• Notes écrites dans les marges des livres, ces Marginalia ont été publiées par Edgar Poe dans plusieurs revues américaines de 1844 à 1849, durant les dernières années de sa vie. Ce sont des notes de lectures, des analyses sur l'art de la fiction, la philosophie, la morale, les sciences, le langage, les difficultés que rencontre l'artiste - et plus encore le "génie" - dans une société où il n'a pas sa place et qui s'accommode assez mal de sa pitoyable existence. Passant de la louange à l'insulte, de la théorie littéraire au sarcasme et de l'aveu à la provocation, les Marginalia dévoilent la face cachée de l'oeuvre de Poe.

  • Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • « Le Mal de Montano est une sorte d'ovni littéraire fascinant, rempli d'humour et d'un désespoir très pince-sans-rire. De transformations en disparitions, l'auteur parle d'un univers où l'extérieur finit par être phagocyté [...] par cette imagination contre laquelle, dit le narrateur, on ne peut pas lutter. Une planète étrange et instable, où le temps ne passe plus du tout comme dans le monde ordinaire et où les mots prennent une dimension formidable, deviennent aussi palpables qu'une table ou qu'une chaise.» (Raphaëlle Rérolle, Le Monde)

    « Avec un humour terrifiant et une intelligence électrique, Enrique Vila-Matas joue avec les mots en musicien du verbe. Il utilise tous les rythmes, toutes les harmonies, toutes les modifications mélodiques possibles. Tant d'inventivité, tant de fougue laissent pantois. » (Gérard de Cortanze, Le Magazine littéraire)

  • Cette anthologie est une plongée dans la culture et dans l'imaginaire des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

    C'est aussi l'esquisse d'une pensée autochtone par les Autochtones. Pour un vivre-ensemble, pour échanger et établir la relation, commençons par découvrir la profondeur de ces histoires et de ces univers.

    Anthologie dirigée par Marie-Hélène Jeannotte, Jonathan Lamy et Isabelle St-Amand
    Traduction de Jean-Pierre Pelletier
    Préface de Louis-Karl Picard-Sioui

    Résumé
    Cette anthologie rassemble des points de vue d'écrivain.e.s et des textes théoriques. À la fois personnels et engagés, ces écrits montrent la richesse et la fécondité de la
    pensée autochtone. En plus de fournir des clefs pour la lecture et l'enseignement des
    littératures des Premières Nations, des Métis et des Inuits, ce livre permet de mieux comprendre les enjeux liés à leurs territoires, leurs cultures et leurs imaginaires. Ces voix invitent à penser le monde à partir des histoires qui nous fondent.

    Extrait de la préface de Louis-Karl Picard-Sioui
    « S'il y a une chose dont je suis certain, c'est que ce livre est un incontournable pour toute personne - autochtone ou allochtone - voulant se lancer dans l'étude des littératures autochtones... Ces pages sont riches en expériences concrètes, en théories
    et réflexions éthiques, critiques et philosophiques, et en précieux conseils pour tout chercheur s'approchant, trop souvent de façon bien naïve, de ce champ miné. À leur façon, ces textes racontent aussi des histoires. Des histoires d'humains qui, au creux de la nuit, tirent à bout portant des mots-flèches contre le grand mensonge colonial. Des histoires nous invitant à désapprendre pour mieux savoir. »

    Auteur.e.s
    Jeannette Armstrong, Thomas King, Lee Maracle, Gerald Vizenor, Drew Hayden Taylor, Sherman Alexie, Neal McLeod, Daniel Heath Justice, Renate Eigenbrod, Sam McKegney, Tomson Highway, Jo-Ann Episkenew, Emma LaRocque, Keavy Martin et Warren Cariou.

  • Publié en 1930, cet ouvrage rassemble six conférences prononcées au Théâtre du Vieux-Colombier, à la fin de 1922, par le grand critique de La Nouvelle Revue française. Alors que ces causeries se trouvaient initialement annoncées d'une formule assez générale « L'art et le métier de la critique », le livre est devenu une Physiologie de la critique: titre qui peut d'abord surprendre, mais cependant ne surprend plus si l'on veut bien se rappeler que la physiologie a pour objet les fonctions et propriétés des organes.

