• C'est une guerre qui ne dit pas son nom. En Colombie, chaque année, des centaines de " leaders sociaux " sont tués dans l'indifférence générale. Syndicalistes, responsables associatifs,
    simples citoyens voulant faire valoir leurs droits...
    L'une de ces figures s'appelait Maritza. Cette mère de six enfants fut assassinée dans sa ferme isolée, au coeur d'une région où se mêlent groupes armés, narcotrafic et enjeux touristiques. Pourquoi cette mort ? Emilienne Malfatto décide de tirer le fil de son histoire.
    Des Andes aux Caraïbes, ce récit est la quête d'une vérité qui ne cesse de se dérober, comme dans un jeu de miroirs, au milieu des menteurs et des hommes violents. Une enquête sensible
    et un livre puissant sur la part d'ombre de la Colombie.

  • Corentino est ceuilleur de noix de coco. Tous les jours, au domaine colombien des Milcoco, il grimpe en haut des arbres pour en couper les fruits. Il n'est pas malheureux, mais l'ailleurs l'appelle : la terre natale de son grand père, la France ! C'est décidé, il ira, caché dans un conteneur.
    L'auteur nous embarque en Colombie, sur les pas d'un tout jeune homme plein d'espoir d'une autre vie. Inspiré d'une histoire vraie, la justesse du texte et du propos rend ce récit captivant et laisse la place au personnage, aux sentiments qui le traversent et aux épreuves auxquelles il sera confrontées.
    Benjamin Lesage noue avec réalisme deux facettes de la même histoire, celle d'un petit garçon qui veut partir à l'aventure et celle d'un jeune homme enfermé dans les limbes des services de l'immigration française.

    Benjamin vit actuellement dans un éco-village, son quotidien est partagé entre le jardinage, la construction écologique et les moments partagés avec sa famille et les autres résidents. Entre deux coups de marteau et les semis, il écrit des livres.
    Son premier roman Les Étoiles qui meurent dans le ciel a été publié en 2020 aus Éditions courtes et longues. Il rencontre un vif succès et a été séléctionné pour le Prix Cendres 2020.

  • Trois criminels sud-américains sont retrouvés morts à Moissac, paisible bourgade viticole du Quercy. Pour le lieutenant-colonel de gendarmerie Massé du Réaux, appelé sur les lieux de la fusillade, aucun doute, c'est le travail d'un professionnel. Règlement de comptes entre narcotrafiquants ou acte d'un homme traqué, qui n'a rien à perdre et s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment?

  • Une mise en lumière incontournable pour découvrir la face la plus sombre du monde de Pablo Escobar, le plus grand narcotraficant du monde.
    In frangranti. En flagrant délit. En flag'. Voilà comment on pourrait traduire le titre original de
    ce second livre du fils de Pablo Escobar, Juan Pablo. Après avoir parcouru la moitié du pays et interviewé des personnages de la pègre qui s'étaient toujours refusé à lui répondre, le fils unique du chef du cartel de Medellin partage ici avec le lecteur sa perplexité devant les découvertes de cette enquête.
    Dans l'idée de redécouvrir son père, Juan Pablo Escobar nous propose des révélations autour de sixaxes majeurs :
    o La puissance des paramilitaires qui ont gagné la
    guerre,
    /> o L'informateur américain qui l'a photographié en pleine transaction mais qui ne vécut pas assez longtemps pour le raconter,
    o Ce qu'il faisait le soir où ses sicarios (tueurs à gages) ont exécuté le ministre de la Justice,
    o Les confessions de William Rodriguez, l'homme qui n'a pas choisi d'être l'héritier du cartel de Cali,
    o Ce qu'il s'est passé quand il a capturé les guerilleros du M-19, sur le point de le kidnapper,
    o L'autoroute par laquelle circulaient la drogue et l'argent de Pablo Escobar, entre Miami, New York et Los Angeles.

  • En 1855, à 25 ans, Élisée Reclus quitte la Louisiane, passe par Cuba et le Panama pour rejoindre la Nouvelle-Grenade, l'actuelle Colombie. Sur place, il est fasciné par la Sierra Nevada de Santa Marta, un massif de 6 000 mètres d'altitude surplombant la mer des Antilles. Ce sera le lieu idéal, se dit-il, pour une plantation de bananes ou de café... Mais les difficultés s'accumulent. Au bout d'un an et demi, le projet d'Élisée, manifestement peu versé dans les affaires, est un fiasco ! Texte singulier dans l'oeuvre du célèbre géographe communard, ce récit, sensible tout autant aux « paysages de la nature tropicale » (le sous-titre) qu'à la diversité des cultures indiennes qu'il observe dans leur milieu, est un vrai roman d'initiation et d'aventures. Déambulations dans les rues de Carthagène, voyage à dos de mulet et jolies rencontres de passage font de ce récit, d'une grande liberté de ton, une lecture jubilatoire.

