• Imaginons une géographe qui aurait étalé devant elle les plans des villes. Toutes.
    Villes actuelles, futures, passées, fantasmées et réelles.
    Les plans se frôlent, ils se chevauchent, se dédoublent.
    La géographe observe ce qui surgit, accroche, glisse, vit et meurt.
    Tout ce qui fonde les villes, leurs mémoires, les traces inscrites et effacées.

    « Au début on n'ose pas y toucher. Puis on y met un pied, doucement, comme sur un sol nouveau, un petit monde. » Elle examine, dessine. Tire d'autres plans, plus fructueux, plus indociles, terribles et interrogatifs, gorgés de notre histoire, avec nos migrations, nos quêtes, notre présent. « Cette ville, elle a mangé de nous des morceaux entiers. Et ce qu'elle n'a pas pris, on le lui a donné. » Virginie Gautier est cette géographe. Son écriture est une traque, une percée qui sonde le plus particulier, le plus universel.
    Elle dit qu'ensemble nous sommes la ville mouvante, fuyante, toujours en construction.
    « On dit je suis d'ici. On est d'un autre temps, qui échappe. Autant dire d'ailleurs, autant dire de plus jamais. »

  • Paysage augmenté #1

    Virginie Gautier


    Quelque chose s'écarte,
    dans le paysage,
    quand nous avançons.
    Dans ce roman d'anticipation poétique, Mathilde Roux réalise des collages cartographiques incrustés de mots et Virginie Gautier arpente ce territoire avec les siens. Ensemble, elles réalisent, dans la confrontation du paysage aux interprétations de la carte, un récit à la jonction des univers, des genres et des esthétiques. Au fil des apparitions ou disparitions des terres et des signes qui se (re)composent, le tout emmêlé dans la texture du plan, se noue alors un dialogue qui ne cesse de pressentir les pires tumultes des époques futures.



    Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gautier est un départ en forme d'écart. Écart (...) avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu'être frappés par les échos multiples d'une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d'un monde trop connu, trop cartographié : René Daumal et Alain Damasio sont là à n'en pas douter, comme en embuscade. Il y a en effet dans ces lignes tracées et ces cartes façon commune avec la géographie paradoxale du Mont analogue, avec celle, antipodique cette fois, de La Horde du contrevent. Sans compter qu'un Henry David Thoreau doit sans doute arpenter des grèves voisines. - Postface d'Alexandre Chollier.

  • Dans Ni enfant, ni rossignol, Virginie Gautier évoque l'expérience sensible de sa rencontre avec le Lac de Grand-Lieu. Par le texte et le dessin, elle ouvre le lieu. Elle révèle les traces parfois imperceptibles, des lignes, des errances, des passages pour construire un espace plus grand que le lieu lui-même. Un labyrinthe aquatique et végétal peuplé d'enfants : sauvages, imaginaires et réels ; d'adolescents, de danseurs, d'oiseaux, de personnages mythologiques ou de promeneurs qui se croisent sans se voir.
    Avec Ni enfant, ni rossignol, Virginie Gautier poursuit son travail sur les liens indissociables entre le corps et le paysage qu'elle a déjà abordés dans ses livres précédents : Les zones ignorées et Les yeux fermés, les yeux ouverts.
    « Sur l'îlot minuscule, l'adolescent si bien caché regarde le reflet du ciel. La mousse, près de l'écran d'eau douce, transpercée par les joncs. Joute des joncs dans l'eau. Pendant que les poissons collent leurs bouches à la peau de ses doigts. Vision où défilent des nuages chargés de feuilles neuves, très pâles. Ses yeux s'emplissent de buées. Les nuages s'amarrent, s'émoussent, se transforment. Se divisent, s'éparpillent. L'oeil s'y perd, n'y reconnaît pas son chemin, n'y cherche rien, s'abreuve du fugace, de l'aperçu, de la fragilité des formes. Voir, c'est comme boire, comme avaler. Le garçon adolescent est enivré, complètement repu.»