    Or, c'est bien d'abord de distinguer des fonctions qu'il s'agit dans ce livre, et par ce qu'on peut appeler sans trop d'excès deux coups de génie. Le premier est de situer au XIXe siècle la naissance de la critique le second, de distinguer très clairement en son sein trois fonctions: la critique spontanée, la critique professionnelle et la critique des maîtres. L'architecture bâtie par Thibaudet n'a pas vieilli, et si, à maints noms par lui mentionnés, nous substituons mentalement, un siècle plus tard, comme on changerait les plaques d'un panthéon, d'autres noms qui nous sont plus proches, ces modifications elles-mêmes prouvent que le livre n'est pas mort: à tous égards, il nous regarde encore.

    Albert Thibaudet fut le grand critique littéraire de sa génération. Collaborateur de la Nouvelle Revue française de 1912 à sa mort en 1936, cet élève de Bergson fut l'ami de Jean Paulhan qui l'admirait sans réserves. On lui doit aussi des vues pionnières sur l'histoire des idées politiques.

  • En décrivant la société contemporaine, Balzac transforme la vision que le jeune français en a ; il lui révèle l'étendue de la maladie dont elle est atteinte. Dans les Études philosophiques, il essaie d'aller plus loin, de donner des figures très fortes qui montrent, et fassent comprendre, les causes de cette maladie. Balzac considère qu'il a lui-même du génie et qu'il réussit cependant, malgré toutes les difficultés, à agir sur son époque. Il parvient à composer son oeuvre et à la publier. Mais un génie supérieur risquerait d'avoir des difficultés tellement grandes qu'il ne pourrait même pas publier ses oeuvres, voire "à la limite" les écrire. Cet ensemble de récits qui poussent "à la limite" un certain nombre d'expériences fondamentales pour en faire des mythes, sont des fictions au second degré qui constituent la réflexion de Balzac sur sa propre oeuvre.
    Improvisations sur Balzac I, Le Marchand et le Génie s'inscrit dans une série de six volumes consacrés à une forme inédite de critique littéraire mettant en avant la liberté d'interprétation de la lecture. Liberté d'autant plus remarquable que les oeuvres étudiées sont notoires : Flaubert, Rimbaud, Balzac. Et Butor lui-même en « autre ». Tous ces livres ont la particularité d'être issus de cours dispensés à l'Université de Genève, enregistrés, transcrits puis entièrement réécrits.
    Les Improvisations sur Balzac de Michel Butor se déclinent elle-même en trois tomes qui constituent trois temps articulés de la lecture : Improvisations sur Balzac I - Le Marchand et le Génie, consacré aux récits philosophiques ; Improvisations sur Balzac II - Paris à vol d'archange, consacré à la ville de Paris dans les romans de Balzac et Improvisations sur Balzac III - Scènes de la vie féminine, consacré aux femmes de La Comédie humaine.

  • Improvisations sur Michel Butor constitue la plus intelligente introduction à l'oeuvre de Butor. À l'invitation des professeurs de l'Université de Genève qui lui demandent, en 1990-91, pour sa dernière année de cours avant la retraite, de clore le cycle des Improvisations (Flaubert, Balzac, Rimbaud ) en traitant des problèmes rencontrés par les écrivains français depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale en prenant pour exemple son propre parcours, Michel Butor y dévoile la naissance et le cheminement de son oeuvre.
    Il révèle ce qui a sous-tendu chacun de ses livres et quels en furent les soubassements. Écrits avec une grande simplicité, les textes qui composent ce volume sont passionnants et permettent de mesurer l'envergure du champ intellectuel qu'ils traversent. Véritable essai sur la littérature et sur Butor-écrivain, ces Improvisations sur Michel Butor permettent de le découvrir, lui qui se nomme, non sans humour, « L'illustre inconnu ».
    Improvisations sur Michel Butor s'inscrit dans une série de six volumes consacrés à une forme inédite de critique littéraire mettant en avant la liberté d'interprétation de la lecture. Liberté d'autant plus remarquable que les oeuvres étudiées sont notoires : Flaubert, Rimbaud, Balzac. Et Butor lui-même en « autre ». Tous ces livres ont la particularité d'être issus de cours dispensés à l'Université de Genève, enregistrés, transcrits puis entièrement réécrits.

