• Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • Louis Janover recourt à la méthode généalogique pour enjamber l'espace clos des périodes de l'histoire littéraire et artistique et jeter un nouveau regard sur le destin du surréalisme dans sa double dimension de révolution politique (transformer le monde) et de création de formes sensibles (changer la vie). Cette reconquête de l'histoire politique et artistique du surréalisme renvoie à une démonstration de la puissance d'inactualité de ce dernier. L'admiration très singulière des surréalistes pour Lautréamont, la révolte irrécupérable animant leur refus de l'art pour l'art, l'errance de Nerval dans le rêve et la vie, dans la ville et le Valois de sa jeunesse, l'amitié qui le lie à Heine, la force transformatrice des fictions théoriques et des poèmes, tout se retrouve dans le rejet des normes conformistes et son prix de solitude. Cette généalogie s'achève par le retour vers Jacques Vaché, protagoniste désespéré de la résistance à toutes les réductions culturelles contre lesquelles s'élèvera le surréalisme. Manière, pour Louis Janover, de rendre lisible l'écart qui s'est creusé entre la révolution surréaliste et le surréalisme artistique, et de faire de cette lisibilité le motif politique ou éthique d'une vigilance, sinon d'un réveil des consciences. À la pointe extrême de cette généalogie, au-delà du temps perdu des avant-gardes, se retrouvent Fondane et Artaud, le groupe du Grand Jeu, Daumal et Gilbert-Lecomte.

  • Dans ce recueil d'entretiens, Jacques Dubois évoque d'abord son milieu familial et social. Dubois a été professeur en Belgique, aux États-Unis, en Suisse, au Québec, à Paris ou à Madagascar. Il a par ailleurs participé à l'aventure du Groupe µ, puis a publié de nombreux ouvrages sur la littérature. Il a dirigé le quotidien La Wallonie, contribué à la naissance de collections dont Espace Nord chez Labor et Points Lettres au Seuil, et a été un des rédacteurs du Manifeste pour la culture wallonne de 1982. Ces activités donnent lieu à des anecdotes succulentes, il est question des hommes et des femmes rencontrés par Dubois au fil du temps : Pierre Bourdieu, Hubert Nyssen ou Brigitte Lahaie ! Avant tout, pour Jacques Dubois la littérature est une raison de vivre et de combattre.

    Jacques Dubois est professeur émérite de l'Université de Liège. Il est l'auteur de L'Institution de la littérature (1978), Le Roman policier ou la modernité (Armand Colin, 1991), Pour Albertine. Proust et le sens du social (Seuil, 1997), Les Romanciers du réel. De Balzac à Simenon (Seuil, 2000), Stendhal (La Découverte, 2007), Figures du désir. Pour une critique amoureuse (Les Impressions nouvelles, 2011). Début 2018, il publiera un Proust au Seuil.

  • Cet ouvrage met au jour un pan jusqu'alors méconnu de notre littérature moderne : le roman français à sujet romain contemporain. Apparu au début du XIXe siècle, sous la plume de Madame de Staël, avec Corinne (1807), il s'est développé au travers des deux cents dernières années, avec des oeuvres aussi importantes que Madame Gervaisais des Goncourt (1869), la Rome de Zola (1896), Les Caves du Vatican de Gide (1913), ou La Modification de Michel Butor (1957). Examinant ces oeuvres clefs du répertoire français, aussi bien que d'autres textes qui firent époque, Donatien Grau s'emploie à dégager la généalogie d'un genre, suite du récit de Voyage dans une ville dont la population fut multipliée par trente pendant la période, qui passa de l'état de désert à celui de métropole moderne, et du statut de capitale des États pontificaux à celui de capitale de l'Italie unifiée. Il met en évidence une lecture française de Rome - Paris et Rome étant les seules villes jumelées l'une à l'autre. Le roman, genre anti-religieux par excellence, doit s'y confronter à l'omniprésence du catholicisme ; et la fiction doit affronter la présence étouffante de l'histoire, qui avait, pendant des générations, empêché toute fiction contemporaine. Par ce biais, il nous offre un aperçu sur un rare moment où le temps se rend sensible à lui-même, dans la Ville éternelle.

  • Les Historiettes de Tallemant des Réaux ne sont pas seulement un document essentiel sur la première moitié du XVIIe siècle, elles constituent l'un des monuments littéraires les plus méconnus, et les plus plaisants à lire, de leur époque. Ce petit livre est tout d'abord un hommage à leur auteur et à cette forme littéraire des plus répandues et souvent négligées : l'anecdote.
    On découvre en outre à lire Tallemant que les Historiettes trouvent, par les hasards de la littérature ou des influences, de mystérieuses correspondances avec des oeuvres à venir. Ainsi, apparaissent à y regarder de près des échos troublants de Tallemant chez Melville, Flaubert, Maupassant, Proust, Quignard ou Stephen King.
    Après Des bibliothèques pleines de fantômes et le plaisir à posséder des milliers de livres, c'est au bonheur de se promener parmi leurs pages que nous invite Jacques Bonnet.

  • Loin de se limiter à la seule représentation du présent dans lequel il est plongé, le récit français actuel déploie un nombre impres­sionnant de stratégies narratives pour construire ce temps à la fois fuyant et constamment renouvelé. Il met ainsi en avant diverses pratiques qui visent à inscrire le présent dans la durée et dans l'histoire. Ce faisant, le récit devient, lui aussi, une « pratique du présent » dont il faut définir les principales orientations. Dans cet ouvrage, la littérature est ainsi envisagée comme un discours, parmi d'autres, qui construit le monde. La dimension idéologique de ce discours n'est pourtant pas en cause ici ; plutôt les formes qu'il emploie pour articuler des matériaux historiques, mémoriels et littéraires variés.
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    L'ouvrage prend appui sur une trentaine d'oeuvres - Bergounioux, Cadiot, Delaume, Echenoz, Ernaux, Houellebecq et Volodine, entre autres - qui sont examinées tant du point de vue de l'énonciation que de leur usage de l'intertextualité ou de leur rapport à la narration et à l'histoire littéraire. Des analyses serrées, écrites dans une langue fluide, font de cet essai érudit une lecture passionnante pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature française contemporaine.

  • Le premier XVIe siècle, sous les règnes de Louis XII (1498-1515) et de François Ier (1515-1547), voit le triomphe en France du livre imprimé. D'où le titre de cette exploration : "Impressions de France". A travers les cinq auteurs majeurs - Jean Lemaire de Belges, Clément Marot, François Rabelais, Marguerite de Navarre, Maurice Scève - et un témoin, le dernier des Grands Rhétoriqueurs, Jean Bouchet, on suit les changements qui affectent la vie des lettres : métamorphoses des genres, des formes du poème (du Chant-Royal au sonnet), traduction de la Bible, des auteurs anciens et modernes, naissance d'une nouvelle prose.
    Une « vie brève » de l'époque qui nous a légué l'art du livre.

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