  • Aladino Garib dit le Turc, petit commerçant palestinien, débarque à Puerto Eden, au plus profond du détroit de Magellan, et c'est de sa lampe que surgissent comme par magie des contes magistraux, de merveilleux romans miniatures et des histoires comme Luis Sepúlveda en a le secret.
    On y rencontre des personnages inoubliables dans leur dignité et leur humanité.
    On y retrouve, entre autres, un dentiste et son ami, vieux chasseur de jaguars et amateur de romans d'amour, une dame grecque d'Alexandrie, un marin de Hambourg amoureux, un fabriquant de miroirs dans un hôtel lentement dévoré par la forêt amazonienne, aux confins de l'Équateur et de la Colombie, avant de partir pour une Patagonie que les fantômes de Butch Cassidy et Sundance Kid hantent encore grâce à un chien bien dressé et un astucieux découvreur de trésor.

  • Manzana est un jeune homosexuel colombien qui profite des joies de la nuit à Cali jusqu'à ce que son père le fasse enrôler dans l'armée. Dans la jungle, il se retrouve à lutter contre la guérilla, avec entre les mains une arme qu'il sait à peine faire fonctionner. Mais la situation change radicalement lorsque l'unité de Manzana se retrouve prisonnière des FARC. En captivité, les habitudes s'installent, et les préjugés et la violence des militaires n'empêchent pas le jeune Manzana de tomber éperdument amoureux de son capitaine. Entre bombardement, lit d'infirmerie et rêves d'évasion, Botero nous livre dans une écriture précise et poétique une histoire d'amour étonnante qui se déroule bien loin des moeurs conservatrices de la société colombienne des années 1990.

  • Pour l'anthropologue Bernard Arcand, écrire Les Cuivas a été le projet de toute une vie : celui d'offrir à un large public un portrait intime d'une petite population de chasseurs-cueilleurs nomades vivant dans les Llanos, en Colombie. À la fin des années 1960, à l'époque des ferveurs révolutionnaires, le jeune anthropologue a vécu deux ans avec les Cuivas, partageant leur quotidien et étudiant leur rapport au monde. Il a tiré de cette expérience une réflexion inspirante sur les problèmes classiques de l'anthropologie sociale : les causes de la richesse et des inégalités, l'origine de la hiérarchie, l'organisation de l'espace et du temps, l'identité collective ou individuelle.

  • Le gamin perché dans son arbre a tout vu. Les trois véhicules aux vitres teintées attaqués à l'arme lourde, la riposte, les hommes qui tombent sous les balles, l'arrivée d'un hélicoptère qui évacue les passagers, deux femmes et un homme en noir.
    Le lendemain, la route a été nettoyée. Plus de cadavre, aucune trace de balles. Le récit du gamin est pris au sérieux à Bogotá par Edilson Jutsiñamuy, le procureur d'origine indienne.
    Il demande de l'aide à une journaliste d'investigation, Julieta, qui part sur place avec son assistante Johana, une ex-guérillera des FARC. Leur enquête va dévoiler une inquiétante histoire entre la Colombie, le Brésil et la Guyane française, au coeur des puissantes Églises évangéliques qui ont envahi l'Amérique latine.

    La violence qui subsiste encore dans les bas-fonds de la société est prompte à jaillir et les enfants perdus, vestiges des histoires dramatiques que la fin de la guerre civile a révélées, n'ont pas fini de payer les pots cassés.

    Sur cette toile de fond, l'auteur construit une intrigue musclée et spirituelle, avec une ironie et un humour dévastateurs, et deux héroïnes fortes, tendres et presque incorruptibles.
    Un formidable polar dans les montagnes couvertes de jungle d'un pays magnifique.

