• Un lundi en fin d'après-midi. J'ai passé la journée à me reposer et à reprendre des forces pour une nouvelle semaine. Alors que je rentre chez moi, quelques personnes, effrayées, m'arrêtent : - Ils ont tiré sur Pirata ! Une voiture noire est passée avec trois individus à bord... Pirata était assis sur le mur... Ils l'ont appelé comme pour lui demander quelque chose et ils lui ont tiré une balle dans la tête. Je regarde par terre. Il y a des marques fraîches de sang. On a emmené Pirata à l'hôpital... Il respirait encore. Je cours aux urgences de Nova Igaçu. Pirata est déjà mort. Je me retrouve à la morgue, devant son cadavre. Son jeune corps - il avait dix-huit ans - est étendu sur le marbre froid, dans la solitude de la mort. Il a un trou dans le front, une épaule cassée et l'on distingue des traces de lutte. Personne à proximité. Personne ne le pleure. Il n'a ni papa, ni maman, ni frères et soeurs, ni amis... Personne. Seuls mes sanglots brisent le silence de la mort. Et mes larmes jaillissent à flots. Je murmure une prière : Pirata, repose en paix. Maintenant, Dieu t'a accueilli, maintenant tu sais que tu es aimé . Pirata, un garçon avec un oeil quasiment fermé, vivait dans la rue depuis tout petit .

  • Plongée fascinante dans l'empire de la Rocinha, Nem de Rocinha retrace l'ascension fulgurante et la chute vertigineuse du plus grand gangster brésilien. Ce livre cru sur les mécanismes du crime organisé raconte dans le détail comment des hommes et des femmes sont capables de survivre voire de prospérer dans les conditions les plus hostiles. Comment ils négocient l'étroite frontière entre la vie et la mort.

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