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  • Vous souvenez-vous de Dire I/II de Danielle Collobert ? Ou peut-être ne connaissez-vous pas ce texte paru fin des années 70, et les plus de 20 ans qu'il a fallu attendre après la mort qu'elle s'est donnée, le jour de ses 40 ans, en 1978 donc, Collobert, pour être rééditée en 2 tomes chez POL...
    Dire I/II c'est l'alternance de 2 voix, homme, femme, peu importe, les paragraphes passent de l'un à l'autre, et superposent une déambulation dans Venise et ses ruines, son eau morte, à un retour, et pareille déambulation, dans un village de Bretagne, à bout de mer. Le chemin, les images, les intérieurs aperçus, l'histoire même, tout cela suffit à en faire une expérience majeure : la littérature se joue dans notre rapport au monde, et peut se dire tout entière dans la simple façon d'appréhender les choses extérieures - il suffit de cela, une précision, un tu, un appel.... Pour Collobert, l'appel n'a pas été entendu, pas assez tôt.
    De Bretagne aussi, une route qui s'en va de Saint-Brévin à la Turballe, mais dans cette même déambulation, ici fondée sur le Domaine d'Arnheim d'Edgar Poe, nous est venue La Presqu'île de Julien Gracq...
    C'est dans la magie propre à ses deux textes qu'immédiatement m'a pris ce Les Sédiments de Virginie Gautier.
    Ce qu'il y a de bien, à mesure que se développe un site comme celui-ci, c'est qu'on peut ne rien savoir plus, d'un auteur, que le CV standard joint à l'envoi. On apprend qu'il y a eu l'école des Beaux-Arts de Rennes, qu'il y a toujours une intervention de plasticienne, incluant des performances et des sculptures, mais aussi une réflexion sur le paysage, avec des sculptures in situ, à Morlaix, ou sur le littoral des Côtes d'Armor.
    On y apprend aussi que Virgine Gautier est depuis 5 ans enseignante d'Arts Plastiques dans un collège de Seine Saint-Denis : je sais ce que je dois moi-même à cette confrontation, et comment cela peut démultiplier ce qu'on demande à la langue.
    Dans ces Sédiments, le lieu est prégnant, mais toujours pris dans une cinétique, une approche, une relation. On traverse, on longe, on cherche, on contourne : extraordinaire travail sur les verbes de mouvements. Et c'est ainsi qu'on extorque aux choses, aux murs, maisons, rues, perspectives, leur empreinte rilkéenne : ce qui en fait poésie.
    C'est une réflexion sur ville, périphérie, solitude, avec des phrases nominales, un poids énorme demandé à la grammaire, et la totalité de ses outils, pour qu'elle devienne invisible.

    FB

    Merci à Sarah Cillaire et Fred Griot pour le travail d'édition et maquette.

  • À bord du RER A. Allers-retours Paris Cergy-Pointoise.
    Lors de ces voyages répétés, la narratrice est traversée par les paysages vus, les fragments de discours entendus, qui se mêlent aux voix de ses lectures - celles de Victor Segalen, William Carlos Williams, Blaise Cendrars, Virginia Woolf et tant d'autres.
    Après Les zones ignorées et Les yeux fermés les yeux ouverts, Virginie Gautier poursuit sa réflexion engagée autour de l'articulation corps/paysage et des questions de mouvement, de circulation, d'errance. Cette fois, c'est sa propre expérience à bord du RER qu'elle appréhende dans une forme où chaque phrase est dimensionnée dans un souffle, et tente de rassembler en un flux unique les éléments épars de ses voyages.
    Renaud Buénerd a refait le voyage de Paris à Cergy, il sature les photographies qu'il en a rapportées d'images prolifèrant à leur surface. On peut y lire les reflets des pensées, les rêveries des voyageurs, ou bien la contamination visuelle de notre univers submergé de signes dont le sens se dissout.

  • C'est toujours pareil, l'enchaînement des jours, les silences bout à bout. Quand je ferme les yeux je vois des chemins pour après. Je guette l'animal tapi au fond de mon corps, qui attend. Et dire qu'il va falloir retourner au dehors, à la terre. Je soupèse chacun de mes pas, je sais ce qu'il en coûte de rester, de repartir. J'attends que s'achève le jour.

