• Le retour de la religion auquel nous assistons dans les discussions politiques depuis le début du XXIe siècle fait ressurgir des questions anciennes. La religion est-elle compatible avec un esprit résolument moderne? Comment devons-nous envisager la cohabitation entre les croyant.e.s, les non-croyant.e.s et les agnostiques au sein de nos sociétés? Est-il possible d'aménager un espace de dialogue entre les groupes appartenant à différentes religions à l'échelle nationale et internationale?

    Michel Seymour s’engage dans une riche investigation philosophique pour réfléchir à la laïcité des institutions des États démocratiques occidentaux et aux difficultés que pose le pluralisme des conceptions morales, religieuses et philosophiques. Il examine notre rapport à la religion à partir de trois angles différents: le passage de la tradition à la modernité, l’aménagement d’un espace laïque au sein d'une société nationale et les relations internationales envisagées dans la perspective du droit des peuples, en trouvant inspiration chez les penseurs Charles Taylor, Ludwig Wittgenstein et John Rawls.

    Même s'il peut sembler périlleux, l'exercice est d'autant plus nécessaire qu’on assiste à une montée du racisme et de l’intolérance un peu partout en Occident ainsi qu'à l'adoption de lois sur la laïcité qui visent en filigrane le port du foulard islamique. Dénouant le fil rouge qui sépare la raison de la déraison, la tolérance de l’intolérance, le respect du mépris, Michel Seymour nous invite à dépasser nos vieux réflexes manichéens afin de permettre une véritable rencontre entre les sociétés libérales et communautariennes.

  • L'artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu'alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques.

    Essayer voir, ce n'est pas seulement essayer de voir. C'est accorder son regard à la durée d'un « essai », cette forme de pensée à la limite du théorique et du poétique. Forme que l'on retrouve dans Apple T., une oeuvre de Miroslaw Balka où se pose la question - déjà littérairement articulée par Aharon Appelfeld ou Imre Kertész - de savoir comment survivre à Treblinka. Forme que l'on retrouve aussi dans une oeuvre de James Coleman qui pose à son spectateur la question - déjà philosophiquement argumentée par Ludwig Wittgenstein et poétiquement phrasée par Samuel Beckett - de l'essayer dire, cette parole à trouver face à ce qui, sous nos yeux, se dérobe.

  • L'invisible

    Clément Rosset

    Réflexions sur la faculté humaine de voir ce qui est invisible, d'entendre ce qui est inaudible, et de réaliser cet exploit, apparemment contradictoire, qui consiste à ne penser à rien.

  • «Trois passions simples mais irrésistibles, a écrit Bertrand Russell, ont commandé ma vie: le besoin d'aimer, la soif de connaître, le sentiment presque intolérable des souffrances du genre humain ces passions comme de grands vents m'ont poussé à la dérive, de-ci, de-là, sur un océan d'inquiétude, où je me suis parfois trouvé aux bords mêmes du désespoir.»

    C'était bien donner le ton de cette Autobiographie exceptionnelle en tous points. Elle nous permet de retrouver un personnage hors normes à la vie riche en événements de toutes sortes, dont les deux guerres mondiales qui ont ensanglanté et endeuillé le XXe siècle ne furent évidemment par les moindres. Tant il est vrai que sa vie durant, cumulant conquêtes intellectuelles et combats politiques, Bertrand Russell sut conjuguer comme personne la réflexion du logicien, ami de Wittgenstein et de Whitehead ou Moore, avec une action dans le siècle qui lui fit notamment connaître la prison en 1918 et une révocation de l'université à New York pour immoralité!

    Plus d'un personnage célèbre a croisé notre héros tels Bernard Shaw, Joseph Conrad, D.H. Lawrence, Katherine Mansfield ou J.M. Keynes que l'on retrouvera au fil de ces pages. Traversée du XXe siècle à hautes altitudes, cet autoportrait d'un géant de l'époque est une lecture nécessaire pour les citoyens du XXIe siècle.