  • Après le succès d'Un été avec Montaigne, Antoine Compagnon s'inscrit à nouveau dans le sillage de l'auteur des Essais. Ces entretiens révèlent un homme au parcours atypique et d'une curiosité hors norme : du statut de la citation dans les textes littéraires à Proust et Brunetière, en passant par Montaigne et la littérature « antimoderne » de Joseph de Maistre à Roland Barthes.
    On découvre l'enfance et l'adolescence de ce fils de militaire expatrié, qui a fait très vite des bibliothèques ses vraies demeures. Devenu polytech¬nicien, il se passionne pour la linguistique. Auditeur de Lévi-Strauss, Foucault et Lacan, il raconte ces années décisives et s'attarde sur son amitié pour Barthes et pour Marc Fumaroli. Il explique comment une discipline s'est alors imposée à lui dans les trois sens du terme : l'enseignement, la littérature et une certaine règle de vie.
    Professeur au Collège de France, essayiste et romancier, voyageur infatigable, Antoine Compagnon jette aujourd'hui un regard rétrospectif sur les livres et les figures qui l'ont marqué. Il fait revivre avec brio et humour le Paris intellectuel des années 1970, mais aussi l'effervescence des universités anglaises et américaines. Il se prononce enfin sur la place des études littéraires en France, et sur la littérature contemporaine.

  • On pourrait très bien nommer La Comédie humaine, Les Mille et une Femmes, ce qui nous montre bien le donjuanisme fondamental qui y règne et souligne la séduction de la femme moderne. Balzac admire les femmes d'antan, mais il est émerveillé par la variété féminine qui se développe en son temps ; il n'en finit pas de la détailler, d'autant plus qu'à cette variété horizontale des "espèces", dont le nombre est le carré de celui des espèces masculines, s'ajoute une variété verticale, celle des âges dont l'influence est beaucoup plus forte que chez les hommes. La multiplication des femmes aboutit à la multiplication des tentations, qui provoque celle des fautes, mais si on sait leur résister c'est une multiplication des vertus.
    Improvisations sur Balzac III, Scènes de la vie féminine s'inscrit dans une série de six volumes consacrés à une forme inédite de critique littéraire mettant en avant la liberté d'interprétation de la lecture. Liberté d'autant plus remarquable que les oeuvres étudiées sont notoires : Flaubert, Rimbaud, Balzac. Et Butor lui-même en « autre ». Tous ces livres ont la particularité d'être issus de cours dispensés à l'Université de Genève, enregistrés, transcrits puis entièrement réécrits.
    Les Improvisations sur Balzac de Michel Butor se déclinent elle-même en trois tomes qui constituent trois temps articulés de la lecture : Improvisations sur Balzac I - Le Marchand et le Génie, consacré aux récits philosophiques ; Improvisations sur Balzac II - Paris à vol d'archange, consacré à la ville de Paris dans les romans de Balzac et Improvisations sur Balzac III - Scènes de la vie féminine, consacré aux femmes de La Comédie humaine.

  • La traversée d'une pièce sur le point d'un départ réitéré. Comme d'une géographie précisément bousculée. Avec comme unique impulsion une phrase qui dit à la fois la porte et le palier, l'insoluble traversée d'une limite sans cesse dénoncée et qui fait se décliner le verbe être avec une brutalité qui appartient à son secret - à son rejet apparent. Laisse: si c'est une photographie elle n'est documentaire que par sursis, par l'épuisement qui fait se refondre les murs d'une ville à leur seule idée.

  • Moebius no 151

    Collectif

    • Moebius
    • 23 Mai 2017

    En cette année où fleuriront les célébrations du 375e anniversaire de la ville, le dernier numéro de la revue de création littéraire se titre Montréal est une ville de passages secrets. Le passage secret : quel thème évocateur! Réminiscences du ludisme de l'enfance, fantastique et possibilités, jeux du hasard, un motif qui inspire ici dix-neuf auteurs. Ceux-ci sont encore étudiants et nouveaux dans les pages de Moebius ou, au contraire, des plumes confirmées. « Qu'on l'entende au sens littéral ou figuré, bibliothèque pivotante ou altération subtile de la réalité, la découverte du passage secret est une expérience éminemment singulière », comme nous le dit Lucie Bélanger dans sa présentation. On parcourt des quartiers et des rues connues, et l'on en révèle le potentiel caché ou surprenant. C'est à un beau voyage au sein de la « ravissante étrangeté » que le numéro 151 de Moebius nous convie.