  • Ils étaient venus en Europe pour échapper au chaos et pouvoir vivre et penser, mais le monde a tourné, les crises et le terrorisme ont changé les gens et les perspectives. Il y a Manuela qui fuit son enfance saccagée dans la poésie et les livres, Tertuliano, le fils du Pape, philosophe messianique, populiste et violent, créateur d'une théologie de l'harmonie des Maîtres Anciens, le prêtre Palacios à l'obscur passé paramilitaire qui aspire au pardon, le consul et Juana l'aventureuse qui se poursuivent, se désirent, liés par des sentiments indéfinis. Parmi eux, l'ombre de Rimbaud, poète précoce et génial qui marche et se cherche dans des voyages sans répit.Ils se rencontrent, se racontent, décident d'une vengeance et d'un retour vers la Colombie où la paix s'est installée. Vagabonds insatiables, blessés, épuisés, tous cherchent à retourner quelque part, les mondes qu'ils ont quittés ont disparu, tous savent que revenir est impossible, sauf peut-être dans la littérature. Et pourquoi pas à Harar.Roman polyphonique vital et plein d'énergie, ce retour à l'intrigue haletante et magistralement construite nous fait voyager dans les êtres, les sociétés et au plus profond de nous-mêmes.« Le talent de Gamboa pour créer des intrigues et l'extravagante énergie de ses histoires rendent sa lecture compulsive. » - Times Literary Supplement

  • « Ma retraite cathodique était un échec. La télé ne rend pas seulement con, elle rend surtout malheureux. J'en suis venu à penser que les derniers hommes étaient ceux qui se passaient de télévision. Je suis monté au premier étage de la tour Eiffel et j'ai balancé mon Philips coins carrés. Le monde est vaste et accessible. J'ai vendu mon sofa et j'ai acheté un billet d'avion. »Lassé d'être un légume cynique observant négligemment le chaos contemporain, le narrateur part vérifier qu'un autre monde est possible. Sur les routes de l'Amérique latine et des États-Unis, il croise des travellers égarés, des rebelles zapatistes, des stars d'Hollywood, des chamanes foireux, pas mal de cinglés et un peu d'amour...Comment prendre ce monde au sérieux ? Y a-t-il un ordre caché dans le bordel ambiant ?

  • La vie pourrait sembler idyllique à San José, petite bourgade colombienne, où Ismael, un vieil instituteur à la retraite, coule des jours paisibles avec sa femme Otilia. À la grande honte de celle-ci, il passe ses journées à épier sa belle voisine qui se prélasse nue au soleil.
    Mais lorsque des bandes armées que rien ne distingue font irruption, tout se déglingue. Des habitants sont sauvagement assassinés, d'autres enlevés, la peur règne.
    Ismael commence à perdre la mémoire et la raison, s'égare dans ses souvenirs et dans les rues du village à la recherche de sa femme. Les habitants s'enfuient, mais il décide de rester au milieu des ruines pour attendre le retour d'Otilia, sa dernière boussole.
    Vieillard titubant, pathétique, mais révolté jusque dans son délire, Ismael est le narrateur de ce chaos sanglant où le village de San José apparaît comme un concentré chauffé à blanc d'une Colombie ravagée par la violence et les disparitions.

  • Souvent réduite à des clichés (drogue, guérillas...), la Colombie est en réalité dotée d'atouts considérables. Grande comme deux fois la France, elle dispose d'importantes ressources naturelles, d'une structure urbaine dense et d'une population éduquée et entrepreneuse.
    En raison de sa croissance démographique et économique, et de nombreux autres signes de vitalité qui contrastent avec les difficultés de certains de ses voisins, elle est devenue l'une des puissances du continent américain. Mais beaucoup d'évolutions possibles dépendent encore de la réussite du processus de paix en cours.
    En passant en revue l'histoire politique, la culture, la littérature, l'économie et l'actualité de la Colombie, Jean-Michel Blanquer se propose de faire découvrir les nombreuses facettes d'un pays qui est appelé à occuper une place de poids dans l'Amérique latine de demain.

