• Violoniste virtuose, Hochéa Meintzel accepte l'invitation d'un festival de musique carnatique à Chennai, en Inde du Sud. Blessé dans sa chair par un attentat, c'est avec l'intention de ne plus revenir qu'il quitte Jérusalem.

    Après une équipée cahotante qui le mène de Pondichéry à la côte de Malabar, il trouve refuge à Fort Cochin, un soir de tempête, au sein de l'antique synagogue bleue. En un tour de force romanesque, Premières neiges sur Pondichéry nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exu- bérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d'un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l'inexorable beauté de tous ses sens.



    « Un roman inspiré, grave, mystique, très sensuel. » Le Magazine littéraire

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • 1943. Pour Annemarie Johansen, la vie à Copenhague est un mélange compliqué de vie familiale, d'école, de rationnement alimentaire et d'occupation allemande. Le courage semble une vertu lointaine. Au moment où les Nazis commencent à organiser les déportations des Juifs du Danemark, les Johansen recueillent la meilleure amie d'Annemarie, Ellen Rosen, désormais présentée comme faisant partie de la famille. Ellen et Annemarie doivent réfléchir très vite lorsque les soldats perquisitionnent et demandent en pleine nuit pourquoi Ellen n'est pas blonde comme ses soeurs. À travers les yeux d'Annemarie nous voyons comment la résistance danoise réussit à faire traverser le bras de mer les séparant de la Suède à la quasi-totalité de la communauté juive, qui compte alors près de sept mille personnes.

  • Entre amis

    Amos Oz

    "Au début de la fondation du kibboutz, nous formions une grande famille. Bien sûr, tout n'était pas rose, mais nous étions soudés. Le soir, on entonnait des mélodies entraînantes et des chansons nostalgiques jusque tard dans la nuit. On dormait dans des tentes et l'on entendait ceux qui parlaient pendant leur sommeil." L'idéal de vie en communauté a-t-il résisté à l'érosion du temps pour les habitants du kibboutz Yikha ? Ben Gourion est Premier Ministre, et la société israélienne n'est déjà plus la même que du temps des fondateurs. Alors des questions de principe et de règlement se posent aux kibboutsniks : peut-on par exemple permettre à Henia Kalisch d'envoyer son fils Yotam faire des études à l'étranger - chez son oncle qui, justement, a quitté le kibboutz - et faut-il laisser le petit Youval à la maison des enfants, malgré ses pleurs ?
    Mais même dans une petite communauté très attachée aux principes idéologiques, les affaires de coeur prennent parfois toute la place. Yoev Carni va-t-il résister au charme de la jeune Nina, surtout quand il la croise pendant ses rondes de surveillance nocturnes ? Nahum Asherov peut-il accepter que son vieil ami David Dagan, excellent professeur et grand séducteur, s'installe avec sa fille Edna, âgée de dix-sept ans à peine ? Et que va faire Ariella, qui déborde d'affection pour l'ex-femme de son amant Boaz ? A Yikha comme ailleurs, l'on se débat avec ses chagrins d'amour et ses désirs irréalisables, mais dans un kibboutz, l'on n'est jamais seul...

    En huit nouvelles tragi-comiques qui se lisent comme un roman, Amos Oz scrute les passions et les faiblesses de l'être humain, fait surgir un monde englouti et nous offre surtout un grand livre mélancolique sur la solitude.

  • Marié dès l'âge de dix-huit ans à une femme que sa communauté lui a choisie, Shulem Deen a longtemps mené une vie austère encadrée par les règles strictes des skver. Considérés comme trop extrêmes même par les plus fanatiques - les satmar, les belz, les loubavitch -, les skver font revivre les coutumes et les pratiques des premiers Juifs hassidiques et se tiennent à l'écart du monde extérieur. Seulement, un jour, Shulem s'est mis à douter. Dans ce récit passionnant, il raconte le long et douloureux processus d'émancipation qui a poussé sa communauté ultra-orthodoxe à l'exclure pour hérésie. Un parcours poignant qui, loin de tout règlement de comptes, offre une analyse fine des raisons conduisant des hommes et des femmes à quitter leur monde.