    Bertrand Russell (1872-1970) est le plus éminent philosophe britannique du XXe siècle. Il apporta des contributions décisives dans les domaines de la logique et de l'épistémologie. Ses principes éthiques, qu'il incarna à travers ses engagements politiques et ses prises de position tranchées, lui valurent deux fois la prison mais aussi le prix Nobel de littérature en 1950.

  • Ce livre a pour point de dpart l'ide de rpondre brivement deux objections qui m'ont souvent t faites. La premire porte sur le sens prcis que je donne au mot de "rel". La seconde sur mon refus de prter l'oreille tout propos ou pense de nature morale. La premire enqute, sur le rel, m'a amen un examen radioscopique de la tautologie qui s'est rvle l'analyse moins simple - et moins simplette - quelle n'en a l'air. Le secret de la tautologie, qu'on pourrait appeler son "dmon", au sens d'ensorcellement et de cercle magique, est que tout ce qu'on peut dire d'une chose finit par se ramener la seule nonciation, ou r-nonciation, de cette chose mme. Clment Rosset Table des matires: Avant-propos / Le Dmon de la tautologie / Post-scriptum (Note sur Wittgenstein) / Cinq petites pices morales: I.Remarques prliminaires - II.Le syllogisme du bourreau - III.Les formules magiques - IV.Le dmon du bien - V.Le thorme de Cripure. Cet ouvrage est paru en 1997.

  • En écrivant ce livre, j'ai essayé de réaliser simultanément deux ambitions : celle de comprendre les raisons qui ont pu faire de Gottfried Keller un des écrivains que Wittgenstein admirait le plus, et celle de préciser ce que j'ai écrit sur les relations que ce philosophe a entretenues avec la religion. Ces deux objectifs convergent car peu de ques- tions sont aussi présentes et aussi centrales dans l'oeuvre du romancier que celle de la re- ligion. De plus, l'espèce de « révélation » que Wittgenstein a eue lorsqu'il est entré en contact avec le texte de la version tolstoïenne de l'Évangile semble avoir marqué de fa- çon profonde sa relation avec le christianisme. Même le Tractatus comporte des formules qui ont parfois une ressemblance assez frappante avec ce que Wittgenstein avait pu lire dans l' Abrégé de l'Évangile. Pour ce philosophe, « le penseur religieux honnête est comme un danseur de corde. Il marche, en apparence, presque uniquement sur l'air. Son sol est le plus étroit qui se puisse concevoir. Et pourtant on peut réellement marcher sur lui ». Après Peut-on ne pas croire ? et Que faut-il faire de la religion ?, ce livre est le dernier volet d'une trilogie sur la philosophie de la religion. Pour Bouveresse, ce qui est en jeu, ce n'est pas le jugement à porter sur les dogmes, les croyances, etc., mais le regard à porter sur la foi elle- même comme attitude face à la vie. Les idées de Wittgenstein sont éclairées par leur mise en relation avec les récits et les réflexions de Keller - le plus grand romancier de langue alle- mande de la seconde moitié du XIXe siècle -, et par la confrontation avec Tolstoï, Nietzsche, Ibsen, et quelques autres. Ce livre n'est issu ni de cours, ni de conférences, et c'est certaine- ment l'un de ses plus personnels. Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse a publié de nombreux ouvrages de philosophie du langage et de la connaissance mais aussi sur des écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus. Il est aussi l'un des principaux commentateurs français de Ludwig Wittgenstein.

  • La philosophie de Wittgenstein est une philosophie des chemins : chemins depuis une première philosophie fascinée par la pureté de la logique, vers une seconde philosophie du retour à l'ordinaire - tentatives répétées de s'orienter dans le labyrinthe du langage. Ces parcours sont aussi ceux par lesquels le philosophe entreprend de déchiffrer l'intériorité de l'esprit. Ce sont enfin des sentiers par où l'on apprend progressivement à voir le monde autrement, pour parvenir à être un homme digne.

