea presque intégralement, de juin à août 1840...La présente anthologie, inédite, rend justice à cette production foisonnante. Dans ces pages, Balzac est tour à tour critique littéraire et chroniqueur : il recense les dernières parutions, exerce son droit de réponse, pourfend les tics de langage. Il croque le bourgeois avec le talent d'un caricaturiste chevronné et s'engage avec passion dans l'affaire Peytel, dont il aurait voulu faire son affaire Calas.Et si le fait divers l'attire tant, c'est qu'il le transforme en roman. Car par-dessus tout, Balzac journaliste reste romancier. Dès 1830, il publie des oeuvres narratives en plusieurs livraisons, inventant, avant l'heure, le roman-feuilleton. Il profite de l'écriture périodique pour esquisser des personnages, des psychologies, des décors, qui sont ceux de La Comédie humaine. Témoin l'article élogieux qu'il consacre à La Chartreuse de Parme, et qui n'est rien de moins que Stendhal récrit par Balzac...

  • "Sachons-le bien ! la France au dix-neuvième siècle est partagée en deux grandes zones : Paris et la province ; la province jalouse de Paris, Paris ne pensant à la province que pour lui demander de l'argent. Autrefois Paris était la première ville de province, la Cour primait la Ville ; maintenant Paris est toute la Cour, la Province est toute la Ville.
    Dès leur bas âge, les jeunes filles de province ne voient que des gens de province autour d'elles, elles n'inventent pas mieux, elles n'ont à choisir qu'entre des médiocrités, car les pères de province marient leurs filles à des garçons de province, et l'esprit s'y abâtardit nécessairement. Personne n'a l'idée de croiser les races. Aussi, dans beaucoup de villes de province, l'intelligence y est-elle devenue aussi rare que le sang y est laid..." Nouvelles extraites des Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du XIXe siècle en dix volumes, L. Curmer, 1840-1842.

  • « Oh ! à Paris, là est la liberté de l'intelligence, là est la vie ! » Balzac « Les Parisiens comme ils sont est un ouvrage non seulement délicieux, mais aussi très actuel. On jurerait que, d'un jet, vous l'avez composé ce matin. La ville y est telle qu'on y vit. Ses habitants, nous venons de les croiser. Ses modes vestimentaires, culinaires ou littéraires, nous en subissons chaque jour les séductions en même temps que les diktats. Quel nouvel observateur vous faites, cher Honoré ! Quel oeil, quel pif, quelle main ! » Jérôme Garcin

  • « À mes yeux, lépicier, dont lomnipotence ne date que dun siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. Nest-il donc pas un être aussi sublime de résignation que remarquable par son utilité; une source constante de douceur, de lumière, de denrées bienfaisantes? Enfin nest-il plus le ministre de lAfrique, le chargé daffaires des Indes et de lAmérique? Certes, lépicier est tout cela; mais ce qui met le comble à ses perfections, il est tout cela sans sen douter » « Vous voyez un homme gros et court, bien portant, vêtu de noir, sûr de lui, presque toujours empesé, doctoral, important surtout! Son masque bouffi dune niaiserie papelarde qui dabord jouée, a fini par rentrer sous lépiderme, offre limmobilité du diplomate, mais sans la finesse, et vous allez savoir pourquoi. Vous admirez surtout un certain crâne couleur beurre frais qui accuse de longs travaux, de lennui, des débats intérieurs, les orages de la jeunesse et labsence de toute passion. Vous dites: Ce monsieur ressemble extraordinairement à un notaire. » Nouvelles extraites des tomes I (Lépicier) et II (Le Notaire) des Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du XIXe siècle en dix volumes, L. Curmer, 1840-1842.

  • Nous ne pouvons connaître les autres hommes que par leurs gestes, leurs paroles et leurs actes. Depuis deux siècles, le roman ne s'en est plus satisfait, et s'est voué, avec une intensité toujours croissante, à nous montrer la conscience au grand jour. Ce qu´elle a de plus secret, et parfois pour elle-même, vient sous nos yeux dans le moindre récit. Et ce que la Bible réservait à Dieu, sonder les reins et les coeurs, est devenu l´attribut commun des romanciers.
    Quel est le sens de cette transformation radicale ? Comment a-t-elle eu lieu ? Quels chemins a-t-elle suivis, et quelles formes a-t-elle produites ? De quelle compréhension de la conscience est-elle lourde ?
    Ce volume se concentre sur le monologue intérieur, en se tenant au plus près de ses usages variés, conversations intimes des héros de Stendhal, fulgurations décisives de Balzac, « tempêtes sous un crâne » de Victor Hugo. L´exploration se poursuit avec Virginia Woolf (Les Vagues), William Faulkner (Lumière d´août), et Samuel Beckett (L´Innommable).