  • Les amitiés fragiles nous portent et, parfois, nous déportent, confondant en nous les sentiments d'appartenance, les fidélités solubles, les promesses rompues. Ne reste alors que le coeur vivant des plaisirs ou des tristesses, toujours floués que nous sommes, au bout du compte, face aux dégradations du temps qui passe. Ce recueil est un acte de foi en ce qui perdure en nous du chagrin comme du plaisir d'avoir été pour d'autres, qui le furent aussi pour nous, essentiels. Ces textes tracent un parcours qui n'a de sens qu'à travers cette grâce qu'a parfois la mémoire de nous faire ressentir le plus profond désarroi. On s'accroche à ce qui fut, à ce qui surnage, car la solitude se nourrit de ce pacte qu'on a signé avec sa propre histoire afin de ne jamais se renier. Les amitiés se confondent, les sentiments qui en survivent aussi.

  • Le succès du Dernier des justes d'André Schwarz-Bart n'est pas seulement un moment unique dans l'histoire éditoriale de notre pays, mais se situe à la convergence d'un ensemble de phénomènes sur lesquels il convient de revenir aujourd'hui. Retracer soixante ans après le récit de ce succès, c'est à la fois témoigner d'une période révolue dans le monde littéraire et de l'édition, le situer dans le contexte politique et idéologique de l'époque, retrouver l'auteur dans toute son humanité, lui qui fut placé malgré lui dans un tourbillon médiatique qui le dépassait à bien des égards.
    Au-delà de la description factuelle des événements qui ont contribué au premier succès littéraire des éditions du Seuil, redonner corps aux acteurs de l'automne 1959 permet de faire émerger les contradictions inhérentes à cette période pivot de l'histoire du XXe siècle et comprendre les lignes de force identitaires et idéologiques, ainsi que les silences persistants dont nous sommes encore aujourd'hui les héritiers.

  • Quiconque fréquente les salons du livre a noté ces dernières années un essor significatif de la bande dessinée pour enfants et pour adolescents, accompagné d'un accroissement équivalent de l'enthousiasme des jeunes lecteurs et lectrices pour cette forme littéraire. Lurelu propose un survol des parutions de ces dernières années. Aussi dans ce numéro, des entrevues avec les écrivains jeunesse Sonia K. Laflamme et Alain M. Bergeron, ce dernier étant le plus prolifique de son domaine avec plus de deux cents titres publiés depuis vingt ans! Du côté du théâtre jeunes publics, le dramaturge Sébastien Harrisson, jadis directeur artistique du Théâtre Bluff, occupe depuis trois ans les mêmes fonctions au Théâtre des Deux Mondes, tout en continuant d'écrire pour les adolescents.

  • Le numéro d'hiver de Lurelu s'ouvre sur entrevue avec Nadine Robert et Mathieu Lavoie, les éditeurs de Comme des géants. Cette nouvelle maison, née en 2014, a vite inscrit ses albums sur les listes de finalistes et de lauréats des principaux prix en littérature jeunesse, notamment grâce à la talentueuse Marianne Dubuc. Lurelu propose aussi dans ses premières pages deux articles substantiels et bien documentés, « Présence autochtone dans la littérature jeunesse » et « Émergence de la fantasy jeunesse au Québec ». Dans sa chronique régulière sur le théâtre jeunes publics, Raymond Bertin souligne les 40 ans de L'Arrière scène, centre dramaturgique pour l'enfance et la jeunesse en Montérégie. Il donne la parole à Simon Boulerice, co-directeur et successeur pressenti à Serge Marois, le fondateur de cette maison de diffusion. Les chroniques habituelles sont au rendez-vous, dont deux qui s'intéressent au programme ÉLÉ, Éveil à la lecture et à l'écriture.

  • Cette édition 153 de la revue de création littéraire est dirigé par Marc-André Cholette-Héroux et Laurence Ouellet Tremblay. Son thème, la phrase sibylline et plutôt sombre « Ses plaisirs n'ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir » est tirée de l'oeuvre du grand humaniste Albert Camus. Quatorze auteurs, six du côté fiction et huit du côté poésie, composent le coeur vivant de la revue. Débutons tout d'abord par un poème bilingue et dynamique au possible signé Maude Veilleux, puis poursuivons avec un florilège de formes extrêmement expressives : courts textes sans ponctuation, dialogues, énumérations, nouvelles pétries de détails ou au contraire d'une sobriété ascétique, Moebius nous propose une véritable fête de la littérature créative. Le numéro se clôt par deux « Lettres à un écrivain vivant » signées Paul Bélanger, la première à Philippe Jaccottet et la seconde à ce surprenant Prix Nobel qu'est « Bob Zimmermann ».