  • « La philosophie a perdu son aura » déclare Wittgenstein à ses étudiants de Cambridge en 1930, au moment même où Walter Benjamin évoque la perte d'aura de l'art. Il s'est produit selon le philosophe viennois une « torsion » dans l'histoire de la philosophie, qui se trouve coïncider avec l'avènement de ces Temps Modernes auxquels il ne souscrit qu'avec résignation. La nouvelle philosophie a selon lui le même rapport avec l'ancienne que la chimie avec l'alchimie, car il existe dorénavant une méthode philosophique, un savoir faire bien délimité, et du même coup des philosophes « de métier ». »

    Extrait de: Christiane Chauviré. « Wittgenstein en heritage. » iBooks.

  • Ludwig Wittgenstein (1889-1951), génie tourmenté, philosophe des mathématiques, inspirateur du Cercle de Vienne, a contribué au renouvellement de la Logique dans les années 20, à la suite de G. Frege et de B. Russell. Il est considéré comme l'un des pères de la philosophie dite analytique.

    Wittgenstein tenait la philosophie (spéculative), toujours en quête des ""fondements"", pour une sorte de maladie provoquée par une mauvaise compréhension de la ""logique de notre langage"". Dans son oeuvre, il s'est efforcé de mettre en évidence cette "logique" à laquelle ne se conforment pas les grammaires des langages ordinaires: elles permettent, selon lui, de construire des phrases grammaticalement correctes et pourtant dépourvues de sens...

    Ce livre veut ouvrir un petit passage vers cette OEuvre-phare de la modernité: il définit la "réforme" de la Logique à laquelle Wittgenstein a participé, examine les conséquences qu'il en a tirées dans son premier ouvrage, le Tractatus Logico-Philosophicus (1921), et suit les inflexions de sa pensée dans les années 30-40.

  • Comment Descartes a-t-il pu nier l'évidence de sa dette à l'égard du cogito d'Augustin, et Jacques Hadamard s'accuser, à l'inverse, de ne pas avoir découvert la relativité avant Einstein ? Qu'est-ce qui pouvait bien justifier Lacan, lorsqu'il osait affirmer que l'inconscient n'est pas de Freud, mais de lui... De même, côté art : on se demande pourquoi Borges a voulu faire de Ménard l'auteur du Quichotte ou Duchamp devenir celui d'un urinoir. Thierry Marchaisse prouve ici que l'on peut devenir le véritable auteur de l'idée d'un autre, et que ce paradoxe, avancé par Pascal voilà plus de trois siècles, est à la fois le verrou et la clé de la logique de la créativité.

  • Le philosophe et mathématicien Frank Plumpton Ramsey (1903-1930) est de tous les philosophes de Cambridge qui contribuèrent à l'essor de la philosophie analytique au début du XXe siècle, celui qui est le moins connu en raison de son existence courte, de son oeuvre réduite et de sa technicité. Il fut d'emblée reconnu comme l'un des esprits les plus remarquables et féconds de sa génération. Il intervint dans tous les domaines où le groupe de Cambridge : maths, logique, philosophie, économie. Le but de ce livre est de présenter sa philosophie et de discuter certains de ses développements, permettre de comprendre l'originalité de sa forme de pragmatisme, de ses liens avec Pierce.

  • On a longtemps considéré Wittgenstein comme un anti-mentaliste qui niait l'existence ou l'intérêt des processus ou états mentaux. En réalité il lutte contre des mythes par exemple celui de l'intériorité et non pas contre le sujet intériorité. La seule façon d'échapper à l'emprise des mythes est de trouver une manière non mystifiante de parler de la vie mentale, donc d'étudier la grammaire de nos concepts psychologiques pour nous défaire des images incrustées dans notre langage.