  • Enfant prodige né en Lituanie en 1855, Getzl Sélikovitch est envoyé à Paris où il étudie les langues sémitiques et l'égyptologie et entame un parcours hors du commun qui le conduira en Afrique, Italie, Grèce et Turquie. Assistant de Gaston Maspero, il part au Caire avec un bourse, participe à une mission militaire au Soudan, est mêlé à un assassinat politique qui faillit provoquer une guerre entre la France et la Grande Bretagne, et émigre aux USA (où il meurt en 1926), étant désormais persona non grata dans l'université française. Ses Mémoires, parurent dans la presse yiddish américaine et nous font découvrir une personnalité hors du commun, comme l'intelligentsia du premier XXe siècle pouvait encore en compter, mêlant une extraordinaire érudition et un goût immodéré de l'aventure.

    Professeur de langue et de littérature hébraïques, Paul B. Fenton est directeur-adjoint de l'UFR d'études arabes et hébraïques à la Sorbonne. Spécialiste de la littérature judéo-arabe, il est l'auteur de plusieurs études et monographies relatives à la culture juive en terre d'islam.Dans ces Mémoires, traduits du yiddish, il nous présente la période française de Getzl Sélikovitch, un aventurier peu banal d'origine litvak, qui fut, comme son traducteur, arabisant, hébraïsant et yiddishisant.

  • Un ouvrage indispensable pour comprendre le monde d'aujourd'hui On peut s'intéresser aux religions pour de multiples raisons : quête de spiritualité, approfondissement des racines familiales, intérêt pour des cultures puissamment symboliques, mais aussi, plus prosaïquement, pour comprendre l'actualité. Encore faut-il s'y retrouver dans la masse d'informations disponible à leur égard, notamment sur internet.
    Dans cet ouvrage complet, retrouvez les grandes familles de religions, anciennes et modernes, disparues ou contemporaines. Avec elles, surgissent des pans entiers de civilisation : le monde antique et ses nombreux cultes, qui ont peuplé notre mythologie et notre imaginaire ; le judaïsme et ses trois mille ans d'histoire ; les deux autres religions révélées : le christianisme avec ses schismes et ses Églises, l'islam avec ses différents courants. Plus loin de nous, découvrez la spiritualité orientale : le bouddhisme qui domine l'Asie, mais aussi l'hindouisme en Inde, le taoïsme en Chine et le shintoïsme au Japon. Enfin, laissez-vous embarquer dans l'univers des esprits et des chamanes qui vous renverront à des croyances millénaires.
    Ce que l'on ne connaît pas peut nous faire peur : il est donc primordial de comprendre d'où vient la croyance de l'autre et selon quelles valeurs se structure son univers. Découvrez ici les trésors de spiritualité et de culture qui ont nourri les civilisations au cours de l'Histoire !
    Découvrez :

    Les grandes familles de religions
    L'histoire des religions d'hier et d'aujourd'hui
    Les grands personnages et les textes sacrés
    Les valeurs, les rites, les pratiques de chaque grande religion
    Les repères clés et les grandes ruptures de l'Histoire
    Les problématiques à l'oeuvre dans le monde contemporain... Et bien plus encore !

  • La lumière de l'intellect dont nous donnons une édition du texte hébreu et une traduction enrichie de 1800 notes, est un livre d'une très grande complexité, mais qui pourrait être résumé ainsi : L'influx divin instruit l'homme de ce qu'est le monde dans sa totalité à travers le langage sous tous ses aspects: lettres de l'alphabet (formes, ordres, permutations, combinaisons, etc.) signes des voyelles (durée, sonorité, place etc.), grammaire, syntaxe, temps des verbes. En pénétrant les secrets d'une langue, on parvient par des jeux de langage et d'écriture à comprendre le fonctionnement des planètes, à connaître les secrets du divin, à comprendre les mystères de l'homme. Mais cette connaissance ne peut s'acquérir qu'à la lumière de l'intellect et la seule foi aveugle n'est bonne à rien.