  • Accusé de trafic de drogue et emprisonné à Bangkok Manuel, un étudiant en philosophie colombien, risque la peine de mort s'il ne reconnaît pas sa culpabilité, mais sa seule préoccupation est de revoir sa soeur, disparue. Touché par son histoire, le consul de Colombie, amateur de cocktails au coeur tendre, se lance à la recherche de la jeune femme pour convaincre Manuel de lutter malgré tout. Il va découvrir le désert affectif d'une famille immergée dans une société violente, d'une petite bourgeoisie prisonnière du qu'en-dira-t-on et fascinée par une richesse inaccessible.Dans une prose limpide teintée de mélancolie, ce roman nous parle d'une femme prête à tout pour défendre son idée de la justice et permettre à son frère de vivre ses rêves, et d'un étudiant qui n'hésite pas à risquer sa vie pour retrouver la seule personne qui lui a donné son amour. Formidable raconteur d'histoires Santiago Gamboa nous emmène à travers le monde sur les traces de son héroïne passionnée et cynique qui retourne sa beauté contre ceux qui veulent l'exploiter et fait d'un amour fraternel une raison de vivre.

  • Kid Pambelé, issu d'un modeste village des Caraïbes, est le premier champion du monde de boxe colombien, un titre gagné en 1972 qu'il défendra vingt-et-une fois. Propulsé héros national, il gagne des fortunes colossales, fréquente les hommes les plus hauts placés, devient la coqueluche des médias et des foules. Il incarne un modèle de réussite pour les Colombiens. Mais après l'ascension fulgurante vient la descente aux enfers : l'alcool, la drogue et un tempérament instable ont raison de son titre et de sa gloire. Le boxeur autrefois adulé tombe en disgrâce, oublié de tous.

  • Le docteur Justo Pastor Proceso a tout pour être heureux. Il est gynécologue dans une petite ville du sud de la Colombie, il a une résidence secondaire, une femme coquette, deux filles et un hobby : enquêter sur la véritable histoire de Simón Bolívar.
    Pour le carnaval de décembre 1966, il décide de frapper un grand coup en faisant construire un char burlesque qui révélera la face cachée de Simón Bolívar : le Libérateur s'est attribué des victoires sur des champs de bataille où il n'a jamais mis les pieds, a trahi ses amis, menti sans pudeur, enlevé et violé des petites filles à peine nubiles.
    Pareille offense au héros national ne passe pas inaperçue : on crie au scandale, les notables se liguent contre lui, on attaque l'atelier à l'arme à feu.
    Pour couronner le tout, en pleine folie carnavalesque, il découvre que sa femme le trompe (avec un général et quelques autres), ses filles le méprisent et ses amis se servent de lui.
    On quitte le vaudeville pour la farce, mais le drame n'est jamais loin. Dans la Colombie de la fin des années 60 on préfère vivre dans le mensonge plutôt que de remettre les mythes en question.

    Dans ce roman à la fois ironique et totalement tragique, Evelio Rosero confirme son très grand talent de styliste et de raconteur d'histoires.

  • Une vie a tout prix

    Roger Judenne

    Le capot relevé est attaché à l'antenne par une ficelle. Entre les deux yeux jaunes des phares, le moteur ouvert fait penser à un coffre à jouets renversé.
    - Tu crois vraiment qu'il pourra aller jusqu'au cap Nord avec ça ? interroge Mélanie.
    Adriano passe son bras autour des épaules de sa soeur et la serre contre sa poitrine.
    - Un jour, je serai instituteur. Le gouvernement me donnera de l'argent pour apprendre à lire aux enfants. On sera heureux tous les deux, tu verras.
    Mélanie vit en France, Adriano en Colombie. Mélanie est gravement malade, Adriano protège ceux qu'il aime. L'un et l'autre se battent pour survivre et réaliser leurs rêves. Leurs étoiles vont se mêler. Un roman fabuleux à mettre en toutes les mains, deux suspenses parallèles qui nous frappent en plein coeur.

  • "Depuis l'élection d'Hugo Chávez au Venezuela en 1998, l'Amérique latine a massivement basculé à gauche. Pendant les années 2000, des figures emblématiques telles que Lula au Brésil y volent de succès en succès. Le continent atteint des taux de croissance qui font rêver en Europe et connaît un net recul de la pauvreté et des inégalités. La gauche latino-américaine aurait-elle trouvé la recette du développement équitable ?Panorama des réformes introduites par la gauche depuis une décennie, cet ouvrage révèle leur diversité et leur ampleur au regard d'une histoire politique et sociale marquée par l'exclusion. Il met aussi met en lumière l'originalité d'une expérience qui allie pragmatisme et rigueur, avec des gouvernements qui, sans totalement remettre en question les politiques néolibérales des années 1990, ont su réhabiliter le rôle politique de l'État dans la promotion du développement et introduire ainsi un changement durable.Un bilan de lévolution politique, sociale et économique de lAmérique latine."

