• Dans un contexte où s'enchaînent toujours plus brutalement les crises économiques majeures, provoquées par les formes financiarisées de la valeur-capital, François Morin livre un plaidoyer pour un remaniement du système économique mondial. Il s'agit, pour passer de la valeur-capital à une valeur-travail affranchie, d'entamer une réelle démarche d'économie politique, d'adapter aux réalités du XXIe siècle une théorie économique critique qui a fait la grandeur des penseurs du capitalisme moderne, de Marx à Keynes en passant par les institutionnalistes contemporains. Les défis intellectuels, politiques et moraux d'aujourd'hui sont immenses. Pour y faire face, ce livre propose d'explorer les gestes de refondation économique et politique que citoyens et responsables politiques devraient être appelés à poser : transformer le travail, repenser la monnaie, la notion de patrimoine, la grande entreprise et la démocratie.

  • La crise sociale provoquée par 40 ans de néolibéralisme s'est traduite par une fragmentation du monde, un repli national, la montée des droites et la révolte contre les élites. Les Trump et Le Pen de ce monde ne sont pas tombés du ciel! J.-Claude St-Onge livre ici un portrait détaillé des bouleversements politiques et des fondements philosophiques propagés par l'idéologie néolibérale, de Thatcher à Trump. Ce dernier, loin de représenter la fin du néolibéralisme, en constitue plutôt une nouvelle manifestation.

    Le néolibéralisme tente de se faire passer pour ce qu'il n'est pas, à savoir le champion des libertés, de la prospérité et du mieux-être, alors que la vision du monde qu'il propose est la subordination de la réalité aux forces du marché et à la loi du plus fort. L'imposture néolibérale démonte un à un les dogmes de cette doctrine. Liberté? Imposture! À moins qu'on ne la résume à la propriété et à l'accumulation des richesses, apanage d'une minorité toujours plus puissante. Nouveauté ? Imposture ! Loin d'être révolutionnaire, le néolibéralisme représente plutôt une nouvelle synthèse des vieilles conceptions du libéralisme.

    Sous prétexte que la société serait gouvernée par des lois naturelles, il faudrait s'incliner devant la divinité du marché. À cet éloge de l'impuissance et de la résignation, l'auteur oppose l'idée d'une société fondée sur l'entraide, la participation, la répartition équitable des richesses, le droit à la vie et à la liberté, celle-ci étant conçue comme la possibilité d'autodétermination et de réalisation de soi. Cet ouvrage, qui met en lumière la fragilité de l'édifice néolibéral, est un antidote pour rompre avec le fatalisme ambiant.

  • Parus en 1978, onze ans après les Essais de philosophie, de science politique et d'économie, ces Nouveaux Essais rassemblent des articles et conférences de la période 1966-1976 et préfigurent les thèses que Hayek expose de manière quasi simultanée dans les trois volumes de son opus majeur, Law, Legislation and Liberty (1973-1979). Si le plus célèbre de ces textes est sans doute celui du discours prononcé en décembre 1974 à Stockholm pour la réception du Prix Nobel de sciences économiques marquant la prédilection du premier des théoriciens « néo-libéraux » pour la philosophie cognitive, les autres attestent à nouveau de la variété de ses intérêts intellectuels. Ils concernent aussi bien les problèmes de la démocratie et de la définition rigoureuse du libéralisme que ceux du chômage, de l'inflation et de la justice sociale. Sans oublier l'histoire des idées, où l'on découvre en particulier l'importance que l'auteur accordait à Keynes - l'homme autant que les idées, soumises à une réfutation en règle.


  • Notre système fabrique de la monnaie puis en détruit, mais il reste mal connu : d'où provient l'argent, où va-t-il ? Combien en circule-t-il ? Comment et combien en émettre - ou pas - ? De quoi un euro ou un bitcoin est-il la contrepartie ? Activerait-on sans péril la planche à billets pour le Revenu universel ?
    En expliquant cette étrange mécanique qui crée à la fois trop de monnaie et pas assez, Philippe Laurier a écrit un livre sans idéologie, aussi exhaustif qu'original, qui dépasse l'actualité pour s'imposer comme un ouvrage de synthèse sur la monnaie et ses crises :


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    Par son large panorama des théories, entre chapelles du laissez-émettre ou de la régulation, à travers les positions de Law, Keynes, Gesell ou Hayek, et la redécouverte des thèses inattendues de dizaines d'économistes au fil des siècles.



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    Par sa mise en lumière de complémentarités entre ces écoles, avec leurs points forts ou faibles, et parfois les contradictions de celles qui professent de créer de la monnaie quand tout va bien pour répondre aux demandes... puis quand tout va mal pour répondre aux urgences.

    Cette présentation des nombreuses manières d'espérer rendre l'argent efficace ou inoffensif, remises en perspective et expliquées, nourrit les débats contemporains sur les monnaies locales, sur le référendum suisse du « 100 % monnaie » pour retirer ou non aux banques commerciales la prérogative d'en émettre, ou sur le taux d'intérêt zéro des banques centrales par peur d'un taux d'inflation zéro (synonyme croit-on d'une croissance zéro) mais sans quête de justes taux.
    L'ouvrage offre une relecture des phénomènes que sont la déflation, la croissance, la répartition et le déplacement des richesses. Il éclaire les politiques monétaires récentes en demandant si une fraction des milliers de milliards d'euros déversés eut obtenu de meilleurs effets, en étant mieux orientés.

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