    Abraham Aboulafia (1240-1292?) est un cabaliste espagnol du 13e siècle. Son oeuvre n'a été publiée en hébreu que récemment mais ses écrits ont été recopiés par des générations de disciples. Il en existe des versions latines lues par Pic de la Mirandole. Sa vie ne manque pas d'anecdotes dont la plus célèbre est sa visite au Pape Nicolas pour lui demander de cesser de persécuter les juifs. Le jour de son arrivée à Rome, on lui annonce que dans la nuit le pape est mort, ce qui le sauve du bûcher.

  • Armand Abécassis propose une relecture originale des Evangiles, et de la vie et de l'enseignement de Jésus, un juif parmi les siens.

    Analysant les Evangiles à la lumière du contexte historique dans lequel ils furent écrits, Armand Abécassis, philosophe et exégète reconnu de la religion juive, rétablit ici nombre de vérités sur Jésus : comme ses disciples, il était juif et est resté juif de sa naissance à sa mort. Pour prier et enseigner, il n'a jamais mis les pieds ailleurs que dans une synagogue. Il parlait l'hébreu et l'araméen. Il portait les franges à son vêtement comme tous ses coreligionnaires. A l'exemple des prophètes qui l'ont précédé et des rabbins qui lui étaient contemporains, il a juste essayé d'affronter à sa manière la crise la plus grave de son peuple en Galilée d'abord, en Judée ensuite et à Jérusalem enfin.
    Une nouvelle lecture, originale mais de plus en plus admise, de la vie, de l'enseignement et du rôle du juif Jésus.
    Prix Spiritualité d'aujourd'hui 2020.

  • Dans cette conférence au titre provocateur, mi-affirmation mi-question, mais qui pose au final la question de la ségrégation en général, Strauss n'emprunte aucun détour, n'hésite pas à comparer "le problème juif" au "problème noir", sans négliger leurs différences : les Juifs réclament une justice dans les termes qui sont les leurs, quand les Noirs, dans leur lutte pour la justice, font appel aux principes de l'oppresseur. "L'assimilation en tant que nation" mérite à ses yeux réflexion, car elle permettrait une autodétermination du peuple juif. Strauss n'est cependant pas favorable au sionisme politique, qu'il juge étroit, et lui oppose la culture. L'exemplarité d'un tel texte tient autant à l'implication personnelle de l'auteur qu'à sa résonance aujourd'hui.

  • Dans un traité de droit talmudique écrit en Languedoc au XIIe siècle, Abraham Ben David de Posquières (l'actuel Vauvert), pose la question du désir et du rapport amoureux dans des termes que ne désapprouverait pas la sensibilité contemporaine. En fondant l'authenticité de ce rapport sur l'intention, il esquisse une philosophie du couple visant à préserver la personne dans l'être désiré, à éviter de l'instrumentaliser à des fins de jouissance égoïste. Au point que l'on pourrait dire qu'il n'y a pas de rapport « sexuel » dans le rapport amoureux... L'interprétation que Shmuel Trigano donne du dernier chapitre du Livre des maîtres de l'âme dévoile un paysage insoupçonné dans l'univers médiéval de la Loi juive, où l'on sent le frémissement de la Kabbale provençale naissante.

    Depuis Le récit de la disparue (Gallimard, 1977) jusqu'à Le judaïsme et l'esprit du monde (Grasset, 2015) Shmuel Trigano (1948) est l'auteur d'une oeuvre abondante qui interroge l'existence juive. Il a dirigé plusieurs revues - Pardès, Controverses - et a fondé l'Université populaire du judaïsme qui dispense un enseignement gratuit sur internet autour des grands thèmes du judaïsme.

  • ' Cher Gilles,Je viens d'apprendre qu'en 1975 vous avez dû quitter votre collège pour une affaire d'antisémitisme concernant un « vieux Juif ». Quelle surprise !Jacques''Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode de son enfance : l'exclusion de son collège pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à leur professeur d'anglais. Quelques années plus tard, il deviendra spécialiste de culture juive. Que s'est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?Dans Mikado d'enfance, Gilles Rozier convoque les souvenirs refoulés d'un garçon aux yeux bleus en quête d'identité, soucieux de plaire et d'être aimé. Pour réparer l'enfant abîmé, il décortique malaises familiaux et conflits politiques des années 1970.