  • Le déplacement forcé en Colombie touche une majorité de femmes et d'enfants qui, pour fuir un conflit armé ravageant leurs campagnes natales, se réfugient dans l'anonymat des périphéries urbaines. Ce travail de recherche, réalisé auprès d'une association de femmes déplacées à Bogotá, s'attache à souligner la manière dont une organisation sociale destinée à faire face à l'exil peut se convertir en espace d'interactions au sein duquel les femmes redéfinissent leur position dans la société. L'étude du collectif Yo Mujer (Moi Femme) et des trajectoires individuelles de ses membres révèle un processus d'insertion urbaine singulier. En dépit de l'expérience traumatique de l'exil, l'environnement urbain et la participation associative sont propices à une forme d'émancipation de ces femmes déplacées. Mobilisant un panel de stratégies innovantes face à l'épreuve traversée, elles se posent en actrices de la reconstruction. L'interpénétration du discours collectif et des expériences individuelles favorise le développement d'une conscience de genre et l'apprentissage de la citoyenneté. Les exilées peuvent alors revoir leur statut au sein de la famille et dans la sphère publique. Ainsi, l'expérience du déplacement est à envisager au-delà de la migration forcée. On découvre des femmes qui, dotées de mémoire et de valeurs sociales acquises lors des différentes étapes de socialisation, de victimes deviennent des sujets actifs, et qui aspirent à maîtriser le cours de leur vie et à être elles-mêmes. « Déplacés », ces destins le sont donc au-delà de la dimension géographique du terme et laissent place à de nouvelles perspectives, à des « futurs éclairés » reposant sur la (re)connaissance de soi, des autres, de ses droits.

  • Jérôme Pierrat est parti à la rencontre de René Nivois, l'homme qui a régné sur le milieu Lyonnais des années 80 à nos jours, de la fin du Gang des Lyonnais à l'explosion de l'importation du haschisch marocain et qui vit aujourd'hui en Espagne. Le Gang des Lyonnais sous les verrous, deux équipes, au début alliées, vont se partager le terrain. La première se rassemble autour de Raymond Vaccarizi et se livre au contrôle des trottoirs, à des braquages de banques, au racket, et trouve parfois refuge en Espagne. C'est là que le truand sera arrêté en 1983. Le 14 juillet 1984, il est abattu dans sa cellule de la prison Modelo de Barcelone par un sniper posté sur le toit d'un immeuble de l'autre côté de la rue. Deux balles en pleine tête alors qu'il s'était mis à la fenêtre de sa cellule. En 1985, le lyonnais René Nivois est arrêté en Espagne avec quelques membres de son équipe et soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat. Le tireur l'a dénoncé à la PJ lyonnaise. Né en 1949 et élevé à Bron, Nivois est connu de longue date : fiché au grand banditisme, régulièrement incarcéré, il possède déjà un lourd passé de braqueur : à 15 ans, il passe sa première nuit en prison...au quartier des condamnés à mort de la prison d'Avignon. Il est soupçonné d'être mêlé à l'assassinat d'un des membres du Gang des lyonnais, Georges Manoukian. C'est aussi l'ami de toujours de Raymond Vaccarizi...Acquitté par la cour suprême de Madrid pour le meurtre de Vaccarizi, René Nivois se retire en Espagne au début des année 90, où il fait partie des premiers à se lancer dans le trafic de haschisch avec le Maroc, et ce, sur une grande échelle. Il fournit des centaines de kilos dans le sud de la France. Mais début 2000, il est écroué avec cinq complices. Dans ce livre d'entretiens, René.Mvois, sans complaisance et faux-semblants, ne cache rien de sa vie, d'une enfance dans la banlieue de Lyon à sa vie de voyou qui a passé plus de la moitié de sa existence sous les barreaux. De la trahison de son ami Vaccarizi au commerce des stupéfiants avec le Maroc : le mythe des valeurs du milieu s'effondre : le monde des voyous pue la mort et la trahison.