  • « Sel », « cheveux la critique » : en couverture du numéro 152 de Moebius s'affiche un titre des plus énigmatiques, et un graphisme qui l'est tout autant. Le double thème de la critique qui « vit, frise contamine; on la coupe, on l'épouille, mais elle marque » et des pouvoirs de la typographie (« que devient sel lorsqu'inséré entre guillemets? ») est tiré d'un vers de Roger Des Roches. Plus concrètement, quatre sections - fiction, poésie, les yeux fertiles et lettre à un écrivain - forment la structure de ce numéro d'hiver. Elles nous sont présentées dans le désordre, favorisant la surprise et la découverte au travers des textes de 13 auteurs. En conclusion, à Jean-Philippe Baril Guérard la mission d'écrire une lettre à Michel Houellebecq, « le porte-étendard du cynisme, l'über Chevalier des Ténèbres, le quintessentiel trou noir aspirant l'espoir et l'innocence de toute la France, voire du monde, mais je ne suis pas d'accord ». Comme le disait éloquemment l'introduction, « certaines oeuvres commencent « contre » ».

  • Le numéro d'hiver de Lurelu s'ouvre sur quatre entrevues. Marc-André Audet est le fondateur des éditions Les Malins, que les jeunes lectrices connaissent entre autres pour la série «La vie compliquée de Léa Olivier». Puis deux invitées d'honneur du récent Salon du livre de Montréal : l'illustratrice Josée Bisaillon et l'écrivaine Fanny Britt, porte-parole l'automne dernier de l'événement Livres comme l'Air. Aussi, l'éditrice de l'Isatis, Angèle Delaunois, et son adjointe Lucile de Pesloüan, qui ont créé pour les jeunes la collection «Griff». Au sommaire ensuite, le dossier «Filles et garçons : égaux ou pas?», consacré aux rôles féminins et masculins dans les livres pour enfants - livres écrits, il faut le rappeler, en grande majorité par des femmes. Les chroniques habituelles sont également au rendez-vous, dont «À l'honneur», qui recense sur trois pages les prix littéraires décernés l'automne dernier en littérature pour la jeunesse.

  • Le numéro d'hiver de la revue Lurelu s'ouvre sur une entrevue avec Martin Balthazar, directeur des Éditions de la Bagnole depuis que le véhicule, mis sur la route par la dramaturge Jennifer Tremblay et le comédien Martin Larocque, a été vendu au Groupe Ville-Marie Littérature. Le retour de la chronique « Théâtre Jeunes publics » est marqué par une entrevue avec Frédéric Bélanger, qui a fait de l'adaptation de classiques sa spécialité. Ajoutons une entrevue avec Samuel Champagne, l'auteur transgenre qui était l'un des invités d'honneur du Salon du livre de Montréal. Ensuite, deux illustrateurs et deux auteurs se sont prêtés au questionnaire ludique de « Créateurs d'ici » : Marilou Addison, Benoît Laverdière, Ninon Pelletier et Chloé Varin. Les chroniques habituelles sont aussi au rendez-vous, dont « À l'honneur », qui recense les prix littéraires décernés l'automne dernier en littérature pour la jeunesse. Aussi au sommaire, trois des nouvelles gagnantes du Concours Lurelu 2018.

  • Depuis Mai 68, on a l'habitude de voir des jeunes gens rallier une foule, former une foule, mais cela n'a pas toujours été le cas. Les grands mouvements politiques des années 1920 et 1930 ont amené diverses personnes à se joindre à des rassemblements urbains, dont une catégorie de la population nouvellement prise en compte : les adolescents. Leur introduction dans les masses humaines a généré plusieurs récits tout au long de l'entre-deux-guerres. Ce sont ces récits qu'étudie ce livre, lequel tente de comprendre pourquoi l'association de la foule et de l'adolescent figure avec autant de force dans plusieurs textes littéraires de la première moitié du xx e siècle. Par le biais de lectures sociocritiques des Beaux quartiers de Louis Aragon (1936), de La conspiration de Paul Nizan (1938) et du Sursis de Jean-Paul Sartre (1945), il montre comment ce motif particulier permet de révéler des tensions qui traversent l'imaginaire social. L'étude convoque en appui à la démonstration nombre de fictions (Les Thibault, Mort à crédit, Les hommes de bonne volonté, La chronique des Pasquier, etc.) qui entrent en rapport avec ces trois oeuvres. Toutes ces publications littéraires sont lues en interaction avec un ensemble composé de textes médicaux, politiques, religieux et urbanistiques.