    Traducteur de l'hébreu et du yiddish, écrivain et éditeur, Gilles Rozier est né à Grenoble en 1963.
    Il est l'auteur de six romans dont Un amour sans résistance (Denoël, 2003) traduit en douze langues, La Promesse d'Oslo (Denoël, 2006) et D'un pays sans amour (Grasset, 2011).

  • Leonard Cohen inspire un respect rarement réservé à un artiste encore vivant. Et alors qu'il continue de créer une musique hors du temps, Liel Leibovitz invente un nouvel art de la biographie. De "Suzanne" à "Everybody Knows", il livre les sources d'inspiration du chanteur et recompose le puzzle d'une vie spirituelle, dans une véritable biographie philosophique. Du judaïsme au bouddhisme, de la poésie canadienne au rock'n'roll, il nous plonge dans une quête de sens et décrit la manière dont Cohen est devenu une star jamais égalée, mais aussi un véritable prophète. Reclus sur l'île d'Hydra avant de se consacrer au bouddhisme, Cohen échappe au cliché de la rock star. Mêlant anecdotes, analyse et contexte, ce portrait parvient à émouvoir, ce dont Leonard Cohen himself a convenu.

  • En quoi croit-on aujourd'hui ? Peut-on choisir sa religion ? Peut-on être amis si on n'a pas la même religion ?Prophètes, rites, textes sacrés, symboles, fêtes, athéisme... un livre sans jugements ni préjugés pour expliquer la place des religions dans nos vies quotidiennes et l'empreinte qu'elles laissent sur le monde.

  • De Massada au Colisée, la grande biographie de l'historien juif de l'Antiquité qui rêva d'être fidèle à Jérusalem et à Rome. Une destinée moderne au sein du monde ancien, à lire comme un roman.
    Et si le plus grand historien du ier siècle, celui dont les écrits corroborent le récit des Évangiles, n'avait pas encore livré tous ses secrets ?
    En 70, Jérusalem est détruite par les Romains. La guerre avait commencé en 66, et Flavius Josèphe, prêtre de Jérusalem, avait alors été envoyé les combattre en Galilée. Mais pourquoi, après avoir été capturé, a-t-il soudain été gracié et entretenu par ces mêmes Romains, qui lui ont ainsi permis de devenir écrivain ? Quelles furent les raisons de ce revirement ?
    De Massada au Colisée, voici enfin publiée la biographie de ce grand historien juif de l'Antiquité qui rêva follement d'être fidèle à Jérusalem et à Rome. Une destinée moderne au sein du monde ancien, à lire comme un roman.
    Une fresque étonnante sur l'histoire politique.

  • Juif, Oscar Mandel ne craint pas de se livrer à une critique virulente de ses coreligionnaires : le maintien des rites du "peuple élu de Dieu" entretient leur retrait. Ce qui, non seulement peut attiser la crainte et la haine, mais apparaît aussi incongru face à l'ampleur des massacres que ce peuple a subis. Mandel écrit des pages chargées d'émotion sur son incompréhension, enfant, des rites de la religion judaïque. Indignation intime qu'il évalue à l'échelle de l'histoire. Comment perpétuer une religion qui repose sur un charnier s'étalant sur des siècles ? Comment assurer son salut sans, en premier lieu, assurer son bien-être, voire sa survie ici-bas ? Mandel ose ici un pamphlet d'une grande force sur un sujet réputé sensible : la religion comme foyer de l'intolérance et de la violence.