  • La fonction d'éditeur est de celles qui nous paraissent aujourd'hui aussi naturelles que l'existence d'une littérature faite de livres, de prix littéraires et d'auteurs individuels. Perception trompeuse : l'édition a une histoire et, par conséquent, sa stabilité n'est pas définitivement acquise. Cette histoire est à la fois longue et très circonscrite. D'un côté, elle se confond avec l'histoire même du livre et du lent processus de division du travail dont celle-ci a été le théâtre : aux métiers cumulés de l'imprimeur, de l'éditeur et du libraire va succéder, à l'époque moderne, une répartition de plus en plus stricte de ces fonctions entre des acteurs différenciés. De l'autre, cette histoire peut être superposée à celle qui voit naître, entre 1820 et 1850, à la fois la figure de l'« auteur » et la figure de l'« éditeur », au cours d'une période correspondant très exactement à la révolution esthétique du romantisme et à la mise en place des structures du champ littéraire moderne. L'objet de l'ouvrage est de rendre compte de cette double histoire et de cerner les facteurs qui ont autorisé l'émergence d'une fonction symbolique sans précédent : celle de l'éditeur, vu comme double et comme partenaire de l'auteur dans l'acte de production du livre. En ce sens, l'ouvrage rassemble, pour les insérer dans un commentaire nourri, de nombreux textes d'écrivains, de journalistes, de critiques littéraires ou d'éditeurs de la période concernée, de manière à composer quelque chose comme le portrait collectif de l'éditeur moderne. Aux côtés de Kant, Condorcet, Nodier, Balzac, Gautier, Daudet ou du jeune Mallarmé, c'est toute une galerie de témoignages qui sont ici réunis pour la première fois, sous les signatures injustement oubliées ou négligées de Frédéric Soulié, Élias Régnault, Alfred Asseline, Edmond Werdet ou encore Jules Janin, portant tour à tour sur la double marche de la « chose littéraire » et de la « chose éditoriale » un regard souvent ironique, parfois caustique, mais toujours éloquent. Au détour de ces témoignages, ce sont aussi quelques-uns des premiers grands éditeurs dont le portrait se trouve tracé et, surtout, cerné à l'intérieur du système de la production littéraire à l'âge de la modernité commençante, tels Curmer, Ladvocat, Charpentier, Hachette ou Lemerre. L'enjeu de cette reconstruction sociologique et historique, fondée sur des documents souvent inédits, n'est pas simplement d'érudition ou de curiosité à l'égard de quelques figures injustement occultées par le culte exclusif des grands auteurs. Il est aussi d'alerter sur les logiques qui font aujourd'hui évoluer le système éditorial vers une production « sans éditeurs », articulée à de grands groupes anonymes nationaux ou internationaux, pour lesquels le livre n'est qu'un produit parmi d'autres. Mettre en évidence les facteurs ayant présidé à la constitution d'un champ littéraire et éditorial autonome revient aussi bien, en effet, à porter au jour les facteurs qui, aujourd'hui, tendent à réduire cette autonomie, produit d'une longue lutte des producteurs intellectuels contre la soumission de leur activité aux deux contraintes de l'État et de l'Économie. Original par son objet comme par sa méthode, l'ouvrage représente une contribution inédite à l'histoire des pratiques culturelles, et plus spécialement à l'histoire du livre moderne. Dans sa dimension anthologique, il réunit pour la première fois, en un ensemble cohérent et significatif, des textes injustement négligés - dont beaucoup n'ont jamais été republiés depuis leur première parution -, qui composent une sorte de portrait collectif de l'éditeur à l'âge moderne. Dans sa dimension analytique, il entrecroise de façon lisible par un large public les perspectives de l'histoire des idées, de l'histoire littéraire et de la sociologie des pratiques culturelles. Il sensibilise aussi aux menaces que les concentrations éditoriales font peser sur l'autonomie de la production intellectuelle et littéraire.

