Littérature générale

  • Gouvernée par la main ferme des bonnes soeurs, l'enfance de Pedrito n'a pas été facile et l'adulte qu'il est devenu n'arrive pas à s'en défaire. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'il rencontre ses meilleurs amis, Escurín, avec ses yeux de garçon de café portugais, et Pardeza, démocrate en devenir qui penche autant à gauche qu'à droite, ainsi que Mercedes, l'amour de sa vie, hautaine, légèrement exhibitionniste et à peine au courant de l'existence de Pedrito.
    Tandis que l'Espagne de l'après-Franco découvre une vague érotique, la vie de Pedro est bouleversée lorsque ses grands-parents apparaissent pour lui offrir un « Grand Avenir » au beau milieu de la petite-bourgeoisie madrilène, là où pullulent les « gens charmants ». Loin de ses amis, « les invisibles », mais toujours accompagné de la Vierge Marie - qui lui apparaît régulièrement pour le conseiller, quoique parfois un peu dévêtue et toujours pressée - et d'un nouveau copain, le grand Carlón - un jeune Sherlock Holmes en surpoids -, Pedrito décide de devenir affreusement riche, malgré les risques que cela comporte.

    Avec un humour féroce et un sens de la repartie inégalable, Rafael Reig dresse ici le portrait d'une génération désenchantée qui pense qu'elle en a peut-être fini avec le passé, mais le passé n'en a pas fini avec elle.

  • Relever les déluges

    David Bosc

    • Verdier
    • 2 Mars 2017

    Un enfant intouchable auquel, en 1201, on fait l'infamant cadeau de la liberté (car personne n'en veut, à cette heure, et le mot lui-même ne fait rêver que les fous). Frédéric de Hohenstaufen a huit ans, il court les rues de Palerme, ville arabo-normande :
    On y aimait tant les différences qu'on en inventait quand, faute de vent, il en venait moins.
    Honoré Mirabel, valet de ferme à Saint-Jean-du- Désert, affabule la découverte d'un trésor. Après avoir échappé au tremblement de terre de 1708, à Manosque, puis à la grande peste de 1720, il veut éprouver s'il est possible d'échapper aussi à sa condition - et de jouir, comme il imagine que d'autres le font, du passage du temps.
    « Moi, j'ai toujours été pour l'égalité », dit Miguel Samper, un maçon d'Arganda, et il part. C'est l'été de 1936. Il va s'enrôler à Madrid et rejoint le front du côté de Tolède. En permission à Valence, il ouvre les yeux sur la crapulerie des appareils et déserte. Mais il garde au coeur l'idée qu'il faut se battre pour les copains, pour le matin du monde.
    À Marseille, le 31 décembre 2002, un petit groupe d'anarchistes en habits de pirates se lance à l'abor- dage d'un bateau-restaurant. La nuit venue, ils gagneront les collines pour donner un feu d'arti- fice aux détenus de la prison des Baumettes. Denis, qui les accompagne sans être vraiment des leurs, qui aime les fraternités de rébellion mais veut demeurer sans aveu, prend par la main Mathilde et l'arrache à sa meute, à sa communauté.
    Enfants de rois, de paysans ou de bourgeois, les personnages de ces quatre récits ont ouvert sur le monde des yeux de premier homme : l'ordre des choses, ils entendent l'éprouver, en restant sourds aux « vérités éternelles ». Ce sont alors des assauts et des ruses, des solidarités intempestives et de soudains dégagements. Liberté, égalité, fraternité :
    Les vieilles lunes sont décrochées avec tout le décor, et les voici qui se rallument, fragiles, toutes neuves, à hauteur de regard, sur le visage de n'importe qui.

  • « Des années de passions et de haines déferlaient d'un coup. Des centaines d'innocents étaient tués. Sans pitié, sans semonces. Les questions, les mêmes questions. Les draps collant sa peau. Les cauchemars. Les rêves, tous les rêves, les espoirs de la République défigurés sous les bottes des fascistes. Le marasme, le sang. Elle ne veut pas y croire. Une vague, un mur d'eau noire les emportait - Eliodora avec elle. Elles suffoquaient. Aspirées, déchiquetées. » 1936, la guerre civile n'épargne personne et gagne les petits villages de campagne. Ainsi, Eliodora perdra son père et Ana verra son mari recherché. Chacune d'elles, à sa manière, devra affronter l'absence, le silence, et la terreur du régime fasciste... À travers ces saisissants portraits de femmes, Aurélia Cassigneul-Ojeda plonge le lecteur dans le quotidien du franquisme en dévoilant comme une plaie béante les traumatismes à venir d'une Espagne en pleine implosion.

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  • Ce sont des moments, des f1ashs. des épisodes, ce sont des histoires qui, dans un même mouvement, recomposent et éparpillent une enfance, une adolescence, une jeunesse madrilènes. D'abord sous la chape franquiste puis dans l'effervescence de la Movida.lnstants heureux, instants tragiques s'entremêlent et explosent en un feu d'artifice de sensations et de sentiments qui effacent le passage du temps.
    Une impressionnante galerie de personnages très hauts en couleur, tantôt sortis d'un film de Buiiuel, tantôt d'un film d'Almodovar. peuple ces textes dont l'ensemble, avec les rappels et les correspondances de l'un à l'autre, fait un roman mouvementé, bruyant, à l'image des rues populaires de Madrid, de ses nuits agitées. de ses contrastes sociaux. Il y a des nains, des prêtres, des militaires, des drogués, des alcooliques, des femmes vertueuses et définitivement vierges, des prostituées, des folles et des fous, des rats, un gorille et même une baleine ...

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