  • « Il y eut à Metz un concert avec, en soliste invité, Isaac Stern. J'étais fou de joie, j'éprouvais une admiration sans bornes pour lui. À la fin du concert, alors que des dizaines de gens venaient le féliciter, je le tirai littéralement par la queue-de-pie, il ne prêta pas beaucoup attention à moi. « Que veux-tu, garçon ? » dit-il quand même dans son sublime français teinté de russe, d'anglais et de yiddish, le chef local lui fit savoir : « Oui, il est jeune, mais il joue déjà bien du violon, vous savez. »
    « Maître, pourrais-je un jour vous jouer quelque chose ? Je voudrais tant vous jouer quelque chose. »
    Après une hésitation :
    « Donne-moi ton numéro de téléphone - on verra. »
    Je pensais que c'était fini, et qu'il n'avait aucune intention de m'appeler. Quelques jours plus tard, nous étions à table à Metz pour le déjeuner familial. Le téléphone sonne. « Allô, c'est Isaac Stern. » Si on m'avait dit que Dieu venait de téléphoner, je n'aurais pas trouvé cela plus incroyable. »



    Illustration de couverture :
    Photo : Mathieu Bourgois

    ISBN : 978-2-267-02963-5

  • En 1937 pendant la guerre d'Espagne, comme je me trouvais en prison avec la perspective d'avoir à affronter le peloton d'exécution, je fis le voeu, si je sortais vivant, d'écrire une autobiographie sincère et où je me ménagerais si peu qu'à côté d'elle les Confessions de Rousseau et les Mémoires de Cellini paraîtraient pure hypocrisie...

    De l'adolescence dans une Vienne encore heureuse à l'adhésion au communisme, voici la première partie de cette histoire d'un enfant du siècle, témoin lucide et souvent ironique de son itinéraire passionné et de la tragédie de son temps.

  • Élément décisif de la compréhension juive de l'Histoire, l'attente messianique a connu au cours des temps les expressions les plus diverses. Gershom Scholem étudie dans cet ensemble d'essais les mutations profondes qu'elle a subies, l'apparition des nombreuses utopies qu'elle a suscitées, et s'interroge sur le sens de cette idée dans l'oeuvre des maîtres du judaïsme contemporain, comme Buber ou Rosenzweig. À travers ce thème privilégié, il propose une formidable ouverture à la grande tradition culturelle juive. Gershom Scholem (1897-1982), né à Berlin, émigre en 1923 en Palestine et devient professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem dès 1925. Il entame alors une réflexion sur l'histoire et la philosophie du judaïsme, dont il deviendra une grande voix. Il a été président de l'Académie israélienne des sciences.

  • Entre 1939 et 1945, le meurtre systématique de près de 90 % de plus de trois millions de Juifs polonais laisse exsangue l'une des communautés juives les plus florissantes du monde d'avant-guerre.  Les dizaines de milliers de survivants font alors face à l'incompréhensible : la persistance d'un antisémitisme après Auschwitz. Craignant leurs voisins polonais mais fuyant aussi le nouveau régime socialiste, plus de la moitié des juifs rescapés choisirent les chemins de l'exil. Que devinrent ceux qui restèrent dans une Pologne devenue communiste ? Ce livre retrace l'histoire oubliée de ces survivants et de leur descendance, à travers la manière dont ils ont été perçus par la société et les autorités polonaises. Entre assimilation systématique, efforts pour préserver la mémoire juive et rejet récurrent lors de soubresauts à caractère antisémite, les débats demeurent toujours vifs sur les relations polono-juives. 

  • Le premier livre fulgurant d'un jeune philosophe de 26 ans qui revisite de fond en comble le monothéisme et ressuscite comme jamais la figure d'Abraham. Un événement.
    Comment naît une religion ? Quelles épreuves doit-elle traverser pour transposer la foi d'un fondateur spirituel en une structure sociale orchestrée autour du sacré ? Par quels processus parvient-elle à faire fructifier son héritage et à s'imposer comme liaison des hommes avec Dieu ? À quel prix la religion peut-elle devenir l'affaire d'un peuple ?
    Entreprendre une généalogie de la religion, c'est assigner à la philosophie la tâche d'une démarche démystifiante : il s'agit de considérer la religion non comme résultat d'une histoire, mais comme source de celle-ci et comme processus. Dans cet essai, Nathan Devers se propose de " relire la Bible, à travers elle et contre elle ". Il revisite la trajectoire qui mène de l'inspiration solitaire d'Abraham à la révélation universelle de Moïse - et il s'attache à montrer qu'à cet égard, la religion, symbiose de l'idolâtrie et de son propre refus, se déploie dans la nostalgie d'un rendez-vous manqué avec Dieu.