    Francesca Woodman appartient à la légende de la photographie. Née en 1958 à Denver, elle commence à prendre des photographies à l'âge de treize ans. Elle se suicide à vingt-deux ans et laisse derrière elle une oeuvre dense, qui continue à influencer de nombreux photographes contemporains.
    Ses photographies ont nourri l'écriture des Yeux fermés, les yeux ouverts.
    Virginie Gautier s'attache à y suivre les pas d'une jeune femme en rupture avec la société. Alors qu'elle s'arrête dans un village où elle cherche un endroit pour la nuit, un ouvrier, R, lui propose de l'accompagner et lui offre un havre où faire halte et se reposer quelque temps...
    Comme dans Les zones ignorées, l'écriture sensible et précise de Virginie Gautier s'empare d'un personnage en marge, qui trouve dans l'errance un moyen de se dissoudre, de se fondre dans le paysage.

  • Un homme déambule dans une ville et voit plus quil nobserve. Murs, maisons, rues, perspectives dé?lent en un long travelling visuel et sensoriel qui nous plonge au plus profond des surfaces familières de la ville, des matières, des flux mécaniques ou humains qui lhabitent. Dans ce flot incessant, un seul point de vue, celui du personnage que lon sent à labandon et pour qui lerrance semble la seule attache au monde.
    Les images de Gilles Balmet jouent entre le microscopique et le satellitaire, entre processus et expressivité, mais peut-être ne sont-elle faites que de matière picturale, brute et intense pour dire autrement cette parabole qui pointe linhumanité de notre société et des villes qui en sont lincarnation.


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  • La résistance armée au franquisme des années 1940-1950 reste un événement méconnu en Espagne et a fortiori à l'étranger. Ce mouvement de guérilla qui a mobilisé des milliers d'hommes et de femmes sur tout le territoire espagnol s'inscrit pleinement dans les mouvements européens de résistance antifasciste ; mais l'échec de la résistance armée, la propagande franquiste et les politiques mémorielles de la Transition démocratique ont empêché toute lecture apaisée de cet épisode historique.

    A travers une approche originale basée sur la dimension spatiale de l'événement et de sa mémoire, cet ouvrage propose une réflexion sur les "lieux de mémoire" d'une résistance presqu'oubliée, sur leurs réinvestissements successifs et sur les significations attribuées à ces lieux, au point d'en faire des enjeux éthiques et politiques. Une approche diachronique de l'inscription de la mémoire dans l'espace permet de mettre en lumière l'évolution des représentations de la guérilla, entre deuil familial, hommage politique, commémoration et patrimonialisation. Le présent ouvrage contribue ainsi à éclairer les débats espagnols liés aux représentations des événements du XXe siècle et l'absence d'une mémoire collective apaisée.

    Virginie Gautier N'Dah-Sékou est professeur agrégée d'espagnol et docteur en études hispaniques de l'université de Nantes. Ses recherches portent sur les politiques de mémoire et les représentations du passé récent dans l'Espagne contemporaine.

    Avec un préface de Stéphane Michonneau.

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  • En littérature comme en peinture, le brouillage des hiérarchies est aussi constant que leur formulation, tant l'acte créateur se confond avec leur transgression et leur déplacement. L'importance théorique des genres paraît disproportionnée au regard de leur influence réelle sur la création littéraire et artistique. En revanche, leur impact se fait bien plus ressentir sur la réception des oeuvres, car ils fournissent des critères de jugement et permettent d'instaurer dans le système des beaux-arts une manière d'ordre politique. La transgression des hiérarchies est bien souvent involontaire, et quand elle est volontaire, elle apparaît comme un geste iconoclaste, mais ce geste lui-même n'est pas loin de devenir institutionnel. S'il est aujourd'hui banal d'étudier la transgression des frontières génériques, le présent volume interroge la fascination que les hiérarchies ont toujours exercée, envers et contre toute réalité, et la séduction paradoxale des genres mineurs.

