• Dans une banlieue de Luanda près d'une petite plage, Grand-MèreDixNeuf (on l'a amputée d'un orteil) s'occupe de ses petits-enfants et de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits volés. Des coopérants soviétiques construisent un Mausolée gigantesque pour la momie de Agostinho Neto, le père de la Révolution. Ils vont moderniser le quartier, si bien situé au bord de la mer. L'un des officiers est ami de la GrandMère, sa maison a toujours de l'électricité grâce à la dérivation qu'il lui a installée. Il souffre de cette chaleur, de ce soleil impitoyable, il rêve de retrouver les hivers russes. Les enfants ne veulent pas qu'on touche à leur quartier, ils ont repéré les stocks de dynamite du chantier du Mausolée, ils prennent les choses en main et décident de le faire sauter. L'opération risquée semble échouer, mais soudain tout explose et un sublime feu d'artifice illumine le ciel. L'officier soviétique s'en va cette même nuit retrouver l'hiver et laisse pour la GrandMère une lettre qui va résoudre tous les mystères. Et les enfants pourront continuer à plonger dans la mer pour pousser des « cris bleus ».

  • A Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, exerce une activité étrange : il crée de faux passés qu'il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux et la bourgeoisie angolaise naissante, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé.
    Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d'ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux étranger à la recherche d'une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule. La jeune photographe obsédée par la lumière retrouve elle aussi, un passé, de même que le gecko qui rêve sur le mur, tout un réseau irrationnel se met en place et l'impossible arrive.
    Satire féroce et pleine d'humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés.

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