  • D'Hérode, la mémoire populaire garde le massacre des innocents et la décapitation du Baptiste pour plaire à Salomé. Qu'en dit l'histoire ? Le collaborateur des Romains fut-il un traitre au judaïsme ? Une enquête passionnante. Une biographie inédite.
    Hérode, auteur du massacre des Innocents ? Voici une grande étude sur l'une des figures les plus énigmatiques de l'Évangile et de l'Antiquité. Roi de Judée pour le compte de Rome de 37 à 4 avant notre ère, Hérode le Grand fait toujours l'objet de nombreuses controverses. Alors que les Romains confient généralement un pouvoir de délégation à des chefs populaires, ils choisissent cette fois un représentant à la légitimité contestée. Issu par son père d'une noble famille iduméenne convertie au judaïsme, d'origine nabatéenne par sa mère, et citoyen romain, Hérode est porteur d'identités multiples qui influent sur sa politique.
    Cet ouvrage entend réexaminer le personnage d'Hérode sous l'angle de son action au cours de son règne. Avec méthode, Jonathan Bourgel analyse la façon dont les diverses facettes de son identité se sont manifestées dans ses réalisations notamment politiques et architecturales.
    Une contribution majeure à la connaissance du monde de l'Évangile.

  • Barcelone, juillet 1263?: devant le roi d'Aragon, la cour, et devant les personnalités les plus éminentes de l'Église chrétienne, s'engage une Dispute qui va durer quatre jours. Elle oppose Paul Christiani, juif converti au christianisme, à Rabbi Moïse ben Nahman de Gérone (Nahmanide), l'une des plus hautes autorités du judaïsme espagnol. Quatre jours d'une âpre discussion touchant la venue du Messie et sa nature, et au cours desquels va se dévoiler l'endroit de la rupture entre judaïsme et christianisme?: le pouvoir, la souveraineté. Du fond de cette rupture, c'est le sens de l'exil du peuple juif, dépossédé de cette souveraineté, qui devient l'enjeu de l'affrontement. Si le Messie est déjà venu et que les juifs ne l'ont pas connu, leur exil n'est plus qu'une inutile errance, ce qu'il y a de plus vain faisant suite à l'erreur la plus essentielle. Mais si le Messie n'est pas encore venu, le christianisme se trouve relégué au rang de simple puissance politique et sa vérité résumée à l'exercice momentané d'un pouvoir dans le monde.
    Au fil de la dispute, Nahmanide passe ainsi en revue les principaux récits talmudiques et midrachiques relatifs au Messie et expose, avec finesse et humour, la signification concrète visée par chacun d'eux. Mais son livre est aussi un tableau vivant où les réactions des protagonistes qui nous sont rapportées donnent autant à penser que les discours qu'ils tiennent.

  • Loin d'être tout simplement conflictuelles, les relations entre juifs et musulmans en France sont anciennes, complexes, changeantes. La République qui les abrite et accueille tous ceux qui traversent la Méditerranée au moment des indépendances leur offre sa laïcité. Le monde tel qu'il se reconfigure au lendemain de la guerre impose interrogations, contradictions et violences. Comment, dans l'espace colonial d'abord, puis sur le sol de la métropole, ces deux groupes ont-ils cohabité au XXe siècle? Quelles ont été leurs relations, au Maghreb d'abord, en France ensuite?

    Ethan Katz, à l'issue de plus de 10 années de recherches, s'attache à décrire et analyser ces relations entre juifs et musulmans. Il montre que la réduction de ces catégories de Français à des identités religieuses et conflictuelles est récente et que la question coloniale en premier lieu a créé un fossé progressif entre les deux communautés. 

    Juifs et musulmans en France offre un regard neuf sur une histoire, ici toute en nuances, des relations entre juifs et musulmans depuis la Première Guerre mondiale. Cet ouvrage constitue une contribution inédite à la compréhension de la société française contemporaine.

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