  • Pourquoi Thiers ? Pourquoi une biographie de l'homme qui reste surtout dans les mémoires comme le sinistre fossoyeur de la Commune ? Pourquoi raconter la vie, rechercher les ressorts de la personnalité de ce Monsieur Prud'homme, emblème de la bourgeoise conquérante et sûre d'elle ? Pourquoi ? À cause de tout cela - et aussi parce que Thiers, dont Balzac s'inspira pour créer son Rastignac, est un incroyable personnage de roman. Car Thiers, c'est aussi : Un enfant du peuple, abandonné par son père escroc, qui, grâce à son ambition et son travail, devient chef de l'État, à une époque où l'ascenseur social est autrement plus lent qu'aujourd'hui. Un provincial monté à Paris, qui séduit par son intelligence les salons parisiens et, en premier lieu, le superbe Talleyrand qui se fait son mentor. Un journaliste touche-à-tout, comme il se doit dans le métier, qui, à peine arrivé à Paris, découvre le génie de Delacroix, ébranle la Restauration en théorisant, dans le journal qu'il a créé, le système parlementaire et participe au plus haut niveau à la révolution de Juillet 1830. Thiers, c'est aussi ce politicien taxé d'opportunisme, mais qui n'a jamais rallié le Second Empire, dont il prévoit, fustigeant à la Chambre la politique étrangère de Napoléon III, la terrible chute. Thiers, c'est le diplomate qui, à soixante-treize ans, parcourt l'Europe pour trouver des alliés à la France défaite par la Prusse. C'est le libérateur du territoire qui règle aux Allemands une exorbitante rançon de 5 milliards de francs sans pour autant ruiner les finances du pays. Thiers, enfin, c'est l'homme d'État, qui comprend en 1871 qu'il est temps de fonder la République... Thiers, c'est le XIXe siècle.

  • Un soir d'hiver 1825, le jeune et fougueux Balzac fait la connaissance de Laure, duchesse d'Abrantès, veuve de Junot, l'intrépide général de Napoléon. Celui qui n'est encore qu'un « écrivassier » sans particule tombe aussitôt sous le charme de cette femme d'âge mûr, si pleine d'esprit. Sans compter qu'elle a intimement connu et tenu tête à Napoléon Bonaparte, cet homme qui le fascine tant.
    « Ce qu'il a entrepris par l'épée, je l'accomplirai par la plume », se jure l'écrivain en herbe. Accepterait-elle de lui faire part de ses souvenirs du grand homme ?
    Pendant deux ans, au fil de leurs conversations, se tisse une relation faite d'intimes confidences et d'attirance mutuelle. À travers milles histoires, Laure évoque l'Empereur et son caractère tempétueux, mais aussi son mariage fusionnel avec Junot ou son aventure avec Metternich. Tandis que Balzac lui raconte comment sa passion de la littérature l'a sauvé du désespoir, la duchesse succombe petit à petit à son charme...
    Avec la délicatesse et le talent qui ont fait son succès, Inès de Kertanguy dresse le portrait de trois personnages d'exception pris dans les remous d'un monde en pleine révolution, où les drames intimes se mêlent à la grande Histoire.

  • « Le Français devina que, dans ce désert, sur ce rocher entouré par la mer, la religieuse s'était emparée de la musique pour y jeter le surplus de passion qui la dévorait. Était-ce un hommage fait à Dieu de son amour, était-ce le triomphe de l'amour sur Dieu ? Questions difficiles à décider. Mais, certes, le général ne put douter qu'il ne retrouvât en ce coeur mort au monde une passion tout aussi brûlante que l'était la sienne. » H.d.B. En 1833 Honoré de Balzac écrit La Duchesse de Langeais, avec le désir de se venger d'une femme dont il était amoureux et qui l'avait joué. Dans cette transmutation de la réalité en fiction, l'idée de vengeance se perd, et s'élève un chant qui porte l'amour au-delà des règles communes. Texte de passion sur la passion, où aimer et être aimé-e se joue à contretemps dans la cruauté du monde, La Duchesse de Langeais donne à l'amour la grandeur du sublime

  • Balzac...Et s'il avait vécu plus longtemps, que serait-il devenu ?
    Gonzague Saint Bris imagine et raconte ce qu'aurait été le destin de cette figure de la littérature française... Dans une uchronie pleine d'humour, il laisse libre cours à sa fantaisie.
    Gonzague Saint Bris - Balzac
    Dans cette nouvelle, Gonzague Saint Bris s'amuse à imaginer Balzac devenant sénateur sous Napoléon III et affirme qu'il aurait défendu Manet.
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  • Marie-Christine fait une maîtrise en littérature portant sur un essai hermétique de Roland Barthes, une étude sémiologique consacrée à l'analyse d'une nouvelle de Balzac. Mais elle se perd dans les méandres d'une recherche absconse qui ne la mène apparemment nulle part. Surmenée, seule, malheureuse, inquiète, névrosée, prise d'un vertige existentiel, Marie-Christine se regarde sombrer peu à peu. « La folie est le début du non-être. Seul le fantasme est vrai. Je suis devenue une folle qui raisonne sa folie », estime-t-elle. Des visions, des voix sèment le trouble dans son esprit. Elle se sent entourée de danger, les autres deviennent ses ennemis, le mal est partout, les méchants envahissent le monde. Elle trouve néanmoins réconfort, amitié et compréhension auprès d'un petit groupe de marginaux « qui voient Dieu », mais elle va être entraînée avec eux dans un drame affreux, où se mêlent réalité et faux-semblants, hallucinations et psychédélisme, mythologie et ésotérisme. Un voyage aux confins de la folie et de la schizophrénie.

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