  • Clifford - qui considère la malhonnêteté intellectuelle comme étant en quelque sorte l'immoralité par excellence, puisque toutes les autres formes d'immoralité sont susceptibles d'en découler directement ou indirectement - soutient que la religion doit rester sous la dépendance de la morale, en ce sens (pour commencer) qu'elle doit, elle aussi, satisfaire la règle fondamentale de la bonne conduite en matière de croyance, même si cela risque de lui poser un problème qui pourrait se révéler tôt ou tard insurmontable : « Les croyances religieuses doivent être fondées sur des preuves ; si elles ne sont pas fondées de cette manière, il est mal d'y adhérer. » L'éthique de la croyance, telle qu'elle est défendue par Clifford, a semblé, aux yeux de critiques comme William James, à la fois naïvement intellectualiste et excessivement rigoriste, puisqu'elle exige que tous les avantages possibles de la croyance, et particulièrement le genre de stimulant et de réconfort qu'elle est susceptible de nous apporter, soient subordonnés et éventuellement sacrifiés à un seul d'entre eux, à savoir la vérité. Valéry disait que les preuves sont la politesse de l'esprit et qu'il faut toujours demander des preuves. Mais ce qui est plus grave que la quantité d'impolitesse assez effarante qu'on est obligé de supporter aujourd'hui de ce point de vue est, si l'on éprouve une certaine sympathie pour la position de Clifford, la quantité d'immoralité qui va avec elle et qui la supporte. Si l'on est intéressé par la question de la vérité, il n'est pas possible de ne pas l'être aussi par la question des raisons qui peuvent être produites en sa faveur. Et on ne peut sûrement pas se contenter de prétendre que, si on n'est pas intéressé par la deuxième question, celle des raisons et des preuves, c'est parce qu'on connaît d'autres moyens qui permettent de parvenir beaucoup plus sûrement à la vérité. Il vaudrait probablement mieux admettre que c'est plutôt parce qu'on n'est pas réellement intéressé par la question de la vérité elle-même et qu'on est sensible à d'autres avantages de la croyance que ceux qui résultent de sa vérité. C'est sûrement en dernière analyse pour cette raison que notre époque semble être si peu séduite par l'idée d'une éthique de la croyance. Il est évidemment difficile de l'être si on est enclin à considérer que ce qui compte n'est pas la vérité, mais uniquement la sincérité de la croyance.

  • This book is based on an in-depth filmed conversation between Howard Burton and poet, author and historian commentator Jennifer Michael Hecht. After intriguing details about how she combines writing poetry, doing scholarly history and public writing, this wide-ranging conversation movingly embellishes upon Jennifer Michael Hecht's book, Stay: A History of Suicide and the Philosophies Against It, Stay: A History of Suicide and the Philosophies Against It, which is an intellectual and cultural history of the most persuasive arguments against suicide from the Stoics and the Bible to Dante, Shakespeare, Wittgenstein, and such twentieth-century writers as Albert Camus.

    This carefully-edited book includes an introduction, ..Or To Lend A Hand, and questions for discussion at the end of each chapter:
    /> I. Different Hats - And how to combine them
    II. Facing the Unthinkable - Confronting suicide
    III. Historical Examinations - A litany of intriguing insights
    IV. Suffering - Worth recognizing
    V. Meaning and Mattering - The benefits of faith

    About Ideas Roadshow Conversations:

    This book is part of an expanding series of 100+ Ideas Roadshow conversations, each one presenting a wealth of candid insights from a leading expert through a focused yet informal setting to give non-specialists a uniquely accessible window into frontline research and scholarship that wouldn't otherwise be encountered through standard lectures and textbooks. For other books in this series visit our website: https://ideas-on-film.com/ideasroadshow/.

  • This book is based on an in-depth filmed conversation between Howard Burton and Scott Soames, Distinguished Professor of Philosophy at University of Southern California. Scott Soames is specialized in the philosophy of language and the history of analytic philosophy. This detailed conversation provides a detailed introduction to analytic philosophy, including some examples of contemporary relevance to a wide range of other fields.