  • Se sentir étranger (à soi-même ou aux autres) ou être perçu comme tel relève d'un jeu de perception et de regards multiples que l'art et la littérature ont souvent étudiés : toute une partie de l'histoire littéraire prend assise sur la notion d'étranger, parfois ambiguë. Les contributions regroupées ici étudient les diverses formes que prend la dimension étrangère et son impact sur le champ culturel français et francophone, dans lequel la figure de l'écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale.

    Il s'agit alors d'acclimater l'étranger et le rendre nouveau. L'ouvrage jette un nouveau regard sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s'affirment des composantes comme l'hybridité, la polyphonie et la diaspora.

  • Le numéro d'hiver de la revue Lurelu s'ouvre sur un texte de Patrick Senécal déplorant le peu d'appui qui s'est manifesté de la part du milieu littéraire, durant le procès qu'a subi l'auteur pour ados Yvan Godbout. Au chapitre des entrevues, mentionnons celle de Véronique Fontaine, éditrice de Fonfon, et celle d'Alain M. Bergeron, qui a publié en 2020 son 300e livre jeunesse. L'auteure Annie Bacon raconte son séjour de neuf mois en Provence en 2019, tandis que Sophie Michaud signe « Quand les écrivains explorent la création littéraire », s'intéressant aux personnages qui prennent le contrôle de leur propre histoire dans les livres pour enfants. Trois illustratrices et trois auteures se sont prêtées au questionnaire ludique de « Créateurs d'ici », tandis qu'Amélie Bibeau, de l'AÉQJ, réfléchissait sur « Écrire et se renouveler en temps de pandémie ». Aussi au sommaire, les deux nouvelles gagnantes du Concours Lurelu 2020. 

  • Au sommaire du numéro d'automne de la revue Lurelu figure une entrevue avec l'artiste maintes fois primée Anne Villeneuve. Au nombre des prix qu'elle a reçus, celui du Gouverneur général en 2000 pour L'écharpe rouge, et le Prix TD de littérature jeunesse canadienne, 2009, pour l'album Chère Traudi, qui est réédité cet automne. Côté théâtre, lisez un entretien avec la dramaturge Rébecca Déraspe, l'auteure de Je suis William. L'auteure Sandra Dussault, les illustratrices Mika et Christine Battuz, se sont, elles, prêtées au questionnaire ludique « Créateurs d'ici ». Dans les bibliothèques publiques, le programme « Une naissance un livre » célèbre ses vingt ans pendant que, dans les bibliothèques scolaires, des professionnels motivés mènent des projets stimulants. Et puis, comme à chaque numéro de la rentrée, l'équipe de Lurelu livre ses coups de coeur annuels.

  • De passage à Montréal en septembre 1938, Max Fisher, directeur littéraire des Éditions Flammarion, déclare à la presse qu'il emporte avec lui à Paris le manuscrit d'un « romancier de chez vous qui a écrit un authentique chef-d'oeuvre ». C'est l'oeuvre d'un médecin montréalais, Philippe Panneton, qui publie sous le pseudonyme de Ringuet.
    Rompant avec la tradition du roman de la terre instrument de la survivance nationale, Trente arpents raconte l'histoire d'un monde rural en profonde mutation, au début du XXe siècle. Publié à Paris en décembre, le roman s'impose aussitôt comme un classique de la littérature québécoise. Dantin y reconnaît « l'art exquis d'un écrivain de race » et Valdombre (Claude-Henri Grignon), « un essai brutal vers l'objectivité, la ligne drue, la ligne paysanne, la ligne droite ».
    L'édition critique, par Jean Panneton, Roméo Arbour et Jean-Louis Major, éclaire la genèse de ce roman, réédité au Québec en 1942 et en 1957 puis maintes fois réimprimé. Elle en établit le texte - l'expurgeant de plus de trois cents erreurs de tous genres - et effectue le relevé des variantes à partir de dactylographies portant des corrections manuscrites de l'auteur.
    Neveu de l'auteur, Jean Panneton a soutenu une thèse de doctorat à l'Université Laval et il a publié un ouvrage sur Ringuet dans la collection « Écrivains de toujours ». Roméo Arbour et Jean-Louis Major sont respectivement directeur associé et directeur du Corpus d'éditions critiques et de la Bibliothèque du Nouveau Monde.

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