  • La reconnaissance de droits constitutionnels aux peuples indigènes de la Colombie et du Venezuela vient profondément modifier les relations établies entre ceux-ci, l'État et la société civile. Les rapports de domination laissent désormais place à un jeu plus complexe, stratégique, entre les différents acteurs. Ce livre étudie ces bouleversements et ces jeux sous l'angle conjoint de la politique et du droit. Il analyse la place de la différence dans ces États à travers les jeux des acteurs, en particulier indigènes. Pluridisciplinaire, l'ouvrage est aussi une tentative d'aborder les politiques des identités sans oublier le poids des imaginaires et des cultures. Sur un mode résolument interculturel, la réflexion porte ainsi sur la manière dont les représentations, les visions du monde propres à chaque société (indigènes/étatiques) - qui sont dynamiques dans le temps et les espaces - conditionnent leur entendement du multiculturalisme et, surtout, structurent leurs relations.

  • En 1855, le jeune Elisée Reclus (il a 25 ans) passe deux années dans la Nouvelle-Grenade (actuelle Colombie), particulièrement dans le massif montagneux de la Sierra Nevada de Santa Marta, à proximité de Carthagène. Région tropicale, isolée et en devenir mais ô combien passionnante pour l'utopiste qu'est Elisée Reclus ! Son compte-rendu (publié en 1881 dans sa deuxième édition) est à la fois un magnifique récit de voyage où, sans parti-pris, la connaissance des diverses populations et de leur existence le dispute à celle des lieux et des paysages.
    « ... Je ne le cacherai point : j'aime la Nouvelle-Grenade avec autant de ferveur que ma patrie natale, et je serais heureux de faire connaître à quelques-uns ce pays admirable et plein d'avenir. Si je pouvais détourner vers cette contrée une petite partie du courant d'émigration qui entraîne les Européens, mon bonheur serait grand. Il est temps que l'équilibre s'établisse entre les populations du globe et que l'Eldorado cesse enfin d'être une solitude ! »
    Elisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) en 1830, fils de pasteur protestant, vécut une partie de sa jeunesse à Orthez en Béarn. Il reste l'auteur internationalement reconnu de la monumentale Nouvelle Géographie Universelle (1894-1895) mais son engagement politique (républicain sous le Second Empire, communard en 1871, anarchiste), l'amène à des exils répétés en Suisse et en Belgique où il meurt en 1905.

  • Les Indiens guajiros de Colombie : anciennement chasseurs et cueilleurs, horticulteurs, sont devenus au terme d'un emprunt technique décisif l'une des seules sociétés indigènes proprement pastorales et nomades du Nouveau Monde. Cas d'espèce ? En tout cas fait polémique et expérience cruciale, tant pour les premiers intéressés que pour leur observateur. Pourquoi ? Comment cette adoption d'une économie d'élevage ? Et surtout, avec quels effets sur les structures et les représentations sociales ? Ces questions restent toujours présentes dans l'exposé et dans l'interprétation des données élaborées par François-René Picon. Données issues d'une scrupuleuse ethnographie restituant l'état actuel de la société guajira et, en contrepoint, d'une patiente exploration des archives de la conquista. D'où un livre qui devrait solliciter à plus d'un titre l'intérêt des anthropologues, des américanistes et bien d'autres, dans la mesure où l'ethnologie y rencontre l'histoire et lui répond. Cet ouvrage propose du même coup une référence empirique nouvelle à la réflexion technologique, mais aussi socio-historique, sur le pastoralisme nomade et l' «emprunt ». Ici, des groupes humains se sont engagés sur cette voie particulière dont ils ont « choisi » les avantages, faute de pouvoir en tourner les contraintes. Ces conditions relativement bien documentées ont vertu de contre-épreuve pour les typologies établies. Mais ailleurs ?

  • Dans un avenir relativement proche, on peut s'attendre à ce que la population indienne vivant en ville soit plus nombreuse que celle qui se maintiendra dans ses territoires d'origine. Ce phénomène mérite que l'on s'y arrête et ce n'est pas un hasard si, depuis quelques années, on voit se multiplier les études au Mexique, au Guatemala, en Équateur en Bolivie ou ailleurs, concernant ces hommes et ces femmes qui, après avoir entrepris un périlleux voyage loin de leur communauté d'origine, vivent désormais dans des cités de plus en plus tentaculaires, « globales » et cosmopolites. Quelles sont les raisons de ces migrations ? Comment cette population indienne s'insère- t-elle en milieu urbain ? Qu'advient-il des liens communautaires et des solidarités traditionnelles ? Sont-ils des ressources mobilisables dans ce nouveau contexte ? Comment, à la ville, se construisent de nouvelles identités sociales et culturelles ? Autant de questions qui, avec bien d'autres, suscitent à juste titre un intérêt grandissant de la part des chercheurs.

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