  • Dans ce roman d'anticipation poétique, Mathilde Roux réalise des collages cartographiques incrustés de mots et Virginie Gautier arpente ce territoire avec les siens.
    Ensemble, elles réalisent, dans la confrontation du paysage aux interprétations de la carte, un récit à la jonction des univers, des genres et des esthétiques. Au fil des apparitions ou disparitions des terres et des signes qui se (re)composent, le tout emmêlé dans la texture du plan, se noue alors un dialogue qui ne cesse de pressentir les pires tumultes des époques futures.Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gautier est un départ en forme d'écart. Écart (...) avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu'être frappés par les échos multiples d'une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d'un monde trop connu, trop cartographié : René Daumal et Alain Damasio sont là à n'en pas douter, comme en embuscade. Il y a en effet dans ces lignes tracées et ces cartes façon commune avec la géographie paradoxale du Mont analogue, avec celle, antipodique cette fois, de La Horde du contrevent. Sans compter qu'un Henry David Thoreau doit sans doute arpenter des grèves voisines.

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  • Atlantide, cité énigmatique : légende ou réalité ?

    Lorsqu'Hénoch, sage parmi les sages, rencontra Arzal, il reconnut en lui l'élu et s'écria :

    « Enfin Seigneur, je vais pouvoir te rejoindre, entrer dans ton éternité ! J'ai gardé la Sagesse pour l'offrir en cadeau aux hommes. J'ai veillé sur le peuple Atlante comme sur mon propre enfant. Tu l'as épargné de tout mal pour qu'à travers lui, tu puisses réaliser le projet que tu as sur l'Humanité. Tes enfants de la terre t'ont oublié mais tu as choisi ce jeune Arzal. Fort de l'amour et de la foi de notre peuple, il saura raviver la flamme sur le point de s'éteindre dans le coeur des hommes. Grâce à lui et à l'élan qui le porte, l'humanité reviendra à toi et moi je pourrai mourir en paix, entrer enfin dans la vraie vie. »

  • La composition au CAPES d'espagnol ; le tout-en-un ; méthodologie et analyse des 4 oeuvres Nouv.

    Pensé par des enseignants rompus aux exigences des concours à partir des interrogations formulées par leurs propres étudiants, cet ouvrage est un outil précieux pour vous préparer à l'épreuve redoutable de la composition au CAPES d'espagnol.
    Il réunit quatre études détaillées rédigées par des spécialistes reconnus de chacun des artistes et centrées sur les cinq axes et thèmes du concours. Ce livre propose ainsi des modèles de réflexion richement référencés et clairement structurés, qui se révèleront très fructueux lorsque, le jour J, ce sera à vous de produire votre propre argumentation...
    Ce manuel vous permettra d'organiser avec efficacité votre travail et vos révisions, et de mettre ainsi toutes les chances de votre côté pour franchir en toute confiance l'épreuve d'admissibilité.

    Une préparation complète pour maîtriser les thèmes du concours et connaître en profondeur les quatre oeuvres :
    - Emilia Pardo Bazán.
    La Tribuna, España, 1883.
    - Julio Cortázar.
    Rayuela, Argentina, 1963.
    + 2 à venir.

  • Tout en attendre. Ne rien espérer. Aller à sa rencontre comme si on tombait amoureux.

    Qu'est-ce qu'un oloé ? Un lieu quelque part où lire ou écrire ? Un état d'esprit ? Une idée, un rêve, une envie ? Un livre, pour commencer.
    Dans ce livre, Anne Savelli interroge à la fois ses propres pratiques créatives (comment se consacrer à la littérature quand on est perpétuellement en mouvement ? ) et la possibilité de faire de l'écriture, domaine de la solitude par excellence, un territoire du commun.
    À qui sommes-nous reliés quand nous lisons ? Comment n'écrit-on jamais seul quand on écrit ? Reflet de la diversité qui l'a inspiré, le néologisme "oloé" est passé dans notre langage courant. Il est utilisé par tous : des auteurs invités dans cette nouvelle édition à s'approprier le concept aux lecteurs qui pourront, grâce à plusieurs propositions d'écriture façon "atelier", prolonger l'expérience pour que chacun puisse écrire, à son tour, dans l'énergie des oloés. Élastique, forcément.

    Avec la participation de Thierry Beinstingel, Pierre Cohen-Hadria, Virginie Gautier, Maryse Hache, Olivier Hodasava, Christine Jeanney, Pierre Ménard, Juliette Mézenc, Franck Queyraud, Joachim Séné et Lucien Suel.

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