    This carefully-edited book includes an introduction,The Utility of Philosophy, and questions for discussion at the end of each chapter:
    An Analytical Introduction - From sociological musings to Gottlob Frege
    Investigating Logic - The benefits of rigorous inquiry
    Language and Meaning - Minds as gateways to information
    Legal Applications - Some concrete examples
    Changing the Culture - Philosophy everywhere
    Gdelian Challenges - Making sense of the incompleteness theorems

    About Ideas Roadshow Conversations:

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  • S'obstiner à établir un distinguo dans le champ des conduites humaines entre celles qui seraient morales - et, à ce titre, objet exclusif de la philosophie pratique - et les autres, qualifiées de pathologiques et abandonnées de facto au médecin ou au psychologue, c'est s'obstiner à ne rien vouloir entendre des conduites humaines, quand tout un chacun sait - il en fait sans cesse l'expérience - que si nul n'est affranchi des usages, nul, non plus, n'est exonéré du symptôme, ni exempté du désir. Que cette obstination soit le produit d'une histoire, sûrement. Mais le plus urgent est de s'en dégager en observant que toutes les conduites humaines relèvent du même modus operandi, sous réserve de bien saisir qu'elles prennent toutes leurs conditions auprès d'énoncés qui tirent leur légitimité, non d'une justification par l'observation - celle dont bénéficient nos énoncés cognitifs - mais de leur partage par une communauté ou de leur expression par une autorité, énoncés de croyance dont le pouvoir d'action est proportionnel à la rhétorique qui y est associée, comme l'exemplifient les messages publicitaires ou politiques. Alors se découvre que ce modus operandi avait déjà été entraperçu par Aristote dans sa réflexion sur le syllogisme pratique, réflexion que l'on retrouve étonnamment sous la plume de Wittgenstein dans sa réflexion sur le rapport entre les jeux de langage et nos manières d'agir et sous celle de Lacan, dans sa réflexion sur les divers discours induisant nos conduites. Mais c'est alors à une tout autre conception de l'homme que nous sommes conviés, celle où le langage ordinaire en est le ressort et non quelque « volonté ».

  • « En humaniste, bien que misanthrope, Wittgenstein n'a cessé de se soucier de l'humain, depuis sa lecture du Déclin de l'Occident de Spengler après la première guerre mondiale. Au point de développer à partir des années trente une véritable anthropologie, motivée d'ailleurs aussi par le déploiement de sa grammaire philosophique, qui exige comme arrière plan un ensemble de remarques consacrées à l'humain, ses réactions, son éthologie, ses us et coutumes, ses pratiques régulières etc. »

    Extrait de: Christiane Chauviré. « Le moment anthropologique de Wittgenstein. » iBooks.

  • Dans ce recueil d'articles méthodologiques inédits en français, Q. Skinner réfléchit aux principes à l'oeuvre dans le travail de l'histoire intellectuelle : celle-ci doit-elle s'intéresser à la vérité des croyances étudiées ou bien simplement s'efforcer de restituer la rationalité des systèmes de pensée étrangers ? Doit-elle traiter différemment un pamphlet, un traité, un document constitutionnel, un discours au parlement et une fresque ou un tableau ? Le souci de contextualiser la pensée des auteurs du passé détruit-il leurs prétentions philosophiques ou rend-il au contraire possible la reconstruction fidèle de leurs intentions ? L'intérêt des réponses que Q. Skinner apporte à ces questions tient notamment au fait qu'il emprunte à J. L. Austin et L. Wittgenstein certaines de leurs intuitions les plus puissantes sur les actes de langage, et les intègre dans une perspective rhétorique où la politique est vue comme un champ de bataille mettant aux prises les stratégies de légitimation idéologique et les contraintes exercées par les principes professés sur l'action individuelle et collective.

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