Langue française

  • « C'est un portrait mais aussi une promenade, à certains égards une promenade sentimentale, et l'évocation du paysage mental d'un homme d'un autre siècle. (.) Une promenade en deux moments historiques que sépare la Seconde Guerre mondiale. » Ainsi François Chaslin qualifie-t-il son livre consacré à Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier.
    La première partie du livre (« Corbeau ») envisage les débuts de celui qui deviendra l'architecte le plus célèbre du vingtième siècle : de sa naissance suisse en 1887 à La Chaux-de-Fonds, à quelques rues et quelques jours de Frédéric Sauser, futur Blaise Cendrars, à ses tentatives avortées de devenir l'architecte du régime de Vichy. « Le Corbusier était-il fasciste ? » Le livre entreprend, avec une minutie extrême, une information historique impeccable, examinant une grande abondance de documents, de répondre à cette question explosive. Fasciste, sans doute pas, mais homme d'ordre assurément, et lié à tout ce que la France d'avant-guerre compte de cénacles d'extrême droite. On peut gager que ces conclusions, pour nuancées qu'elles soient, feront débat.
    Le Corbusier deviendra pourtant, paradoxalement, la figure emblématique de la Reconstruction. C'est cet autre versant de sa carrière que s'attache à retracer la seconde partie du livre (« Fada »), avec l'examen systématique de l'histoire de la Cité radieuse de Marseille (dite par ses détracteurs « Maison du fada ») et de ses trois répliques (Rezé-les-Nantes, Firminy, Briey). On est replongé dans les polémiques furieuses que suscita cette « machine à habiter » que son créateur, qui ne pêcha jamais par excès de modestie, présentait comme « une des grandes oeuvres de l'histoire ».

  • Pourquoi la vie devrait-elle basculer quand on se sait condamné ? Annie François, elle, a décidé de ne pas lâcher prise, de passer outre la douleur, le regard des autres, la peur qu'inspirent le cancer et la mort, pour rester telle qu'elle est. Ce n'est pas si facile de faire mine de rien, c'est même un véritable combat. S'acharnant à voir toujours le bon côté des choses, elle nous livre un témoignage poignant - et auquel nous ne sommes pas habitués - de la maladie : hôpital, médecins et personnel médical, instruments de torture et médicaments, chimiothérapie, séances d'opération... C'est là tout un monde, qui tourne autour de la mort et qu'elle regarde avec distance et incrédulité. Cet oeil presque candide, mais aussi les jeux de mots et les quiproquos qui parsèment le récit, construisent au fil des chapitres, et à la suite de ses précédents livres, un petit hymne à la vie sans prétention mais plein d'humour.Elle succombera à son cancer mais elle n'aura pas perdu contre lui. C'est avec beaucoup de courage qu'elle aura su profiter jusqu'au bout des petites choses de la vie. Véritable leçon d'optimisme, mais aussi petit bijou de prestidigitation littéraire, Annie François nous transmet une autre maladie, celle de la passion des mots.Suivi de "De guerre lasse", signé de François Chaslin, son compagnon.Annie François, éditrice au Seuil récemment disparue, est désormais l'auteur d'une mémorable trilogie: Clopin-Clopant, Autotabacographie (2002), Bouquiner, Autobibliographie (2004) et le présent texte, sous-titré Autobobographie, tous parus dans la même collection.

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